TRAITÉ DES VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME OUVRAGES DU MÊME AUTEUR Leçons cliniques sur les fractures de jambe faites à l’Hôtel-Dieu de Paris, en 1875, par le professeur Richet, recueillies, rédigées et publiées par MM. L. Gar¬ nier et A. Le Double, internes des hôpitaux. ln-8“ de 68 pages. Paris, 1875. Du kleisis génital et principalement de l’occlusion vaginale et vulvaire dans les fistules uro-génitales. (Th. inaug. récompensée par la Faculté de médecine de Paris ; médaille de hronze.) In-8° de 250 p. Paris, 1876. Essai sur la pathogénie et le traitement des hémorrhagies de la paume de la main. In-8° de 110 p. Paris, 1876. De l’épididymite blennorrhagique dans les cas de hernie inguinale, de varicocèle ou d’anomalies de l’appareü génital. (Ouvrage récompensé par l’Académie des sciences, prix Godard : 1 000 fr., et par la Faculté de médecine de Paris, prix Chatauvillard ; 2 000 fr.) In-8° de 252 p., avec 3 planches. Paris, 1879. Des avantages de l’allaitement maternel pour la mère, pour l’enfant, pour la famille et pour la société. (Ouvrage récompensé par la Société nationale d’Encouragement au Bien ; médaille d’argent.) 10-8» de 39 p. Tours, 1880. La médecine et la chirurgie dans les temps préhistoriques. In- 8° de 24 p. Tours, 1887. La grotte des Fées, de Mettray, à l’époque de la pierre polie. (Reconstitution à l’exposition nationale de Tours, de 1892.) In-8” de 28 p., avec de nombreuses figures dans le texte. Tours, 1892. Velpeau. ln-8° de 24 p. Tours, 1897. Pour paraître prochainement : RABELAIS ANATOMISTE ET PHV SIOLOGISTE TRAITÉ DES VARIATIONS 141143 DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME DE LEUR SIGNIFICATION AU POINT DE VUE DE L’ANTHROPOLOGIE ZOOLOGIQUE • Le A.-F. le double PROFESSEUR D’ANATOMIE A L’ÉCOLE DE MÉDECINE DE TOURS LAURÉAT DE l’INSTITDT AVEC UNE PRÉFACE m. E.-J. MAREY Membre de l’Académie des sciences et de l’Académie de médecine. Professeur au Collège de France. TOME SECOND PARIS LIBRAIRIE G. REINWALD SCHLEICHER FRÈRES, ÉDITEURS 15, RUE DES SAINTS-PÈRES, 15 MUSCLES DU MEMBRE SUPÉRIEUR MUSCLES DE L’ÉPAULE DELTOÏDE Variations de volume. — Le deltoïde est plus développé chez l’homme que chez la femme ; dans l’un et dans l’autre sexe il est plus marqué à droite qu’à gauche ; dans les professions qui exigent des mouvements répétés d’ahduction et d’élévation des bras (chez les boulangers par exemple), il a des dimensions plus considérables. Diminution du nombre des chefs ou du nombre des faisceaux qui les composent. — Otto a signalé la disparition du chef claviculaire (Otto, Pathol, an.., 1830, p. 247), et M. Macalister celle du chef acro¬ mial (Macalister, Cat. cit., p. 71). Le professeur Testut a observé et j’ai observé également un cas où le faisceau claviculaire était réduit à l’état d’un ruban très grêle. W. Gruber a disséqué un deltoïde dont cette même portion offrait une perte de substance mesurant quatre pouces de longueur et de deux pouces de largeur. Si tous les anatomistes sont d’accord sur la division du deltoïde en trois chefs, il n’en est plus de même en ce qui concerne le nombre des faisceaux dont est composé, par suite des prolongements celluleux interstitiels de la gaine aponévrotique, chacun de ces chefs. Ainsi pour le chef acromial, où la fasciculation est si apparente, ce nombre serait de 8 à 10, suivant Winslow; de 5, suivant Albinus ; de 18 à 20, sui¬ vant Cruveilhier. 2 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME En présence de la diversité des chiffres que j’ai notés, j’incline à croire qu’il y a là une question individuelle. Chaque chef peut, suivant les sujets, avoir moins de faisceaux comme il peut en avoir plus. Anatomie comparée. — « Le chef acromial du deltoïde existe seul chez les Oiseaux, les Amphibiens et les Reptiles, » dit Lannegrâce L Cette assertion est discutable, du moins en ce qui conceime les Oiseaux. Dans son Essai sur l'appareil locomoteur des Oiseaux, publié quatre ans avant la thèse de Lannegrâce, Alix a fait mention dans les Tinamidés, les Craeidés, les Pigeons, etc., d’un deltoïde postérieur parfaitement différencié du muscle sous-épineux. Dans la taupe la portion scapulaire paraît manquer (Meckel, Anat. comparée, t. VI, p. 237). Multiplication au nombre des chefs. — Par suite de la scission de chacun des trois chefs principaux, le deltoïde peut être partagé en un plus grand nombre de corps. Sœmmerring et Macalister ont trouvé six ou sept segments presque séparés. Jenty dit avoir disséqué un deltoïde composé de dix-huit ou vingt muscles distincts (Jenty, Course of Anatomico-Physiological Lectures, vol. III, p. 232). Anatomie comparée. — La subdivision du deltoïde en plusieurs ventres se retrouve même chez les Mammifères claviculés. Dans la marmotte, il y a quatre ventres, par suite de la division de la portion claviculaire et de l’indépendance des portions acromiale et spinale. Indépendance des chefs. — L’anomalie du deltoïde qui me paraît la plus fréquente, celle qui est indiquée par le plus grand nombre d’anatomistes, et que j’ai rencontrée souvent, est celle qui consiste dans l’indépendance complète du chef claviculaire {M. delto-claviculaire) du reste du muscle. Alors le deltoïde est divisé en une partie postérieure plus grande, composée des deux chefs spinal et acromial unis comme d’habitude, et en une partie antérieure, plus petite, attachée plus en dedans de la clavicule que d’ordinaire. Le sillon celluleux qui sépare ces deux parties est quelquefois assez large. Une fois, Macalister a noté la séparation complète du chef postérieur ou spinal dû deltoïde {M. delto-spinal) du chef acromial {M. delto-acromial) (Macalister, Cat. eit., p. 18). Lannegrâce. Loc. cit., p. 94. MUSCLES DE L’ÉPAULE J’ai noté sept fois cet isolement du chef spinal du chef acromial ; cinq fois chez l’homme, trois fois des deux côtés, une fois à droite, une fois à gauche; deux fois chez la femme, une fois des deux côtés et une fois à droite, M. Chudzinski l’a également assez souvent constaté chez des sujets de races colorées h Anatomie comparée. — La séparation du chef claviculaire du del¬ toïde du reste du muscle est commune à tous les Mammifères non clavicules, où ce chef est non seulement distinct du deltoïde, mais encore forme la partie inférieure du céphalo-huméi’al ou masto- huméraP. La réunion de la portion claviculaire deltoïdienne à la portion acromio-spinale marche en général de front avec le dévelop¬ pement plus parfait de la clavicule. Dans les Makis, où les trois chefs sont indépendants, le chef antérieur est uni étroitement au grand pec¬ toral. La subdivision du deltoïde en trois chefs isolés ou presque isolés® se retrouve dans les Carnassiers, les Chéiroptères, notamment dans la roussette (Edwards), le murin (Maisonneuve), etc. Les fibres postérieures du deltoïde des Pithéciens forment un corps charnu indépendant dans la plus grande partie de son trajet (Chudzinski). Variations des insertions. — L’empreinte deltoïdienne, ordinaire¬ ment située au-dessous du tiers supérieur de l'humérus, est située quel¬ quefois plus haut ou plus bas. Il s’ensuit que le deltoïde varie aussi bien de longueur que de volume. Le professeur Testut a observé la dis¬ position suivante '' : « Les faisceaux les plus internes de la portion claviculaire du * Th. Chudzinski. Bulletins de la Société cV Anthropologie, t. VIII, III“ série, l" fascicuie, janvier 1885. - Les insertions scapulo-ciavicuiaires du deitoïde correspondent exactement à ceiies du trapèze eties deux muscies, bien qu’indépendants dans i’espèce humaine, paraissent n’en constituer qu’un seui coupé par une intersection osseuse. L’anatomie comparée démontre en effet, que dans un grand nombre d’animaux ces deux muscies ont d’étroites connexions. Ainsi, pour ne parier que des chefs ciaviculaires du trapèze et du deitoïde dans ies Mam¬ mifères non claviculés, ie ciéido-mastoïdien ou ie ciéido-mastoïdien et ie cléido-occipitai se soudent à ia portion ciavicuiaire du trapèze et à celie du deitoïde détachée des portions scaputaires, pour former un muscie unique, ie céphalo-huméral ou masto-huméral, étendu du basi-occipitai à l’humérus. (Pour détails complémentaires voy. Le Double, art. Del- tdide du Dict. encycl. des sc. méd.) ’ Ils constituent dans le chat les muscles appelés par Strauss-Durckheim : M. dello- claviculaire, M. delto-acromial, M. delto-spinal . ' Testut. Traité des an. musc., p. 338. 4 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME deltoïde se dirigeaient, comme à l’état normal, en bas et en dehors vers le V deltoïdien ; mais avant d’atteindre cette empreinte rugueuse, où ils se terminent d’habitude, ils se jetaient sur un tendon arrondi et fort grêle, rappelant comme volume et comme aspect celui du petit palmaire. Ce tendon s’infléchissait et en dedans croisait le bord interne du biceps, le paquet vasculo-nerveux du bras et venait s’insérer sur la face antérieure de l’épitrochlée au-dessus des muscles épitrochléens. » M. Testut a donné à ce faisceau placé en dedans de la veine cépha¬ lique et qui n’a par conséquent rien de commun avec le M. chondro- epitrochlearis de Wood (voyez ce muscle), le nom de faisceau cléido- épitrochléen. Un de mes anciens prosecteurs, M. Hahusseau, a retrouvé en 1888 cette formation anormale, à droite et à gauche, chez une femme. Anatomie comparée. — Le deltoïde est très puissant chez tous les Anthropoïdes. « Chez le gorille, il s’étale en avant et latéralement pour ne s’insérer que vers le milieu de l’humérus. Chez ce singe il se dis¬ tingue du brachial inteime, mais d’une manière peu nette. Chez le gibbon, il se prolonge à peu près autant que chez le gorille et il en est de même chez Vorang ; mais chez le chimpanzé il ne descend pas aussi bas (Hartmann). » « Dans le fœtus de gorille, dit M. Deniker, le deltoïde présente la même disposition que chez le gorille adulte; son insertion humérale se trouve un peu plus haut que le milieu de l’humérus, à 21 millimètres au-dessus de l’extrémité inférieure de la trochlée. Ce muscle confond en partie ses fibres charnues avec celles du triceps ; son aponévrose est liée à celle du long supinateur C » Quant au faisceau cléido-épitrochléen, le professeur Testut trouve son explication dans une disposition particulière du masto-huméral de la chèvre et du mouton. Dans ces deux Mammifères le masto-huméral se divise à son extrémité inférieure, d’après Lannegrâce, en deux branches entre lesquelles passe le biceps. L’une des branches, se fixe à l’humérus, l’autre à l’épitrochlée. « Restituons à la chèvre et au mouton leur clavicule atrophié, dit M. Testut, et nous aurons dans ce faisceau supplémentaire un véritable cléido-épitrochléen. » Faisceaux surnuméraires. — On a trouvé un faisceau étendu du Deniker. Recherches sur les Singes Anthropoides, p. 141. MUSCLES DE L’ÉPAULE bord vertébral du scapûlum au sommet du deltoïde. Ce faisceau, qui peut se détacher d’un point quelconque du bord vei’tébral de l’omo¬ plate ou de l’aponévrose sous-épineuse dans le voisinage de ce bord et offrir plus ou moins de largeur et d’épaisseur, a été décrit par Gruber sous le nom de fasciculm infra-spinatiis deltoïdeus, et par Krause sous celui de basio-deltoîdeus. M. le D" Knott en a observé deux cas. D’après ce dernier anatomiste et M. le professeur Krause, les faisceaux appelés costo-deltoïdeus, acromio-claviciilarislateralis, tensor fasciæ del- toïdeæ a fasciâ infra- spinatâ, tensor fasciæ deltoïdeæ a margine axillari scapnlæ, bien qu’ayant des insertions différentes, en dedans et en dehors, chez l’homme, ne seraient, d’après l’anatomie comparée, que des variétés du basio-deltoïdeiis. Cette assertion me semble erronée en ce qui concerne le tensor fasciæ deltoïdeæ a fasciâ infra-spinatâ dans lequel il m’est impos¬ sible de voir autre chose qu’un lambeau du peaucier dorsal (voy. ce muscle). Le costo-deltoïdeus provient du boi’d axillaire du scapulum et se jette en totalité dans le deltoïde ou en partie dans ce muscle et en partie sur l’aponévrose deltoïdienne sur laquelle il se prolonge sous forme de fibres tendineuses curvilignes jusqu’à l’acromion et l’extré¬ mité externe de la clavicule. Il peut se détacher : du bord axillaire au-dessous de l’épine, dans une étendue de 25 millimètres (Chudzinski, Revue d'anthropologie, 1874) ; entre le grand et le petit rond (Calori, Mem. délia Accad. delle Scienze deïï Instituto di Bologna, 2® série, vol. VI, p. 237); entre le sous-épineux et le petit l’ond (Henle, Albinus), entre le petit rond et l’angle inférieur du scapulum. Décrit pour la première fois par Albinus dans son Historia musculo- rum\ ce faisceau a été signalé ensuite par MeckeP, Theile® et Calori, qui lui a donné le nom de M. costo-deltoïdeus. Le costo-deltoïdeus est encore appelé M. tensor fasciæ deltoïdeæ a margine axillari scapulæ, et M. costo-acromio-clojoicularis . Qu’il soit rond ou aplati, charnu ou tendineux, grêle ou très prononcé, indivis ou divisé à son extrémité externe il est toujours distinct, à son origine, du bord postérieur du deltoïde. « Il tend, dit Calori, l’aponévrose del- ’ Albinus. Historia mascidorum hominis, p. 482. ® Meckel. Manuel d’anatomie, t. II, p. 150. ’ Theile. Encycl. anat., t. III, p. 208. VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME toïdienne et abaisse accessoirement la clavicule pendant le mouvement d’adduction du bras ' . » Les bandelettes contractiles anormales naissant de l’aponévrose du sous-épineux et de la cloison qui sépare ce muscle du petit rond {fas- ciculiis infra-spinatus deltoïdeiis, de Gruber) ont été rencontrées par Macalister, Flesch, Beaunis et Bouchard, Meckel, Knott, Nicolas ^ etc. h' acromio-cîavicularis lateralis va de l’extrémité acromiale de la clavicule au deltoïde. J’ai vu seulement le basio-deltoïdeus et le costo-deltoïdeus qui sont d’ailleurs les faisceaux surnuméraires les plus communs. Ce qui prouve bien, comme le pensent Krause et Knott, que les productions anormales précitées ne sont que les rudiments d’un même élément musculaire, c’est qu’elles peuvent coexister. C’était le cas chez un nègre dont M. Chudzinski a moulé le deltoïde®. Les insertions du faisceau deltoïdien surnuméraire se faisaient non seule¬ ment à l’aponévrose sous-épineuse, mais encore au hord axillaire de l’omoplate entre les points d’attache des muscles grand rond et petit rond. Peut-être convient-il de rattacher aussi au hasio-delloïdeus le sca- pulo-humeralis digastricus de Gruber. C’est un petit faisceau composé de deux bandelettes charnues réunies par un tendon moyen, qui se fixe, d’une part à la racine de l’acromion et aux deuxtiei’S externes du bord inférieur de l’épine de l’omoplate, et, d’autre part, à l’humérus entre le deltoïde et le teicepsL Quant au tensor scapidæ de Hyrtl qui se détache de la face inférieure de l’acromion et va se perdre sur la capsule de l’articulation de l’épaule, on peut le regarder, avec le savant professeur de . Vienne, comme un faisceau deltoïdien profond incomplètement développé qui s’est soudé à la capsule scapulo-humérale L Theile a appelé second deltoïde profond un petit cordon musculaire qui se porte de l’humérus, en dehors de l’insertion du sous-scapulaire, sur la capsule de l’articulation de l’épaule. Ce n’est qu’une forme incomplète du court coraco-brachial (voy. ce muscle). ‘Calori. Memorie delVInstU. accad.di Bologna, 1868, série II, t. IV, p. 614. 'Nicolas cité par Prenant, in Contribution à la connaissance des anomalies musc., p. 9. ’ Chudzinski. Une anomalie du muscle deltoïde. Bulletins de la Société d' Anthropologie de Paris, t. VUI, IID série, 1" fasc., p. 10, janvier et février 1885. * Gruber. Ein musc, scapulo-humeralis digastricus singularis [Virchow’s Arch., vol. XXXIL p.218). ' Hyrtl. Anatomia dell'uomo, trad. ital., p. 379. MUSCLES DE L’ÉPAULE Anatomie comparée. — D’après Krause, le basio-cleltoïdien et ses variétés [costo-deltoïdien, etc.), représentent dans l’espèce humaine l'abducteur inférieur du bras des Vertébrés inférieurs (Krause, Anato¬ mie des Kaninchen, 1868). Ce qui est sûr, c’est qu’il se retrouve, ainsi que tous les autres faisceaux surnuméraires du deltoïde, que nous avons énumérés, dans des animaux les plus haut placés dans l’échelle zoologique. Dans le chimpanzé et Vorang, le deltoïde est remarquable par la manière dont son faisceau postérieur (deltoïde spinal) recouvre toute la fosse sous-épineuse, prenant à la fois des insertions et sur l’apo¬ névrose sous-jacente et sur le boi’d vertébral du scapulum. Le faisceau postérieur du deltoïde du gorille constitue un muscle indépendant dont les insertions se font non seulement à l’aponévrose sous-épineuse, mais encore au bord axillaire de l’omoplate entre les insertions des muscles grand et petit rond. La portion spinale ou sous-épineuse du deltoïde des Chéiroptères constitue un muscle parfaitement distinct superposé au sous-épineux, de sorte que l’on dirait qu’il existe deux muscles de ce nom, l’un superficiel, l’autre profond. Meckel confond cette couche musculaire avec le sous-épineux, dont elle est cependant séparée par une lame cellulo-fibreuse. Humphry la considère comme le petit rond ; mais le professeur Macalister a cons¬ taté dans un grand nombre d’espèces l’existence simultanée de cette portion spéciale et du petit rond. Notre éminent ami croit, et nous partageons son avis, que le muscle en question doit être considéré comme faisant partie du deltoïde. En effet, les fibres de cette portion se continuent dans certaines espèces, par exemple le Rinolophus dia- dema et le murin, directement avec la portion acromiale du deltoïde. Chez les Quadrupèdes non clavicidés la portion scapulaire du deltoïde dénommée en anatomie vétérinaire M. long abducteur du bras se ter¬ mine sur la crête externe de l’humérus au-dessus du masto-huméral (deltoïde claviculaire) . Au niveau de cette insertion inférieure l’humérus des Solipèdes offre une tubérosité dont le volume rappelle celui du 3'' trochanter du fémur*. De plus dans cet ordre, ainsi que dans le lapin et les autres Mammifères dépourvus d'acromion, le deltoïde spinal « peut à son tour se bifurquer supérieurement et lancer une branche sur l’angle dorsal du scapulum « (Lesbre). ’ On sait que le 3* trochanter du fémur se retrouve assez souvent dans l’espèce humaine. 8 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Le professeur Testutavu, en 1880, sur un cerco^oithèque, quelques- unes des fibres profondes de la portion acromiale du deltoïde s’arrêter sur la capsule de l’articulation de l’épaule, à l’égard de laquelle elles jouaient le rôle de muscle tenseur. Connexions plus intimes avec les muscles voisins. A) . Avec le grand pectoral (voy. ce muscle). B) . k\&Q, le trapèze (voy. ce muscle). C) . Avec le sous-épineux. Le deltoïde est parfois relié par des trous¬ seaux de fibres détachés de sa face externe ou de son bord postérieur, au tendon d’insertion à l’humérus du muscle sous-épineux. Cette ano¬ malie a été observée 1 fois par Meckel, 1 fois par Theile, 2 fois par Knott et 2 fois par moi (1 fois des deux côtés sur un homme, 1 fois à droite seulement sur une fillette). Chez les Cétacés, le chameau (Meckel) et le 'perroquet (Alix), le deltoïde et le sous-épineux sont confondus. Z)). Avec le grand dorsal. Cette malformation a été observée en 1894 par mon prosecteur M. André. Voici la note qu’il m’a remise à ce sujet : H..., cinquante ans, manouvrier. Des deux côtés le faisceau du grand dorsal naissant de l’angle inférieur de l’omoplate détache, au niveau de cet angle, un cordon musculeux qui se porte en haut vers le bord pos¬ térieur deltoïde auquel il est uni par un tendon très grêle. Ce cordon est plus prononcé à droite qu’à gauche où il est difficile de le séparer du muscle sous-épineux. Ce faisceau dorso-deltoïdien n’a pas été décrit, je crois, avant moi. Quoi qu’il en soit, il est aussi facile à expliquer que les pi’écédents. Nous avons dit plus haut que dans les Anthropoïdes, les Chéiroptères, etc., le deltoïde se prolongeait jusqu’au hord spinal de l’omoplate et que dans Yo.'à' Cétacés, le chameau, etc., il était confondu avec le sous- épineux. « Cette portion sous-épineuse de deltoïde rétablit, dit ,M. Sabatier, la continuité de la couche formée par le grand dorsal et le deltoïde, couche interrompue chez l’homme par la présence de l’aponévrose sous-épineuse. Chez les Sauriens, chez les Crocodiliens, la couche grand dorsal, grand rond et deltoïde est continue ou presque continue *. » E). Avec le brachial antérieur. Sur un monstre Haller a trouvé l’extrémité inférieure du deltoïde confondue avec le brachial anté¬ rieur (Haller, Op. anat. arqument, vol. IH, Lausanne, 1768, p. 25). * Sabatier. Comparaison des ceintures et des membres, 1880, p. 228. MUSCLES DE L’ÉPAULE Dans des sujets bien conformés les professeurs Macalister et Testut ont remarqué un échange de quelques fibres entre ces deux muscles. Cette anomalie n’est pas très rare. Mes élèves et moi l’avons observée 7 fois en dix ans (1884-1894) : 3 fois chez l’homme, 1 fois des deux côtés et 2 fois à gauche ; 4 fois chez la femme, 2 fois des deux côtés, 1 fois à droite et 1 fois à gauche. Sur un nègre, M. Chudzinski a vu un pro¬ longement musculaire du deltoïde se fixer à la cloison intermuscu¬ laire externe du bras. L’Angolaise que j’ai disséquée m’a présenté une disposition similaire. Dans le chimpanzé de Humphry, le deltoïde se continuait avec le triceps et le brachial antérieur. Par contre, dans les chimpanzés de Macalister, Champneys, Alix et Gratiolet, etc., le muscle du moignon de l’épaule ne différait pas sensiblement de celui de l’homme. Mais la continuité des fibres du deltoïde, du triceps et du brachial antérieur qui constitue un état anormal chez l’homme et le chimpanzé^ est un état normal chez le gorille (Deniker et Duvernoy). Dans cet anthro¬ poïde, l’aponévrose du deltoïde est même liée à celle du long supina¬ teur h (Pour de plus de détails voy. M. brachial- antérieur ) F). Avec le long supinateur. Une réversion très curieuse observée par le professeur Macalister est la suivante : le chef moyen du deltoïde ne prenait aucune insertion à l’os du bras et se perdait en totalité dans l’extrémité supérieure du long supinateur, de manière qu’une chaîne musculaire non interrompue existait, en dehors, entre l’aci’o- mion et l’extrémité inférieure du radius Des cas d’union partielle du long supinateur et du deltoïde ont été décrits par les professeurs Gruber et Macalister. Pour Humphry, le deltoïde est au membre thoracique l’homologue du couturier et du fascia lata du membre pelvien. « Et de même que dans les Vertébrés le couturier et le fascia lata peuvent s’insérer, en bas, sur l’un ou l’autre des deux segments du membre pelvien, le del¬ toïde ou un de ses faisceaux.(oî’yc^ero;oe) peuvent se prolonger jusqu’au radius bien que d’ordinaire ils s’arrêtent à l’bumérus^. » Une portion du deltoïde s’attache tout à fait au bas de l’humérus dans Y agouti, à l’aponévrose brachiale dans la marte, à l’extrémité inférieure de la courte portion du biceps dans les Paresseux, à l’épicondyle dans le ' Duvernoy. Loc. cit. suprà, p. 81. -Macalister. Trans.ofthe.Roy. IrîshAcad., vol. XXV, 1871. ^ Voy. M. couturier. 10 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME fourmilier, sur le cubitus en avant dn muscle brachial interne dans la marmoUe (Meckel), à l’épicondyle et an métacarpe dans les Oiseaux, etc. Suivant Macalister, la bandelette musculaire trouvée par lui, entre l’acromion et l’apophyse styloïde chez un homme, serait l’homologue du lensor plicæ alaris des Oiseaux. La tendance qu’a le deltoïde à s’éloipier de l’épaule est déjà indi¬ quée dans le gorille par la liaison qui existe entre l’aponévrose du muscle qui recouvre le moignon de l’épaule et celle du long supina- tenr. Chez le fœtus de gibbon, le long supinatenr est « réuni encore au deltoïde par une aponévrose commune » (Deniker). SUS-ÉPINEUX Le sus-épinenx varie peu. Les quelques malformations de ce muscle que j’ai relevées dans les auteurs ou que j’ai observées sont les sui¬ vantes : 1° La fusion de son tendon avec celui du sous-épineux (Cruveilhier, 2 cas personnels) ; 2“ L’insertion sur son tendon du tendon du petit pectoral (Macalis¬ ter, 1 cas personnel) ; 3° Le renforcement de son corps charnu par un faisceau détaché du ligament acromio-coracoïdien ou du grand pectoral (Macalister) ; 4“ La division de son corps charnu en deux ventres abontissant à un tendon commnn (1 cas personnel) ; 5° Une augmentation ou une diminntion de volume de son corps charnu ; 6° Son insertion snr une lamelle tendineuse qui naissait an-dessons du grand pectoral (Souligonx . Anatomie comparée. — Le sus-épinenx des Anthropoïdes ne diffère pas sensiblement de celui de l’homme. Chez un chimpanzé disséqué par Hepburn, une portion considérable du tendon du petit pectoral se portait pourtant, par exception, sur le tendon du sous-épineuxL Au dire de Humphry, le sous-épineux et le petit pectoral sont les pro- ' Souligoux. Bullet. de la Soc. anat., 1895, p. 660. -Hepburn. On the comparative anatomy of the muscles and nerves oî Anthropdid apes, Journ. of an. andphys., vol. XXVI, nev' sériés, vol. VI, part. II, january 1892, p. 155. MUSCLES DE L’ÉPAULE duits de la segmentation du muscle frécoraco-lmméral^ des Vertébrés inférieurs *. Les relations du sus-épineux et du sous-épineux trouvent peut-être leur raison d’être dans ce fait qu’ils « ne sont qu’un seul et même muscle, dont un des nombreux interstices cellulaires est occupé dans une étendue variable par une lamelle osseuse, l’épine scapulaire qui ne se développe que tard, comme un plissement de la surface externe du scapulum cartilagineux et sans point d’ossification spécial » (Sabatier). Ce qui n’est pas douteux c’est que, dans les Mammifères, il y a un rapport direct entre le développement du trochiter huméral et celui du sous-épineux. Chez les Quadrupèdes et principalement chez \e,porc et le lapin, où cette tubérosité est énoi'me, le sus-épineux est plus volumineux que le sous-épineux. Chez le lapin même, le sus-épineux se divise en deux couches superposées attachées au trochiter par un tendon fibro-cartilagineux unique. Chez les Solipèdes elles Ruminants, il a deux tendons trochitériens dont l'un enlace le tendon glénoïdien du biceps huméral. SOUS-ÉPINEUX ■Variations dans l’étendue des insertions à la fosse sous-épineuse. — Le sous-épineux est tantôt plus étroit, tantôt plus large. Dans un cas de Leboucq où les os de l’épaule offraient les stigmates d’une maladie chronique, il était considéi’ablement réduit et se fixait sur la capsule de l’épaule ainsi que le sus-épineux et le sous-scapulaire h La bourse séreuse sous-épineuse est moins commune que le prétend Hagen®. Anatomie comparée. — Le sous-épineux est énorme dans la taupe et très restreint dans la marmotte. Entre ces deux modes de conforma¬ tion extrême il y a une série de types intermédiaires. Division en plusieurs faisceaux. — ^I. Knott a donné le nom de m. infra-spinalus minor à un corps charnu formé par la différenciation plus ou moins complète de quelques-uns des faisceaux supérieurs du sous-épineux. MM. Macalisteret Wood ont vu chacun un petit muscle qui se déta- ‘ Humphry. Observ. in Myology, p. 157. ■Leboucq. Bullet. delà Société de médecine de Gand, 1873, p. 106. ’ Le Double. Art. Sous-épineux du Dict. encycl. des sc. méd. 12 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME chait du bord vertébral du scapulum, croisait la face superficielle du sous-épineux bien conformé et venait se terminer sur la grosse tubé¬ rosité de l’humérus. En janvier 1893, mon prosecteur M. Jacques Thomas a disséqué et moulé un sus-épineux superficiel. « Ce sus-épineux superficiel était constitué par un faisceau triangu¬ laire s’attachant dans les deux tiers internes de la face inférieure de l’épine de l’omoplate ; il partageait en dehors les insertions du muscle sous-épineux dont l’aponévrose se dédoublait pour lui fournir une gaine complète. 11 existait des deux côtés, mais était plus prononcé à gauche qu’à droite. » Anatomie comparée. — Le sous-épineux du murin est divisé en deux portions par une mince lame fibreuse dont chacune des faces donne attache à des fibres musculaires. Un faisceau détaché du sous-épineux du porc se porte dans la fosse sus-épineuse où il se fixe en avant de l’épine scapulaire qui est fortement renversée en arrière. Chez les Solipèdes où la convexité du trochiter prédomine notablement sur la marge de la tête articulaire, on trouve au-dessous du sous-épineux un petit muscle attaché, d’une part sur le revers de ladite tubérosité, d’autre part, en bas de la fosse sous-épineuse. C’est petite portion de V épineux postérieur des hippotomistes allemands, Y abducteur trochi- térien du professeur Lesbre. S’il était démontré qu’il est uni, en dehors par quelques fibres au deltoïde, on pourrait, à la rigueur, le considérer comme l’homologue du costo-deltoïdeus. Connexions avec les muscles voisins. — A). Avec le deltoïde (voy. ce muscle). B). Avec le petit rond. — La cloison fibreuse séparant le sous-épineux du petit rond peut être plus ou moins prononcée. J’ai présenté, le 3 dé¬ cembre 1896, à la Société d’ Anthropologie de Paris, l’omoplate droite d’un aliéné disséqué par un de mes élèves, M. Mahoudeau, où elle était remplacée par une crête osseuse*. La cloison qui sépare le sous-épineux du petit rond et du grand rond est, suivant les espèces, réduite à quelques filaments celluleux inappréciables ou formée par une lame aponévrotique ou une crête osseuse. D’après Broca, une crête saillante, presque aussi saillante que l’épine de l’omoplate, se trouve à l’état normal chez divers ani- ' Le Double. Bullet. de la Soc. d'anthrop. de Paris, 1896. MUSCLES DE L’ÉPAULE 13 maux, notamment dans Vours^. Meckel avance que chez \Q?,FourmiHe7's, et en particulier chez le tamanoir et Vunau, il existe une seconde épine très forte dans la face postérieure du scapulum. PETIT ROND Absence. — L’absence du petit rond a été signalée par Petit ’’ et Knott. Pour affirmer la réalité de l’absence d’un muscle il faut avoir constaté que ses surfaces articulaires sont libres de toute insertion charnue ou tendineuse. Or dans chacune des observations d’absence du petit rond de Petit et de Knott, il n’est pas fait mention de l’état de la facette rétro-scapulaire ni de l’état de la facette inférieure du trochiter auxquelles s’attache en majeure partie le petit rond. Il est donc per¬ mis de supposer, sans trop s’avancer, que les cas d’absence du petit rond observés par Petit et Knott ne sont que des cas de fusion de ce muscle et du sous-épineux. D’autant mieux que le petit rond et le sous- épineux sont assez souvent partiellement ou entièrement confondus. M. G. Schwalbe et W. Plitzner ont publié une statistique très probante à cet égard®. Dans les trois séries dé sujets qu’ils ont examinés, la dis¬ position était la suivante ; Série I. Dans 160 sujets . . . chez 21, soit chez 13,1 chez 16, soit chez 10 — II. — 189 — . . . — 24 — 12.7 — 31 — 16,4 — III. — 162 — ... — 16 — 9,9 — 19 — 11,7 OU en additionnant les séries : Série I-t-II. Dans 349 sujets . . . chez 45, soit chez 12,9 chez 47, soit chez 13,5. — I+II-PIII. _ bll — ... — 61 — 11,9 — 66 — 12,9. Et tenant compte des sexes : Dans 341 hommes. . chez 39, soit chez 14 chez 44, soit chez 12,9 Dans 190 femmes . . — 22 — 12,9 — 22 — 12,9 ’ Les professeurs Testut et Shepherd ne font pas mention de cette disposition dans l'Ours brun d’Amérique. — Petit. Mémoires de l’Académie royale des Sciences. Paris, 1733. ’G. Schwalbe et W. Pfitzner. Varietœten sta;tistik und anthropologie. Drille Mittheilung,, p. 465. 14 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Enfin sur 223 cadavres examinés des deux côtés, le petit rond était bien séparé à droite et à gauche du sous-épineux chez 148 (102 hommes et 46 femmes), mal séparé ou pas séparé, à droite et à gauche, du sous-épineux chez 28 (19 hommes et 9 femmes) ; bien séparé à droite du sous-épineux chez 24 (lo hommes et 9 femmes) et bien séparé à gauche du sous-épineux chez 23 (13 hommes et 10 femmes). Anatomie compaeée. — M. Maisonneuve n’a pas trouvé trace du petit rond dans le Vesperlilio murinus ; selon Macalister, ce muscle existe néanmoins dans certains genres de Chéiroptères. 11 manque comme muscle propre dans les Cétacés, les Rongeurs, les Marsupiaux, chez la plupart des Carnassiers, dans les Makis (Meckel), les Cercopithèques (Testut), etc. Variations des insertions. — Le muscle petit rond qui se fixe d’or¬ dinaire aux deux tiers supérieurs du rebord de la fosse sous-épi- neuse se fixe quelquefois seulement à la moitié supérieure de ce rebord (Morel et Mathias Duval). « 11 n’est pas rare, dit Ci’uveilhier, de voir les fibres charnues infé¬ rieures naître de la face postérieure du tendon du triceps. Pour ma part, j’ai vu sur une série d’omoplates sa facette d’insertion située plus ou moins bas. » Anatomie comparée. — D’après Champneys, « le petit rond du chim¬ panzé s’attache au tiers moyen du bord axillaire de l’omoplate au lieu de s’attacher, comme chez l’homme, aux deux tiers supérieurs de ce bord et à la partie adjacente du scapulum ». Hepburn croit cependant que ce n’est pas là le mode de conformation habituel. Dans les Anthropoïdes qu’il a disséqués, le muscle dont il s’agit, qui ne se pro¬ longeait pas, au-dessous de la cavité glénoïde, au delà d’un pouce, dans le gibbon, occupait le tiers supérieur du bord axillaire du scapu¬ lum dans le gorille, la moitié supérieure de ce bord dans Yorang, les deux tiers supérieurs dans le chimpanzé ‘ . Dans le mémoire de Duver- noy sur les Gh'ands singes pseudo-anthropomorphes, on peut lire que dans le Gorilla gina « le petit rond ne descend qu’à la moitié du bord costal de l’omoplate » . A l’inverse de celui de l’homme le petit rond de nos Animaux domestiques est aponévrotique à son extrémité interne Hepburn. Loc. cil. supra, p. 156. MUSCLES DE L’ÉPAULE IS découpée en languettes tendineuses qui s’insinuent sous le sous-épi¬ neux pour s’attacher au bord postérieur du scapuluni et de la fosse sous-épineuse et charnu à son extrémité externe insérée sur l’humérus au-dessous du trochiter. Division en deux faisceaux. — Dans les Anthropoïdes ainsi que chez l’homme, l’insertion humérale du petit rond est en partie épiphysaire et en partie diaphysaire. L’insertion épiphysaire se fait au tubercule postérieur du trochiter, l’insertion diaphysaire se fait par un prolon¬ gement qui descend au-dessous de cette tubérosité. A l’état normal les faisceaux diaphysaires et épiphysaires sont confondus; à l’état anormal les faisceaux diaphysaires sont plus ou moins différenciés des fais¬ ceaux épiphysaires et forment un muscle particulier, que W. Gruber a décrit en 1865 sous le nom de M. teres minimiis^. En 1881, ce muscle a été signalé à nouveau, et presque en même temps, par MM. Knott et Testât. J’en ai rencontré des spécimens très variés. Anatomie comparée. — Les hippotomistes allemands appellent petit scapulo-trochitérien « un faisceau profond du petit rond qui s’insère directement en haut sur un petit tubercule que porte en dehors le sourcil de la cavité cotyloïde, mais qui est confondu en bas avec le reste du muscle - ». GRAND ROND Absence. — Le défaut de présence du grand rond a été constaté par le professeur Macalister (Macalister, Journ. of anat. and phys., vol. I, p. 316). Variations de volume. — M. le professeur Testut a vu le grand rond, « triplé de volume, s’insérer sur le bord axillaire dans une étendue de 6 centimètres, sur le bord spinal dans une étendue de 3 centi¬ mètres, et sur l’aponévrose sous-épineuse, comprise entre ces deux bords jusqu’à 8 centimètres de l’angle ». J’ai observé un cas ana¬ logue. Cruveilhier a avancé « que, sous le rapport de ses usages * Gruber. Ein musc, teres minimus, Reichert u. Du Bois-Reymond's Arch., 1876, p. 523. * Lesbre. toc. cit., p. 104. 16 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME aussi bien que sous le rapport de sa disposition anatomique, le grand rond doit être considéré comme l’accessoire du grand dorsal ». Cette proposition est exacte. Quand le grand rond augmente de volume, le grand dorsal est relativement petit et vice versa. Anatomie comparée. — Dans la girafe le sous-scapulaire et le grand rond ont très peu d’épaisseur (Lavocat). « Le grand rond àu. foetus de gorille est remarquable par ses dimensions, dit M. Deniker*; il occupe les trois quarts du bord antéi’ieur de l’omoplate, c’est-à-dire un espace beaucoup plus grand que l’espace correspondant chez l’homme (de 1/4 à 1/3 de la longueur totale), quoique moindre que chez le gorille (la totalité du bord antérieur d’après Duvernoy). » Dans les chimpanzés de Champneys, d’Alix et Gratiolet, le grand rond était beaucoup plus large et plus fort que celui de l’homme. Dans le gibbon de Hepburn, il était également très prononcé, tandis que, dans Vorang et le gorille du même anatomiste, il n’occupait que le tiers inférieur du bord axillaire de l’omoplate. Connexions plus intimes avec les muscles voisins. A) . Avec le grand dorsal (voy. ce muscle). B) . Avec le rhomboïde (voy. ce muscle). C) . Avec le triceps et l’aponévrose brachiale. J’ai trouvé, après MM. Macalister et Testut, un faisceau musculaire assez volumineux étendu du bord supérieur du grand rond à la longue portion du triceps. Blandin a disséqué une bandelette musculaire allant du grand rond à l’aponévrose brachiale. Pour Blandin, cette bandelette représenterait « au bras un muscle analogue au fascia lata de la cuisse ». Il n’en est rien. Elle se détache du grand rond qui s’insère au bord axillaire de l’omoplate qui a pour homologue au bassin la grande échancrure sciatique (Sabatier). Pour moi, elle n’est qu’une variété du faisceau étendu entre le grand rond et le triceps que Duvernoy a signalé chez le chimpanzé. « Le grand rond a dans le chimpanzé, Aii Duvernoy, une liaison remarquable avec le triceps par un faisceau considérable qui va joindre la partie moyenne de la portion interne de ce dernier muscle » * Deniker. Loc. oit. supra, 141, ^ Duvernoy. Méinoire sur Vanatomie comparée des Grands singes pseudo-anthropomor¬ phes, cit. p. 32. MUSCLES DE L’ÉPAULE 17 Cette formation n’existant pas dans les chimpanzés de Champneys, de Hepburn, etc., elle est donc vraisemblablement anormale chez le chimpanzé comme chez l’homme. En fait, le grand rond descend d’au¬ tant plus bas sur l’humérus que l’épaule est plus oblique et le bras plus appliqué sur le thorax : ainsi chez l’homme, les Singes, le porc, les Carnivores il s’attache à la lèvre interne de la coulisse bicipitale, au-dessous du trochin et chez les grands Quadrupèdes vers le milieu de l’humérus. SOUS-SCAPULAIRE Division en plusieurs faisceaux. — Le sous-scapulaire peut être divisé en un plus ou moins grand nombre de bandelettes distinctes ; la division en deux est la plus fréquente. Anatomie comparée. — A la page 7 de l’importante monographie que Pouchet a consacrée au Myrmecophaga jubata, on peut lire la phrase suivante : « L’insertion du sous-scapulaire se fait par un puis¬ sant tendon perforé, ou plutôt divisé en deux parties entre lesquelles glisse le tendon de la courte portion du biceps L» M. Galton a fait mention d’une disposition semblable chez le Macropus tamandua^. Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — M. Macalister a décrit une lamelle musculaire qui rattachait le sous-scapulaire au grand pectoral. Assez souvent les fibres les plus inférieures du sous-scapu¬ laire se perdent dans la courte portion du biceps (Cruveilhier). Gruber a donné le nom de tensor fasciæ et cutis foveæ axillaris à un faisceau musculaire sous-cutané qu’il a disséqué dans le creux de l’aisselle et qui était fixé, d’une part, au bord inférieur du tendon du sous-scapu¬ laire et, d’autre part, à l’aponévrose et à la peau de la base de l’aisselle. Knott a retrouvé ce faisceau qu’on a considéré comme une variété du coi’aco-brachial. C’est tout simplement l’homologue du dermo- humérien des animaux (voy. M. peaucier). Au niveau de l’angle" supé¬ rieur et du bord spinal de l’omoplate, MM. Terrillon et Gaujot-ont décrit une bourse séreuse. Pour MM. Terrillon et Gaujot, cette bourse séreuse serait constante. (Gaujot, Bourse séreuse crépitante sous- * Dans cette monographie un très hon dessin accompagne le texte (pi. II, fîg. 4). * Galton. On the Dasypus seæcinctus, cit. p. 535. 18 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME scapulaire in Bulletin de la Société de chirurgie, 1873, p. 342 ; Ter- rillon, sur le frottement sous-scapulaire et le développement d’une bourse séreuse accidentelle sous l’omopJate in Arch. de médecine, octobre 1874 et juillet 1877.) Je l’ai vue manquer plusieurs fois. Sous-scapulaire accessoire. — Le sous-scapulaire accessoire est un petit muscle qui naît le plus habituellement de la partie supérieure du bord axillaire de l’omoplate, en avant de la longue portion du triceps et de la capsule scapulo-humérale, et qui s’attache en dehors à l’hu¬ mérus, près de la lèvre postérieure de la coulisse bicipitale, immédia¬ tement au-dessous de la petite tubérosité humérale, entre le sous-sca- pulaire et les tendons du grand dorsal et du grand rond. Parfois quelques-unes de ses fibres ou l’ensemble de ses fibres se perdent sur la capsule de l’épaule. Le sous-scapulaire accessoire est ordinairement mal différencié, en dedans ; on cite même plusieurs cas dans lesquels il se détachait de la face profonde du sous-scapulaire. Ce muscle a été décrit pour la première fois d’une manière complète, en 1834, par le professeur W. Gruber [Ahhandl. des aus merschl und vergl. Anat., 1834, p. 109, Saint-Pétersbourg). En 1866, le pro¬ fesseur Macalister, qui n’avait pas eu connaissance des recherches de W. Gruber, le signala à nouveau. Antérieurement Cruveilhier [An. descript., p. 133) et Blandin [Élém. d’ anat. descript., Ÿdjris, 1838, p. 438) avaient noté l’existence de cette lame musculeuse, mais sans en préciser la signification. Aujourd’hui le sous-scapulaire accessoire est bien connu. 11 a été observé par Henle, Wood, Haughton, Knott, Kôlliker, Bardeleben,. Krause, Walsham, Testut, etc. 11 est appelé subscapsidaris minor et subscapulo-capsidaris par W. Gruber, subscapido-humeralis subscapidaris secundus par Maca¬ lister, infraspinalus secundus par Haughton, axillary slip of the sub- scapidaris par 'SRalû\Km., petit sous-scaptdaire ou sous-scapulaire acces¬ soire par les anatomistes français. Ces diverses dénominations tiennent à ce que le petit sous-scapu- laire peut s’attacher, exclusivement en dehors, je le répète, sur l’hu¬ mérus seul [M. sous-scapido humérai) sur la capsule de l’épaule seule [M. sous-scapulo capsidairé) ou à la fois sur l’humérus et la capsule de l’épaule. De ces trois formes du muscle en question la première est la plus commune, la dernière, la plus rare. Le sous-scapulaire a, comme le petit rond, des insertions diaphysaires MUSCLES DE L’ÉPAULE et des insertions épiphysaii’es. Pour Cruveilhier, Knott, le sous-scapu- laire accessoire serait le produit de la dissociation plus ou moins complète des fibres diaphysaires du sous-scapulaire. Avec divers anthropotomistes j’ai cru longtemps le contraire. Mes articles sous- scapulaire et sous-scapulaire accessoire du Dictionnaire de Dechambre, sont l’expression de mon ancienne opinion. Depuis 1881, les nombreux muscles sous-scapulaires accessoires incomplètement différenciés que j’ai rencontrés m’ont fourni surabondamment la preuve qu’ils dépendent bien du sous-scapulaire. D’autre part, M. Macalister a démontré que les muscles grand dorsal, grand rond et sous-scapu¬ laire ne forment à l’épaule, jusqu’à la neuvième semaine de la vie intra-utérine de l’embryon humain, qu’une seule lame contractile dont la portion inférieure du feuillet correspondant au sous-scapulaire différencié ultérieurement, s’isole parfois pour constituer un subsca- pularis secundus'^. C’est pourquoi je me suis abstenu de dresser une statistique du degré de fréquence d’apparition, chez l’homme, du muscle surméraire dont il s’agit. Je tiens donc pour peu valables la statistique de Krause qui a trouvé ce muscle o fois sur 3.^ sujets ; celle de Knott qui l’a trouvé 3 fois sur 39, et Testut, 3 fois sur 18. Une statistique de ce genre pour être à l’abri de tout reproche devrait ne comprendi’e que les faisceaux diaphysaires du sous-scapulaire nettement différenciés. Anatomie comparée. — Le sous-scapulaire accessoire se rencontre normalement chez divers Vertébrés d’un ordre supérieur. Il a été retrouvé par M. Haughton dans le Macacus radiatus et quelques Singes voisins et par M. Macalister, dans le cheval, le phoque et plusieurs autres Mammifères. « Quelques faisceaux charnus de la partie infé¬ rieure du sous-scapulaire des animaux prennent insertion directe, dit M. Lesbre, sur l’humérus en longeant le tendon. Dans les Ruminants, le porc et les Carnivores, celui-ci se trouve inclus comme dans une gouttière charnue, disposition qui rappelle d’une manière frappante le mode de terminaison du psoas iliaque au trochantin. Le sous-scapu¬ laire n’est-il pas, en effet, homotype du psoas trochantérien, c’est-à- dire du grand et de l’iliaque ? Chez l’homme lui-même on a constaté maintes fois une dissociation du sous-scapulaire donnant naissance à un sous-scapulaire accessoire ou petit sous-scapulaire- ». J’ai noté ' Macalister. Congrès des Sciences anthropologiques de Londres. - Lesbre. Loe. cit., p. 104. 20 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME précédemment pour quelles raisons il convenait de séparer l’iliaque du grand psoas (voy. M. de la fosse lombo-iliaque). MUSCLES SURNUMÉRAIRES Je ne parlerai ici que du tenseur de la capsule de l'épaule, les autres muscles surnuméraires de l’épaule appelés AT. coraco-capsularis ; capsularis-humero-scapularis ; depressor tendinis subscapularis majoris seu retinaculum musculare subscapularis majoris; capsularis-humero- scapularis superior; levator tendinis musculi latissimi dorsi n’étant que des coraco-brachiaux supérieurs incomplets et celui appelé gléno-bra- chialis qu’un faisceau du biceps huméral. (Voy. M. coraco-brachial supérieur et M. biceps huméral.) Tenseur de la capsule de l’épaule. Le tenseur de la capsule de l’épaule s’attache en dedans à la partie supérieure de la poignée du sternum (manubrium) et au cartilage de la première côte, et en dehors à la face externe de la capsule de l’épaule. D’abord situé entre le grand et le petit pectoral, il croise ce dernier muscle tout près de l’apophyse coracoïde. Le tenseur de la capsule de l’épaule a été indiqué d’abord par Réraud (voy. M. tenseur postérieur de la capsule du coude) et Gantzer, mais c’est le professeur W. Gruber qui l’a le premier étudié d’une façon com¬ plétée 11 l’a trouvé une fois chez un sujet où le radius était absent^. M. le professeur Macalister a disséqué ce muscle sur une femelle de chimpanzé ; mais dans ce cas le tenseur de la capsule de l’épaule avait une insertion additionnelle au cartilage de la 2® côte®. Je l’ai isolé 6 fois ; 2 fois il existait des deux côtés (sur 2 femmes) ; 4 fois il existait d’un seul côté, 3 fois à droite (2 femmes et un homme), une fois à gauche, sur un enfant où il prenait insertion par un fais¬ ceau supplémentaire sur le cartilage de la 2® côte L ‘ Wenzel Gruber. Mém. de l'Académie imp. de Saint-Pétersbourg, 1860, n» 2, t.III,p. 10. * Ib.' Vii-chow's Arch., BandlO, p. 427. ’ Macalister. Cat. cit., p. 49. * Le Double. Contributions à l’histoire des anomalies musculaires, fleaae d'anthronoloaie. 1884, p. 299. r y , MUSCLES DU BRAS RÉGION ANTÉRO-INTERNE CORACO-BRACHIAL Les variations du muscle coraco-brachial ont, en 1867, été l’objet d’un excellent travail de la part de Wood (Wood, Journ. of anat. and phys., 1867, t. 1, p. SI). ^ Le coraco-brachial de l’homme est un reliquat du vaste corps charnu qui dans les Vertébrés inférieurs, relie la face antérieure de l’arc pecto¬ ral à l’humérus *. Il représente à lui tout seul la masse des adducteurs fémoraux toujours divisée en plusieurs muscles distincts. « La perfo¬ ration du coraco-brachial moyen par le cutané externe ou nerf mus- culo-cutané indique chez les Mammifères, dit le professeur Humphry, la tendance qü’a ce muscle à se diviser en deux corps. Cette division est réalisée dans le lapin, le Singe proboscide et la gerboise [Dipus gerboa) où le corps supérieur, inséré isolément sur le tubercule cubital, constitue un coraco-brachial supérieur. Dans les Amphibiens, les Rep¬ tiles et les Monotrèmes il y a ordinairement un troisième corps, un coraco-brachial inférieur, séparé du coraco-brachial moyen par l’artère brachiale et le nerf médian, et qui se prolonge jusqu’au condyle ‘ Les anthropotomistes décrivent le coraco-brachial en même temps que les muscles du bras et les anatomistes vétérinaires, en même temps que les muscles de l’épaule. La manière de voir des anatomistes vétérinaires est seule admissible, en anatomie comparée, attendu que le coraco-brachial ne dépasse pas quelquefois, en bas, le col de l’humérus et ne se prolonge jamais jusqu’aux os de l’avant-bras comme les autres muscles du bras. En le plaçant dans la région brachiale je ne fais donc qu’obéir à une tradition surannée et mal fondée. 22 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME interne ‘ ». A l’état anormal on peut, de même, rencontrer chez l’homme deux ou trois coraco-brachiaux. Wood a appelé : Le coraco-brachial supérieur : rotator humeri, coraco-brachialis brevis, short variety, troisième variété du coraco-brachial ; Le coraco-brachial moyen / coraco-brachialis médius, middle variety, première variété du coraco-brachial Le Coraco-brachial inférieur ; coraco-brachialis longus, long variety, deuxième variété du coraco-brachial. Etudions-les successivement. Coraco-brachial supérieur. « J’ai rencontré, dit Cruveilhier^ un petit muscle coraco-brachial surnuméraire, étendu de la base de l’apophyse coracoïde, au-dessous du petit trochanter, immédiatement au-dessous des insertions du sous- scapulaire; la même disposition existait des deux côtés. Ce petit muscle décrivait une courbe au-devant du sous-scapulaire. » Cette description est très précise et très nette. Aussi M. Testut revendique-t-il pour Cruveilhier l’honneur de la découverte du court coraco-brachial attribuée par d’autres anatomistes à Theile. « \2En- clopédie anatomigue de Theile (Sœmmerring' s Lehre), remarque le professeur d’anatomie de la Faculté de médecine de Lyon, fut imprimée à Leipsig en 1841, et nous possédions, depuis quatre ans déjà, la pre¬ mière édition de V Anatomie de Cruveilhier, parue à Bruxelles^. » M. Testut se trompe ici doublement. D’abord en ce qui concerne la date et le lieu d’origine de la première édition de l’anatomie de Cruveilhier. J’ai vu une édition de cette anatomie qui date de 1834 et qui est sortie de la librairie Béchet, place de l’Ecole-de-Médecine, n° 4. Ensuite, en ce qui concerne l’honneur de la découverte du coraco- brachial supérieur, cet honneur appartient à Otto. (Voy. Otto, Aewe selt Beobacht, Bd. 11, 1824, p. 40.) Depuis 1824, ce muscle a été observé non seulement par Cruveilhier * Humphry. Obs. in \Myol., cit. p. 158. Dans son Traité intitulé The human skeleton (p. 559) le professeur Humphry a comparé le court coraco-brachial au court adducteur de la cuisse, le moyen coraco-brachial au moyen adducteur, le long coraco-brachial au long adducteur ou grand adducteur qui se prolonge jusqu’au condyle interne après avoir livré passage à une artère qui va se placer du côté de la flexion sur la partie moyenne de l’arti¬ culation des deux segments supérieurs du membre pelvien. - Cruveilhier. Loc. cit., p. 164. ® Testut. Traité des an. musc., cit. p. 358. MUSCLES DU BRAS 23 et Theile, mais aussi par Gruber', Wood S Macalister ^ Mac Whinnie*, Calorie Rüdinger®, Popoff’, Pruen®, Testut®, Souligoux*", Reid et Taylor Henle, Krause, Leidy, Chudzinski, etc. La forme, les dimensions, la structure, les connexions et les inser¬ tions du court coraco-brachial sont très variables. Aussi a-t-il été décrit sous les noms les plus divers. Je l’ai vu se détacher de la base, du sommet, de la face inférieure ou du bord interne de l’apophyse cora¬ coïde, jamais du bord externe de cette apophyse. Inférieurement il peut se terminer soit : I. Sur le col chirurgical de l’humérus entre la petite tubérosité et les tendons du grand dorsal et du grand rond. C’est le court coraco- brachial type, celui de Cruveilhier. II. Sur la coulisse bicipitale (cas de Reid et Taylor). III. Sur la cloison intermusculaire interne (cas de Mac Whinnie et de Wood). IV. Sur le tendon du grand dorsal. C’est le levator tendinis mus- ciili latissimi dord de W. Gruber. Généralement grêle et formé en proportions à peu près égales de tissu musculaire et de tissu fibreux, il vient se fixer sur le tendon du grand dorsal^, en arrière du coraco- brachial moyen. Il est parfois incomplet et s’étend seulement du ten¬ don du grand dorsal à la petite tubérosité de l’humérus ou à la capsule de l’épaule. Il a été considéré tour à tour comme une variété du coraco- capsulaire, l’homotype à l’épaule de l’obturateur interne du bassin? (Testut), un faisceau anormal du grand dorsal. Je l’ai trouvé trois fois (deux fois chez l’homme des deux côtés, une fois à droite chez une femme). Il a été rencontré également par Wood, Macalister, Nicolas, etc. V. Sur le tendon du sous-scapulaire (cas de Macalister). M. Macalister a même disséqué un sujet chez lequel les fibres inférieures du court coraco-brachial s’entremêlaient avec celles du sous-scapulaire. ‘ Gruber. Muller' s Arch., 1848, p. 423. 2 Wood. Journ. of anal, andphys., vol. I, p. 45. ^ Macalister. Cat. cit., p. 74. ■* Mac Whinnie. London Med. gaz., 1846. * Calori. Memone deW Institut, di Bologna, 1866, série 11, t. VI, p. 166. ' Rüdinger. Die Muskeln der vordern Extremitæten der Reptilien, Haarlem, 1868. '> Popoff. üeber einige uber’zahlige Muskeln des menschl Koi'pers. (Med. Bâte, 1873). s Pruen. Saint-Bartholomew’s hospital Reports, vol. XVII, 1881, p. 71. ® Testut. Loc. cit., supra, p. 357 et suiv. “ Gh. Souligoux. Bullet. de la Soc. anal, de Paris, p. 214, février-mars 1894. ” Reid et Taylor, Saint-Thomas’s hospital Reports, 1879. 24 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME VI. Sur la capsule de l’épaule. C’est le mode de conformation le plus habituel du court coraco-brachial après celui noté par Cruveilhier. D’où les qualificatifs de M. coraco-brachialis brevis et de M. coraco- capsularis dont le professeur Macalister se sert indifféremment pour désigner le faisceau musculaire anormal dont il s’agit. Au groupe des adducteurs du bras et plus particulièrement au court coraco-brachial il faut rapporter aussi les formations musculaires inaccoutumées dont les noms suivent : a) M. Capsularis humero-scapularis siiperior. — Il est constitué par un trousseau de fibres verticales qui se portent^, en avant du tendon du sous-scapulaire, de la partie du col chirurgical où s’insère le court coraco-brachial, à la capsule de l’articulation scapulo-humérale. Il a été signalé successivement par Gruber, Wood, Curnow*, Pruen, Alezais ^ Testut, etc. Le professeur Gruber l’a rencontré trois fois sur 380 sujets. Pour le distinguer du suivant, M. Testut le nomme M. brachio- capsulaire . P) M. capsularis-humero-scapularis. — Il naît de la petite tubérosité ou du pourtour de la petite tubérosité de l’humérus, et se termine sur la capsule articulaire de l’épaule. Il a été découvert par Krause (W. Krause, Myologische Bemerkungen, Arch. f. anat. und phys. anat. Abth, 1881, Heft 6, S. 419-422). y) M. depressor tendinis subscapularis majoris seu retinacidum mus- culare subscapularis majoris. — Cet abaisseur ou ce frein du tendon du sous-scapulaire est formé par un corps charnu dont une des extrémités s’attache au col chirurgical de l’humérus et l’autre au tendon du sous-scapulaire. C’est un capsularis-humero-scapularis superior qui, au lieu de se prolonger jusqu’à la capsule de l’articu¬ lation de l’épaule, s’est arrêté sur le tendon du sous-scapulaire ou sur l’aponévrose d’enveloppe de ce muscle (1 cas de Pruen et 1 cas per¬ sonnel, à droite, à gauche chez une femme). C’est W. Gruber qui l’a observé le premier. Ce qui démontre clairement que les faisceaux musculaires appelés capsularis-humero-scapularis superior; depressor tendinis subscapularis majoris, par W. Gruber et capsularis-humero-scapularis, par Krause, dérivent bien du groupe des coraco-brachiaux, c’est qu’ils sont quel¬ quefois une dépendance du coraco-brachial supérieur (cas de Souli- ’ Cumow. Journ. of anat. andphys., 1873, t. VIII, p. 305. ■ Alezais. Trib. Méd., 1881, p. 604. MUSCLES DU BRAS 2S goux, de Calori, etc.). J’ai trouvé, des deux côtés, en 1890, sur une femme, un coraco-brachial supérieur dont le corps charnu, fixé au- dessous du trochiter, était formé par la réunion de deux faisceaux provenant, l’un du sommet de l’apophyse coracoïde, l’autre du tendon du sous-scapulaire. Anatomie comparée. — Ce muscle a été mentionné dans V Orycteropus Capensis, V opossum par Galton*, le Macropus giganteus et le Martes abietum par Rolleston, le Macropus ruficollis (var. Benetti) et le Phas- colomys wombata par Galton et Rolleston^, la taupe par Wood, le lapin et la gerboise par Humphry, VHyœna striata, VHyœna crocuta, les Protèles par Young et Rohinson, la civette par Young, Rohinson, et Devis, le chat par Young, Rohinson et Strauss-Durckheira, Véchidné^ par Alix et Meckel (Meckel, de Ornithorynco), l’oiw’s par Tes¬ tât, V éléphant indien par Young, et la girafe par Lavocat. Le professeur Macalister, qui Ta trouvé à l’état rudimentaire chez un chimpanzé, affirme qu’il est représenté chez tous les Quadrumanes. 11 a été décrit ou figuré, en effet, dans le sai, le magot, Y ouistiti ordinaire, le papion, le callitriche par Meckel, le bonnet-chinois par Wood‘, YAtèle Belzébuth par Kuhl®, les Lémuriens de Madagascar par Milne-Edwards ', le Macacus sinicus par Testut’, les Cercopithèques par Testut et Mivart*, le Nycticebus tardigradus, par Mûrie et Mivart®, le Singe proboscide par Humphry, le Cynocephalus Anubis par Champ- neys, etc. Mais dans les Anthropoïdes, comme dans l’espèce humaine, sa présence paraît être exceptionnelle. Depuis M. le professeur Maca¬ lister, il n’a été retrouvé que par MM. Testut et Vrolik dans le chim¬ panzé, et par M. Hepburn dans le gorille. Parmi les animaux il en est chez lesquels il existe seul, d’autres dans lesquels il est accompagné d’un coraco-hrachial moyen et d’un long coraco-brachial ou de l’un ou l’autre de ces deux muscles. (Voyez ces deux muscles.) Dans le gorille du docteur Hepburn, le coraco-brachial avait môme ‘ Galton. On the myol. of the Orycteropus Capensis, cit. p. 535. * Rolleston. Student's note Book. ^ Lannegrâce nie la présence du court coraco-hrachial chez cet animal. * Wood. ioc. cit.,passim. “ Kuhl. Beitràge z. Beschreibung mehrer Mammalien, p. 16. ® Milne-Edwards. loc. cit., suprà, t. I, p. 105. ’ Testut. Trait, des an. muse., p. 361. s Mivart. Proc. zool. societ., janvier 1865. * Mûrie et Mivart, ibid., février 1865. 26 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME un mode de conformation différent à droite et à gauche. Du côté droit il naissait, avec la courte portion du biceps, en arrière de laquelle il était situé, du sommet de l’apophyse coracoïde et se terminait sur la partie moyenne de la face interne du corps de l’humérus. De son bord inférieur se détachaient quelques trousseaux fibreux qui allaient s’épanouir sur la cloison intermusculaire interne, après avoir croisé en le recouvrant le nerf musculo-cutané et qui étaient vraisemblable¬ ment les vestiges du long coraco-brachial. Du côté gauche on trou¬ vait, en plus des parties sus-indiquées, un corps charnu un peu plus gros qu’un muscle lombrical, étendu de la face profonde du coraco- brachial à la face interne du col chirurgical de l’humérus, au-dessus ■du tendon du grand rond et qui était, à coup sûr, l’homologue du court coraco-brachial. « De sorte, remarque le docteur Hepburn, que dans cet anthropoïde, les trois éléments constituants du coraco-brachial étaient représentés : deux, le coraco-brachial supérieur et le coraco- brachial inférieur, par des faisceaux rudimentaires et un, le coraco- brachial moyen, par un faisceau bien développé* ». Dans le fœtus de gorille et dans le gorille adulte disséqués par Deniker et Duvernoy, le coraco-brachial moyen existait seul. La division du court coraco-brachial en deux chefs, l’insertion de ce muscle sur la capsule de l’épaule, le sous-scapulaire, etc., se ren¬ contrent chez les animaux ainsi que chez l’homme. Le coraco-brachial supérieur de Y éléphant remonte jusqu’à la capsule de l’épaule^ ; celui de V Oryctérope du Cap échange quelques fibres avec le sous-scapulaire; celui de Voiirs hrun d'Amérique est composé de deux faisceaux dont l’externe s’arrête sur le trochin et la capsule de l’articulation scapulo- humérale. En anatomie vétérinaire on donne les noms de m. capsulaire de l'épaule, de m. scapulo-huméral grêle à un petit corps charnu qui, chez les Solipèdes, se porte du sourcil de la cavité cotyloïde à la racine de la tête de l’humérus, en arrière de l’articulation de l’épaule. CORACO-BRACHIAL MOYEN Absence. — Barkow a vainement cherché le coraco-brachial moyen sur les deux bras d’un monstre. En 1881, j’ai disséqué un paralytique ‘ Hepburn. Journ. of anat. and physiol., cit. p. 157, janvier 1892. - Young. Notes on the anat. of the Indian éléphant. Journ. of anat. and physiol., 1880, t. XIV, p. 290. MUSCLES DU BRAS 27 général dont la moitié inférieure du coraco-brachial moyen du côté droit était réduite à l’état d’une mince lame aponévro tique. Anatomie compakée. — Ce muscle est remplacé par un court ou un long coraco-brachial ou par l’un et l’autre chez divers Mammifères. Il est très petit chez les Chauves-souris, mais il n’y manque, pas comme l’a dit Cuvier (Meekel, Macalister, Maisonneuve, Blanchard). D’après Meckel, le kangurou, la loutre et le phoque sont dépourvus de tout coraco-brachial ? Par contre, il existe seul dans Vaï, les Loris (Meckel), le murin (Mai¬ sonneuve), le bradypus (Wood), le Cholœptus didaclylus (Galton), etc. Imperforation du muscle. — Deux cas peuvent se présenter : I. Le nerf rnusculo-cutané fait défaut. — Alors la racine externe du nerf médian ne donne naissance à aucun tronc nerveux ; de la racine interne part le cubital qui naît par deux branches dont l’une constitue le nerf lui-même, tandis que l’autre, après un court trajet, abandonne le cubital pour se porter obliquement vers le médian qu’elle rejoint. Il en résulte un très fort nerf médian duquel se détachent plusieurs rameaux qui sont : un rameau pour le coraco-brachial, un rameau pour le biceps, un troisième rameau assez volumineux qui, après avoir perforé le biceps, va constituer le rnusculo-cutané à l’avant-bras ; de ce troisième rameau et avant la perforation du biceps part un ramuscule pour le brachial antérieur. Il y a donc fusion du rnusculo-cutané et du médian, de sorte qu’il n’existe à la partie antérieure du bras qu’un seul tronc nerveux, duquel émanent les filets nerveux destinés aux muscles du bras*. ' Pour les anomalies et les anostomoses des nerfs du membre supérieur, voyez : Calori. Memorie delV Âccad. dette Scienze di Botogna, 1868. Hyrtl. Anatomia detV Uoino, trad. ital., p. 381. Gruber. Archiv fur anat. von Reichert, 1870, p. 501. • Debierre. Soc. biotogie, t. V, n° 19. F. Verchère. Buttet. de ta Soc. anat. 1883, 26 janvier, p. 49. Richelot. Soc. de chirurgie, 1883, 23 mai, p. 438. Testut. Journ. de t’anatom. et de ta phys., 1883, t. XIX, p. 103 et Mém. de VAcad. de médec. de Paris, t. XXXIV, avril 1884. G. Hervé. Buttet. de ta Soc. d’anthropotogie de Paris, 1883, p. 40 et 1889, p. 405. Buttet. de ta Soc. anal., Curtis. Aus der internationaten Monatsschrift anal. u. hist. Bd III, Heft, 9. Hartmann. Buttet. de la Soc. anat., 1887, 5* série, t. I, p. 860 à 864. — Ibid., 1888, 10 février, p. 151. Broca. Ibid., 24 février 1888, p. 206. Villar. Ibid., 1887, p. 192 ; et 1888, p. 607. Beaunis et Bouchard. Anat. humaine, 3* édit.. Anomalies nerveuses. VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME II. Le nerf musculo-cutané existe. — Alors le musculo-cutané côtoie d’abord le bord interne du coraco-brachial moyen, puis s’insinue entre la face postérieure de ce muscle et la face antérieure de la portion coracoïdienne du biceps, pour suivre au delà son trajet accoutumé. Cette disposition, qui pour Cruveilhier et Wood n’est pas très rare, est, au contraire, pour Jamain, Leidy, Macalister et Testut, très excep¬ tionnelle. Sur 30 sujets qu’il a examinés le professeur Macalister ne l’a pas rencontrée une seule fois. M. Testut ne l’a observée que 11 fois sur lOS bras qu’il a disséqués et moi que 3 fois sur 87. Anatomie comparée. — Le coraco-brachial moyen du chimparizé dissé¬ qué par Vrolik * et celui des gibbons disséqués par Hepburn ® et par Kohl- brügge® était imperforé. Il en était de même du coraco-brachial moyen du cynocéphale Anubis de Champneys Dans le magot, le papion, X ouistiti ordinaire, le callitriche et les Atèles le musculo-cutané passe entre le court coraco-brachial et le coraco-brachial moyen ® (Meckel). Chez un certain nombre de Vertébrés inférieurs le musculo cutané est confondu avec le médian duquel émanent tous les nerfs des muscles de la région antibrachiale. Division en deux chefs. — Le coraco-brachial moyen peut être divisé en deux chefs entièrement distincts entre lesquels passe le nerf musculo-cutané. J’ai disséqué une vieille femme dont le coraco-hra- chial était constitué, de chaque côté, par deux faisceaux au-dessous desquels glissait le musculo-cutané : le faisceau inférieur avait les mêmes insertions que le muscle normal ; le faisceau supérieur avait deux têtes d’origine, bientôt fusionnées, l’une provenant de la capsule de l’épaule, l’autre du ligament coraco-huméral, et se terminait sur la face interne de l’humérus au-dessus du précédent. M. le professeur Macalister m’a écrit qu’il avait rencontré une malformation identique. Mon ancien aide d’anatomie, M. Hahusseau, m’a remis en 1890 la note suivante, concernant un homme dont chaque coraco-hrachial dédoublé était traversé à la fois par le musculo-cutané et par un filet du nerf médian. ‘ Vrolik. Recherches d'anatomie sur le chimpanzé, 1841. - Hepburn. Journ. of an. and phys., janv. 1892, p. 157. ^ Kohlbrügge. Anatomie des genus Hylobates, 1890 (D' Max Weber, Amsterdam). * Champneys. Joum. of anat. and phys., nov. 1871, p. 183. “ Il en était de même chez un sujet du sexe masculin, fils d’un nègre et d’une mulâtresse) disséqué par M. Chudzinski. (Voy. Chudzinski. Revue d'anthropologie 187 i et tirage à part, p. 15.) MUSCLES DU BRAS « Homme, quarante-cinq ans, phtisique. — Chaque coraco-hrachial a un faiscean supplémentaire, inséré en haut sur le quart antérieur du bord interne de l’apophyse coracoïde en avant du petit pectoral, et se portant directement vers l’extrémité inférieure du muscle avec laquelle elle se fixe sur la partie moyenne de l’humérus. Entre les deux portions passe, outre le musculo-cutané, une branche du nerf médian, bifurqué. » Anatomie comparée. — Dans les chimpanzés de Hepburn et de Cham- pneys et dans les orangs de Hepburn ‘ et de Church ^ le coraco-bra- chial était formé de deux corps charnus indépendants entre lesquels passait le musculo-cutané. « 11 nous est arrivé une fois de voir, chez le cheval^ dit M. Lesbre, le nerf brachial antérieur passer non pas à travers le muscle dont nous nous occupons (le coraco-hrachial), mais en dessous ; en outre, l’artère préhumérale était remplacée par une branche ascendante de l’artère principale du biceps, et, malgré cela, le coraco-hrachial était divisé comme d’ordinaire en deux portions ^ » Variations de volume. — Dans la majeure partie des Mammifères le volume du coraco-hrachial est en raison inverse de celui de la courte portion du biceps. Variations des insertions. — On a dit que le coraco-hrachial moyen se terminait à la partie supérieure du tiers moyen de l’humérus (Winslow), au-dessus de la partie moyenne de cet os (Bichat, Krause), à la partie moyenne (Boyer, Morel, Duval, Gegenbaur, Leidy), à l’extrémité inférieure de la coulisse bicipitale (Hyrtl), etc. Pour ma part, je crois qu’il se termine le plus communément à la partie moyenne du bras. On a signalé l’expansion de quelques-unes des fibres du muscle en question sur la cloison intermusculaire interne ou sur le ligament de Struthers (Chudzinski, Nicolas, Gegenbaur, Souligoux). A son origine, le coraco-hrachial moyen suit les déplacements de la courte portion du biceps. Je l’ai vu, à droite, chez un homme, entiè¬ rement indépendant de cette courte portion. Anatomie comparée. — Les insertions du coraco-hrachial moyen * Hepburn, Champneys. Loco citato supra. “ Church. JVai. ïiist. lîeaiea', janv. 1862. ’ Lesbre. hoc. cit., p. 106. 30 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME varient dans chacun des quatre Anthropoïdes. Suivant M. Deniker, ce muscle aurait un mode de conformation différent chez le fœtus de gorille,, chez le jeune gorille et chez le gorille adulte. « Le coraco-brachial du fœtus du gorille est plus court, dit-il, que chez l’homme : son insertion inférieure se trouve sur la limite entre le tiers snpérieur et le tiers moyen de l’humérus. 11 envoie une expansion aponévrotique au tendon du grand dorsal. Chez mon jeune gorii .e, ce muscle s’insère presque au milieu de l’humérus et envoie une expansion aponévrotique au biceps et au brachial antérieur. Chez l’adulte, ce muscle se comporte comme chez l’homme (Duvernoy) ‘ .» Vrolik a décrit et figuré ^ un ruban musculeux qui va, dans le chim- panzé, de la portion supérieure de ce muscle à la portion interne du triceps. Faisceaux surnuméraires et connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Theile, Leidy, Wood, Macalister, Krause, Mac Whinnie, Hyrti, etc., ont fait mention de l’union fréquente de la branche interne du brachial antérieur et du muscle dont il s’agit^. Le professeur Stru- thers a vu une expansion du coraco-brachial moyen recouvrir, vers le tiers supérieur du bras, l’artère humérale. Dans quelques animaux, le pteropus entre autres, les deux muscles dont je viens de parler se continuent directement. Coraco-brachial inférieur. Le coraco-brachial inférieur ou long coraco-brachial a été décrit par Theile qui l’a regardé comme un faisceau aberrant du brachial antérieur 11 est situé au-dessous du bord inférieur du coraco-brachial moyen dont il peut être entièrement différencié et se termine sur la partie inférieure de la face interne de l’humérus ou le ligament fibreux étendu de l’épitrochlée à l’apophyse sus-épitrochléenne au-des¬ sous duquel passe tout ou partie du paquet vasculo-nerveux du bras. L’étendue de l’insertion inférieure du coi’aco-brachial inférieur est, du reste, très variable. Elle peut ne pas se prolonger au delà d’un ‘ Deniker. Loco citalo mprà, p. 142. - Vrolik. Loco cilato suprà, p. 19 et pi. IV. ' Loc. cit. passim. Hyrti. Lerbuch deranal., p. 862. •* Theile. Enc. anat., trad. Jourdain, p. 215. MUSCLES DU BRAS demi-centimètre du bord inférieur du coraco-brachial moyen ou envahir tout l’espace compris entre ce bord inférieur et l’épitrochlée. Depuis Theile, le coraco-brachial inférieur a été signalé par Gruber Wood, Macalister, Struthers, Bianchi^ Romiti®, Testut et moi. Dans un cas observé par le professeur Nicolas de Nancy, il avait deux faisceaux terminaux, l’un inséré sur l’humérus, l’autre sur la face pos¬ térieure du bras et entre lesquels étaient logés les nerfs huméraux, le nerf médian et le nerf cubital. Anatomie comparée. — D’après Meckel, Cuvier ® et Wood, les Tatous ne posséderaient qu’un long coraco-brachial. Sur le Tatou à six bandes qu’il a disséqué, M. Gallon a cependant trouvé un court coraco-brachial, un coraco-brachial moyen et un long coraco-brachial dont l’extré¬ mité inférieure était bifurquée pour livrer passage au nerf médian et aux vaisseaux du bras. Il n’y aurait également qu’un long coraco-brachial dans les Cétacés, le porc-épic, Y écureuil, s’il faut en croire Meckel; dans le Myrme- cophaga tamandua, s’il faut en croire Rapp et dans le grand fourmi¬ lier, s’il faut en croire Pouchetk Le tenrec [Centetes caudatus) et Vours n’ont qu’un long et court coraco-brachial (Rolleston, Testut), et les Équidés et YHystrix cristata, qu’un long et un moyen coraco-brachial (Arloing et Chauveau, Galton). Dans le chat, on ne trouve normalement qu’un court coraco-brachial, mais ilpeutaussi s’y développer, del’aveu même de Strauss-Durckheim®, « un coi’aco-brachial plus étendu qui vient s’insérer en bas sur la partie postérieure de la crête interne de l’humérus ». J’ai indiqué les divers modes de conformation des adducteurs du bras observés chez les Anthropoïdes. Une preuve évidente de la communauté d’origine des trois coraco- brachiaux, dans l’espèce humaine aussi bien que dans la série ani¬ male, c’est que, chez l’homme de même que chez les animaux, ils ' Gruber. t^eue Selt anom., p. 28, t. I, fig. 1. - BiaucM. ho Sperimentale, août 1886. ® Romiti. Bollet. delta soc. Ira i cuit, delle sc. med. in Sieua, 1885. * Nicolas, hoc. cil. supra, p. 5 et 6. “ Cuvier et Laurillard. Anat. comparée, pl. CCLX. “ Rapp. Anatomische Vntersuchungen über die Edentaten, Tubingen, 1852, p. 47. ’ G. Pouchet. Mém. sur le grand fourmilier, l'= livraison, Paris, 1867, pl. III, fig. 1 et 2. ® Strauss-Durckheim. Anat. du chat, t. II, p. 344. 32 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME apparaissent simultanément ou isolément, offrent les combinaisons les plus variées, diffèrent même quelquefois comme nombre et comme structure d’un membre thoracique à l’autre. BICEPS BRACHIAL Absence totale ou partielle du muscle. — L’absence complète du biceps a été signalée par M. Macalister*. MeckeP a vu la courte portion faire défaut. J’ai noté deux fois (une fois à droite chez l’homme, une fois à gauche chez une femme) la disparition totale de la longue por¬ tion. Cette malformation a été indiquée également par Otto®, Lauth*, Hyi’tP, Henle®, Macalister, Jœssel’, Leboucq®, Gegenbaur®, Gruber*”, Testut (deux cas), etc. Anatomie comparée. — Le biceps est formé, comme l’a démontré le professeur Krause, de l’Université de Berlin, par 4 muscles : le coraco- radial, le coraco-cubital, le gléno-radial et le gléno-cubital. Les deux premiers naissent par une insertion commune de l’apophyse cora¬ coïde et composent la courte portion. Les deux derniers ont aussi une origine commune, ie bourrelet glénoïdien, et composent la longue portion. « La courte portion qui, sur l’humérus, se trouvait en dedans de la longue portion, passe au-devant d’elle au niveau du pli du coude. Les extrémités inférieures se divisent; les fibres tendineuses se groupent autrement que les fibres musculaires. Le tendon du biceps est formé par les muscles coraco et gléno-radial ; les fibres tendi¬ neuses de ce dernier passent derrière celles du coraco-radial^ l’inser¬ tion du coraco-radial se fait en avant de celle du muscle gléno-radial. L’expansion aponévro tique du biceps est constituée par les fibi'es tendineuses du muscle coraco-cubital, en avant, et par celles du gléno- * Macalister. Loc. cit. supra, p. 80. = Meckel. Arch. Bd., 8, p. 587. ^ Otto. A. seUBeobacht.,p. 40, Heft. 1, p. 899. * Lauth. Nouv. man. de Vanat., p. 14i. = Hyrtl., p. 362. » Henle. Meckel’s Arch., 1826, p. 39. ’ Jœssel. Zeitschr. f. anat. u. Entwick, vol. II, p. 142-141. * Leboucq. Ann. de la Soc. de méd. de Gand, 1873. » Gegenhaur. Virchow’s Arch. Bd. XXI, p. 376. “ Gruber. Virchow's Arch., XXXIII, p. 211. MUSCLES DU BRAS 33 cubital^ en arrière. Les muscles eoraco et gléno-radial sont beaucoup plus volumineux et partant plus puissants que les deux faisceaux coraco et gléno-cubital L» Au total, les quatre faisceaux du biceps rappellent ceux du sterno- cléido-mastoïdien ou muscle quadrijumeau de la tête; aussi a-t-on appelé par analogie le long fléchisseur de l’avant-bras, quadnjumeaii du bras. Les données de l’anatomie comparée témoignent que les différents faisceaux peuvent manquer ou se combiner diversement. En voici la preuve : Goraco-radial seul ; Oryctérope du Cap, rhinocéros, échidné, gre¬ nouille, crapaud, lézard. Goraco-radial et coraco-cubital ; Emys, caméléon. Goraco-radial et gléno-cubital : Carnivores (les deux muscles sont complètement distincts). Gléno-radial seul : Nyctipithèqüe, sténops, taupe. Ruminants, cheval. Gléno-cubital seul : Hyrax du Cap, Rongeurs. Gléno-radial et gléno-cubital ; Rorc, Monotrémes. Variations des connexions des deux chefs. — La réunion de la longue et de la courte portion du biceps qui s’opère, en général, vers la partie moyenne du bras, peut s’opérer beaucoup plus haut ou beau¬ coup plus bas ; la longue et la courte portion peuvent même être entiè¬ rement isolées ou entièrement fusionnées depuis leur origine jusqu'à leur terminaison. L’indépendance complète des deux portions du long fléchisseur du bras a été observée par Riverius, Weibrecht\ Albinus^, Rudolphi®, MeckeP, Macalister'' etc. Je l’ai constatée 4 fois : 2 fois chez l’homme, 2 fois chez la femme et toujours des deux côtés. La fusion complète des deux portions du long fléchisseur du bras a été signalée par Gruber, Macalister, Wood, etc. Je l’ai observé des deux côtés chez une femme. En 1892, mon prosecteur, M. André, m’a montré un sujet dont les deux portions du biceps gauche étaient seulement reliées l’une à l’autre, un peu au-dessus du pli du coude * Krause. Man. d'anat. hum., fasc. II, trad. franc, de L. Dollo, p. 200. ' Riverius. De Dissect. partium human. corpor. Paris, 15iS, p. 3U. ® Weibrecht. Comment. Petrop., 1737. * Albinus, in Meckel, Manuel d'anat., trad. Jourdan et Breschet, 1825, t. II, p. 158. = Rudolphi, in. Gantzer. ioc. oit., p. 6. ‘ Meckel. Manuel d’anat. préc., p. 138. ’ Macalister. hoc. cit. passim, p. 80. 34 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME par deux l’ubans musculeux. Dursy* a fait mention d’un cas ana¬ logue, et le professeur Testut, de deux. Chacune des branches d’origine du biceps peut, elle-même, se segmenter en partie ou en totalité. Moser^ a rencontré et j’ai ren¬ contré moi-même (à droite, sur un colon de Mettray) la longue por¬ tion double. Une double tête coracoïdienne a été trouvée par les profes¬ seurs Wood, Macalister et Testut. Chez le sujet du professeur Macalister, la tête coracoïdienne surnuméraire se portait sur la tête coracoïdienne normale au-dessus du point où elle se confond avec la longue portion. Chez celui de Wood, la tête coracoïdienne surnuméraire allait se perdi’e dans le biceps au-dessous du point d’accolement de ses deux portions. Chez celui du professeur Testut, il y avait, en plus des deux chefs coracoïdiens, un chef provenant de la face profonde du grand pectoral, qui rejoignait le chef glénoïdien à 4 centimètres au-dessous de son origine. Sur un homme disséqué par le professeur Leboucq, de TUniversité de Gand, le biceps du côté gauche était formé par la courte portion normale et par un chef inséré sur la capsule de l’épaule et celui du côté droit par deux chefs coracoïdiens W. Gruber a donné le nom de M. gleno-brachialis à un faisceau musculaire qui naît du sommet de la cavité glénoïde avec le tendon de la longue por¬ tion, sort avec lui de la capsule articulaire, après avoir contourné la tête de l’humérus et se tei’mine sur le coi'ps de l’humérus, en dedans de la coulisse bicipitale, au-dessus du bord supérieur du grand dorsal. Ce muscle rudimentaire est très rare. Depuis Gruber, il n’a été retrouvé que par MM. Knott et Macalister. Il est généralement unilatéral. Pour éviter des redites, je traiterai plus loin des insertions anormales du tendon inférieur segmenté du biceps. Anatomie comparée. — Ces anomalies sont, pour moi, la consé¬ quence d’un trouble embryogénique qui fusionne plus étroitement ou moins étroitement les quatre chefs qui composent le long fléchisseur de l’avant-bras. J’ai soumis cette interprétation à mon éminent col¬ lègue de l’Université de Gand, M. le professeur Leboucq, qui en avait proposé une auti’e pour le cas, relaté plus haut, de biceps à 4 chefs qu’il a rencontré, et voici ce qu’il m’a écrit le 18 juillet 1895 : ' Dursy. Henle u. Pfeufer's Zeitschrift, XXXIII, p. 45. ' Moser. Arch., vol. Vllf, p. 227. ® Leboucq. Bullet. de la Soc. de méd. de Gand, 1873. MUSCLES DU BRAS 33 « Ce qui m’avait porté à émettre l’interprétation erronée d’un déplacement de la longue portion (chef glénoïdien) ponr venir s’insérer avec la courte à l’apophyse coracoïde, c’est qu’il y avait deux masses distinctes, l’une terminée par un tendon long et grêle et que le volume total de ces deux masses était équivalent à celui des deux chefs de l’autre côté. L’interprétation que vous proposez me semble la seule rationnelle. 11 y avait, à di’oite, absence du chef glénoïdien et sup¬ pléance par le chef coracoïdien plus développé que normalement et dans lequel la division en coraco-radial et coraco-cubital était évidente, tandis que de l’autre côté cette division ne se voyait pas dans le chef coracoïdien, et il y avait un chef glénoïdien à terminaison anormale dans la capsule. — La division du biceps en quatre chefs se voit très bien sur beaucoup de sujets. Je considère la dénomination proposée par Krause [Quadrijemelhis brachii) comme logique et conforme à la réalité des faits; malgré cela, il vaut mieux s’en tenir à l’ancien nom. » Le muscle gléno-brachial que M. Testut considère « comme l’homo¬ logue exact du chef coracoïdien de l’obturateur intei’ne ‘j), n’échappe pas lui-même à cette interprétation. C’est un des deux chefs glénoïdiens dont l’extrémité inférieure mal développée s’est soudée à l’humérus. Dans le fœtus de gibbon de M. Deniker « le biceps était formé presque exclusivement par le long chef » et, dans le jeune gorille du même anatomiste, « était divisé dans ses quatre cinquièmes supérieurs n. Variations des insertions. — 1. Variations des insertions supérieures. — Elles peuvent porter sur l’une ou l’autre des deux têtes. Celles qui portent sur la courte portion sont relatives à l’extension des fibres le long du ligament acromio-coracoïdien. Cette anomalie est assez com¬ mune : elle a été observée 6 fois par le professeur Macalister, 1 fois par Wood et 1 fois par moi (6 fois chez l’homme; 4 fois des deux côtés, 1 fois à droite et 1 fois à gauche et 1 fois à droite chez une femme). Quant à la longue portion, elle peut se fixer : a) Dans la coulisse bicipitale (Macalister^, Welcker®, Gruber‘, Testut^ Nicolas, Le Double) ; * Testut. Trait, des anom. musc., p. 308. - Macalister. Cal. cit., p. 80. = Welcker. Aî’cA. f.anat. u.Entwicklungsch. Leipzig, 1878, H. I,p. 20. * GruLer. BuUet. de VAcad. imp. de Saint-Pétersbourg , 1872. ' Testut. toc. cit. supra, p. 382. 36 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME P) Sur la petite tubérosité de l’humérus (Davies-Colley, Taylor et Dalton, Cruveilhier*, Radams^); y) Sur la grosse tubérosité de l’humérus (Macalister) ; 8) Sur la capsule de l’articulation de l’épaule (Macalister, Theile, Soller®); s) Sur le tendon du grand pectoral (Koster‘, Macalister, Pozzi®, Chudzinski®, Kôlliker, Testut, Le Double, etc. ’). M. Macalister a vu le tendon de la tête glénoïdienne perforer le tendon du grand pectoral. Sur un sujet disséqué par Gruber les fibres les plus externes du tendon de la longue portion allaient se fixer sur le tendon du grand pectoral. Dans un cas observé par M. Testut, le long chef du biceps était renforcé par une bande musculeuse pro¬ venant du bord inféi’ieur du grand pectoral et de la capsule de l’épaule. Anatomie comparée. — De l’accroissement en largeur des insertions à la voûte acromio-coracoïdienne de la courte portion du biceps, je dirai peu de choses : il est en rapport, dans les espèces supérieures^ avec la masse des fibres musculaires. Pour les insertions de la longue portion à la coulisse bicipitale, aux tubérosités humérales, à la cap¬ sule de l’articulation de l’épaule ou au tendon du grand pectoral elles décèlent le chemin que parcourt la longue portion avant d’atteindre le bourrelet glénoïdien, les étapes où elle peut s’arrêter définitivement pendant sa migration. La pénétration du tendon d’origine du long chef à l’intérieur de la cavité de l’articulation scapulo-humérale est, en effet, le résultat d’une migration progressive dont on rencontre plusieurs phases réalisées à l’état permanent chez les Mammifères. Chez l’embryon humain ce ten¬ don n’est pas encore libre dans la cavité articulaire, mais se trouve uni à la capsule articulaire par un prolongement de la membrane syno¬ viale. C’est à Hermann Welcker et à J. Muller qu’on doit la connaissance * Nicolas, Davies-Colley, Taylor et Dalton, Cruveilhier. hoc. cil. supra. ’ Radams. Todd’s Cyelopœdy of an. andphys., vol. VII, 1852, p. 586. ^ Soller. Soc. des conf. anal, de Lyon. * Koster. Nederlansch Archief, II, p. 371. “ Pozzi. Assoc. franç. pour l'amne. des se. Lille, 1872. Chudzinski. Bevue d' Anthropologie, 1874-1882. ’ J’ai trouvé cette malformation, à droite et à gauche, chez une négresse de la Martinique. MUSCLES DU BRAS 37 de ces faits. C’est Hermann Welcker* qui a démontré la pénétration, après migration, de la longue portion dans la capsule de l’épaule.. C’est J. Muller® qui a prouvé qu’au cinquième mois de la vie intra- utérine, le tendon de la longue portion du biceps n’est pas libre dans la capsule, y est attaché par un repli de la synoviale qui disparaît plus tard, mais qui peut persister et que Weber ^ a constaté une fois chez un garçon de quinze ans. « Chez aucun de nos Animaux domestiques le long fléchisseur de l’avant-bras ne mérite son nom de biceps, observe M. Lesbre % vu que son chef coracoïdien fait défaut. Par contré, le tendon glénoïdien est très développé et situé plus ou moins hors de la capsule articulaire ; dans le pore, le chien, le chat, le lapin, cette deimière donne un cul- de-sac synovial qui accompagne le tendon dans la coulisse bicipitale ; tandis que dans les Solipèdes et les Ruminants il y a là une synoviale propre, indépendante de celle de l’articulation. Au fur et à mesure que le tendon se dégage ainsi de l’articulation, il prend plus d’épais¬ seur et s’insère sur un tubercule sus-glénoïdien de plus en plus accentué et séparé delà cavité glénoïde. Ce tubercule, qui se développe avec l’apophyse coracoïde par un même noyau d’ossification, est désigné en anatomie vétérinaire sous le nom de base de l’apophyse coracoïde ; il est à son maximum de développement chez les Solipèdes ; aussi le tendon supérieur du biceps de ces animaux est-il énorme, de consis¬ tance fibro-cartilagineuse et la coulisse bicipitale, très large, divisée en deux gorges par un tendon médian. » Dans le même ordre, les Chéiroptères, la longue portion du biceps se fixe au scapulum dans le Phylostoma hanstatum et le Nycteris tabarca (Gruber) et à l’humérus dans la plupart des autres variétés. Chez un cercopithèque du Sénégal disséqué par M. Testut, la longue portion du biceps avait deux tendons dont l’un, relié à la capsule de l’épaule par un repli synovial, allait s’attacher sur le bourrelet glé¬ noïdien et l’autre, en partie sur le trochin, en partie sur la capsule. La portion intra-articulaire du tendon du long fléchisseur de l’avant- bras de Yatèle est pourvu également d’un méso-tendon. * Welcker. Areh. fur anat. und phys., 1871, p. 20, et 1878, p- 21. Pour Welcker le ligament sus-gléno-sus-huméral de l’articulation de l’épaule humaine correspondrait histologiquement au ligament rond de l’articulation de la hanche. Pour Sutton le ligament sus-gléno-sus-huméral représenterait au contraire un reste ancestral du tendon du muscle sous-clavier. - J. Muller. Handbuch der physiolog . des Menschen, Bd. I, p. 41 2. “ Weber. Handbuch der Anatomie, Bd. I, p. 615. * Lesbre. ioc. cit., p. 107. 38 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME II. Variations des insertions inférieures. — Le défaut de présence du tendon radial a été noté par Petit*, Haller^ et Gruber. Dans le cas de Gruber le radius manquait et le biceps était inséré en partie sur l’apophyse coronoïde du cubitus, en partie sur l’articulation du coude®. L’expansion aponévrotique du biceps {lacertus fibrosus) peut être : a) Absente (Macalister, 1 cas personnel) ; P) Très mince ou très épaisse ; y) Plus ou moins large ; S) Plus ou moins longue ; $) Émaner à la fois du tendon terminal et du corps charnu ; i) Être indépendante, en partie ou en totalité, du tendon ; x) Recevoir toutes les fibres du chef huméral ; Vj Recevoir des faisceaux de renforcement du brachial antérieur (voy. ce muscle). Anatomie comparée. — « Chez le gorille, dit le professeur Hartmann', l’aponévrose bicipitale se prolonge sous forme d’un faisceau tendineux très puissant du fascia anti-brachial jusqu’au fascia palmaire. >> Cette expansion descendait très bas sur l’avant-bras du Troglodytes Aiibryï et sur l’avant-bras d’un orang disséqué par M. Testut. Elle était renforcée par des fibres provenant du brachial antérieur chez le fœtus de gibbon que M. Deniker a eu à sa disposition. Augmentation du nombre des chefs. — Biceps à trois chefs. — Cette anomalie est la plus commune de toutes les anomalies du biceps. Le troisième chef du biceps tricipital peut provenir des parties dures ou des parties molles de l’épaule ou du bras. A. Biceps tricipital dont le 3'* chef provient des parties dures de l'épaide ou du bras. — Dans cette variété du biceps tricipital le chef surnuméraire peut émaner : a) De l’apophyse coracoïde (voy. Variations des connexions des chefs glénoïdien et coracoïdien) ; P) De la grosse tubérosité de l’humérus (cas de Meckel et de Maca¬ lister) ; y) Du bord externe de la coulisse bicipitale (cas de Haller, de Gru¬ ber) ; * Petit. Mém. de L’Acad., 1733, p.31. * Haller. Opusc. anat. argument, minor., vol. VIII. Lausanne. ^ Gruber. Virchow's Arch., vol. XXIII, p. 212. * Hartmann. Loc. cit. supra, p. 127. MUSCLES DU BRAS 39 S) De la face interne de l'humérus, entre le brachial antérieur et le coraco-brachial ; s) De la face externe de l’humérus, entre le delto'ide et le long supi¬ nateur (cas de Macalister) ; !.) Du bord externe de l’humérus et de la cloison intermusculaire externe, entre le deltoïde et le long supinateur. — Ce faisceau sur¬ numéraire est décrit à l’étranger sous le nom de M. hrachio-radialis. 11 a été rencontré par WoodS Gruber^ Theile®, Hyrtl\ Wagner* et par moi (chez 2 hommes, 1 fois des deux côtés, 1 fois à gauche). Dans deux cas observés par Wood et Gruber il était indépendant du biceps jusqu’à son extrémité inférieure. De tous ces chefs surnuméraires du biceps tricipital le plus intéres¬ sant à cause de sa fréquence et des nombreuses discussions auxquelles il a donné lieu, est le chef qui prend naissance sur la face inteime de l’humérus, entre le brachial antérieur et le coraco-brachial. Il a été trouvé par Theile, Hallett, Cruveilhier (3 fois), Wood, Macalister®. Frœlich, Nicolas Cuyer®, Testut, Hervé (3 fois)®, Chudzinski (8 fois)‘“, Struthers (4 fois) “, Beaunis et Bouchai’d Debierre^®, Laskowski**, HyrtD*, Calori^®, Henle*’, Gegenbaur*®, Quain^®, Bellini®®, Schwalbe et Pfitzner®*, Bianchi®®, Souligoux®®, etc., etc. Il a été trouvé également par plusieurs de mes élèves, MM. Lelot, Maurice, Petit, Héron de Villefosse, etc., et par moi. Rubané, cylin- ‘ Wood. toc. cit. passim, p. 496. - Gruber. Muller’s arch., 1848, p.428. ^ Theile, in üœmmemng's Encyclop. anat. [Jourdan’s Transi), 1843. " Hyrtl. Lehrbuch. = Wagner. Heusinger''s Zeitschrift, Heft. Ili, Bd. III, S. 345. “ Theile, Hallett, Craveilhier, Wood, Macalister. ioc. eit.passim. ’ Frœlich, Nicolas. Bullet. de la Soc. des sc. de Nancy, 1891. “ Cuyei. Bullet. de la Soc. d’anthropol. de Paris, oct. 1893, p. 467. » Hervé. /5irf.,juin 1889, p. 405, et janvier-mars 1893, p. 40. *“ Chudzinski. Revue d’anthropol., 1882, p. 280. “ Struthers. References to paper in Anatomy. Edimbourg, 1889, p. 9. Beaunis et Bouchard. Nouv. Élem. d’anat descript., 3® édit. 1880, p. 707. Debierre. Soc. de Biol, de Paris, t. V, n» 19. “ Laskowski, cité par M. Hervé. Hyrtl. Anat. delV uomp, trad. ital. d’Occhini, p. 381 Calori. Mem. delV. Accad. delV Sc. di Rologna, 1868. ” Henle. Muskellehre cit. Gegenbaur. Trait, d’anat. hum., trad. franc, de Julin, 1889, p. 446. •“ Quain’s Anatomy [myology). “ Bellini. Loe. cit. suprà. Schwalbe et Pfitzner. Anat. Anzeîger, 1889-90-91-92-93-94-95. -- Bianchi. Le Sperimentale, août 1886. Souligou-v. Bullet. de la Soc. anat. de Paris, décembre 1895, p. 658. 40 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME drique ou fusiforme, large ou étroit, unilatéral ou bilatéral, il se ter¬ mine tantôt sur le tendon (disposition fréquente), tantôt sur le corps charnu (disposition plus rare), tantôt sur l’expansion aponévrotique du. biceps (disposition excessivement rare). D’après Hyrtl, ce faisceau huméral annexe n’est rien autre chose qu’un faisceau du brachial antérieur séparé de ce dernier muscle par le nerf musculo-cutané dévié de son trajet normal. « Toujours lorsqu’il existe un chef huméral j’ai vu, dit-il, le nerf musculo- cutané passer entre ce chef et le brachial antérieur. » C’est une asser¬ tion conti’e laquelle je ne saurais trop m’élever. Le biceps peut pos¬ séder un faisceau huméral sans que le musculo-cutané soit dévié de son trajet (voy. M. coraco-brachial moyen, anomalies nerveuses du bras). 11 est faux, d’autre part , d’avancer qu’un nerf dévié de sa route peut soulever et détacher un faisceau musculaire ; il est faux d’avancer qu’un muscle normal ou anormal est perforé par un nerf. Une sem¬ blable manière de s’exprimer est vicieuse ; elle est contraire aux faits . Dans l’enchaînement des causes et des résultats,. c’est à l’anomalie musculaire qu’appartient le rôle initial ; en d’autres termes, Tano- malie du muscle est la cause, et non la conséquence de l’anomalie dans le trajet du nerf. Par suite, la perforation d’un chef anormal ou d’un muscle quelconque, comme le coraco-hrachial , par un nerf, ici le musculo-cutané, ne saurait être qu’une apparence. L’ap¬ parence vient de ce que, le tissu musculaire étant encore à l’état embryonnaire, des fibres et des faisceaux s’y sont développés en avant, en arrière et tout autour du nerf, englobant ce dernier sur une certaine longueur de son parcours et lui ménageant une sorte de canal que le nerf semble ainsi s’être creusé dans la masse même du muscle. Cette explication est conforme aux données embryologiques actuelles concernant le développement des nerfs et des muscles des membres. Les nerfs des membres sont des branches des nerfs spinaux qui se prolongent dans les extrémités. Cette pénétration a lieu de fort bonne heure, dès le 4“ jour chez le poulet'^. Or, à ce moment, les muscles des membres n’existent pas encore à l’état d’organes distincts ; leur matrice seul est présente sous la forme d’une lame cellulaire indifférente, émise par la lame muscu¬ laire proto-vertébrale et pénétrant à partir de cette lame dans le rudi¬ ment de l’extrémité (Kôlliker). Au sein de ce blastème primitif, les diffé- Kôlliker. Embryologie, trad. franc., p. 625 MUSCLES DU BRAS rents muscles prendront naissance, mais plus tard et sur place, englobant ou laissant en dehors d’eux, suivant les régions et les accidents du développement, les nerfs préexistants. Les muscles des membres de l’homme apparaissent seulement dans le cours du deuxième mois; ils sont encore pâles à cette époque et à peine distincts de leurs tendons. Ce processus d’englobement limité par les faisceaux musculaires des branches nerveuses, improprement dites perforantes, permet en même temps de comprendre comment il suffit que quelques faisceaux ne se développent pas en leur lieu habituel pour qu’un nerf ne tra¬ verse plus un muscle, mais lui devienne simplement contigu. C’est ainsi que, dans un grand nombre de cas, le musculo-cutané ne traverse pas le coraco-brachial moyen. On ne saurait expliquer d’ailleurs par un autre processus la prétendue perforation par des nerfs d’organes tels que les os, dont le tissu acquiert au cours de leur développement une consistance très dui-eC Sur une femme j’ai vu, des deux côtés, le chef huméral du long fléchisseur de l’avant-bras naissant de la face interne de l’os du bras se terminer sur le bord supérieur arrondi du grand orifice, dit hiatus semi-lunaire qui donne passage à la veine basilique. Enfin, dans un cas observé par Meckel, le long fléchisseur de l’avant-bras était fornié seulement par le chef huméral et le chef coracoïdien L Le chef huméral du biceps provenant de la face interne du corps de l’humérus a été rencontré : 1 fois sur 9 sujets par Theile, 1 fois sur 13 par Hallett, 18 fois sur 173 par Wood, 1 fois sur 10 par Macalister, 11 fois sur 103 par Testut, 37 fois sur 319 par Schvi'albe et Pfitzner ® et 16 fois par moi et mes élèves, sur 200. Réunissons tous ces chiffres : Theile . Hallett . Wood . Macalister . . . . , testut. ..... Schwalbe et Pfitzne L’auteur . * Ainsi que Cruveilhier, Bock, Gruber et le professeur G. Hervé, j’ai disséqué des rameau-x: des branches du plexus cervical qui traversaient la clavicule. * Meckel. Areh., 1826, p. 39. “ Schwalbe et Pfitzner. Ameiger, IV, n" 23 (1889) ; îbid., VI, n“ 20 et 21, 1891 et Schwalbe's 'iiwrphologische arbeiten. Bd. III, 1894. 1 fois sur 9 sujets. 1 — lo¬ is — 175 — 1 — 10 — 11 — 105 — 57 — 519 — 16 — 200 — 105 fois sur 1033 sujets. 42 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Soit chez 10,1 p. 100 des sujets, proportion qui concorde avec celles de M. Testut (10,8 p. 100), de Wood (10,3 p. 100) et de MM. Schwalbe et Pfitzner (11 p. 100). Dans la statistique des professeurs Schwalbe et Pfitzner où les hommes sont représentés par le chiffre 345 et les femmes par celui de 174, il est noté que le faisceau surnuméraire existait : Chez 14 p. 100 des hommes des deux côtés ; — 10 p. 100 des femmes — — 16 p. 100 des hommes du côté gauche seulement; — 17 p. 100 des femmes — — 13 p. 100 des hommes du côté droit seulement ; — 4 p. 100 des femmes — Sur mes 200 sujets comprenant 110 hommes et 90 femmes, il était présent ; Des deux côtés . . . chez 7 hommes ; — • — 4 femmes ; Du côté droit seulement . — 1 homme ; — — 2 femmes ; Du côté gauche seulement — 1 homme ; — — 1 femme. B. Biceps tricipital dont le 3® chef provient des parties molles de V épaule ou du bras. — Dans cette variété du biceps tricipital le chef en excès peut naître : a) De la capsule de l’épaule (cas de Nicolas, et d’un de mes élèves, M. Robert). Theile a disséqué un biceps formé par deux chefs cora- coïdiens et par un chef inséré sur la capsule de l’épaule ; P) Du tendon du petit pectoral (cas de Wood, de Macalister, 1 cas personnel) ; y) Du tendon du grand pectoral (cas de Chudzinski) ; S) Du bord inférieur du grand rond (cas du professeur Macalister) ; e) Du deltoïde (2 cas du professeur Macalister *) ; t.) Du brachial antérieur (cas de Wood, de Macalister, de Testut, de Horner plusieurs cas personnels) ; ).) Du coraco-brachial (plusieurs cas personnels) ; * Dans un cas le chef en excès émanait à la fois de la face externe de l’humérus et du deltoïde, et dans un cas la longue portion du hiceps faisait défaut. “ Horner. Loc. ciL, p. 417. MUSCLES DU BRAS 43 [x) De la cloison intermusculaire interne (cas de Hyrtl, de Macalis- ter, de Quain% de Walsham) ; v) Du rond pronateur (cas de Macalister, de Wood, de Clason-, de Testut, 2 cas personnels). C’est à ce faisceau prolongé plus ou moins loin sons forme d’une lame aponévrotique très mince sur la face externe du rond pronateur que le professeur Struthers a donné le nom de M. brachio-fascialis. 11 en existe un bon dessin dans l’anatomie de Quain (pl. XXXV, fig. 5). p) Du long supinateur. M. Kelly, de Dublin, a disséqué un faisceau de la longue portion du biceps dont l’extrémité inférieure trifide se tei’minait sur le long supinateur et l’aponévrose antibrachiale. Anatomie comparée. — Le biceps reçoit un faisceau de renforcement venant de l’humérus dans le Myrmecophaga tamandua (Rapp®), le rhinocéros et quelques Chéiroptères (Macalister), Ycti (Humphry), Yorang-roux (2 fois sur S sujets disséqués par M. Chudzinski). « Une exception intéressante au point de vue philosophique, et en pai’ticulier au point de vue de la comparaison des membres supérieur et inférieur est, a écrit Broca présenté par le gibbon. Les deux chefs du biceps brachial se comportent chez lui comme les chefs correspon¬ dants du biceps crui’al. Un seul faisceau vient du scapulum ; il n’y a pas de faisceau coracoïdien, le court chef étant représenté par un fais¬ ceau qui s’attache à l’humérus et à l’aponévrose intermusculaire interne. » « Chez le gibbon, a écrit, d’autre part, M. Hartmann, le faisceau court ne naît pas toujours, comme on le dit, du trochin ou du tendon du grand pectoral (Huxley), mais de l’arête du trochin, en se reliant dans ce cas au grand dorsal, au trapèze, au brachial interne déjeté latéralement et au triceps brachial. » Laquelle de ces assertions est exacte ? Elles sont trop affirmatives l’une et l’autre. Dans le fœtus de gibbon de M. Deniker le long fléchis¬ seur de l’avant-bras avait le mode de conformation du long fléchisseur de l’avant-bras humain normal. Dans le Gibbon cendré de Bischoff la courte portion était formée par deux faisceaux provenant l’un du petit trochanter, l’autre de l’apophyse coracoïde, auxquels faisait suite un ' Quain's Ânat., p. 270. * Clason. Upsala Lâkareforenings Formidlingar, Bd. III, Hft. 2. ^ Rapp. Anatomische üntersuchungen iiber die Edentalen. Tnbingen, 1852. * Broca. Les Primates. 44 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME tendon unique qui perforait le grand pectoral. Dans le gibbon du docteur Hepburn, le corps charnu du biceps dont la courte portion était insérée à la partie supérieure de la coulisse bicipitale recevait en bas des trousseaux de fibres de la cloison intermusculaire interne. Dans Y Ey lobâtes entelloïdes qui a été remis à M. Chudzinski pour le musée de la Société d’ Anthropologie de Paris, la courte portion nais¬ sait, comme dans le gibbon du professeur Huxley, du tendon du grand pectoral. Le biceps est plus ou moins uni au long supinateur dans Y Ateles panisms (Macalister), au brachial antérieur dans le phoque (Hum- phry), au deltoïde dans Y Oryctérope du Cap (Galton). Dans les Ursidés le biceps a les modes de conformation les plus variés. Il avait une tête glénoïdienne et une tête coracoïdienne chez les sujets disséqués par Cuvier et Laurillard ‘ et Shepherd Kelley et une tête glénoïdienne seulement chez le sujet disséqué par le profes¬ seur Testut. « Un ow's brun m’a offert une fois à gauche, dit Meckel, la tête simple comme à l’ordinaire et dépourvue du faisceau accessoire coracoïdien ; à droite il y avait au contraire un faisceau tendineux en haut, s’étendant de la partie supérieure du coraco-brachial au muscle principal. Chez unoiirs blanc, le coraco-brachial gauche se bifurquait, au contraire, et il y avait, à droite, outre la longue tête qui était très forte, une courte tête propre. Celle-ci avait son origine à côté du coraco-brachial et n’envoyait que vers le milieu du bras un faisceau à la longue tête avec laquelle elle se confondait ensuite à l’extrémité inférieure du bras. » Biceps à quatre chefs. — Le biceps à quatre chefs est ordinaire¬ ment constitué par le chef glénoïdien, le chef coracoïdien, le chef huméral provenant de la face interne de l’humérus entre le coraco- brachial et le brachial antérieur et un chef provenant du trochin. J’ai rencontré le biceps ainsi conformé chez fi hommes (3 fois des deux côtés, t fois à droite et 1 fois à gauche) et chez 2 femmes (1 fois des deux côtés, 1 fois à gauche). Quatre des 18 sujets sur 175, examinés par Wood, possédaient un biceps pourvu à la fois d’un chef détaché de la partie moyenne de l’os du bras et d’un chef détaché soit du ti’ochin , soit de la coulisse bicipitale, soit de la face externe de l’os du bras, entre le deltoïde et le long supinateur. M. Macalister a vu la tête qui * Cuvier et Laurillard. Ail. d'anal, comp., pl. LXXXIX (fig. 1 et 2). MUSCLES DU BRAS 4b naît de l’humérus, entre le coraco-brachial et le court fléchisseur de l’avant-bras, coexister, dans un cas, avec la courte portion dédoublée à son origine et la longue portion attachée au trochin ; et, dans un autre cas, avec les portions glénoïdienne et coracoïdienne normales et un trousseau musculeux descendant de la lèvre externe de la coulisse bicipitale. Un de mes anciens élèves, M. Girard, m’a montré la der¬ nière disposition sur les deux membres supérieurs d’une fillette. Elle a été constatée aussi par MM. Davies-Colley, Taylor et Dalton. MM. Cbudzinski et Kôlliker ont fait mention, chacun, d’un biceps qui était constitué par les deux portions bien conformées, un chef huméral fixé à la face interne de l’os du bras, entre le fléchisseur cubital et le coraco-brachial, et un quatrième chef inséré au tendon du grand pec¬ toral. Chez un sujet disséqué par le professeur Testut, ce chef pectoral renforçait un fléchisseur radial composé de deux têtes coracoïdienhes et d’une longue portion normale. Dans une observation de Theile il est l'elatéeque le biceijs brachii avait une portion glénoïdienne dédou¬ blée, une portion coracoïdienne indivise et un chef huméral venant de la face interne de l’humérus, entre le coraco-brachial et le court fléchisseur de l’avant bras. Biceps à cinq chefs. — Les cas suivants ont été signalés : a) Les deux têtes coracoïdienne et glénoïdienne normales étaient accompagnées du chef huméral le plus commun et de deux autres faisceaux provenant, l’un du deltoïde, l’autre de la coulisse bicipitale près du tendon du grand pectoral (Henle). P) Au corps charnu du biceps formé, comme d’habitude, par la réunion au milieu du bras de la longue et de la courte portions bien conformées succédaient trois rubans musculaires dont l’externe, le plus large, était fixé sur le fascia semi-lunaire et le radius, le moyen, le plus petit, sur le long supinateur et la bourse séreuse bicipitale et l’interne trifurqué, sur trois points différents de l’apophyse coronoïde (Wood). y) En plus du biceps normal il y avait un fléchisseur radial surnur méraire inséré par un tendon indépendant sur le radius et la tubéro¬ sité bicipitale et naissant par trois chefs : un, venant de la face interne de l’humérus, un de la face externe, le troisième de la courte portion du biceps (Pietsch'). * Pietsch. Journ. de médecine de Roux, t. XXXI, p. 31?. VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME S) La courte portion et deux chefs huméraux contribuaient à for¬ mer le corps charnu du biceps auquel succédaient deux tendons attachés séparément l’un sur le radius, l’autre sur le cubitus (Gruber). s) Les deux portions glénoïdienne et coracoïdienne étant complè¬ tement développées, il existait un troisième chef huméral et une tête coracoïdienne renforcée elle-même par un faisceau émanant de la capsule de l’épaule (Testut). On peut rapprocher des cas de Wood et de W. Gruber où le long fléchisseur de l’avant-bras était fixé à la fois sur le radius et le cubi¬ tus, ceux du professeur Macalister, de Sels, de.Rudolphi, de Hyrtl, de Pye-Smith, Howse et Colley, de Testut et de Kelly. Les voici : Le professeur Macalister \ Sels® etRudolphi® ont trouvé un faisceau musculaire qui provenait de la longue portion et allait se fixer isolément au radius. Hyrtl ‘ a vu ce même faisceau terminé par deux tendons dont l’un se portait sur le radius et l’autre sur le cubitus. Pye-Smith, Howse et Colley ont disséqué des trousseaux de fibres du biceps qui se rendaient directement à l’avant-bras. Kelly et le professeur Testut ont signalé la possibilité de l’union du muscle précité et du grand palmaire par des fibres conjonctives ou aponévro tiques, M. Thébault® a fait mention d’un long- fléchisseur de l’avant-bras qui offrait trois faisceaux surnuméraires : un qui reliait la portion glénoïdienne au grand pectoral, et deux qui reliaient le corps charnu au brachial anté¬ rieur et à l’articulation scapulo-humérale. Anatomie comparée. — Dans VEmys geographica (Macalister), les Paramèles^ le chœropus i^shaAxQT),\& Macro pus ruf/îco lis (var. Benetlï) (Galton), le Macropus giganteus (Meckel), le Dasypus sexcinctus (Gal- ton), VEchidna hystrix, VIguana tuberculata (Mivart), l’Hyène striée (Young et Robinson), le porc, le chat, le chien, le lapin, etc.®, le long fléchisseur du bras se fixe par deux tendons distincts au radius et au ' Macalister. Cat. cit. p. 83. - Sels. Dissert. anal. muse. var. sistens, 1815, p. 12. “ Rudolphi. Blumenbach’s mecl. bibl.. Bd. I, p. 176. * Hyrtl. Oesterreich Zeitschrift, VIII, n- 20, 1862. ^Va&ûs.vli. Ballet, de la Soc. d'anthrop. de Paris, imWti 1893, p. 286. “ Dans les espèces domestiques l’extrémité inférieure du biceps brachial se fixe à la tubé¬ rosité bicipitale du radius et à la base de l’olécrâne. Quant à l’expansion aponévrotique, elle existe, plus ou moins prononcée, dans toutes les espèces ; elle se perd sur l'extenseur antérieur du métacarpe constitué, on le verra plus loin, par les deux radiaux externes fusionnés. MUSCLES DU BRAS 47 cubitus. Le long fléchisseur du bras des Chamæléonides (Sabatier), du fourmilier, du coati (Meckel) a également deux tendons inférieurs dont l’un (le cubital) s’unit à celui du brachial antérieur qui lui est contigu. Le biceps du daman, du -porc-épic, du hérisson, s’attache exclusivement au cubitus. Le tendon inférieur du biceps du murin, facilement séparable en deux ou trois tendons secondaires, s’insère à l’extrémité supérieure du radius dans une excavation triangulaire que présente cet os sur son bord antérieur et qui est déterminée par le rapprochement du radius et du cubitus soudés ensemble (Maison¬ neuve). — (Pour détails complémentaires, voyez le muscle suivant.) BRACHIAL ANTÉRIEUR Absence. — Cette absence a été notée par Voigt sur un sujet qui était privé de radius L Elle serait normale dans le tamandua, au dire de Rapp. Variations des insertions supérieures. — Contrairement au profes¬ seur Krause, j’ai vu presque toujours le brachial antérieur s’insérer sur la face externe de l’humérus. L’empreinte deltoïdienne n’ayant pas la même étendue chez tous les sujets, il s’ensuit que le muscle en question qui se fixe au-dessous d’elle remonte plus ou moins haut sur le bras. Anatomie comparée. — En anatomie comparée on pourrait définir le brachial antérieur « le muscle de la gouttière de torsion de l'humérus ». Dans l’espèce humaine sa direction spirale n’est pas évidente parce qu’il ne répond qu’à la partie inférieure de cette gouttière, est logé derrière le biceps et se termine par un tendon unique sur le radius. Mais cette direction spii-ale apparaît nettement chez les Animaux domestiques et principalement chez les Solipèdes et les Ruminants où le brachial antérieur naît de la base de la tête de l’humérus, passe de la face postérieure à la face externe, puis à la face antérieure de cet os et se place à côté du biceps pour se terminer à la fois sur le radius et le cubitus. 1 Voigt. Arch. f. Heilkunde, 1863. Leipzig, p. 27. 48 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Segmentation du muscle. — Le brachial antérieur peut être divisé en deux faisceaux longitudinaux, juxtaposés ou supei’posés, entière¬ ment ou partiellement distincts. L’un et l’autre ou l’un ou l’autre des deux faisceaux ainsi formés, peuvent se segmenter eux-mêmes en fais¬ ceaux secondaires. Ces faisceaux secondaires, auxquels on a donné les noms les plus divers [M. brachialis internus, Gruber ; M. brachialis internus minor , M. brachialis lateralis minor, Macalister, etc.), ont été étudiés d’une façon toute particulière par le professeurW. Gruber dans son mémoire « Ueber die varietœten d. M. brachialis anticus in Mém. de l'Académie de Saint-Pétersbourg, 1868, p. 528 [Mélanges biologiques, Xll, p. 363). Ce qui est cause que ces faisceaux ont été décrits sous des qualificatifs différents, considérés même par certains anatomistes comme des muscles autonomes, c’est l’extrême variabilité de leurs insertions inférieures. En fait ils dépendent tous du brachial antérieur, quelles que soient leurs insertions inférieures qui peuvent se faire soit : I. Sur le cubitus seul (cas de Henleh de Weher-Hildebrandt, de Meckel, de Gruber, de Testut, de Macalister ^ deux cas personnels®). II. Sur le radius seul (cas de Führer*, de Henle, de Chudzinski®, de Gruber, de Testut, de Macalister, d’Halbertsma, de Morel et Mathias DuvaP, de Morestin’, un cas personnel®). III. Sur le radius et le cubitus. — Le brachial antérieur, qui présente cette malformation ou l’une ou l’autre des deux malformations dont la description suit, rentre dans la classe des muscles anormaux que les anatomistes anglais nomment « muscles tripartites ». Dans la mal¬ formation en question, deux faisceaux du brachial antérieur peuvent se * Henle. Muskellehre. - Vl^eber Hildebrandt, Meckel, Macalister. Cat. d'anatom., cit. p. 76, 77. ^ Les voici : 1° F., 23 ans, avriH885. — Le brachial antérieur droit estdivisé dans toute son étendue en deux chefs distincts, parallèles, d'égal volume, terminés chacun par un tendon attaché à la partie moyenne de la face interne de l’apophyse corono'ide. Le brachial anté¬ rieur gauche est normal. 2» H., 71 ans, décembre 1887. Le brachial antérieur de chaque côté se segmente, à un travers de doigt au-dessus de l’interligne articulaire du coude, en deux corps dont l’interne se fixe par un tendon très fort sur le tubercule de la face interne de l'apophyse corono'ide et l’externe, par une expansion aponévrotique très mince sur l’empreinte rugueuse située au-dessous du tubercule précité ' Führer. Cit. par Macalister in Cat. d'an. “ Chudzinski. Revue d’Anthropologie, t. III, p. 28. ' Morel et Duval. Manuel de Vanat. cit. ’ Morestin. Bullet. de la Soc. anat. Paris, 1894, p. 1015. * Dans tous ces cas l’insertion avait lieu soit au-dessous, soit sur la tubérosité bicipitale. MUSCLES DU BRAS 49 porter sur le radius et un sur le cubitus (cas de Dawson^ de Weber- Hildebrandt, de Turner^) ou deux sur le cubitus et un sur le ra¬ dius. IV. Sur le radius et une arcade fibreuse qui l’unit à l’apophyse coronoïde du cubitus. — M. Morestin a rencontré ce vice de dévelop¬ pement chez huit sujets sur soixante®. Je l’ai rencontré également plusieurs fois. V. Sur le radius ouïe cubitus et le fléchisseur supei’ficiel des doigts. M. Macalister a disséqué un brachial antérieur dont deux faisceaux se rendaient au cubitus et un à la portion du fléchisseur superficiel destiné au médius. Sur le bras droit d’une femme j’ai vu le brachial antérieur se fixer par deux tendons au radius et par un troisième tendon sur le faisceau de l’annulaire du fléchisseur superficiel. VI. Sur le radius et le rond pronateur. — Ce n’est que l’exagération de l’état normal ^ A cet ordre d’anomalie se rattachent les muscles fusi¬ formes étendus du hord externe du brachial antérieur au rond prona¬ teur trouvés par Macalister etWood et le « muscle quadripartite » de Clason®, dont deux faisceaux s’attachaient sur le radius, un sur le cubitus, un sur le rond pronateur. VII. Sur le biceps (Voy. Biceps à trois chefs). VIII. Sur l’aponévrose antibrachiale. — « J’ai vu sur de nombreux sujets, a écrit le professeur Gi’uber, soit des faisceaux détachés du brachial antérieur, soit de véritables muscles surnuméraires se jeter sur l’expansion antibrachiale, ou bien directement, ou bien en empi’un- tant l’expansion aponévrotique du biceps. J’ai vu leurs tendons deve¬ nir très forts et très larges, si larges même qu’ils recouvraient entiè¬ rement le paquet vasculo-nerveux. » Ce vice de conformation est, en effet, assez commun. Il a été signalé encore par Lauth ®, Hyrtl, Sœmmerring, Mac Whinnie, Theile, Struthers^, Wood, Nicolas, Chudzinski®, etc. J’en possède deux moulages pris par un de mes prosecteurs et un de mes élèves, MM. Bougrier et Servant. ' Dawson. Edimb. med. Journ., vol. XYIII, p. 82. ® Turner. Journ. of an. a7id.phys .,t. XIII, p. 362. 3 Morestin. Ballet, delà soc. an Paris, 1896, p. 261. ‘ Krause prétend avec raison que le brachial antérieur envoie toujours quelques fibres au rond pronateur. “ Clason. Upsala, JMk. for Forandl. Bd. III, Ileft, 2. » Gruberet Lauth. Muller's Arch., 1848, p. 427. ’ Struthers. Refer. in. anal.., cit. p. 9. * Chudzinski. Revue d'Anthropologie, 1884 . 50 ' VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME IX. Sur la synoviale du coude (voy. M. tenseur antérieur de la syno¬ viale du coudé) . X. Sur le long supinateur. — Le long supinateur et la partie inférieure du corps du brachial antérieur sont souvent reliés par un pont charnu au-dessous duquel passe le nerf radial. Cette malformation signalée par Macalister, Gruber, Struthers, etc. , a été observée des deux côtés, chez six femmes sur cent deux sujets par Wood et sur trois femmes (deux fois des deux côtés et une fois à droite) et deux hommes (une fois à droite et une fois à gauche) sur quati’e-vingts sujets * par moi. Theile a vu le faisceau musculaire fusiforme, qui se détache par¬ fois du bord externe du brachial antérieur, pour se porter sur le rond pronateur, se porter sur le long supinateur. Wood a disséqué une femme dont chacun des deux muscles brachiaux antérieurs était divisé en deux corps dont l’externe envoyait des trousseaux de fibres sur le long supinateur et le « bicipital semi-lunar fascia ® » . Le pro¬ fesseur Testut a noté la fusion à peu près complète du long supina¬ teur et du brachial antérieur. Sur des sujets examinés par Reid et Ta^loi le long supinateur provenait presque entièrement du muscle dont il s’agit L J’ai trouvé l’anomalie décrite dans la note ci-jointe par un de mes élèves : « Extension en hauteur de chacun des deux longs supinateurs et fusion de leurs fibres avec celle du brachial antérieur. « Les longs supinateurs se continuent sur la partie externe du bras, jusqu’au tiers supérieur de l’humérus. Leurs fibres sont : 1“ les unes, internes et plus courtes ; elles aboutissent au bord externe de la gouttière de torsion ou à la cloison intermusculaire externe, comme le muscle normal ; 2“ les autres, externes, s’étendent de l’aponévrose tendineuse commune à l’empreinte deltoïdienne en contractant, dans leur partie supérieure, des adhérences avec le brachial antérieur et en faisant saillie entre ce muscle et le vaste externe du triceps. » Anatomie comparée. — Dans un mémoire intitulé : On the Dispo¬ sition and Homologies of the extensor and flexor muscles of the leg and foream qu’il a publié en mai 1869 dans le Journal of Anatomy and Physiology ^ le professeur Humphry a montré que la segmentation du brachial antérieur en deux faisceaux longitudinaux correspondant aux * Dont 47 femmes, et 33 hommes. ’ Wood. Proceed. of the Roy. Soc., 1868, p. 497. = Reid et Taylor. St Thomas’s hospital Reports, 1879. MUSCLES DU BRAS deux courts extenseurs du bras (vaste externe et vaste interne) établis¬ sait une analogie manifeste entre le groupe des fléchisseurs et le groupe des extenseurs de l’avant-bras. La division du brachial antérieur en deux chefs distincts existe nor¬ malement dans les Crocodiliens (Sabatier), \&Dasyproctaci'istata{Wo.vi&), (Humphry, Wood), Vours (Testût), le lapin, lièvre, etc. Chez le murin le brachial antérieur « est constitué par une série de fibres musculaires composant des faisceaux très déliés et pour ainsi dire espacés entre eux » (Maisonneuve). « Le brachial interne du gorille et du gibbon, dit le professeur Hartmann, se partage en deux et même trois faisceaux L » Api’ès les dissections de MM. Hepburn, Bischoff, Vrolik, etc., cette affirmation n’est plus soutenable. Mais pour n’être pas constantes dans le gibbon, le gorille et les autres Anthropoïdes, les malformations du brachial antérieur de l’homme ne s’y retrouvent pas moins. Chez le fœhis de gorille disséqué par M. Deniker, le brachial antérieur était réuni par des fibres charnues au deltoïde et au triceps et par des fibres aponévrotiques, au long supinateur. La même disposition existait chez le gorille adulte et le chimpanzé àe, Duvernoy.Surle chim¬ panzé de Rolleston, une bandelette musculaire provenant du bord externe du court fléchisseur de Favant-bras allait se perdre sur l’apo¬ névrose antibrachiale. Sur le fœtus de gibbon de M. Deniker, le long fléchisseur de Favant-bras envoyait une expansion fibreuse sur le bra¬ chial antérieur et l’aponévrose antibrachiale. Pour Wood, Duvernoy et Deniker ces liaisons du brachial antérieur des Anthropoïdes « avec le deltoïde, d’une part, et le long supinateur d’autre part, sont relatives au grimper qui exige une transmission des efforts et des mouvements de la main au tronc par l’épaule » . Une interprétation qui se base sur l’exception et non sur la règle ne vaut guère. Il faut, à mon sens, chercher ailleurs la raison d’être de la tendance à devenir externe qu’a, chez les Anthropoïdes et dans l’espèce humaine, le brachial antérieur, tendance révélée non seu¬ lement par ses anomalies musculaires, mais encore par ses anomalies nerveuses^. Où donc? Dans l’anatomie philosophique. « Parmi les Mammifères, a observé M. Sabatier, le brachial antérieur est seulement cubital chez ceux dont le cubitus joue le rôle capital et presque unique dans la flexion du coude ; tels sont, avec l’homme, les * Hartmann. Loc. oit., p. 127. - La partie du brachial antérieur, qui naît en dehors de l’extrémité distale de l’humérus, est souvent innervée par le nerf radial. 52 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Singes, les Carnivores, Monotrêmes, dont le cubitus, très développé, forme la plus grande partie de la surface articulaire de l’avant-bras au coude et atteint la face de flexion de l’avant-bras à ce niveau par son apophyse coronoïde. Mais chez beaucoup de Mammifères non claviculés, tels que le cheval, les Ruminants, les Rongeurs, chez lesquels le cubitus perd de son importance et est retiré en arrière, abandonnant la face de flexion du coude pour la céder au radius, le brachial antérieur s’in¬ sère sur le radius en même temps que sur le cubitus et même parfois principalement sur le radius. » Le brachial antérieur se fixe même sur le radius seul dans le platypus ‘ et le daman (Meckel). « Les deux fléchisseurs de l’avant-bras des Animaux domestigues tendent, remarque M. Lesbre®, à identifier leur insertion inférieure, soit que le biceps lance une branche sur le cubitus, soit que le brachial antérieur prenne attache sur la tubérosité bicipitale du radius L » J’ajouterai pour être complet que, chez \e.s> Anoures et les Oiseaux, le biceps et le brachial antérieur ne forment inférieurement qu’un seul muscle dont le tendon s'attache à chacun des deux os de l’avant-hras, que chez Véchidné et Y ornithoryngue le court fléchisseur de l’avant- bras est constitué par les fibres profondes du long supinateur (Lanne- grâce), que chez le chien le tendon terminal commun du biceps et du brachial antérieur est « consolidé par un tendon de renforcement qui naît sur le bord interne de l’humérus droit au-dessus de la trochlée » (H. Ellenberger et H. Baum), que chez un cercopithèque, M. Testut a vu un faisceau détaché du brachial antérieur aller se perdre, à la hauteur du pli du coude, dans le long supinateur. Perforation du muscle parle nerf musculo-cutané. (Voy. M, coraco- hrachial moyen et biceps à trois chefs.) ^ ' Meckel. Syst. dev Vergleich anat. Halle, 1828, dritt Theil, p. 525, et Anat. comp., édit, franc., t. V, p. 292. ® Lesbre. Loc. cit., p. 108. MUSCLES DU BRAS 53 RÉGION POSTÉRIEURE TRICEPS Les Archives de Mtdler, de 1839, contiennent une courte mais excel¬ lente étude de Theile sur ce muscle. Les anomalies du triceps brachial se résument dans l’extension de ses insertions scapulaires, dans sa transformation en « quadriceps » par l’adjonction d’un faisceau surnu¬ méraire, dans la fusion de quelques-unes de ses fibres avec les fibres du grand dorsal, du grand rond, du cubital postérieur, de i’anconé ou de l’épitrochléo-olécranien. Variations de l’insertion scapulaire. — Les fibres de la longue portion du triceps peuvent remonter jusqu’à lacapsulede l’épaule ou descendre au-dessous de l’empreinte triangulairé sous-deltoïdienne, sur le bord axillaire de l’omoplate dans une étendue de 2, 3, 4 et même 5 cen¬ timètres. Sur une négresse que j’ai disséquée (en mars 1897) la longue portion du triceps droit était normale, mais l’extrémité supérieure de celle du triceps gauche entièrement charnue s’insérait sur le hord axillaire du scapulum depuis la capsule de l’articulation scapulo-humé- rale jusqu’au voisinage du grand rond. Anatomie comparée. — Dans les quatre Anthropoïdes disséqués par lé docteur Hepburn, le chef moyen du triceps naissait de la moitié ou du tiers supérieur du bord externe du scapulum. Chez le Troglodytes Aubryï « ses fibres supérieures formaient un faisceau aplati, à la fois épais et large, qui s’insérait par des fibres aponévrotiques très courtes sur toute la longueur du bord axillaire ». M. Testut l’a vu descendre, chez deux Cercopithèques^ jusqu’à 2 centimètres de l'angle inférieur de l’omoplate. « Dans l’homme, remarque M. Lesbre', la longue portion du triceps est la plus faible ; elle localise son insertion supérieure en un point restreint du bord inférieur du scapulum, contre l’articulation de 5i VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME l’épaule, tandis que, dans les animaux, elle est de beaucoup la plus considérable et étend plus ou moins son insertion sur le bord du scapulum de manière à remplir plus ou moins complètement le sinus de l’angle scapulo-huméral . » Chez les Solipèdes, les Rumi¬ nants, le porc, cette longue portion est, en effet, vraiment énorme ; elle s’élève jusqu’à l’angle dorsal de l’omoplate ; elle en approche chez les Carnivores. Parmi les Animaux domestiques il n’y a guère que le lapin qui ait une longue portion du triceps cylindroïde et insérée sur un point restreint du scapulum, tout près de l’articulation de l’épaule. On connaît le volume formidable de l’olécrâne des Solipèdes des Ruminants et du porc. Eh bien ! ce volume formidable est en rapport avec celui de la longue portion du triceps brachial : « Il semble, dit G. Cuvier, que cette grande force des extenseurs de l’avant-bras dans les Quadrupèdes tient à leur utilité dans le mouvement progressif ; ils remplissent dans ces animaux, pour l’extrémité antérieure, les mêmes fonctions que les extenseurs du talon pour l’extrémité postérieure, et ils font effort pour porter en avant le corps de l’animal quand le pied de devant a pris son point d’appui. Ces muscles n’existent pas dans les Cétacés, chez lesquels les deux os de l’avant-bras ne sont point mobiles sur celui du bras h » Triceps à quatre chefs. — Le faisceau musculaire surnuméraire qui transforme le triceps en quadriceps peut provenir : 1° Dîi bord glénoïdien de l'omoplate. — Dans cette variété du triceps brachial à quatre chefs le chef en excès émanant, ordinairement, du bord axillaire au-dessous du tubercule glénoïdien ou au-dessus de l’angle inférieur de l’omoplate se jette soit dans la longue portion (cas de Testut^ deux cas personnels), soit dans la portion interne (cas de Bankart , Pye-Smith et Philips) % soit dans la longue portion et la portion interne (un cas des deux côtés, chez une femme). Anatomie comparée. — Dans le fœtus de gorille de M. Deniker le triceps présentait cette particularité déjà signalée par Duvernoy dans le gorille adulte , « qu’il s’insérait sur le bord glénoïdien de l’omoplate par deux faisceaux distincts '' ». * Cuvier. An. comparée. * Testut. Trait, des an. musc., p. 417. ’ Bankart, Pye-Smith et Philips, Guy's hospit. Reports, t. XIV. * Deniker. Loe. cit., p. 142. MUSCLES DU BRAS 55 Une disposition identique a été signalée dans le fourmilier par Meckel, dans le siphneus par Milne-Edwai'ds*, dans le phoque par Duvernoy^ dans Y ornithorynque par Alix^. 2° De V apophyse coracoïde de V omoplate. — Un corps charnu étendu de l’apophyse coracoïde à la longue portion du triceps a été disséqué par Gruher. Deux faisceaux contractiles ayant le même mode de terminaison mais émanant l’un de l’apophyse coracoïde , l’autre de la capsule de l’épaule, ont été observés par M. Macalister et par moi (chez un aliéné, à droite seulement). Anatomie compakée. — Dans les Reptiles et les Amphibiens le triceps qui remonte parfois jusqu’à la capsule de l’épaule (Humphry) est accompagné par un faisceau musculaire qui s’étend du coracoïde à l’olécrâne. C’est le M. coraco-olecranalis Humphry, le Zweiter langer Kopf des Triceps de Pfeiffer, Vinnerer langer Kopf des dreikopfgers Streckers de Meckel , le triceps longus secundus de Haughton, Yex- ternum caput musculi tricipitis de Buttmann, etc. « 11 est, ditM. Hum- j hry, un exemple de la transformation d’un muscle fléchisseur en un muscle extenseur, comme le biceps crural (voy. ce muscle) est un exemple de la transformation d’un muscle extenseur en un muscle fléchisseur ; pour l’un comme pour l’autre, la modification de la fonc¬ tion a été la conséquence du changement de la situation et par suite’ des insertions » Charnu chez \e, cryptobranche., \q. crocodile, Y alliga¬ tor, etc., il paraît être remplacé par un ligament chez la généralité des Sauriens. 3° De la capsule de V épaule ou de V humérus. — Ici le faisceau sura¬ jouté relie le col de l’os du bras au vaste interne. On l’a vu cependant une fois se porter dans le vaste externe (Meckel, Arch., 1826, p. 39) et une fois faire suite à deux tendons naissant, l’un de l’apophyse cora¬ coïde, l’autre de la capsule de l’épaule (Blumenthal, Henle u. Pfeufefs Zeitschrift, 3 Reiche, XXXVI, p. 1). Segmentation de la longue portion. — La segmentation plus ou moins complète de la longue portion du triceps en deux corps pourvus chacun * Milne-Edwards. Loc. cit., p. 93. “ Duvernoy. Reeh. anal, sur le phoque commun, p. 64. ^ Alix. Soc. philom. Paris, 1867, p. 137. ‘ Humphry. Observ. in Myol., cit. p. 34. 56 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME d’im tendon supérieur indépendant n’est pas rare dans l’espèce humaine. Je l’ai observée plus de vingt fois. Comme M. Macalister, j’ai vu le tendon supérieur suimuméraire se fixer tantôt à côté du tendon normal ou à une certaine distance de ce tendon, sur le bord axillaire de l’omoplate, tantôt sur la capsule de l’épaule. Dans un cas signalé par M. Macalister le tendon anormal fut trouvé « Splitting the capsu- lar ligament like the curved head of the rectus ‘ ». Au total, la transformation du triceps brachial en quadriceps est due soit au dédoublement de la longue portion, soit au renforcement de l’une ou l’autre des trois portions par un faisceau provenant du bord axillaire du scapulum, de l’apophyse coracoïde, de la capsule de l’é¬ paule, de l’humérus ou de l’une et l’autre de ces parties. Anatomie comparée. — Chez les Mammifères domestiques, le vaste interne et le vaste externe du triceps brachial sont beaucoup plus divergents supérieurement que chez l’homme, afin d'admettre entre eux non seulement l’artère humérale profonde et le nerf radial mais encore le brachial antérieur qui, comme je l’ai déjà noté (voy. M. brachial antérieur), s’élève dans la gouttière de torsion jusqu’à la base de la tête articulaire scapulo-humérale. En outre, le vaste interne plus ou moins réduit - se termine à part sur le côté interne de l’olé- crâne. Dans le porc, le chat, le lapin, le vaste interne a cependant à peu près le même volume que le vaste externe, et remonte jusqu’au haut de l’humérus ; mais dans le chien, le vaste interne a déjà sensible¬ ment diminué, le vaste externe a déjà pris une grande prépondérance qui s’accentue encore dans les Ruminants et les Solipèdes. Chez le chien et le chat les fibres du vaste externe, qui pi’oviennent du col de la tête humérale et sont juxtaposées au vaste interne, se diffé¬ rencient derrière l’os du bras et forment un faisceau musculaire auquel Strauss-Durckheim a donné les noms àéanconé moyen, les vété¬ rinaires allemands , celui Alanconé postérieur et le professeur Lesbre celui de brachial postérieur. Le dernier nom est évidemment préfé¬ rable. * Macalister. Cat. cit., p. 79. - Dans l’espèce humaine les deux vastes ont à peu près le même volume. Chez les Ani¬ maux domestiques le vaste externe s’élève jusqu’à la base de la tête articulaire humérale , en passant sous la terminaison du deltoïde et, de plus, est généralement plus gros que l’interne qui s’arrête vers la moitié ou le tiers supérieur de l’os du bras. MUSCLES DU BRAS 87 ' En disant naguère : Triceps brachial. . . . f longue portion. I vaste externe. ( vaste interne. t longue portion (droit antérieur), vaste -externe, vaste interne. on évoquait une équivalence frappante entre le triceps du bras et celui de la cuisse. Aujourd’hui, qu’un quadriceps crural ne saurait plus être rejeté (voy. ce muscle) il conviendrait peut-être d’admettre normalement dans la séi’ie animale, pour conserver cette symétrie, un quadriceps brachial. Pour cela, il n’y aurait qu’à reconnaître l’indépendance de l’anconé postérieur des Allemands et de lui attribuer, commele réclame M. Lesbre \ le nom de brachial 'postérieur, afin de ne pas rompre la consonnance terminologique des mots servant à désigner chacun des quatre chefs des deux groupes musculaires en question. On aurait dès lors : Quadriceps brachial composé de ... . ! longue portion, vaste externe, vaste interne, brachial postérieur. Quadriceps crural composé de. i longue portion (droit antérieur), vaste externe, vaste interne, ci’ural antérieur. « Le vaste interne du triceps brachial du Troglodytes Aubryï était composé de deux faisceaux presque parallèles séparés par un sillon dans lequel cheminait le nerf crural. » Connexions plus intimes avec les muscles voisins . A) Avec le sous-scapulaire (voy. ce muscle) . B) Avec le grand dorsal (voy. Grand dorsal, M. dorso-éjnlrochléen). C) Avec le grand rond (voy. ce muscle) . D) Avec l’anconé (voy. ce muscle). E) Avec le cubital antérieur. Cette malformation a été notée par Jenty®. F) Avec l’épitrochléo-olécranien (voy. ce muscle). ' Lesbre. ioc. cit, p. 1 10 et 147. - Jenty, cit. par Macalister in Cat. d'an, mmc., p. 79. 38 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME TENSEURS DE LA SYNOVIALE DU COUDE Ils sont au nombre de deux, l’un situé en avant du coude [M. tenseur antérieur de la synoviale du coude) ^ l’autre situé en ai’rière [M. tenseur postérieur de la synoviale du coude). Logiquement ils devraient donc être étudiés, le premier, en même temps que les muscles de la région antéro-interne du bras, le second, en même temps que les muscles de la région postérieure du bras. En raison de l’identité des fonctions de l’analogie de structure et du peu d’importance du tenseur antérieur et du tenseur postérieur de la synoviale du coude je crois cependant qu’il n’est pas absolument défendu de les rappi’ocher. TENSEUR ANTÉRIEUR DE LA SYNOVIALE DU COUDE Syn. : Anconé antérieur; Sus-aneoné ; M. capsularis-sub-brachialis (Macalister). Ce muscle a été découvert par Portai (Portai, Cours d’anatomie médicale, Paris, 1806). Il est ordinairement constitué par deux trous¬ seaux de fibrilles qui se portent de la partie inférieure de la face pro¬ fonde du brachial antérieur à la partie supérieure de la face antérieure de la synoviale du coude dont ils empêchent le pincement dans les mouvements de flexion de l’avant-bras. MM. Dawson Hewit ® l’ont vu toutefois naître en totalité de l’humérus. Sur cinq sujets que j’ai disséqués, dont trois hommes et deux femmes, il provenait à la fois du brachial antérieur et de l’humérus. Le tenseur antéiûeur de la synoviale du coude est, au surplus, un muscle très variable comme tous les muscles tenseurs des synoviales. TENSEUR POSTÉRIEUR DE LA SYNOVIALE DU COUDE Syn. : Sub anconœus (Theile) ; Musclé extenseur de la capsule articulaire du coude (Gegenbaur) ; Anconé postérieur. Theile l’a décrit en ces termes : « Lorsqu’on coupe transversalement le triceps un peu au-dessus de l’articulation du coude et qu’on ren- * Dawson. Edimb. med. and surg. Journ., vol. XYIII, p. 82. “ Hewit. Cit. par M. Macalister in Cat. d’anom. musc. MUSCLES DU BRAS 59 verse complètement la portion inférieure sur l’avant-bras, on découvre sans peine deux faisceaux musculeux, l’un externe, l’autre interne, dont tantôt l’un, tantôt l’autre est plus prononcé, qui naissent au-des¬ sus de la fosse olécranienne, près du bord externe et du bord interne de l’humérus, descendent en ligne directe et s’attachent à la capsule de l’articulation du coude, tout à fait séparés du triceps » Béraud en a également fait mention dans ses Éléments de physiologie de l’homme et des principaux Vertébrés ^ « Je dois, a-t-il écrit, signaler à l’atten¬ tion des physiologistes une série de muscles tenseurs qui jusqu’ici n’ont pas été envisagés d’une façon générale. Je veux parler des muscles tenseurs des membranes synoviales. DéjàWinslow avait bien indiqué un muscle tenseur de la synoviale du genou, mais on avait négligé ce détail, et quelques livres d’anatomie n’en faisaient même pas mention. Ce fait cependant m’avait toujours frappé, et dès 1847, j’avais dirigé mes recherches dans le but de reconnaître tous les points de l’économie où l’on trouve une disposition semblable à celle du genou. J’arrivai bientôt à pouvoir formuler cette loi : que partout où il y a une synoviale non revêtue par des fibres aponévrotiques, cette synoviale donne insertion à des fibres musculaires. Aussi, j’avais pré¬ paré un travail que je n’ai pas encore publié, dans lequel je montrais l’existence de divers muscles tenseurs des synoviales. J’ai constaté un muscle tenseur de la synoviale qui existe entre les apophyses articu¬ laires de l’atlas et de l’axis. La synoviale de l’articulation temporo- maxillaire, celle de l’épaule, celle du coude en arrière, celle du genou surtout où il y en a quelquefois deux, celle du pied sont pourvues de muscles tenseurs. « Mais ce n’est point tout. On sait qu’il y a des bourses séreuses par¬ tout où se passe un frottement ; dans ce cas encore il y a des fibres musculaires qui viennent tendre la poche. La synoviale qui existe entre le tendon du biceps et la tubérosité bicipitale en est un exemple frappant. Ainsi, dans un cas, j’ai constaté qu’un faisceau musculaire bien distinct, animé par un nerf spécial, partait du bras en dedans du long supinateur et venait s’insérer par un tendon bien prononcé sur le cul-de-sac supérieur de cette synoviale. » Si je n’ai cité jusqu’ici le nom de Béraud qu’à propos du tenseur de la synoviale de l’épaule, c’est parce qu’il m’a été impossible de retrouver le tenseur de la syno- * Theile. Muller's Arch., 1839, p. 428. 2 Béraud. Eléments de physiologie de l'homme et des principaux Vertébrés, 2“ édit. Paris, 1856, t. î, p. 247. VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME viale des apophyses ai’ticulaires de l’atlas et de l’axis et celui de l’arti¬ culation temporo-maxillaire et de me procurer le travail sur les muscles tenseurs des synoviales dont Béraud a annoncé, dans les termes précités, la publication. Peut-être Béraud, mort prématurément, n’a-t-il pas eu lé temps de publier ce travail. Kulœnsky (BefcAm’s ^rcA., 1869) prétend que le tenseur postérieur de la synoviale du coude « est toujours une dépendance du triceps ». Sans doute le sous-anconé se détache le plus souvent de la face profonde du triceps, surtout de la face profonde du vaste interne, mais il peut se détacher aussi de la face postérieure de l’humérus et du triceps. 11 est, en général, composé d’un seul faisceau assez grêle, qui côtoie, pendant 1 ou 2 centimètres, la synoviale du coude avant de s’y insérer. Je ne nie pas qu’il puisse avoir le mode de conformation indiquée par Theile, qu’il puisse naîti’e exclusivement de l’humérus, qu’il puisse même être constitué par trois, quatre, cinq, six faisceaux ; j’affirme que ces dispositions sont exceptionnelles. Et, en cela, je suis absolu¬ ment d’accord avec M. Testut. MUSCLES SURNUMÉRAIRES Court et long eoraco-brachial. Pour plus de clarté j’ai dû décrire en même temps que le coraco- brachial normal (le coraco-brachial moyen) le court coraco -brachial et le long coraco-brachial ainsi que leurs formes incomplètes. Je n’y reviendrai pas. Épitroehléo-oléeranien. Syn. : Epîlrochleo-anconœus (Gruber, Macalister) ; Anconœus epitrochlearis (Wood); Anco- nœus ÿwarto (Krause) ; Anconœus quintus (Rester) ; Anconœus sextus (Galton) ; Anconœus intemus (Humphry, Strauss-Durkheim) ; Anconœus parvus (Rapp) ; Aneoné interne- (Cuvier, Laurillard) ; Épitrochléo-cubital (Testut), etc. Définition. — L’ épitroehléo-oléeranien est un faisceau contractile remplaçant, au-dessus du nerf cubital, la bandelette fibreuse qui MUSCLES DU BRAS 61 réunit Je chef épitrochléen et le chef olécranien du muscle cubital antérieur. Les dénominations 6! épitrochléo-cubital, à.' épitrochléo-anconé seraient applicables à l’épitrochléo-olécranien si celui-ci, comme son congé¬ nère, V épicondylo-cubital {anconé) descendait dans l’espèce humaine au-dessous de l’olécrâne ; celle fi anconé interne conviendrait, si divers auteurs ne qualifiaient ainsi le vaste interne du triceps brachiaP. C’est pourquoi je propose pour ce muscle le qualificatif nouveau et préek à' épitrockléo-olécranien. Historique. — Bien que ce faisceau soit inscrit dans V Anatomie descriptive de Henle et de Luschka, c’est sans conteste au professeur W. Gruber, de Saint-Pétersbourg, que revient l’honneur d’en avoir compris la signification et donné, dès 1866, dans deux mémoires successifs, une desci’iption fidèle. Précédant de quelques années ces anatomistes, Malgaigne a bien écrit dans son Traité d'anatomie chirur¬ gicale : « En dedans, on trouve le muscle anconé, sorte de prolonge¬ ment du triceps, qui recouvre la gouttière osseuse constituée par l’olécrâne et l’épitrochlée, dans laquelle passe le nerf cubital. » Assu¬ rément, Malgaigne a voulu parler là d’un anconé interne; toutefois cet anconé interne, sorte de prolongement du triceps, est-il le même que le nôtre? C’est ce que nous discuterons ultérieurement. L’épitrochléo-olécranien, sans connexion intime avec le triceps, a été vu encore dans l’espèce humaine, par MM. Wood, Galton, Maca- lister, Knott, Testut; et mes dissections, jointes à celles de ces savants collègues, me permettent d’en fournir un exposé assez complets Forme et structure. — Ordinairement, il est constitué par une lame charnue, rectangulaire, transversale, plus ou moins épaisse, étendue de l’épitrochlée à l’olécrâne, à la manière d’un pont au-dessus du nei’f cubital, en remplacement de l’arcade fibreuse qui unit normale¬ ment le chef épitrochléen et le chef cubital du muscle cubital anté¬ rieur. * Ea Allemagne le nom d'anconé est appliqué génériquement à tous les muscles exten¬ seurs de l’avant-bras, et l’on distingue : un long anconé, un anconé externe, un anconé interne, qui ne sont autre chose que les trois parties du triceps brachial, un anconé pos¬ térieur résultant du démembrement du vaste e.xterne (voy. U. triceps brachial) ; enfin, un petit anconé correspondant à l’anconé unique ou petit extenseur de l’avant-bras des auteurs français. “ Voy. Le Double. Du muscle épitrochléo-olécranien et de sa signification {Mémoires et Bulletins de l’Académie de médecine et de la Société d‘ Anthropologie, mars 1891). 62 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Cette arcade est, en effet, un reliquat permanent du muscle anormal, de même que l’expansion fibreuse qui prolonge l’insertion du grand dursal jusqu’à l’épitrochlée est un rudiment du muscle dorso-épitro- chléen. Au lieu d’être rectangulaire, l’épitrochléo-olécranien peut être carré, cylindroïde, fusiforme, digastrique (Testut, un cas personnel), triangulaire, la base du triangle qu’il forme étant située en dedans ou en dehors (plusieurs cas personnels). Au lieu d’être charnu des deux côtés, il peut être, quelle que soit sa forme, charnu d’un côté et tendineux de l’autre, ou charnu ou tendineux des deux côtés, rudimentaire et représenté seulement par quelques fibres rouges pâles, aboutissant à un tendon aponévrotique interne ou externe. Au lieu d’être transversal, il peut être oblique de haut en bas et de dehors en dedans, ou oblique de bas en haut et de dehors en dedans. Au lieu d’être unique, il peut être constitué par deux faisceaux l’ec- tangulaires ou digastriques séparés dans toute l’étendue de leur trajet (Gruher, 1®” mémoire, pl. 1, fig. 9 ; un cas personnel) ou constitué par deux faisceaux séparés à l’olécrâne, mais fusionnés à l’épitrochlée. Au lieu de se fixer exclusivement sur l’olécrâne et l’épitrochlée, il peut se fixer, en dehors, à l’olécrâne et à l’aponévrose antibrachiale, en dedans, sur l’épitrochlée et à la cloison intermusculaire interne du bras. 11 est toujours innervé par une branche détachée directement du nerf cubital, ou par un ramuscule des filets que le même nerf aban¬ donne à l’articulation du coude, ou au muscle cubital antérieur. Jamais je ne l’ai vu recevoir un filet du rameau que le nerf cubital fournit aux deux tiers internes du fléchisseur profond des doigts ni par un filet du médian ou du radial. Wenzel Gruber parle d’un sujet chez lequel la longue branche que le radial donne à l’articulation huméro-cubi- tale côtoyait le faisceau anormal sans lui fournir le moindre filet. Fréquence. — Dans son premier Mémoire de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg (juin 1866), W. Gruber rapporte que, sur 100 sujets, soit 200 coudes qu’il a examinés dans l’espace d’environ un mois, il a trouvé l’épitrochléo-olécranien sur 34 sujets (sur 26 hommes et 8 femmes); dix-neuf fois il était bilatéral (chez IS hommes et chez 4 femmes) ; quinze fois unilatéral (9 hommes et 3 femmes le possédaient du côté droit, et 2 hommes et 1 femme du côté gauche). MUSCLES DU BRAS 63 ce qui donne 33 cas sui’ 200 coudes. D’api’ès lui, il serait aussi d’ordi- naii’e plus développé chez l’homme que chez la femme, et chez l’un et l’autre, du côté droit que du gauche. Wood [Variations in hiiman myologij observed diiring the winter session of 1867-1868 at King’s College, in Proceedings of the Royal Society, vol. XVI, n° 104, p. 497, 1868) l’a rencontré, en 1868, quatre fois sur 36 sujets, trois fois aux deux hras, une fois au hras gauche seulement ; en 1867, une fois sur 36 sujets*; en 1866, une fois sur 34 sujets; ce qui donne un total de six fois sur 106 sujets. Se basant sur sa statistique, si différente de celle de M. le professeur W. Gruber, le professeur John Wood estime que l’épitrochléo-olécranien est plus commun dans la race slave que dans la race anglo-saxonne. De son côté, M. le professeur Macalister, pendant sa dernière année d’exercice comme démonstrateur d’anatomie au Royal College of sur¬ geons in Ireland, l’a observé bien plus communément que son com¬ patriote, plutôt une fois sur quatre qu’une fois sur cinq ; seize fois sur 63 sujets, ce qui permet de conclure, l’emarque cet anatomiste, à un degré approximatif de fréquence de quarante-huit fois sur 200. Enfin, en 1881 , M. le professeur Testut, de Lyon, a disséqué 49 coudes appai’tenant à un nombi'e de sujets indéterminé et l’a rencontré avec un développement variable, douze fois. En 1883, sur 13 régions du coude appartenant à 9 sujets, il l’a encore découvert quatre fois. En totalisant ces deux résultats, M. Testut arrive à la fraction 16/62, soit un peu moins de 1/4 comme représen¬ tant le degré de fréquence de cette anomalie. Voici un exposé succinct des cas que j’ai observés depuis 1880 jus¬ qu’à 1888 inclusivement : ANNÉE 1880 Femme, trente-cinq ans, phtisie; 20 décembre. L’épitrochléo-olécranien est bilatéral, aplati, charnu, rectangulaire ; il s’insère en dedans, à la face postérieure du condyle interne de l’hu¬ mérus, sur un plan plus élevé que l’origine condylienne du muscle cubital antérieur. Il est innervé par un filet détaché des ramuscules articulaires du nerf cubital qui naissent dans la gouttière épitro¬ chléenne. Homme, dix-huit ans, méningo-encéphalite traumatique ; 9 mars. * Et non sur 34, comméra écrit M. Testut, de Lyon. 6t VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME L’épitrochléo-olécranien n’existe qu’à droite ; charnu dans toute son étendue, il est légèrement renflé à sa partie moyenne. 11 reçoit un filet du ramuscule nerveux de la branche qui se rend au muscle cubi¬ tal antérieur. ANNÉE 1881 Homme soixante-quinze ans, hémorragie cérébrale; 17 novembre. L’épitrochléo-olecranien est rudimentaire, mais se retrouve des deux côtés. Il est représenté par quelques fibres rouges contractiles, terminées par des trousseaux de fibres conjonctives fixées à l’épitro¬ chlée ; son rameau nerveux émane du tronc même du nerf cubital, à trois travers de doigts au-dessus de l’épitrochlée. Homme, trente-deux ans, tuberculeux ; 23 novembre. L’épitrochléo-olécranien siège exclusivement à droite ; entièrement charnu, il a la forme d’un triangle isocèle dont la base répond à l’épitrochlée et le sommet à l’olécrâne. Il est animé par un filet ner¬ veux provenant du tronc du nerf cubital. Fille, trente ans, péritonite puerpérale; 30 janvier. L’épitrochléo-olécranien, très étroit et bilatéral, charnu du côté de l’épitrochlée, est tendineux en dehors. Il est dirigé obliquement de bas en haut et de dedans en dehors, et s’attache à l’olécrane, immé¬ diatement au-dessous du triceps. Le nerf cubital lui envoie directe¬ ment un filet. Homme, cinquante-trois ans, ataxique ; 30 janvier. L’épitrochléo-olécranien est rectangulaire, charnu à sa partie moyenne, tendineux à ses deux extrémités. H se rencontre des deux côtés et est innervé par un filet qui se détache du nerf du muscle cubital antérieur, branche du nerf cubital. ANNÉE 1882 Femme, ving-sept ans, métroiThagie ; 1“ décembre. L’épitrochléo-olécranien ne se trouve qu’à gauche. H est constitué par deux ventres conoïdes réunis l’un à l’autre par un tendon. Dirigé obliquement de dehors en dedans et de haut en bas, il s’insère en dedans sur la portion sus-épitrochléenne de la cloison intermusculaire interne du bras et sur le condyle interne de l’humérus, et, en dehors, sur le bord interne de l’olécrâne et aussi sur l’aponévrose antibra¬ chiale. Le ventre supérieur mesure 23 millimètres ; le tendon inter¬ médiaire, 4 millimètres ; le ventre inférieur, 32 millimètres, ce qui MUSCLES DU BRAS donne, pour la longueur totale du muscle biventer, 61 millimètres: chaque ventre reçoit un filet nerveux distinct du nerf cubital. Fille, onze ans, méningite tuberculeuse ; 20 décembre. L’épitrochléo-olécranien est aplati, charnu dans toute son étendue, quadrilatère. Il est bilatéral. Un blet sensitivo-moteur lui est fourni par la branche articulaire huméro-cubitale du nerf cubital. Homme, aliéné, soixante-quinze ans ; 3 février. L’épitrochléo-olécranien n’existe pas à droite. Il est composé de deux faisceaux entièrement charnus, fusionnés en dedans. En dehors, le faiseau inférieur s’attache au bord interne de Folécrâne ; le faisceau supérieur à Faponévrose brachiale, sans se confondre avec le triceps. Chacune des bandelettes contractiles reçoit un filet nerveux distinct du nerf cubital. En 1883 et 1884, j’ai été obligé, en raison du mauvais état de ma santé, d’abandonner la direction de l’amphithéâtre de l’École de méde¬ cine de Tours; mais jel’ai reprise en 1885, et, peu après, j’ai eu encore l’occasion de voir des spécimens intéressants du muscle en question. ANNÉE 1885 Homme, fièvre typho’ide, quarante ans; 30 janvier. L’épitrochléo-olécranien est exactement semblable à droite et à gauche. Épais, charnu, carré, il recouvre tout l’espace épitrochléo- olécranien, depuis le sommet jusqu’à la hase de Folécrâne. Il est animé par deux filets très ténus du nerf cubital. Homme, vingt et un ans, suicide, coup de feu; 15 mars. L’épitrochléo-olécranien n’existe qu’à droite. Il ne se compose que de quelques fibres d’un rouge pâle, formant un rectangle d’environ 2 centimètres et demi de largeur. Il est mû par un filet nerveux pro¬ venant du nerf du muscle cubital antérieur. ANNÉE 1886 Homme, pneumonie, trente-cinq ans; 22 décembre. L’épitrochléo-olécranien est bilatéral, charnu, mais un peu différent à droite et à gauche. Il est quadrilatère à droite, légèrement fusiforme à gauche; une des branches articulaires du nerf cubital lui fournit ün mince et court ramuscule. 66 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME ANNÉE 1887 Fœtus du sexe masculin; 12 janvier. Uépitrochléo-olécranien est bilatéral et identique à droite et à gauche. 11 est triangulaire, charnu à sa partie moyenne, aponévro- tique à sa base et à son sommet. Son sommet est à l’épitrochlée ; sa base répond à tout le bord interne de l’olécràne. 11 reçoit un ramuscule du nerf cubital. Homme de soixante-dix-sept ans, ramollissement cérébral; 20 jan¬ vier. L’épitrochléo-olécranien est bilatéral, composé d’un mince trous¬ seau de libres musculaires, innervé par un ramuscule d’une des bran¬ ches articulaires du coude du nerf cubital . Femme, soixante ans, cancer de l’estomac; 2 avril. L’épitrochléo-olécranien se rencontre seulement à droite. Charnu dans toute son étendue, il est représenté par deux faisceaux confondus vers l’épitrochlée, mais distincts en dehors, où ils sont fixés, l’un à l’olécrâne, l’autre au fascia aponévrotique sus-jacent. 11 reçoit du nerf cubital un ramuscule unique qui va se perdre dans son intérieur pres¬ que au niveau du condyle inteime huméral. ANNÉE 1S88 Homme, delirium tremens, trente ans ; 9 décembre. L’épitrochléo-olécranien est trouvé à droite et à gauche sous forme d’une bande plate, rectangulaire, presque entièrement tendineuse, étendue du bord interne de l’olécrâne à l’épitrochlée. Le nerf du muscle cubital antérieur du cubital lui donne un petit filet. Homme, saturnin, quarante-cinq ans ; 11 décembre. L’épitrochléo-olécranien est bilatéral. Il est cylindrique, charnu, gros comme la phalangette du petit doigt. U ne des branches articu¬ laires du coude du nerf cubital lui abandonne un filet sensitivc- moteur. Femme, pai’alysie générale, soixante-sept ans ; 19 janvier. L’épitrochléo-olécranien n’est observé que sur le coude droit. Il est rectangulaire, tendineux à ses deux extrémités, innervé par un rameau détaché du nerf cubital à deux travers de doigt au-dessus de la gout¬ tière épitrochléo-olécranienne. Jeune homme, tuberculose, douze ans ; 10 février. L’épitrochléo-olécranien est semblable des deux côtés. Il est consti- MUSCLES DU BRAS .67 tué par une bande plate, musculeu.se, animée par un filet du nerf cubital. Homme, cinquante ans, hernie étranglée ; 17 mars. L’épitrochléo-olécranien est bilatéral, triangulaire, entièrement charnu, innervé par un filet du nerf du muscle cubital antérieur. La base du triangle qu’il forme se fixe à l’olécrâne et un peu aussi au bord postérieur du cubitus, et le sommet à l’épitrochlée. Femme, quarante-deux ans, septicémie ; 2o mars. L’épilrochléo-olécranien est minuscule, bilatéral, indiqué seulement par une quinzaine de fibres rouges allongées entre l'olécrâne et l’épi¬ trochlée. Le nerf cubital lui envoie un petit filet. En 1889, je me suis préoccupé d’établir le degré de fréquence de cette anomalie, et, dans ce but, j’ai examiné ; en 1889, 40 sujets ; en 1890, 52 sujets; en 1891, 10 sujets; soit, en tout : 102 sujets ou 204 coudes. Pour établir une statistique plus précise, j’ai disséqué ou fait dis¬ séquer la région interne du coude sur le même nombre d’hommes et de femmes, soit sur 51 hommes et 51 femmes. J’ai noté les modes de conformation les plus divers, mais tous se rapprochent de ceux indi¬ qués plus haut; aussi m’abstiendrai-je d’insister davantage sur ce point. Sur les 102 sujets (hommes et femmes) examinés, j’ai rencontré l’épitrochléo-olécranien sur 32 (24 hommes et 8 femmes) ; 20 fois il était bilatéral (14 hommes et 6 femmes); 12 fois, unilatéral (chez 7 hommes et 2 femmes, il existait à droite ; chez 1 homme et 2 femmes, à gauche). Sur 204 coudes, je l’ai donc trouvé 52 fois; ce qui donne une moyenne approximative de 1 fois sur 4. Généralement, il était plus développé chez l’homme que chez la femme, et du côté droit que du côté gauche. En me basant sur les recherches des professeurs Gruher, Wood, Macalister, Testut et sur les miennes, je crois donc avoir le droit d’affirmer : 1" Que l’épitrochléo-olécranien est aussi commun dans les races anglo-saxonnes que dans les races slaves, et dans celles-ci que dans les races latines; 2° Qu’on le trouve chez environ un tiers des sujets et sur un quart des hras; 3“ Qu’il est plus souvent bilatéral qu’unilatéral ; 4° Qu’il est plus fréquent chez l’homme que chez la femme ; 5° Qu’il apparaît plus ordinairement à droite qu’à gauche ; 68 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME 6° Qu’il est généralement plus développé chez l’homme que chez la femme, et, toutes choses égales d’ailleurs, du côté droit que du côté gauche ; 7° Qu’il constitue l’anomalie musculaire la plus fréquente au bras chez l’homme. Anatomie comparée. — L’épitrochléo-olécranien existe chez un grand nombre d’animaux, et cependant une certaine confusion persiste tou¬ jours dans la question de ses homologies. Et il y aura encore long¬ temps besoin, suivant les expressions du docteur Bust Wilder, « de plus de précision dans sa dissection » avant d’arriver à une lumière éclatante à cet égard. Quoi qu’il en soit, il n’en faut pas moins tenir grand compte des faits acquis. Je vais succinctement les exposer. Le professeur Gruber a fait suivre la première des monographies qu’il a consacrées à V epiirochleo-anconœus de deux planches, l’une représentant cinq types différents de ce muscle dans l’espèce humaine, l’autre montrant la configuration de ce muscle chez Vinuui nemes- tmnus, Cebiis fatuellus, Galeopilhecus volans, Myogale moschala, Ursiis ardus, Felis leo, Felis domestica, Dasyurus viverrinus, Lepus thnidus, Dasyptis tricincius et Phoca viiidina. Dans cette première monographie, il ne signale la présence de l’épitrochléo-olécranien que dans onze genres de Manvnifères seule¬ ment, y compris l’homme. Dans sa seconde monographie, parue un peu plus tard, le même anatomiste l’indique dans quarante-sept genres de Mammifères dont il donne la liste. [Nachtrag, OE., S. 334.) A cette liste, M. Gai ton [Journal of anatomy andphysiology, novembre 1874, p. 170) a ajouté deux nouveaux genres, savoir : Phascolomys wombata, Echidna setosa et Cholopus didactylus, et fournit le dessin exact de cette même lame contractile chez le Myrmecophaga tamandua, dans lequel elle avait déjà été notée, mais sans croquis à l’appui, par Rapp, sous le nom à'a^iconœus parvus [Analomische TJntersuchungen uber die Edentalen, zte auf. S. 48, Tubingen, 18S2). G. Cuvier et Laurillard ont aussi, dans leur magnifique atlas, signalé l’épitrochléo-olécranien dans seize genres de Mammifères. Ils le dissi¬ mulent toutefois sous tant de noms différents, et les dessins qu’ils en fournissent sont tellement imparfaits, qu’on est obligé de convenir avec M. Pouchet « que les travaux de ces naturalistes ne peuvent être ici que d’un faible secours ‘ » . ‘ Pouchet. Uém. sur le grand founnilier, l'® livraison, 1867. MCSCLES DU BRAS C’est chez les Édentés que l’épitrochléo-olécranien semble être le plus fréquent. 11 a été noté par MM. Mûrie et Gruber chez le Dasypus {Tolypentes) tricinctus^ ; par M. Galton et Cuvier chez le Dasypus sexcinctxis; par Pouchet, sous le nom de vaste interne, chez le grand fourmilier; par M. Galton et M. le professeur Humphry, sous le nom A’anconé interne, chez Vorycteropus; par MM. les professeurs Humphry et Gruher chez le manis [Journal of anatomy and physiology, vol. IV, p. 39) ; par M. Galton chez un très jeune Tatutia novemcinctus [D. peba); par le même et par les professeurs Humphry et Gruber chez le cydothurus; par MM. les professeurs Humphry et Macalister chez Vai [Ann. and Mag. nat. history, vol. IV, p. 59, 1869); par MM. Rapp et Gruher, chez le tamandiia. Enfin M. le professeur Hyrtl consacre au Chlamydophorus truncatus les lignes suivantes, sur lesquelles j’appelle l’attention. « Ceterum triceps non omnis metam suam in ole- crano attingit, sed crasso, lacerto ultra cubitum producto, internam. antebrachii regionem visitât, ubi tensoris fasciæ antebrachii munere fungitur. » [Deutchschrift der K. Ak., der Wiss. enWien,p. 27, XI Bd., 1855.) Dans les Chéiroptères, il fait défaut ou est très rare. Quoi qu’en dise M. Testut, M. le professeur Humphry n’en fait pas mention chez le pteropus [Journal of anatomy and physiology, vol. VIII). M. le profes¬ seur Macalister n’en parle pas davantage dans son travail sur les Chéiroptères [Phil. Trans,, 1872), pas plus que mon ami et ancien collègue d’internat, M. le professeur Maisonneuve (d’Angers), dans sa thèse sur le Vespertilio murinus. M. le professeur Gruher le décrit, il est vrai, chez le galeopithecus ; mais ce mammifère est rangé aujour¬ d’hui par les uns parmi les Insectivores, par les autres parmi les Lémuriens. Dans les Monotrèmes, ordre qui compte peu de sujets, l’épitrochléo- olécranien a été disséqué par M. le professeur Wood dans V ornitho¬ rynque, sur lequel Meckelne l’avait pas trouvé, et par MM. Mivart^ et Galton sur deux variétés ÜÉchidnés, de sorte qu’on peut présumer qu’il est commun dans cet ordre. Chez les Ongidés, ce muscle ne paraît devoir se rencontrer que ' Mûrie. Traits. Lin. Soc., vol. XXX, tab. 25, üg. 32. - On the anatomy of Echidna hystrix [Trans. Lin. Soc., vol. XXV). — Bien qu’il ne fournisse aucun dessin, M. Mivart désigne l’épitrochléo-olécranien en termes précis : « A dis¬ tinct slip of the triceps wich forms an arch (extending from the inner condyle to the olecranon) beneath wich pass the inferior profunda artery and the ulnar and médian nerves. » 70 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME rarement (peut-être ne Fy a-t-on pas assez cherché). Gratiolet a vu pourtant, chez V hippopotame , un faisceau musculaire comblant la gouttière épitrochléo-olécranienne, dans lequel divers anatomistes ont cru reconnaître l’épitrochléo-olécranien. « Chez l’hippopotame, dit-il, le vaste interne s’attache, d’une part, à l’une des faces latérales de l’olécrâne, et d’autre pai’t à l’humérus. Ses relations avec ce dernier os sont toutes particulières : il ne s’attache point à sa face postérieure, mais s’enroule sur sa face interne pour se terminer sur sa face anté¬ rieure jusqu’à la crête qui sépare cette face de la face externe. Cette disposition à l’enroulement est fort analogue à celle que présente le muscle supinateur, et il en résulte des conséquences pareilles. En effet, en rapprochant fortement Folécrâne de l’épitrochlée, le vaste interne est lui-même supinateur à un degré très prononcé. Rien n’est certainement plus curieux et plus digne de l’attention du naturaliste philosophe. » (Gratiolet. Recherches sur l'anatomie de l'hippopotame, p. 266, Paris, 1867.) 11 appert des dissections de Wood et Gruber, dont nous avons donné plus haut les résultats, qu’il est assez fréquent chez les Carni¬ vores, les Insectivores et les Rongeurs. Krause l’a mis à nu chez le lapin et dénommé anconœiis quartus. Moi-même je Fai trouvé chez le chat, le lièvre, le lapin, le rat. Chez le chat, le lièvre, animaux à vio¬ lentes extensions de Favant-bras, il est plus long, plus fort, et constitué par deux faisceaux entièrement indépendants du triceps : Fun, fixé à l’épitrochlée et au contour de la fosse olécranienne et sur le revers externe de Folécrâne, l’autre se terminant sur le côté interne de Folé¬ crâne. N’est-ce pas une disposition à rapprocher de celles où Fépi- trochléo-olécranien humain est formé de deux faisceaux dont l’un se prolonge en dehors sur l’aponévrose brachiale ou antibrachiale? Chez le lapin, ce muscle, partiellement recouvert par un des chefs du cubital antérieur, est plutôt carré que rectangulaire; chez le rat, il a la forme d’un rectangle à sommet épiti’ochléen ; ces modes de confi¬ guration sont comparables à certains observés aussi chez l’homme. Sur deux souris où nous avons cherché, mon prosecteur, M. Henry Barnsby et moi, cette malformation, nous avons vu la gouttière épi¬ trochléo-olécranienne comblée par un prolongement du vaste interne du triceps brachial qui allait se confondre avec les muscles internes de la région antibrachiale postérieure. Très apparent chez les Lémuriens où il est le plus habituellement rectangulaire, comme dans l’espèce humaine, Fépitrochléo-olécranien MUSCLES DU BRAS 71 disparaît d’une façon à peu près complète chez les Anthropoïdes. Duvernoy, Vrolik, Church, Bischoff, Champneys, Hepburn, Deniker, Kohlbrügge n’en pai’lent pas dans les différents mémoires qu’ils ont publiés sur la myologie du chimpanzé, de l’orang, du gibbon et du gorille. M. Testut, de Lyon, l’a vainement cherché chez les deux Anthropoïdes {chimpanzé et orang) qu’il a disséqués jusqu’à ce jour. Dans sa broc hure : On the anatomy of the gorilla {Proc, of the Roy. Irish Acad., vol. I, série II, Sciences, p. §02), M. Macalister s’ex¬ prime ainsi : « Is no anconœus internus. » D’autre part, Gratiolet et Alix l’ont découvert chez le Troglodytes Aubryï; M. le professeur Wood chez Torang, et M. le professeur Macalister chez un chimpanzé femelle, mais à l’état rudimentaire. Chez les Anthropoïdes comme chez l’homme, il ne se produit donc qu’accidentellement. En fin de compte, M. Testut a dressé, avec les noms des auteurs à l’appui, le tableau suivant des espèces animales dans lesquelles on rencontrerait, sous des aspects variés, l’épitrochléo-olécranien. I. Primates. Orang (Wood). Troglodytes Aubryï (Gratiolet, Alix). Cercoyithecus (Grubei’). Macaeus sinicus (Wood). Inuus (Cuvier, Gruber). Cynocephalus'^ (Cuvier, Gruber). II. LÉ.MURIENS. Lemur (Cuvier). Tarsius (Burmeister). Galeopithecus (Gruber). III. Chéiroptères. Pteropus (Humphry). IV. Carnivores. Aleles (Gruber). Mustela (Gruber). Lutra (Cuvier). Viverra (Cuvier). Herpestes (Gruber). Felis (Cuvier, Strauss-Durckheim, Gru¬ ber, Wood). Ursus (Gruber). Panthera (Cuvier). Putorius vulgaris, belette (Wood). V. Pinnipèdes. Phoca (Cuvier, Duvernoy, Rosenthal, Gruber). VI. Insectivores. Erinaeeus (Cuvier, Gruber, Wood). Sorex (Gruber). Crocidura (Gruber). Myogale (Gruber). Talpa (Gruber, Wood). VII. Rongeurs. Bathyergus, rat-taupe (Cuvier). Arctomys (Cuvier, Gruber). Rat de Norvège (W'ood). Myoxus (Gruber). Sciurus (Gruber, Wood). Pteromys (Gruber). Tamias (Gruber). Spermophüus (Gruber). ’ Il n’existe pas, chez le Cynocéphale Anubis (Champneys). Les professeurs Testut et Shepherd ne l’ont pas rencontré dans Vours. MUSCULAIRE DE L’HOMME Dasypus (Cuvier, Gruber, Galton). Orycteropus (Cuvier, Humpbry). Myrmecophaga (Cuvier, Rapp, Galton, Pouchet). Pangolin {GruheT, Humpbry). Cholopm didactylus (Galton). X. Marsupiaux. Phaseolomys wombaia (Galton). Didelphys (Gruber). Dasyurus (Gruber). Phalangista (Gruber). Macropus (Cuvier). Phascolarctus cinereus (Young). XI. Monotrèmes. Ornithorhyncus (Alix, Wood). Echidna (Galton, Alix, Mivart). La confection d’une telle liste est bien prématurée, eu égard à nos connaissances actuelles sur les homologies certaines de l’épitrochléo- olécranien dans toute la série animale ^ . L’étude attentive des docu¬ ments fournis par les auteurs et mes dissections personnelles me font même me demander s’il n’y a pas, chez l’homme et chez les animaux, deux variétés d’anconés internes : l’un indépendant, l’autre dépendant du triceps brachial. Que dit, en effet, M. le professeur Gruber, l’anatomiste le plus compétent sur ce point spécial : « L’épitrochléo-anconœus anormal de l’homme est l’homologue de l’épitrochléo-anconœus normal des ani¬ maux, et cette conclusion est confirmée par l’étude des filets nerveux qui l’animent. Chez l'homme, cependant, il est quelquefois un muscle indépendant, quelquefois un chef du triceps brachial, tandis que dans tous les autres Mammifères, il est indépendant. Chez l’homme, il a pour fonction de protéger le nerf cubital et les vaisseaux qui l’accompa¬ gnent, et de soutenir concurremment avec le triceps brachial et le ligamentum cuhiti medialis, la jointure du coude. Chez les autres Mammifères, il est adducteur de l’olécrâne ou supinateur de l’avant- bras, et sert à défendre de toute pression quelquefois le nerf cubital et les vaisseaux qui l’accompagnent, quelquefois le nerf médian et les. vaisseaux brachiaux. « De son côté, M. Testut écrit : « Le muscle épitrochléo-cubital * Dans cette liste figure à tort lepteropus et sont passés sous silence divers Mammifères sus-indiqués. 2 VARIATIONS DU SYSTÈME Castor (Cuvier). Crieetus (Gruber). Mus (Gruber). Merîones (Gruber). Hypudœus (Gruber). Lemnus (Gruber). Dipus (Gruber). Lepus (Gruber). Hyslrix (Gruber). Dasyproeta (Gruber). Cœlogenys (Cuvier, Gruber). VIII. Proboscidiens. Éléphant (Cuvier). IX. Édentés. Bradypus (Gruber, Macalister, Hum- phry). MUSCLES DU BR4S 73 constitue, dans la majorité des cas, un muscle parfaitement distinct, comme aussi quelquefois il semble se confondre avec la portion infé¬ rieure du vaste interne; je crois que cette fusion n'est qu'apparente ; fai toujours trouvé pour ma part, même dans le cas où la fusion parais- sait intime, un interstice séparatif qui me permettait d'isoler les deux muscles. Cette indépendance du faisceau épitrochléo-cubital ressoi't encore de son mode d’innervation qui le rattache au nerf cubital (branche du médian, nerf fléchisseur), tandis que le triceps reçoit les branches du nerf radial. » En outre, M. Testut, dans les pages qu’il a consacrées aux anomalies du triceps brachial, ne note pas un seul cas de prolongement du vaste interne vers la gouttière épitrochléo-olécra- nienne. Eh bien, ce prolongement du vaste interne vers l’avant-bras, com¬ blant la gouttière épitrocbléo-olécrani'enne, se trouve tout aussi bien chez les animaux que chez l’homme. Si l’on veut bien se reporter à mes recherches bibliographiques concernant le degré de fréquence de l’épitrochléo-olécranien dans les divers genres de Mammifères, on verra que ce prolongement du vaste interne du triceps vers l’avant- bras est signalé par M. le docteur Hyrtl chez le Chlamydophorustrun- catus ; qu’un vaste interne, indépendant de l’épitrochlée, est noté par Gratiolet chez Y hippopotame . J’incline aussi à croire que les faisceaux musculaires décrits chez le grand fourmilier, par Pouchet, sous le nom de vaste interne, et chez Vhyrax, par Mûrie et Mivart, sous le nom de quatrième chef du triceps brachial, ne sont pas des épitrochléo-olé- craniens types. Dans le même ordre animal, la sangle musculaire épi- trochléo-olécranienne et le prolongement du vaste interne du triceps brachial vers l’avant-bras peuvent coexister même ; dans l’ordre des Rongeurs, j’ai trouvé, ainsi que je l’ai dit plus haut, le premier chez le lapin, le second chez la souris. Dans l’espèce humaine, le prolongement du chef interne du triceps brachial vers l’avant-bras a été observé trois fois par moi. I. Femme, phtisie, vingt-sept ans; 5 décembre 188t. — A droite, le vaste interne du triceps brachial descend le long du bord interne de l’olécrâne sur lequel il s’insère ainsi que sur l’épitrochlée. Inférieure¬ ment, il se termine par une mince lame aponévrotique qui va se con¬ fondre avec l’aponévrose antibrachiale postérieure. Il ne reçoit aucun filet du nerf cubital au-dessus duquel il forme une masse charnue et épaisse. A gauche, le coude est normal. II. Enfant, dix ans, carie lombaire ; 7 mai 1887. — L’anomalie est 74 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME bilatérale et identique à droite et à gauche. Le vaste interne du triceps adhère très intimement à la partie postéro-interne de l’olécràne par des fibres charnues épaisses aboutissant en bas et en dedans à une aponévrose nacrée qui se confond avec l’aponévrose antibrachiale et brachiale. Le nerf cubital ne lui fournit aucun rameau. III. Ce cas est le plus curieux. D’un côté, en effet, il y avait un muscle épitrochléo-olécranien type, et de l’autre un prolongement du vaste interne du triceps brachial vers le chef externe du muscle cubital antérieur. Je copie mes notes. Homme, vingt-deux ans, garçon de café, péritonite tuberculeuse; 10 janvier 1891. A droite, on trouve une bandelette charnue en dedans, aponévro- tique en dehors, étendue de l’épitrochlée à l’olécrâne, au-dessus du nerf cubital qui lui envoie, directement un rameau. Au niveau de l’épitrochlée, les fibres musculaires les plus inférieures vont s’unir aux fibres supérieures du faisceau épitrochléen du muscle cubital antérieur. A gauche, le vaste interne du triceps s’attache à toute la longueur du bord interne de l’olécrâne, remplit tout l’espace épitrochléo-olé¬ cranien et va se confondre entièrement avec le chef exteime du cubital antérieur qui prend ses insertions sur l’olécrâne et le bord postérieur du cubitus. Il recouvre le nerf cubital dont il ne reçoit aucun filet et n’a que des rapports de voisinage avec l’épiti’ochlée. Les deux coudes de ce sujet ont été disséqués les 11 et 12 jan¬ vier 1891 par deux de mes élèves MM. René Petit et Valla-Brochard et moulés, les mêmes jours, par mon prosecteur M. Henry-Barnsby. J’ai présenté à l’Académie de médecine ces moulages le 3 mars de la même année. Je confirme donc ce qu’a dit Malgaigne dans son Anatomie chirur¬ gicale. « En dedans (du coude) on trouve le muscle anconé, sorte de prolongement du triceps qui recouvre la gouttière osseuse constituée- par l’olécrâne et l’épitrochlée dans laquelle passe le nerf cubital. » En même temps je revendique en faveur d’un anatomiste français l’hon¬ neur de la découverte de cette malformation dans l’espèce humaine. En résumé, on peut observer à la face interne du coude, chez l’homme, deux trousseaux musculaires anormaux qui reproduisent une disposition similaire normale chez les animaux. Le premier représente le muscle adducteur de l’olécrâne des Mam- MUSCLES DU BRAS 75 mifères, dont l’articulation du coude jouit de mouvements de latéralité, et s’il disparaît ou se réduit à un simple tractus fibreux dans l’espèce humaine, c’est que sa présence n’y est plus nécessaire. Le second est une dépendance du vaste interne, une reproduction à la face interne du coude de la malformation constituée à la face externe par la soudure de l’anconé et du vaste externe. Il appartient au sys¬ tème du triceps brachial, tandis que l’épitrochléo-olécranien appartient au système du cubital antéi’ieur. Cette manière de voir est nettement établie par l’innervation différente des deux faisceaux musculaires anoi’maux en question : le premier reçoit ses branches motrices du cubital ou de ses rameaux collatéraux (nerf fléchisseur), le second du radial ou de ses rameaux collatéraux (nerf extenseur). Tenseur de la synoviale radio-bicipitale. J’ai rencontré, à droite et à gauche, chez 3 hommes et chez 2 femmes ce tenseur sur lequel Béraud a appelé le premier, je crois, l’attention. (Voy. M. tenseur postérieur de la synoviale du coude.) Chez 2 hommes et chez 1 femme, il était représenté par une languette musculaire très grêle provenant de la face profonde du long supina¬ teur, chez 1 homme par deux languettes musculaires, chez 1 femme par trois. Chez 1 homme et chez une femme je l’ai vu recevoir un ramuscule de la branche que le nerf radial fournit au long supina¬ teur. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS RÉGION ANTÉRIEURE En anatomie humaine on considère toujours la main comme en supination, c’est-à-dire la paume regardant en avant, le pouce en dehors ; en anatomie animale on envisage la main comme constam¬ ment en pronation, c’est-à-dire la face palmaire touimée en arrière et le pouce en dedans, dans la position normale chez la généralité des êtres vivants. En anatomie humaine et en anatomie vétérinaire les termes antéiûeur, postérieur, externe et interne appliqués à l’extrémité distale du membre supérieur signifient donc le contraire. Pour être exact il faudrait dire : face palmaire, face dorsale, bord radial (côté du pouce), bord cubital ou ulnaire (côté du petit doigt) et désigner les os carpiens ou les doigts par leurs noms propres ou bien en les comp¬ tant toujours à partir du pouce. Il convient d’observer de plus que chez les Mammifères qui n’ap¬ partiennent pas à l’ordre des Primates la mobilité et le développement relatifs des deux os de l’avant-bras ne sont pas les mêmes que dans l’espèce humaine. Ainsi, dans les Animaux domestiques, le cubitus est relégué à son extrémité proximale, derrière le radius, et ne concourt à l’articulation avec l’humérus que par sa grande échancrure sigmoïde, en sorte que le radius cori’espond à la fois au condyle et à la trochlée de l’humérus et porte l’apophyse coronoïde (d’ailleurs peu développée). L’extrémité distale du cubitus restant toujours du côté du petit doigt, le déplacement qu’il a éprouvé à son extrémité opposée a pour effet de diminuer le croisement des deux os en pronation ou même de le 78 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME faire disparaître : il existe encore, à un certain degré, dans les C arnivo7'e s ; msiïs, dans le lapiti^ \e porc, le?, Ruminants, \Qÿ, Solipèdes, les deux os sont parallèles, le cubitus en dehors et en arrière du radius. En même temps qu’ils se redressent ainsi, ils s’appliquent exactement l’un contre l’autre et s’immobilisent, grâce à un solide ligament interosseux ou même à une synostose plus ou moins com¬ plète. La main se fixe ainsi en pronation invariable. Le cubitus devient dès lors plus ou moins inutile à sa partie inférieure ; il s'atrophie et le radius se développe en compensation h Le terme extrême de cette évolution nous est donné par les Solipèdes, chez les¬ quels le cubitus est réduit, dans le tiers inférieur de l’avant-bras à un stylet excessivement grêle ; souvent même il paraît s’arrêter bien au-dessus du carpe ; mais si l’on examine de jeunes sujets, on cons¬ tate toujours, au côté externe de l’extrémité inférieure du radius, en arrière de la scissure de l’extenseur latéral un petit noyau, d’ossifica¬ tion spéciale qui marque évidemment l’épiphyse inférieure du cubitus. En raison de ces faits, sur lesquels M. Lesbre s’est appuyé^ pour démontrer les défectuosités de la nomenclature anatomique humaine adaptée à la classification des muscles de l’avant-bras de la pluralité des Mammifères, il serait bon d’appliquer à la classification des muscles de l’avant-bras de l’homme, celle employée par Cuvier en anatomie animale, de diviser ces agents de mouvements : 1° en muscles prona- teurs et supinateurs (rond pronateur, court pronateur, long supina¬ teur, court supinateur) ; 2° en muscles se terminant sur le carpe ou le métacarpe (radiaux, cubital antérieur, cubital postérieur, grand et petit palmaire, long abducteur du pouce) ; en muscles allant jusqu’aux doigts (extenseurs propres ou communs, fléchisseurs propres ou communs). Je m’en abstiendrai cependant pour ne rien changer aux habitudes reçues, mais pour éviter toute erreur, j’aurai soin, comme pour les muscles de la face et maints autres faisceaux insolites, de faire pré¬ céder l’étude de chacun des muscles antibrachiaux de sa synonymie aussi exacte que possible. ’ Voy. M. brachial antérieur. ■ LesLre. Loc. cit., p. 112. MUSCLES DE L’AVANÏ-BRAS ROND PRONATEUR Syn. : Grand pronaleur (Bichat) ; Êpitroklo-radial ; (Chaussier) ; Pronalor leres (N. a.) ; Pronator radii rotimdus ; Pronateiir oblique (Winslow), etc. Absence de la portion coronoïdienne. — Cette portion toujours moins forte que la portion humérale est souvent absente, tendineuse ou rudimentaire. Anatomie coMPAHÉE. — M. Macalister a publié, en 1867, dans le Jour¬ nal of Anatomy and physiologij (sér. 2, vol. I, p. 9), un mémoire très étendu sur la nature du faisceau coronoïdien du rond pronateur. J’emprunte à ce mémoire les lignes suivantes : « Pour ce qui touche l’anatomie comparée de ce faisceau coronoïdien, on ne le trouvera que très rarement chez les Animaux inférieurs, si on l’y trouve. . . Il n’était pas présent chez les Ruminants, les Pachydermes, les Cétacés, les Rongeurs que j’ai examinés; mais je n’ai pas eu l’occasion de constater s’il existe chez les Édentés. Parmi les Carnassiers, je l’ai vu faire défaut chez Y ours, le lion, le chien et le chat, et parmi les Quadrumanes, chez le Cehus capucinus et chez Macacus nemestrinus... Il semble donc être, dans sa nature, un muscle essentiellement humain. » Comme complément j’ajouterai que M. Galton ne l’a pas rencontré dans le Dasypus sexcinctus ni dans Y Onjcleropus Capensi, M. Testut, dans Y ours brun d’ Amérigue, M. Maisonneuve dans le murin, M. Wood dans le bonnet-chinois, M. Champneys dans le Cynocéphale Anubis et qu’il manque fréquemment dans Xe.?, Anthropoïdes. Le Troglodytes Aubryï d’Alix et Gratiolet, les gorilles de Duvernoy, de Chapman ‘ et de Hep- burn, les gibbons de Bischoff, de Deniker et de Hepburn, Yorang du pro¬ fesseur Testut ne le possédaient pas. Ce faisceau du rond pronateur appartient aune couche musculeuse pi’ofonde qui, chez beaucoup de Marsupiaux (Paramèles) et de Carni¬ vores s’étend dans toute la longueur de la face palmaire de l’avant- bras et dont la partie inférieure représente le muscle carré pronateur (Gegenbaur, Humphry, etc.). « Les muscles supinateurs et pronateurs de l’av^ant-bras, a écrit M. Lesbre, n’atteignent leur complet développement que dans les * Chapman. Procedings of theAcademy of natural sciences of Philadelphia, iZ’lQjp, 388. 80 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Primates, ils s’atrophient proportionnellenfient au degré d’immobilité des deux os de l’avant-bras l'un sur l’autre et finissent par disparaître complètement. » Chez quelques sujets j’ai vu le nerf médian passer en avant de la portion coi’onoïdienne. Indépendance plus complète des deux portions. — L’indépendance complète des deux portions depuis lèur origine jusqu’à leur termi¬ naison ou jusqu’au tendon radiai commun a été notée par Albinus, Sœmmerring, Tbeile, Meckel, Wood, Macalister et par moi. Rüdinger a même donné un excellent dessin de cette malformation ' . M. le professeur Macalister qui voit dans la portion coronoïdienne du rond pronateur l’homologue de la tête tibiale du soléaire s’appuie sur la disparition et la différenciation fréquentes de cette portion pour admettre très logiquement qu’elle se développe aux dépens d’un « accessory embryogénie germ. » Segmentation en deux de la portion coronoïdienne. ~ La division en deux du chef cubital, le reste du muscle étant normal, a été signalée en 1868 par M. Macalister, et en 1870 par M. Kelly. Dans le cas de M. Macalister l’artère humérale passait entre les deux faisceaux de la portion coronoïdienne dédoublée et le nerf médian, en avant du fais¬ ceau antérieur ; dans le cas de M. Kelly les deux faisceaux de la portion coronoïdienne dédoublée étaient situés en arrière du nerf médian. 11 est à remarquer que dans les Oiseaux, notamment dans le milan, il n’y a que les branches du médian représentant le nerf cubital qui tra¬ versent le rond pronateur (Humphry). Sésamoïde dans le tendon huméral. — La présence anormale d’un os sésamoïde dans le tendon huméral du rond pronateur constatée par Hyrtl ^ et Scheuzer ® et l’apparition d’un os semblable dans le tendon fémoral du soléaire sont une nouvelle preuve de l’homologie de ces deux muscles. Variations des insertions. — Quand l’humérus possède une apophyse * Rüdinger. Veher die Muskeln dev. Vordern Extremitaten, etc., Haarlem, 1868, taf. IS^ fig. 37. - Hyrtl. Loc. cil. suprà. ® Scheuzer, cit. par Sœmmeiring, p. 259. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS sus-épitrochléenne le rond pronateur se prolonge presque toujours sur le ligament qui la rattache à l’épitrochlée. Cette proposition formullée par le professeur Gegenbaur ne souffre guère d’exception. L’extension de l’insertion supérieure du rond pronateur le long du cordon fibreux qui l’unit au condyle interne a été rencontrée par : MM. Macalister . chez S sujets sur 5 Testut^ . — 11 — 12 L’auteur . — 6 — 6 Soit . 22 sujets sur 23 ' Nuhn a vu le chef brachial provenir de la moitié inférieure du bord interne de l’humérus®. « L’insertion radiale du rond pronateur, dit Gruveilhier, est très variable pour la hauteur, et ses variations portent sur toute la longueur du tiers moyen de l’os » Dans un cas de -difformité congénitale de l’avant-bras elle avait lieu sur l’extrémité inférieure du radius (Koster)^. Anatomie COMPARÉE. — Meckel prétend que. dans les Singes le rond pronateur atteint le cinquième moyen du radius. 11 en est ainsi chez les Singes inféneurs mais non chez les Anthropoïdes. MM. Champneys etHepburn ont seuls rencontré cette extension de l’insertion inférieure du rond pronateur vers le poignet chez les deux Chimpanzés eiVOrang qu’ils ont disséqués. Faisceaux surnuméraires et connexions plus intimes avec les muscles voisins. — M. Macalister a disséqué un rond pronateur dont le chef coronoïdien était formé par deux faisceaux, dont l’un se perdait sur le chef huméral et l’autre sur le grand palmaire. Brug- none a vu le même chef coronoïdien recevoir des fibres de renforce¬ ment de la face antérieure du radius et du cubitus. Le chef épitrochléen a souvent une seconde tête provenant soit : a) De l’humérus ; P) Du brachial antérieur; y) Du grand palmaire ; S) Du fléchisseur commun des doigts. * Testut. L'apophyse sus-épitrochléenne chez l’homme. Paris, 1889. * Nuhn. Vntersuchungen u. Beobacht. aus. dem gebiete der anat., p. 20. ’ Gruveilhier. Anat. descript., édit., t. II, p. 263. * Koster. Nederlandsch. Weekblad. voor. geneeskunde. 1856, p. 125. 82 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME- Voss de Christiania a disséqué un sujet où cette seconde tête prove¬ nait de l’humérus, au-dessus de l’apophyse sus-épitrochléenne h Otto a rencontré un ruban musculaire qui reliait l’extrémité supérieure du rond pronateur à la portion radiale du fléchisseur sublime Hyrtl a trouvé un rond pronateur qui avait trois têtes d’origine, une naissant de l’humérus, au-dessous du coraco-brachial, une de la cloison inter- musculaire interne, une, de l’épitrochlée ^ Dans un cas obsei’vé par M. Macalister, le muscle en question avait aussi trois têtes d’origine, mais une venait du biceps et les deux autres de l’épitrochlée et de l’humérus Anatomie comparée. — En traitant du petit palmaire, je démontrerai que le rond pronateur, le fléchisseur superficiel, le grand palmaire, le petit palmaire et le cubital antérieur dérivent, dans les Vertébrés infé¬ rieurs, d’une même couche musculeuse qui s’étend du bras à la main ipronato-flexor mass, de Humphry). Dans les Oiseaux, le rond prona¬ teur est représenté par deux faisceaux qui se fixent à l’humérus, tantôt par un tendon commun, sur un seul tubercule (Gallinacés), tantôt par deux tendons distincts sur deux tubercules isolés (Pigeons, Passereaux, Perroquets, Rapaces). Chez le cryptohranche , Vunau, le fourmilier, il remonte encore plus ou moins haut sur le bord interne de l’humérus (Humphry) . La plupart des dernières anomalies du rond pronateur humain se retrouvent, au surplus, à l’état anormal dans \e,% Anthropoïdes. Chez le gorille de Bischoff les fibres les plus élevées du rond pronateur prove¬ naient du brachial antérieur. Chez le fœtus de gorille de Deniker, le fléchisseur superficiel s’insérait à la fois sur l’épitrochlée et sur le rond pronateur. Le chef cubital du muscle en question naissait, chez un orang disséqué par Wood, avec le grand palmaire et le fléchisseur superficiel, par un tendon commun de l’apophyse cox’onoïde et fournis¬ sait avant de s’attacher au radius, un faisceau au fléchisseur de l’index L Chez le gibbon du docteur Hepburn, le chef cubital était inséré à la fois sur la face antérieure et le bord externe du radius. * Voss. ttorsk Magazin for Lœgevidenskaben, Bd. 10, lift. II. ' Otto. Neue. Sait. Beobacht. Heft. I, p. 90. Ilyrtl. OEsterreich Zeitschrift, \o\. VIII, ii“ 20. ' Macalister. Cat. cit., p. 8i. “ Wood. Pi'oc. of. tke. Roy. soc., juin 1868, p. 498. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 83 GRAND PALMAIRE Syn. ; Radial antérieur ; Épiiroklo-métacarpien (Chaussier); Flexormanus radialis ; Radial interne, Flexor carpi radialis (N. a.); Fléchisseur interne du métacarpe des vétéri¬ naires. Variations des insertions. — Sur lOS sujets comprenant SS hommes et SO femmes que j’ai examinés en 1879, j’ai vu les insertions supé¬ rieures du grand palmaire, demeurer invariables alors que les insertions inférieures se faisaient : 11 fois sur le trapèze, 6 fois chez l’homme (4 fois des deux côtés, 2 fois à droite), 5 fois chez la femme (3 fois des deux côtés, 2 fois à gauche) . 4 fois sur le 3® et le 4'’ métacarpien, 2 fois des deux côtés chez 2 hommes et 2 fois du côté gauche chez 2 femmes. 1 fois sur le ligament annnlaire du carpe (chez un homme, à droite). 1 fois sur le scaphoïde (des deux côtés, chez 1 homme). 1 fois sur le ligament annulaire et le scaphoïde (des deux côtés chez 1 femme). 9 fois sur le trapèze et le 2“ métacarpien, 7 fois chez l’homme (S fois des deux côtés, 1 fois à droite, 1 fois à gauche), 2 fois chez la femme (1 fois à droite, 1 fois à gauche). 1 fois sur les 2% 3" et 4*’ métacarpiens, chez 1 femme (des deux côtés). 1 fois sur le 2“ métacarpien et le radius, chez 1 homme (des deux côtés). Au total, sur mes 105 sujets les insertions inférieures étaient irrégu¬ lières chez 29 dont 18 hommes et 11 femmes (18 fois des 2 côtés, 6 fois à gauche, 4 fois à droite). L’anomalie la plus commune était constituée par l’attache partielle ou totale du tendon inférieur sur le trapèze. C’est aussi celle qui a été signalée par le plus grand nombre d’ana¬ tomistes, par Alhinus, Loschge, Fleischmann, ïheile, Hyrtl, Henle, Testut, Macalister, Struthers (communication écrite), etc. M. Maca- lister a vu le grand palmaire se terminer sur le 3“ et le 4“ métacarpien etM. Fleischmann sur le ligament annulaire et le scaphoïde. M. Maca¬ lister m’a déclaré avoir disséqué un grand palmaire dont le tendon 84 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME inférieur était constitué par deux branches, dont l’une se portait sur le 2® métacarpien et l’autre sur le ligament annulaire du carpe. Chez un sujet où la main n’était composée que du pouce et de deux doigts, Friedlowsky a noté l’insertion de ce tendon au « scapho-ü’apezium‘ ». Il était fixé sur l’extrémité inférieure du radius dans le cas de diffor¬ mité congénitale de l’avant-hras observée par Koster. Anatomie comparée. — Chez le cryptobranche le segment radial de la couche superficielle de la pronato-flexor mass duquel dérive le rond pronateur et le grand palmaire se prolonge sur la face antérieure et le bord externe du radius jusqu’au poignet et même sur le bord externe des deux cartilages radiaux du poignet (voy. M. palmaire grêle). Dans l'ours brun d'Amérique (Testut) &il'unau (Humphry), le grand palmaire se termine sur le scaphoïde ; dans le Dasypus sexcinctus sur le trapézo-trapézoïde^ (Galton) ; dans la sarigue sur le trapèze et le 2® métacarpien (Meckel) ; dans Véchidné, sur le trapèze, le scaphoïde , le 2® et le 3® métacarpien (Alix) ; dans le murin, sur le trapèze et l’os sésamoïde situé au-dessus de lui (Maisonneuve) ; dans le chat sur le 2® et le 3® métacarpien (Strauss-Durckheim); dans V Oryctérope du Cap; sur le métacarpien de l’index et l’apophyse styloïde du radius (Galton); dans le phoque, sur le scaphoïde, le 1®® et le 2® métacarpien ; dans les Solipèdes, sur la tête du métacarpien l’udimentaire interne lequel correspond à l’index disparu ; dans le porc, sur le grand doigt interne (médius); dans les Ruminants, sur le côté interne de l’os canon, os résul¬ tant de la coalescence du médius et de l’annulaire; dans le Singe pro- boscide , sur le 2® et le 3° métacarpien®. Dans chacun des quatre Anthropoïdes disséqués par M. Hepburn , il se perdait sur le 2® et le 3® métacarpien. Chez presque tous les Rongeurs et les Carnivores, il se termine comme chez l’homme sur l’extrémité proximale du métacarpien de l’index. Faisceaux surnuméraires et connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Le grand palmaire peut être uni dans une étendue plus ou * Friedlowsky. Sitzungsberichte der K. Akad. der. Wissenscli mathematxseh-malurvjxs- sensck. Classe. Bd. lix. Wien, 1869, 532. “Dans le Dasypus sexcinctus le carpe n’a que sept os par suite de la fusion du trapèze et du trapézoïde (voy. Cuvier : Ossements fossiles, p. 127, et Owen : Monographie du Mijlodon. robustus. Londres, 1842, p, 97). ’ Humphry. Journ. of anat. and. phys., vol. IV, p. 42. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS moins grande avec l’un ou l’autre des muscles épitrochléens qui l’avoi¬ sinent (jpetit 'palmaire, rond pronateur, fléchisseur superficiel des doigts) ou recevoir un faisceau de renforcement provenant soit : a) Du biceps (voy. ce muscle); P) Du brachial antérieur (voy. ce muscle); y) Du radius, au-dessus de l’insertion du fléchisseur superficiel ; S.) Du cubitus, de l’apophyse coronoïde avec le faisceau coronoïdien du rond pronateur qu’il remplace quelquefois. Le professeur Macalister a disséqué un sujet chez lequel le muscle en cause avait trois têtes d’origine : une naissant du biceps et de la face profonde du fascia semi-lunaire, une de l’épiti'ochlée et une de l’apophyse coronoïde. J’étudierai plus loin les faisceaux, que le grand palmaire peut envoyer à l’abducteur du petit doigt (voy. ce muscle) . Anatomie comparée. — Dans le Troglodytes Aiibryï, « le grand pal¬ maire s’insérait non seulement à l’épitrochlée mais encore, au-dessus du rond pronateur, à toute cette partie de la face palmaire du radius qui est comprise entre la tubérosité bicipitale et la partie moyenne du radius ». Chez le gorille, Vorang et le gibbon du docteur Hepburn, le grand palmaire avait un chef d’origine supplémentaire provenant de la ligne oblique du radius , immédiatement en dedans de l’insertion du rond pronateur. Sur une femelle à’orang disséquée par "Wood, le grand palmaire naissait avec les faisceaux coronoïdiens et radiaux du fléchisseur sublime de l’apophyse coronoïde et du bord antérieur du radius ‘ . PETIT PALMAIRE Syn. ; Palmaris longus (Albinus, N. a.) ; Épitroklo-palmaire grêle; Èpilrochléo-carpi- palmaire (Dumas). Absence. — Il n’est pas un anatomiste qui ne l’ait constatée plu¬ sieurs fois. Elle a été signalée, avant 1S93, par Columbus sur des voleurs [De Re anatomicâ, 1593, lib. V, p. 288). ’Wood l’a observée 9 fois sur 102 sujets. t Wood. Proc, of theRoy. soc., 1867, u» 93, p. 527. VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME W. Gruber a publié deux monographies sur le petit palmaire : une en 1868 [Mémoires de V Académie Impériale de St-Pétersbourg, 23 jan¬ vier 1868), et qui-a trait aux principales variations de ce muscle; une, en 1879 [Beobachtungen aus der menschlichen und vergleiehenden Anatomie. Berlin, 1879, p. 23-39) et qui est une statistique des cas de suppression de ce muscle. On peut mettre en parallèle de cette statis¬ tique celle qu’ont publiée, en 1894, MM. les professeurs G. Schwalbe et W. Pfitzner de l’Université de Strasbourg U Sur 1,400, par Gruber, le petit palmaire manquait chez 178 Sur 520, par les professeurs Schwalbe et Pfitzner chez 106 Proportion centésimale, p. 100 qui donne 12,7 - 20,4 Les 1400 sujets de Gruber comptaient autant d’hommes que de femmes, tandis que les 520 sujets de Schwalbe et Pfitzner comptaient 344 hommes et 176 femmes. Proportion centésimale. Hommes. p. 100 Sur les 700 de Gruber le petit palmaire manquait chez 75 ce qui donne 10,7 Sur les 344 de Schwalbe et Pfitzner — — 66 — 19,3 Femmes. Sur les 700 de Gruber — Sur les 176 de Schwalbe et de Pfitzner — 103 — 14,7 40 — 22,7 Sujets (hommes et femmes) Sur 700 de Gruber Hommes examinés. Sur 330 par Gruber Femmes Sur 350 par Gruber ^ 78 fois à droite 11,1 \ 100 fois à gauche 14,3 ( 31 fois à droite 8,9 I 44 fois à gauche 12,6 i 47 fois à droite 13,4 ( 56 fois à gauche 16,0 Pour ma part j’ai noté (années 1883-1884-1885 et 1886) le défaut de présence du muscle en question 64 fois sur 260 sujets comprenant un nombre égal d’hommes et de femmes. Il n’existait pas à droite chez . 6 hommes. — à gauche chez . 8 — — à droite ni à gauche chez ... 10 — Soit . 24 hommes sur 130. Il n’existait pas à droite chez . 9 femmes. — à gauche . 14 — — à droite ni à gauche . 17 — Soit . 40 femmes sur 130. Varietœten-Statistik und Anthropologie, cit. p. 484. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS Au total le palmaire grêle manquait chez : 9 sujets sur 102 disséqués par MM. Wood. 178 — 1,400 — Gruber. 106 — 820 — Scbwalbe et Pfltzner. 64 — 260 — l’auteur. Soit chez 237 sujets sur 2,282 disséqués. Le petit palmaire n’existerait donc pas en moyenne chez 11, 2 p. 100 des sujets. Le petit palmaire absent est quelquefois remplacé par une expan¬ sion aponévro tique ou charnue provenant des muscles voisins (cas de Wood, de Macalister, de Friedlowsky, de Gruber). Anatomie comparée. — Selon le professeur Hartmann « le palmaire grêle manque chez gorille, mais non chez les autres Singes Anthro¬ poïdes ». Il est de fait qu’il était absent chez le fœtus de gorille de Deniker, et les gorilles adultes de Chapman, de Bischoff et de Hep- burn. Mais M. Macalister l’a trouvé dans cet Anthropoïde, et Duvernoy qui a affirmé aussi qu’il n’y existait pas, l’a décrit et figuré « comme une dépendance du cubital antérieur ». D’autre part Tyson n’en a pas fait mention dans le Chimpanzé et M. Deniker ne l’a pas rencontré chez le fœtus de gibbon. Ici encore M. Hartmann a été trop affir¬ matif. Au dire de Cuvier le palmaire grêle existe dans le plus grand nombi’e des Onguiculés ; dans les espèces où il fait défaut, ce serait par suite de sa fusion avec les muscles sous-jacents. En ce qui concerne les Solipèdes, les Rimiinants, la porc, j’inclinerais plus volontiers à croire avec M. Lesbre qu’il manque d’une manière absolue, car on n’en voit jamais la moindre trace. Variations morphologiques. — Le petit palmaire peut être : 1. Entièrement tendineux (cas de Columbus, de Wood, de Maca¬ lister, 1 cas personnel) ; IL Entièrement charnu (cas de Macalister, de Sappey, de Boyer*, 1 cas personneP) ; III. Renversé, c’est-à-dire tendineux en haut et charnu en bas (cas * Boyer, p. 282. ' Il n’y a rien de fixe dans les rapports du tendon et du corps charnu. 88 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME de CruveilhierS de Petsche, de Winslow, de Macalister, de Calori, de Gruber, de Tillaux®) ; IV. Tendineux à sa partie moyenne et charnu à ses deux extrémités (digastrique) (cas de Macalister, de Sappey®). V. Charnu à sa partie moyenne et tendineux à ses extrémités (fusi¬ forme) (cas de Petsche % de Winslow*, de Poirier®). Le palmaire grêle fusiforme a ordinairement un tendon plat d’ori¬ gine et un tendon rond de terminaison, mais j’ai trouvé un tendon rond d’origine et un tendon plat de terminaison. Je les ai vus une fois, tous deux ronds et une fois tous deux plats. Quant à la longueur du ventre musculaire intermédiaire elle oscille, d’après M. Macalister, entre deux et sept pouces. Anatomie comparée. — Le palmaire grêle, qui manque parfois chez les Anthropoïdes et l’homme, est représenté seulement chez le daman^ s’il faut en croire Meckel, par un tendon long et large. Chez \ éléphant disséqué par Miall et Greenwood le long palmaire était large et charnu jusqu’au carpe. Celui du murin est fusiforme (Maisonneuve). Variations de situation. — Le tendon terminal du petit palmaire traverse assez souvent, à l’avant-bras, à une certaine distance de l’ar¬ ticulation radio-carpienne, le fascia antibrachial et acquiert de la sorte une position plus superficielle (Gegenbaur). Duplicité et triplicité du muscle. — Sur oOO sujets qu’il a examinés, le professeur Gruber a trouvé o fois des deux côtés et 21 fois d’un seul côté le petit palmaire double. Cette duplicité du petit palmaire a été notée aussi par Meckel, Gunther, ’Wood, Macalister, Tillaux’, Flesh, Reid et Taylor, Pye-Smith, Howse et Davies-Colley, Testut, etc., et par moi. Voici les dispositions qui ont été le plus communément observées : a) Les deux muscles ont les insertions normales, mais l’externe est plus large que l’interne ; ' Cruveilhier. Anat. deacnpt., t. II, 2® édit., p. 266. " Tillaux. Soc. anat. de Paris, 1861, p, 40. ’ Sappey. Traité d' anat., t. II, p. 327. Paris, 1869. ^ Petsche. Syllog. muscul. observât, anat. select, de Haller, p. 770. Gottingen, vol. XI. “ Winslow, p. 193. ' Poirier. Traité d'anat. hum., t. II, 1" fasc., p. 110. ■> Tillaux. Ballet, de la Soc. anat. Paris, 1861, p. 40. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS P) Les deux muscles ont les insertions normales, mais l’interne est fusiforme ; y) Les deux muscles ont les insertions normales, mais l’interne est renversé ; o) Le muscle interne a les insertions normales, mais l’externe est fixé à l’apophyse coronoïde du cubitus en haut (cas de Meckel, de Maca- lister) ; e) L’un des muscles a les insertions normales, mais l’autre est attaché, en haut, sur le tiers inférieur de l’aponévrose antibrachiale seule ou sur l’aponévrose antibrachiale et le grand palmaire ou sur le grand palmaire seul et en bas sur l’abducteur du petit doigt. Gantzer ‘ a donné le nom de m. accessorius ad flexorem carpi radia- lem à un faisceau du petit palmaire qui se porte sur l’abducteur du petit doigt. (Pour détails complémentaires voy. M. abducteur du petit doigt.) Le professeur Gruber a vu le petit palmaire remplacé par trois muscles distincts ayant les mêmes insertions que le petit palmaire normal, mais dont le moyen était plus faible que les deux autres. Je ne sache pas que la duplicité du palmaire grêle ait été signalé chez d’autres animaux que dans le koala par Young. Variations des insertions. — Variations des insertions supérieures. Le petit palmaire peut naître : Au-dessus de l’épitrochlée, soit de la cloison intermusculaire interne (cas de Macalister), soit du biceps et du brachial antérieur (cas de Calori) ; Au-dessous de l’épitrochlée, soit des os, soit des muscles de l’avant- bras. C’est ainsi que MeckeP et le pi’ofesseur Macalister l’ont vu pro¬ venir de l’apophyse coronoïde du cubitus, MM. Henle, Macalister, Howse et Colley et moi de la face antérieure du radius avec le fléchis¬ seur superficiel. C’est ainsi encore que Carver®, Wood et le professeur Macalister l’on vu se détacher du fléchisseur superficiel, MM. Fleisch- mann‘ et Macalister du fléchisseur profond, Wood et Macalister du grand palmaire et Friedlowsky du cubital antérieur. ‘ Gantzer. Op. cit., p. 12. ® Meckel. Manuel, d’anat., trad. Jourdan, p. 172. = Carver. Journ. of anal, and phys., vol. 111, p. 260. ' Fleischmann. Abhandl d. phys. med. soc. in Erlangen, Bd. I, p. 25. 90 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Yariations des insertions inférieures. — Le palmaire grêle peut s’in¬ sérer inférieurement : a) Sur l’aponévrose antibrachiale plus ou moins près du poignet (cas de Macalister, 1 cas personnel) ; P) Sur l’aponévrose palmaire. A l’état normal, en effet, le petit pal¬ maire, quoi qu’en disent divers anatomistes, se fixe à la partie moyenne du ligament antérieur du carpe ; y) Sur l’aponévrose interosseuse (cas de Koster‘) ; S) Sur le scaphoïde (cas de Fleischmann, de Winslow, de Jenty^) ; s) Sur le pisiforme (cas de Gruber, de Macalister, de Testut, 1 cas personnel) ; i) Sur l’abducteur du pouce (cas de Macalister). Faisceaux surnuméraires et connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Le palmaire grêle peut naître par deux têtes, l’une venant de l’épitrochlée, l’autre de l’apophyse coronoïde du cubitus (cas de Macalister, de Ziegler®) ou l’une, de l’épitrochlée, et l’autre de la tubé¬ rosité bicipitale du radius (cas de Janser^ et de Macalister). Sur une femme que j’ai disséquée, il avait même, à droite et à gauche, trois têtes d’origine : une émanant du grand palmaire, une du cubital anté¬ rieur, une du tiers inférieur du bord interne du cubitus. M. Macalister a vu, des deux côtés, le tendon terminal du long palmaire, inséré sur l’abducteur du pouce, faire suite à deux corps charnus, détachés l’un de l’épitrochlée, l’autre des deux tiers inférieurs du bord interne du cubitus, entre lesquels passait le nerf cubital. Ce dernier vice de conformation du petit palmaire coïncidait avec une absence complète des artères cubitales droite et gauche. Au lieu d’être bifide ou trifide en haut, le muscle dont il s’agit est parfois bifide ou trifide en bas. Quand il est bifide en bas, sa branche terminale surnuméraire, tendineuse ou charnue, plus ou moins forte et plus ou moins longue, peut se fixer : a) Sur le ligament annulaire du carpe (cas de Wood) ; P) Sur l’éminence thénar (cas de Macalister) ; * Koster. Nederlansch Weckblad wor Geneeskunde, 1856, p. 125. ’ Jenty. Anat.phys. lect, 1757, p. 281. ’ Ziegler. Journ. de méd. de Bordeaux, janvier 1893. * Janser. Nederlansch laneet, 1850, p. 431. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS y) Sur l’éminence hypothénar (cas de Sappey de Bertelli% un cas personnel) ; 3) Sur le pisiforme (cas de Souligoux ; e) Sur le tendon du fléchisseur superficiel de l’index (cas de Testut). Gruber a noté l’insertion du petit palmaire par trois tendons dis¬ tincts : 1" sur l’aponévrose palmaire ; 2“ sur le pisiforme ; 3“ sur l’abducteur et le court fléchisseur du petit doigt. Le regretté profes¬ seur de l’Université de Saint-Pétersbourg a donné au palmaire grêle qui présente les divers modes de conformation inusités que je viens d’étudier, le nom de « palmaris longus bicaiidatus, palmaris longus tricaudatus ». Anatomie comparée. — Les muscles pronateurs de l’avant-bras et les muscles fléchisseurs du poignet et des doigts ont pour origine une lame contractile commune que le professeur Humphry‘ a appelée pronato- flexor mass. Dans les Espèces inférieures, dans quelques Batraciens et quelques Reptiles, où la main n’a que des mouvements d’ensemble, l’agent actif de ces mouvements est presque indivis. A mesure que la main se perfectionne, cet agent se segmente davantage et se compose bientôt de deux couches : une couche profonde de laquelle proviennent les fléchisseurs profonds des doigts et le carré pronateur, une couche superficielle, compacte en haut, et partagée inférieurement en trois segments : un segment cubital duquel naît le cubital antérieur, un segment radial duquel naît le rond pronctteur et le grand palmaire, un segment médian duquel naissent le fléchisseur commun superficiel des doigts et le petit palmaire. A son état de complet développement, le petit palmaire se pi-olonge par une aponévrose, d’abord étroite puis étalée en éventail, jusque sur les tendons du fléchisseur commun sous-jacent et par leur intermédiaire sur les phalanges. Il constitue, en un mot, un fléchisseur commun sous-cutané des doigts superposé aux fléchisseurs communs superficiel et profond. Chez l’homme et les Singes supérieurs, le ligament palmaire, le ligament annulaire du carpe et le petit palmaire étant soudés ensemble, le petit palmaire n’a plus d’action sur les doigts, n’agit plus que sur le carpe et par suite sur la main qu’il attire en avant et en haut. Or, ' Sappey. Trait, d'an, descript., t. II, 2* édit., p. 328. * D. Bertelli. Atti delta Societa Toscana di scienze Naturali, 1888. ’ Souligoux. Bullet. de la Soc. anal., 1893, p. 667. * Humphry. Observations in Myology, p. 37 et suiv. 92 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME ce mouvement de flexion delà main sur l’avant-bras, propre à l’homme et aux- Singes supérieurs, est assuré par d’autres muscles plus puis¬ sants que le petit palmaire. La superfluité de cet agent contractile en tant qu’organe de flexion des doigts et de la main est évidente chez les Primates. D’où sa disparition si fréquente chez eux. Il est logique d’admettre que les variations de longueur et les con¬ nexions plus intimes qu’offrent souvent entre eux les muscles fléchis¬ seurs et pronateurs de l’avant-bras, de la main et des doigts, sont la conséquence d’un défaut de segmentation de la masse flexo-pronatrice dont ils dérivent tous. Et inversement que la multiplication des fais¬ ceaux de ces muscles (palmaire grêle, double, triple, radiaux externes surnuméraires, court radial antérieur, etc.) est la conséquence d’un excès de segmentation de cette même masse. Sous quelle influence? Les recherches de l’École de tératogénie expérimentale dontM. Dareste est le chef incontesté et vénéré, nous l’apprendrons peut-être un jour. Apres cet exposé général nécessaire, j’arrive aux animaux dont le mode de conformation du palmaire grêle se rapproche le plus énx pal- maris longus hicaudatiis et du palmaris longus tricaudatus de l’homme. TidiX).?, le Troglodytes Aubryï, le tendon du palmaire grêle se prolon¬ geait « sur les enveloppes fibreuses du trapèze, agissant par son inter¬ médiaire sur le pouce ». Celui des chimpanzés de Champneys et de Rolleston était inséré en partie sur le ligament annulaire du carpe, en partie sur l’aponévrose palmaire. Le cubital antérieur du gorille disséqué par Duvernoy possédait « un tendon aponévrotique interne duquel par¬ taient en série oblique les fibres musculaires du palmaire grêle ». Du tendon tei’minal du palmaire grêle du murin se détachent « deux expan¬ sions tendineuses assez fortes, l’une destinée au pouce, l’autre au petit doigt » (Maisonneuve). L’union du palmaire grêle et du fléchisseur superficiel des doigts a été signalée dans Y hyène et Y ours * par Meckel, dans le chien par W. Ellenberger et H. Baum et Lesbre dans le pan¬ golin par Humphry. Chez le phoque, il se perd sur les gaines des ten¬ dons et les tendons des trois doigts moyens, après avoir envoyé une expansion aponévrotique sur le radius, le carpe et le pouce (Humphry). * Il était indépendant dans Vhycena crocuta et Vhyœna striata de Young et Robinson. Dans Vours brun d'Amérique du professeur Testut, il était représenté par un faisceau pro¬ venant du fléchisseur perforé des doigts. 2 . Il n’existe distinctement chez aucun de nos Mammifères domestiques, dit M. Lesbre. Cependant chez te chien on voit se détacher inférieurement de la masse épitrochléenne du perforant un petit faisceau terminé dans le ligament annulaire du carpe par un tendon filiforme; c’est, pense-t-on, la trace du palmaire grêle qui se serait ainsi confondu avec la masse des fléchisseurs communs des doigts. » MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 93 Dans ï éléphant des Indes la portion la plus puissante du tendon du petit palmaire se termine sur l’os sésamoïde du 5“ doigt (Miall et Greenwood). L’abducteur du petit doigt du tapir de Sumatra et de Vhyrax du Cap provient du pisiforme et du fascia aponévrotique palmaire*. Chez le fourmilier le plus petit des trois muscles représentant l’extenseur cubi¬ tal du carpe me paraît être l’homologue du faisceau d’union du petit palmaire et de l’abducteur du petit doigt de l’homme (voy. Meckel, Archiv., B. v. s. 45). CUBITAL ANTÉRIEUR Syn. : ülnaris inlernus (AlMaus) ; Cubital interne (Winslow, Lesbre) ; Cubito-carpien (Chaussier) ; carpi ulnaris {N. a.); Épiti'oehléo-cubito-carpie?i (Dumas); Cubital épitrochléen; M. satellite de l’artère cubital; Fléchisseur oblique du métacarpe des vétérinaires. Variations des insertions inférieures. — L’insertion du cubital anté¬ rieur sur le ligament interosseux a été notée par Koster et l’extension du tendon terminal de ce muscle, au delà du pisiforme, jusqu’au cin¬ quième métacarpien, par de nombreux anatomistes. Anatomie comparée. — « En anatomie générale, a écrit le professeur Testut, l’os pisiforme doit être considéré comme un os sésamoïde déve¬ loppé dans l’épaisseur du tendon du muscle cubital antérieur qui, en l'éalité, vient se fixer au-dessous. C’est ainsi que chez Vours\& tendon passe pai’-dessus le pisiforme qu’il englobe pour aller se fixer au 5® métacarpien » Sans doute il est divers animaux chez lesquels le cubital antérieur se prolonge au delà du pisiforme ou os sus-carpien, jusqu’au 5® métacarpien, mais le pisiforme n’est pas ce que croit M. Testut. Le professeur Leboucq, de Gand, a prouvé que le nodule cartilagineux du pisiforme était différencié et formé à côté des autres éléments du carpe sur la main du fœtus de 12 millimètres et demi, alors que les muscles n’étaient pas encore différenciés à l’état d’organes distincts : le nodule cartilagineux formé avant V apparition du tendon du cubital antérieur ne peut donc être regardé comme un sésamoïde développé dans ce tendon®. Le pisiforme compté parmi les éléments ' James Murrie. Journ. of anat. and phys,, N“ IX, 1871, p. 154. * Testut. Trait, des an. musc., p. 453. ’ Leboucq. Arch. de Biologie de Van Beneden et Van Bambeke, 1884. 94 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME du carpe est « l’homologue d’un rayon fortement réduit de la nageoire primitive « (Gegenbaur). La pentadactylie a précédé dans les Mammi¬ fères la monodactylie, et l’état pentadactyle lui-même a été précédé par l’état heptadactyle. C’est ainsi que le pisiforme représente un doigt post- auriculaire disparu. D’autre part on a trouvé chez plusieurs Mam¬ mifères des rudiments d’un avant-pouce. Donc lorsqu’on étudie les doigts dans la série des Vertébrés, où leur nombre présente des réductions suc¬ cessives, il ne faut point paider de leur apparition, mais de leur dispa¬ rition. Il est très curieux de constater que, dans les cas de réduction de nombre des doigts chez l’homme, cette réduction ne se fait pas au hasard, mais suivant un type qui, pour le numéro d’ordre des doigts réduits, rappelle absolument le type de réduction des Perissodac- tyles péridigités^. Faisceaux surnuméraires. — MM. Morel et Mathias Duval ont vu le tendon terminal bifurqué du cubital antérieur se fixer par une branche à l’os crochu et par une autre branche au 8® métacarpien^. Wood et Macalister ont noté chacun l’insertion de ce muscle sur le 4® métacar¬ pien par une expansion fibreuse. Curnow a disséqué un sujet chez lequel le tendon du cubital antérieur se prolongeait jusqu’à l’articula¬ tion métacarpo-phalangienne du petit doigt. Winslow, Friedlowsky, Harrison, Macalister ont noté la présence d’un faisceau du même muscle qui se portait sur le ligament annulaire du carpe et M. Sou- ligouxd’un faisceau qui se portait sur l’abducteur du petit doigtL Anatomie comparée. — Des expansions aponévrotiques prolongent le tendon du cubital antérieur du cryptobranche sur le bord interne du 5® métacarpien, celui de \ hyène (Meckel), de Y aï (Humphry), du koala (Young) sur les métacarpiens externes. Absence du chef cubital. — Sur une femme disséquée par un de mes élèves, M. Voisin, le chef cubital manquait à droite et à gauche. Ce chef est à l’état fibreux chez le tapir (Lesbre) et manque entière¬ ment chez le porc. ’ Ces faits permettent d’induire à l’origine icthyopsidienne des extrémités des Vertébrés supérieurs. Mais quelle est l’origine de la nageoire des Poissons? Les plus hardis phylogé- nistes supposent que chacun des bourgeons qui entrent dans la composition de la nageoire n’est qu’une branchie transformée ? * MM. Morel et Math. Duval considèrent à tort ce mode de conformation comme normal. Voy. Morel et M. Duval. Manuel de l'anat., p. 379. ^ Winslow, Friedlowsky, Harrison, etc. Loc. cit. passirn. * Souligoux, Bullet. de la soc. anat. Paris, 1895, p. 638. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 95 Connexions plus intimes avec les muscles voisins. A) . Avec le petit palmaire (voy. ce muscle) ; B) . Avec le vaste interne (voy. ce muscle). FLÉCHISSEUR COMMUN SUPERFICIEL DES DOIGTS Syn. : Digitorum secundiintei'nodn flexor (Spigel) ; Êpitroklo-phalanginien commun (Chaus- sier) ; Flexor digitorum subli}nis{N. a.) ; Fléchisseur sublime ; Fléchisseur perforé; Perforé, Êpitrochléo-coroni-phalanginien (Dumas). Les fléchisseurs communs des doigts ont si souvent, normalement chez les animaux, anormalement chez l’homme, des relations étroites, qu’il vaudrait peut-être mieux ne pas séparer leur étude. C’est ce qu’a fait avec raison le professeur Turner d’Edimbourg dans la monographie si complète des vaiûations de ces muscles dans l’espèce humaine. Turner {Transactions of the Royal Society of Edinburgh,\o\. XXIV, 1865). Si je n’imite pas cet exemple, c’est pour ne pas déroger absolument à l’usage. Variations des insertions radiales. — L’étendue des insertions au radius des deux fléchisseurs communs des doigts, mais principalement celle du fléchisseur perforé, est très variable. Le professeur Macalister dit qu’elle peut osciller entre 1 et 4 pouces. Elle peut même se réduire à rien, le fléchisseur commun superficiel côtoyer le radius sans s’y attacher (cas de Wood, de Macalister, de Flesch \ de Chudzinski^ de Leidy®, de Testut, 1 cas personnel). Anatomie comparée. — Chez les chimpanzés de Macalister, d’Alix et Gratiolet, Vorang de Duvernoy, le fœtus de gibbon de Deniker, le flé¬ chisseur perforé des doigts n’était pas attaché au radius, et chez le chimpanzé de Rolleston n’y était attaché que par un faisceau, celui de l’index. Ce muscle n’a également aucun point d’insertion au radius dans le Cynocéphale Anubis (Champneys), le Cynocéphale maïmon, le Macaque cynomolge, VHapale pénicillé (Bischoff), la girafe (Lavocat), VUromatix spinipes (Humphry). Dans les Protèles, la civette, l'Hyène striée, etc., les deux fléchisseurs communs des doigts sont confondus en un seul corps charnu qui ne se fixe pas sur le radius. ' Flesch. Variet. beobachl. Wurzbourg, 1879. “ Chudzinski. Nouv. obs. sur le syst. musc, du nègre, p. 9. ’ Leidy. Loc. cit. supra, p. 305. 96 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Le dromadaire est un des rares Mammifères où le perforé fasse défaut; il en est peut-être de môme dans tous les Caméliens (Lesbre). Digastricité totale du muscle. — Chudzinski a vérifié sur de nom¬ breux sujets appartenant à toutes les races que le plan profond du fléchisseur commun superficiel des doigts est toujours constitué par un muscle digastrique qu’il propose d’appeler fléchisseur digastrique de T index; le fléchisseur perforé de l’auriculaire naît du tendon de ce digastrique de l’index. Dans un cas mentionné par Dursy, le fléchisseur superficiel tout entier avait une forme digastrique h Anatomie comparée. — M. Champneys ^ a appelé l’attention sur la pos¬ sibilité de l’existence d’un tendon dans le corps charnu du fléchisseur superficiel de l’index du chimpanzé. Au dire de MeckeP, le fléchisseur sublime des doigts des Loris est interrompu par un tendon grêle au milieu de l’avant-bras. Segmentation du muscle. — Un de mes élèves, M. Mahoudeau, m’a remis la note suivante : « Le fléchisseur commun superficiel des doigts a été trouvé, le 24 jan¬ vier 1895, divisé en quatre faisceaux distincts sur l’avant-bras gauche d’un homme exerçant la profession de terrassier. « Les quatre faisceaux étaient indépendants dans toute la longueur du corps musculaire. Le faisceau fléchisseur de l’index présentait à l’union de son tiers inférieur et de son tiers moyen une intersection tendineuse de 3 cent. » Cette division du fléchisseur sublime en quatre faisceaux séparés a été signalée par Wood et Leidy^ Wood, Macalister, Weber-Hilde- brandt ^ ont vu naître de l’apophyse coronoïde et Bauhsen'et moi, de l’épitrochlée, le chef indicial formant un muscle autonome. Wood a trouvé, entièrement différencié, le faisceau du fléchisseur sublime qui se rend au. petit doigt et M. Testut, celui qui se rend à l’annulaire. Un muscle digastidque se portant de l’apophyse coronoïde sur l’index et le petit doigt a été rencontré par M. Macalister. Un muscle ayant * Dursy. Henle u. Pfeufer’s Zeitschrift, vol. XXXIIl, p. 46. * Champneys. Loc. cil. suprà, p. 187. “ Meckel. Anat. comp., t. VI, p. 340. ‘ Leidy. Loc. cit. suprà. “ Weber-Hildebrandt. Anat., p. 454. « Bauhsen. Henle, u. Pfeufer’s Zeitschrift, XXXIII, p. 49. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 97 la même structure et le même mode de terminaison, mais provenant de la masse des muscles épitrochléens a été signalé parM. Mauclaire*. En 1868, le professeur Macalister a observé l’agencement suivant du fléchisseur commun superficiel : le chef radial et une portion du chef cubital aboutissaient au médius, un tendon, bientôt charnu, détaché du chef cubital au-dessous de l’épitrochlée, à l’annulaire, et le reste du chef cubital, à l’index et au petit doigt. Anatomie comparée. — Dans le chimpanzé du docteur Hepburn les faisceaux du fléchisseur sublime du médius et du petit doigt étaient entièrement différenciés. Chez la femelle déorang disséquée par Wood les quatre faisceaux du fléchisseur commun superficiel formaient quatre muscles distincts Le morcellement, tant des fléchisseurs que des extenseurs des doigts, rentre dans la classe des anomalies progressives on évolutives que je me réserve d’étudier spécialement dans le dernier chapitre de cet ouvrage (voy. Considérations générales sur lesvariations du système mus¬ culaire de t homme). Absence de l’un ou l’autre des tendons terminaux. — Le tendon du petit doigt, le plus grêle, est celui qui manque le plus communément. Son absence a été constatée par Theile, Wood, Calori, Moser, Kelly, Maca¬ lister, Bankart, Pye-Smith et Philips, Testut, Prenant et par moi. Alors il est suppléé par un tendon qui fait suite à un corps charnu naissant : a) Du cubitus (cas de Calori) ; P) Du fléchisseur profond (cas de Bankart, Pye-Smith et de Testut, un cas personnel) ; y) De la gaine synoviale du tendon perforant de l’annulaire (cas de Kelly) ; o) Du ligament annulaire du carpe et de l’aponévrose palmaire (cas de Theile, de Moser* et de Wood) ; e) Du ligament annulaire seul (cas de Macalister et de Testut) ; '.) De la gaine des vaisseaux cubitaux (2 cas de Prenant). M. Prenant a noté le défaut de présence du tendon de l’index et moi celui du tendon de l’annulaire sans aucune suppléance. M. Fromont a signalé l’absence des tendons externe et interne du fléchisseur per- ' Mauclaire. Bullet. de la Soc. anat. Paris, 1894, p. 75. “ Wood. Loc, cit. passim, p. 527. “ Moser. Deutsch Arch., t. VIII, p. 231. 98 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME foré et leur remplacement par une nappe musculaire constituant un second fléchisseur superficiel ‘ . Anatomie comparée. — 11 faut distinguer ici les cas où le tendon absent est suppléé et ceux où il n’est pas suppléé. L’absence du ten¬ don sans suppléance est la conséquence d’un arrêt de développement, l’absence avec suppléance par un tendon faisant suite à un corps charnu naissant de la partie inférieure de l’avant-bras ou du poignet, n’est que la conséquence de la descente vers la main d’un ou de plusieurs faisceaux du fléchisseur superficiel. « Dans les Batraciens et les Sauriens le fléchisseur superficiel est, dit Meckel, descendu à la main. « Chez l’homme même, le fléchisseur superficiel des orteils qui correspond au fléchisseur superficiel des doigts provient du calca¬ néum (voy. M. de la région plantaire du pied). Divers animaux ont un fléchisseur sublime composé de faisceaux d’inégale longueur. Celui de la gerboise [Dipus gerboa) comprend cinq faisceaux dont deux se portent de l’os surnuméraire du carpe aux doigts extrêmes (I et V). Celui de Vhatteria a une conformation analogue^. Dans la civette, le fléchisseur sublime se détache du fléchisseur profond et ne se rend qu’aux trois doigts du milieu ; le petit doig t est mû par un muscle autonome qui a pour origines le tendon du petit palmaire, le pisi¬ forme, le ligament annulaire. Chez le cochon d’Inde il émane par deux têtes du fléchisseur profond et du fascia palmaire. Faisceaux surnuméraires . — Macalister et Wood ont noté le renforce¬ ment du fléchisseur commun superficiel des doigts par un faisceau provenant de l’apophyse coronoïde du cubitus. Le fléchisseur sublime envoie assez souvent des trousseaux de fibres musculeuses ou aponé- vrotiques, à l’aponévrose palmaire, à l’aponévrose antibrachiale ou au ligament annulaire du carpe. Cette malformation coïncide parfois avec l’absence du petit palmaire. Connexions plus intimes avec les muscles voisins : A) . Avec le rond pronateur (voy., ce muscle) ; B) . Avec le grand palmaire (voy. ce muscle) ; C) . Avec le petit palmaire (voy. ce muscle) ; D) . Avec le long supinateur. Le professeur Turner a vu un faisceau * Fromont. Bullet. de la Soc. anat., 1895, p. 401. - Humphry. Obs. in MyoL, cit. p. 176. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS du fléchisseur commun superficiel des doigts qui se portait dans l’ex¬ trémité inférieure du long supinateur, en croisant le petit palmaire ; E) . Avec le fléchisseur commun des doigts (voy. ce muscle) ; F) . Avec le fléchisseur propre du pouce (voy. ce muscle) ; G) . Avec les lombricaux (voy. ces muscles). FLÉCHISSEUR COMMUN PROFOND DES DOIGTS Syn. : Digitorum tertii internodii flexor (Spigel) ; Cubito-phalangettien (Chaussier) ; Flexor digitorum profundus (N. a.); Fléchisseur perforant; Perforant; Cubito-phalangettien commun (Dumas). Variations des insertions radiales. — Kelly a vu ces insertions se faire sur les trois quarts supérieurs du radius, tout le long du fléchis¬ seur propre du pouce. Chez les nègres elles dépassent même quelque¬ fois les fibres les plus inférieures de ce muscle (Chudzinski). Segmentation du muscle. — On a signalé l’indépendance des divers faisceaux qui composent le fléchisseur commun profond. Chudzinski, qui a noté chez les nègres la longue étendue du chef radial, a remarqué également que dans les races de couleur, le faisceau de l’index est nettement séparé dès son origine*. Cette autonomie du chef de l’index a été observée dans la race blanche par Weber-Hilde- brandt®, VVood, Fromont® et moi (des deux côtés chez 2 hommes et chez 1 femme). Anatomie comparée. — Le fléchisseur profond commun des doigts du fœtus de gorille de Deniker, de Vorang de Duvernoy et du Troglodytes Aubryï était formé par deux faisceaux complètement distincts dont l’externe, inséré, plus ou moins haut, sur le radius et le ligament interosseux se terminait sur l’index. Celui du fœtus de gibbon de Deniker était constitué par trois faisceaux dont l’externe, fixé aux 4/o supérieurs du radius, fournissait des tendons au pouce et à l’indica¬ teur. * M. Chudzinski dit que « dans les sujets colorés il y a une tendance à la dissociation des quatre faisceaux » . * Weber-Hildebrandt. Loc. cit., p. 454. ® Fromont. Bullet. de la Soc. anat. Paii>, 1895. 100 VARIATlOxNS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Connexions plus intimes avec les muscles voisins : A) . Avec le palmaire grêle (voy. ce muscle) ; B) . Avec les lombricaux (voy. ces muscles); C) . Avec le long fléchisseur du pouce (voy. ce muscle) ; D) . Avec le fléchisseur superficiel. Les deux fléchisseurs des doigts peuvent être reliés l’im à l’autre. I. Par des fihres musculaires, au niveau de leurs portions chai'nues. Les trousseaux de fibres qu’unissent les corps charnus des deux flé¬ chisseurs varient comme nombre, comme dii’ection, comme situation, comme volume et comme longueur. Un de mes prosecteurs, M. André, a moulé un trousseau de fibres rouges, de la grosseur d’un crayon, qui s’étendait obliquement de haut en has et de dedans en dehors, de la face profonde du fléchisseur perforé du petit doigt à la face profonde du fléchisseur perforant homonyme. IL Par des fihres aponévrotiques, an niveau de leurs tendons digi¬ taux. Ces fihres aponévrotiques qui, sous forme de cordons ou de rubans, rattachent un ou plusieurs tendons du fléchisseur perforant à un ou plusieurs tendons du fléchisseur perforé ont été signalées par Cooper Macalister, Theile^, Mac Whinnie^, Henle‘, Wood ^ etc. 111. Par un faisceau musculo-tendineux. Il n’est pas très rare de voir un faisceau, charnu en haut, fihreux en bas, relier la portion épi¬ trochléenne du fléchisseur sublime aux tendons du petit doigt et de l’annulaire du fléchisseur perforant (Macalister, Wood, Testut). J’ai rencontrés fois ce faisceau (2 fois chez l’homme, 1 fois à droite, 1 fois à gauche et 1 fois des deux côtés chez la femme). An.vtomie comparée. — Les longs fléchisseurs des doigts, confondus dans les espèces très inférieures, sont encore tellement intriqués chez les Carnassiers qu’on est obligé de les décrire ensemble. « Chez les Quadrupèdes, surtout ceux de grands poids, le perforant et le perforé remplissent, remarque M. Lesbre®, un rôle important dans la sustenta- tioD sur les membres antérieurs, rôle qui les soumet à de fortes * tractions ; aussi sont-ils très tendineux, bien détachés des os de Cooper. Myotomia reformata. W il p. 246. . M. Whinnie. London med. gaz., vol. XXVII, p. 196. 'j' Henle, p. 196. ‘ Wood. Proc, of the Roy Soc., 1864, p. 301. “ Lesbre. Loc. cit., p. 128. MUSCLKS DE L’AVANT-BRAS 101 l’avant-bras, grâce à leur attache sur une épitrochlée très saillante et renforcés encore par des brides fibreuses qui dérivent sur le squelette une partie des tractions qu’ils subissent. Par exemple, l’aponévrose palmaire profonde, qui fait suite, comme on sait, au ligament commun palmaire du carpe, constitue chez les Solipèdes une épaisse lanière qui se jette sur le tendon perforant vers le tiers supérieur du méta¬ carpe et que les vétérinaires appellent la bride carpienne de renforce¬ ment du perforant. En outre, le perforé et le perforant des grands Quadrupèdes ont une grande tendance à fusionner leurs corps charnus épitrochléens ; souvent ils échangent des faisceaux d’anastomose. » Dans les Lémuriens, de Madagascar, <( les tendons qui terminent les languettes charnues constituant ces muscles, au lieu de rester séparés dans toute leur étendue, sont tous réunis par de fortes brides fibreuses, qui les rendent solidaires les uns des autres dans la région du poi¬ gnet » (A. Milne-Edwards). Parmi les Anthropoïdes il en est un chez lequel le long fléchisseur du pouce (voy. ce muscle) est rudimentaire ou incomplètement diffé¬ rencié. Muscle de Gantzer, accessorius ad flexorem profundum digitorum. — Gantzer a donné le nom à’ accessorius ad flexorem profundum digilonim à un faisceau musculaire piriforme qui naît de l’apophyse coronoïde et se termine sur l’un ou l’autre des tendons du fléchisseur perforant. Ce muscle a été signalé également par Meckel, Sœmmerring, Theile, Henle, Cooper, Mac Whinnie, Macalister, etc. Sa structure est variable. Il est d'ordinaire charnu en haut, et tendineux en bas. Presque tou¬ jours différencié à son origine supérieure, il peut cependant se détacher de la tête coronoïdienne du fléchisseur sublime. Wood dit l’avoir ren¬ contré 19 fois sur 102 sujets. Il peut se porter sur le tendon perforant de l’index (6 fois sur 72 sujets. — Wood), du médius (8 fois sur 72 sujets, — Wood), de l’annulaire (Turner), du petit doigt (Turner) ou à la fois sur les tendons perforants de l’annulaire et du petit doigt (une fois sur 36 sujets, — Wood), de l’index et de l’annulaire, de l’index et du petit doigt (Wood, Macalistei’), de l’index, du médius et de l’annu¬ laire (Wood), du médius, de l’annulaire ou du petit doigt (Turner), etc. J’ai observé la plupart de ces dispositions, mais sans me préoccuper du degré de fréquence de chacune d’entre elles. Anatomie compahée. — Mon regretté et savant ami Wood a déterminé 102 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME en ces termes les homologies du muscle de Gantzer (Wood, Proceed. of theRoy. Soc., 1868, p. 499). « L’auteur a trouvé dans X orang-outang un faisceau d’union entre les fibres coronoïdiennes du fléchisseur sublime et le fléchisseur pro¬ fond. 11 se portait sur cette portion du fléchisseur profond qui, chez cet Anthropoïde ainsi que chez le gorille et le chimpanzé, s’isole pour former un fléchisseur propre de l’index. L’auteur a rencontré ce même faisceau dans le Macaciis radiatiis où il se détache également du fléchis¬ seur commun superficiel, mais se termine sur les tendons fusionnés du fléchisseur commun des doigts et du long fléchisseur du pouce, immédiatement au-dessus de l’expansion fibreuse qu’ils fournissent au pouce. Dans le Nycticebus tardigratus où les fléchisseurs communs peu¬ vent être encore différenciés comme chez l’homme et les Quadrumanes supérieurs, un trousseau de fibres dissocié du tendon du fléchisseur sublime, se rend, au-dessus du carpe, dans le tendon du fléchisseur commun et dans le tendon du fléchisseur du pouce (Mivart et Mûrie, Proceed. Zool. Soc., 1865, p. 24). Meckel fait mention d’un arrangement semblable dans les Loris. Ce mode de conformation a été signalé aussi par Owen dans le cheiromys et dans le tarsius par Burmeister en même temps que la tendance à la fusion des deux fléchisseurs ou au rempla¬ cement de l’un par l’autre qui existe chez les animaux d’un ordre moins élevé. L’auteur a noté aussi la présence d’un muscle de Gantzer dans le cochon d'Inde, le surmidot et le lapin ; il a les dimensions qu’il possède chez les Carnivores et sert de tête d’originé unique aux fléchis¬ seurs confondus. » Ïj accessorius ad flexorem profundum digitorum a été découvert encore par Bischoff dans XHapale pénicillé, par Champneys dans le Cynocé¬ phale Anubis, par le professeur Testut dans Xorang. Faisceaux surnuméraires. — M. Macalister a trouvé et j’ai trouvé aussi, des deux côtés chez une femme, un faisceau musculaire qui nais¬ sait du radius, au-dessus du rond pronateur, et se terminait dans le corps du fléchisseur profond. Wood a fait mention d’un ruban charnu qui provenait de l’apophyse coronoïde avec le fléchisseur sublime et se portait sur le tendon du long fléchisseur du pouce et le tendon per¬ forant de l’index, après avoir reçu des fibres de renforcement du radius. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 103 LONG FLÉCHISSEUR DU POUCE Syn. : Longissimus pollieis (Co-wper) ; Grand fléchisseur du pouce (Bichat) ; Radio-phalan- gettien du pouce (Chaussier) ; Flexor pollieis longue a.); Long fléchisseur propre du pouce-, Chef radial du perforant des animaux. Le professeur Testut a publié sur le long fléchisseur du pouce une monographie où sont résumées les recherches dont ce muscle a été l’objet de sa part et de la part de ses devanciers (Testut, Bullet. de la Soc. Zoolog. de France, t. VIII, 1883). Absence. — L’absence totale de ce muscle a été observée, à droite, par Gegenbaur ‘ sur un suicidé dont le pouce atrophié rappelait celui du chimpanzé, et des deux côtés, par Chudzinski sur une microcé¬ phale L Gruber % Wagstaffe * et Fromont® ont disséqué chacun un sujet où le long fléchisseur du pouce était représenté seulement par un étroit cordon fibreux étendu des os sésamoïdes de l’articulation méta¬ carpo-phalangienne à la phalange onguéale. L’absence complète ou partielle du muscle en question constitue une anomalie excessivement rare. M. Testut l’a cherchée vainement, pendant trois ans, sur plus de 200 sujets et moi, pendant cinq ans, sur 327. Anatomie comparée. — Par suite de l’avortement du pouce il n’y a pas de fléchisseur propre du pouce dans le joorc, cheval, Ruminants , etc. Il fait même parfois défaut chez les Anthropoïdes. <^ Le long fléchis¬ seur du pouce n’existe pas chez le gorille, dit M. Hartmann®. Pour Duvernoy, il est remplacé par un tendon du long fléchisseur propre de l’index. Je n’ai trouvé aucune trace de ce tendon. Ce même muscle manque également au chimpanzé et à Yorang, mais forme un cordon charnu distinct chez Y Hy lobâtes albimanus. » Comme toujours cette assertion est trop formelle. Ce muscle est représenté chez le gorille par un tendon dont les insertions, comme celles du tendon de tout ‘ Gegenhaur. Virchow's Arch., vol. XXI, p. 376. ’ Chudzinski. Bullet de la Soc. d’anthrop. Paris, 1881, p. 279. “ Gruber. Arch., de Beichert et Bu Bois-Reymond, 1875, p. 211. * Wagstaffe. Journ. of an. andphys., t. VI, p. 212. “ Froment. Bullet. de la Soc. anat. Paris, 1893, p. 398. ® Hartmann. Loc. cil. suprà, p. 128. 104 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME muscle en voie de disparition, n’offre rien de fixe ; on peut s’en con¬ vaincre en jetant un coup d’œil sur le tableau suivant : Ce tendon se détachait : Observations de ; , . ^ { Duvernoy. 1“ Du tendon du fléchisseur de 1 index, dans. ... 2 cas | 2° Du fascia palmaire, du trapèze et du métacarpe. . 1 cas Huxley. / Macalister. 3“ De l’articulation du poignet . . . . . . 3 cas j Deniker. ( Hepburn. / Bisclioff. 4“ Il manquait complètement . 3 cas | Chapman. { Hartmann. Chez le chimpanzé la première disposition a été constatée 8 fois (par Champneys, Macalister, Humphry, Wilder, Wyman, Chapman, Traill et Hepburn) •; la 2® et la 3®, 2 fois (par Humphry, Gratiolet et Alix), et la 4®, deux fois (par Testut et Vrolik). Le tendon du long fléchisseur du pouce qui n’était pas présent chez les orangs de Wood, Testut et Hartmann, était bien développé et indé¬ pendant du tendon de l’index chez Vorang de Hepburn. Variations des insertions. — 11 peut naître des trois quarts supé¬ rieurs ou seulement du quart supérieur du radius. L’attache au liga¬ ment interosseux n’existe quelquefois pas. Dans un cas de duplicité bilfitérale du pouce, M. Gruber a vu ce muscle fournir un tendon à chacun des pouces. (Virchoio's Arch, vol. XXXII, p. 226). Connexions plus intimes avec les muscles voisins. A) . Avec le fléchisseur commun superficiel. — Avec Cruveilhier, et contrairement par conséquent au professeur Krause, je crois que le faisceau que le fléchisseur sublime envoie au fléchisseur propre du pouce n’est pas constant. Giacomini a vu deux fois des anastomoses entre le muscle en cause et le faisceau différencié du fléchisseur perforé de l’index*. B) . Avec le fléchisseur commun profond. — Des faisceaux d’union entre les deux fléchisseurs profonds ont été rencontrés par Wood, Loschge, Macalister, Turner, Testut, Chudzinski, Pye-Smith, HoAvse et Colley, Walsham, Cuyer, et moi. Au lieu d’être partielle, la fusion des deux fléchisseurs profonds peut être complète ; alors le muscle pro- * Giacomini. Arch. ital. de biolog., cit. t. VI. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 105 fond unique se termine par cinq tendons (^un pour chaque doigt) ou par quatre tendons (celui du pouce faisant défaut). C’est à cette der¬ nière variété d’anomalies musculaires que se rattachent les cas d’ahsence du fléchisseur propre du pouce de l’homme que j’ai indiqués plus haut. Suivant Gegenbaur, la fusion des deux fléchisseurs profonds est plus commune dans la race noire Sur des sujets disséqués par Capdeville, Mauny^, Chudzinski et moi, le fléchisseur propre du pouce était confondu avec le faisceau différencié du fléchisseur perforant de l’index. Le professeur Macalister a vu et j’ai vu également des deux côtés, chez un homme, le long fléchisseur du pouce envoyer un ten¬ don profond supplémentaire à l’index. C) . Avec les deux fléchisseurs communs. — Sur un idiot disséqué par Carver l’un et l’autre des deux fléchisseurs donnait naissance à un faisceau musculaire qui se terminait par un tendon bifide dont l’une des branches allait rejoindre le tendon du long fléchisseur propre du pouce et l’autre le tendon du fléchisseur profond de l’index’. D) . Avec le rond pronateur. — Moser^ a vu le long fléchisseur du pouce recevoir deux, et Sœmmerring®, trois faisceaux du rond pro¬ nateur. E) . Avec le brachial antérieur (un cas signalé par le professeur Macalister). F) . Avec le premier lombrical (voy. ce muscle). Anatomie comparée. — Dans les Singes inférieurs le long fléchisseur propre du pouce est remplacé par le fléchisseur profond qui fournit au pouce un tendon fort important. Dans les Anthropoïdes son mode de conformation est très variable. Ainsi la présence d’un long fléchis¬ seur du pouce plus ou moins indépendant semble être la règle chez le gibbon (Bischoff, Gratiolet et Alix, Testut, Langer, Hartmann, Deniker, Hepburn) comme son absence paraît être la règle chez \orang. Dans la plupart des gorilles et des chimpanzés il n’y a qu’un fléchis¬ seur profond divisé suivant l’axe vertical du membre en deux portions distinctes : une portion cubitale allant aux trois derniers doigts et une ’ Gegenbaur. Trait, d'anat., trad. franc., p. 456. * Capdeville, Mauny, in Testut, Trait, des an. musc., p. 484. ^ Carver. Journ. of an. and.phys., vol. III, p. 260. ^ Moser. Ârch. de Meckel, VII, p. 230. ^ Sœmmerring, p. 266. 106 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME portion radiale allant à l’index de laquelle se détache un tendon très grêle pour le pouce. Faisceaux surnuméraires. — 1. Musculus accessorius ad pollicem de Gantzer. — Le fléchisseur propre du pouce est quelquefois renforcé par un faisceau provenant de la face interne ou de la face externe de l’apophyse coronoïde du cubitus. C’est le 3/. accessorius ad 'pollicem de Gantzer. 11 a été signalé, avant Gantzer, par Albinus, Otto, Fleisch- mann, Sœmmerring, Meckel et, dans ces dernières années, par Sap- pey, Wood, Macalister, Chudzinski, etc. Généralement fusionné avec la tête coronoïdienne du rond pronateur il reçoit, aussi souvent, des fibres du faisceau surnuméraire épitrochléen dont la description suivra. Le professeur Macalister a disséqué : a) Un faisceau coronoïdien qui donnait naissance au chef coronoï- dien du rond pronateur et à un renflement charnu qui se fusionnait avec le long fléchisseur du pouce, après avoir échangé quelques fibres avec le fléchisseur sublime. P) Un faisceau coronoïdien dont l’extrémité inférieure était divisée en trois languettes dont l’une se portait sur le long fléchisseur propre du pouce, l’autre sur le fléchisseur profond, et la troisième sur le fléchisseur superficiel. y) Un faisceau coronoïdien dont l’extrémité inférieure était divisée en deux languettes dont l'une se portait sur le rond pronateur et l’autre sur le long fléchisseur du pouce, après avoir fourni quelques fibres au fléchisseur profond. J’ai trouvé ce faisceau sur le bras droit d’un aliéné. S) Un faisceau coronoïdien remplaçant le faisceau coronoïdien du rond pronateur et qui gagnait le long fléchisseur du pouce, en passant au-dessous de l’artère cubitale, après avoir reçu quelques fibres du fléchisseur sublime. 11 convient de remarquer que dans le chat, le chien, le hérisson, le cabiai, le lapin, etc., le faisceau coronoïdien constitue l’élément prin¬ cipal des fléchisseurs des doigts fusionnés. 11. Faisceau épitrochléen. — Ce faisceau surnuméraire a un volume très variable. Dans un cas observé par Kelly il se terminait à la fois sur le fléchisseur propre du pouce et le fléchisseur perforant de l’index. Wood dit qu’il a rencontré « le faisceau coronoïdien et le faisceau épitrochléen du fléchisseur propre du pouce chez 40 sujets sur 102 ou, MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 107 pour parler d’une façon plus précise, chez 22 hommes sur 68 et chez 18 femmes sur 34* ». J’ai trouvé pour ma part V accessorms ad polli- cem de Gantzer chez le tiers environ des sujets. Chez le gorille, Vorang et le chimpanzé et l’homme le segment épi¬ trochléen des longs fléchisseurs communs des doigts entièrement différencié est devenu le fléchisseur sublime. Chez le gibbon, une por¬ tion de ce segment est encore unie à la couche musculaire profonde. CARRÉ PRONATEÜR Syn. : Pronator quadratus (Riolan, N. a.); Petit proiiateiir (Bichat) ; Pronateiir iransverse (Winslow) ; Cubito-radial (Chaussier). 11 n’y a guère à ajouter à ce que M. Macalister a écrit sur les variations de ce muscle dans le Journal of anatomy and physiology en 1869-70'. Absence. — Elle coïncide presque toujours avec l’absence ou un vice de conformation du radius (cas de Silvester de Gruber de Macalister, de Testut). Otto et Meckel ont cependant constaté le défaut de.présence du rond pronateur chez des sujets dont les autres muscles et les deux os de l’avant-bras étaient normaux. Sur une femme bien conformée, disséquée par un de mes élèves, M. René Petit, le carré pronateur droit manquait seul. Gruber a noté chez un homme l’exis¬ tence d’un radius mal conformé et d’un court cubital antérieur (voy. ce muscle) et la suppression du carré pronateur. Anatomie comparée. — Le carré pronateur manque chez le Fourmi¬ lier didactyle (MeckeP, Cuvier), le Tatou à six bandes (Cuvier, Galton), Y ornithorynque , Véchidné (Alix®), le daman (Meckel), le murin (Cuvier, Maisonneuve), le phoque (Carus, Duvernoy, Haughton, Macalister ’), le lapin, \& porc, les Ruminants, \e,s, Solipèdes, etc. ‘ Wood. Proc, of theBoy, Soc., 1868. M870, p. 32, et 1869, p. 335. = Silvester. Med. Times and Gaz., 1837, p. 673. ' Gruber. Virchow’s Arch., vol. XI, p. 427, et vol XXXII, p. 218. “ Meckel. Deutscher Arch., Bd. ¥*“■, Halle und Berlin, 1819. “ Alix. Ballet, de la Soc. philomat. Paris, 1867, p. 192. ■ Macalister. Journ. of an. and phys„ 1869, p. 335. 108 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Variations de volume. — Il peut être très étroit ou remonter jusqu’à la partie moyenne de l’avant-bras et même au-dessus (Friedlowsky^). Il peut être très grêle ou très foi’t. M. Chudzinski a signalé son développement dans les races de couleur. 11 envoie quelquefois des prolongements sur le carpe, la synoviale de l’articulation radio-cubitale inférieure ou le métacarpe (voy. Muscle court radial antérieur). Anatomie comparée. — J’ai dit que le carré pronateur et le rond pronateur ne forment qu’un seul muscle dans une foule de Mammi¬ fères. Dans les Carnivores, le cari’é pronateur se prolonge dans toute la hauteur de l’espace interosseux et dans le scinque d’en deçà du carpe jusqu’au rond pronateur auquel il est uni^ Chez l’omn^ du docteur Hepburn, il avait à peine assez de fibres pour constituer une couche continue. Variations de forme. — Au lieu d’avoir la forme d’un quadrilatère, il peut avoir la forme d’un triangle dont la base répond au cubitus et le sommet au radius (cas de Blancard^, de Riverius'^, de Macalister, de Testut, 3 cas personnels). Anatomie comparée. — M. Hepburn déclare que dans les quatre Anthropoïdes qu’il a disséqués et surtout dans le gibbon et Vorang , « les fibres du carré pronateur étaient dirigées beaucoup plus oblique¬ ment de haut en bas et de dedans en dehors que chez l’homme ». Dans le foetus de gibbon de Deniker le carré pronateur était « de forme trapézoïde, son bord cubital étant deux fois plus haut que le bord radial ». Il était triangulaire chez le Macacus sinicus et un cer¬ copithèque examinés par M. Testut et dans le phoque du professeur Humphry. Segmentation du muscle. — « Le carré pronateur est quelquefois formé, ditSappey®, de deux portions triangulaires très distinctes : l’une * Friedlowsky. Sitzungsberichte der K. Akad. der Wissenschaften Math, naticrwiss. sch. Classe. Wien, 1869, p. 523. - Humphry. Observ. in Myol., p. 179. ^ Blancard. Anatomià Reformata. Lugd. Batav., 1695, p. 654. ^ Riverius. De dissectione partium corporis humani, Paris, 1545, p. 316. “ Sappey. Trait, d'anat. descrîpt., t. II. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 109 antérieure, plus large, qui naît du cubitus par une aponévrose et qui va s’attacher au radius, par des fibres charnues; l’autre postérieure et inférieure, plus petite, s’insérant au cubitus par des fibres charnues et au radius par une petite aponévrose nacrée et de couleur resplendis¬ sante. » Cette anomalie a été rencontrée par Barton S Macalister, Testut, et moi. J’ai vu également le carré pronateur constitué : I. Par deux faisceaux quadrilatères de hauteur et d’épaisseur égales ou inégales ; II. Par deux faisceaux : un inférieur quadrilatère, un supérieur triangulaire. La division du carré pronateur en trois ou quatre corps est plus rare. Après M. Macalister, il m’a été donné toutefois de noter : a) La division en trois ou quatre corps de hauteur et d’épaisseur inégales ; P) La division en trois corps dont deux superficiels triangulaires dirigés en sens inverse et un profond quadrilatère ; y) La division en trois corps triangulaires dont le supérieur et l’in¬ férieur avaient leur sommet dirigé en dedans ; o) La division en trois corps dont un supérieur quadrilatère, un moyen triangulaire dont le sommet s’insérait sur le radius et un infé¬ rieur triangulaire dont le sommet s’insérait sur le trapèze et le liga¬ ment annulaire du carpe {M. cubito-carpien). Mais je n’ai jamais trouvé les deux dispositions suivantes signalées par M. Testut ^ : La division en quatre corps dont les trois supérieurs étaient sensi¬ blement quadrilatères et l’inférieur triangulaire à sommet tendineux attaché à l’apophyse styloïde du radius ; La division en deux corps cubito-radiaux superficiels, un corps cubito-radial profond l’ecouvert par les précédents et enfin un corps cubito-carpien inséré en bas sur le trapèze. Anatomie comparée. — Chez le jeune gorille « le carré pronateur occupe la 7° partie du radius et semble être formé de plusieurs fais¬ ceaux; du moins il présente trois handes aponévrotiques vers son insertion cubitale » (Deniker). Dans le Troglodytes Aubnjl. « Les fibres supérieures du carré pronateur s’inséraient sur le cubitus par leurs corps charnus et sur le radius * Barton. In Homer's spec. anatom., vol. I, p. 420. - Testut. Trait, des anom. musc., p. 493. no VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME par une lame aponévrotique large d’un centimètre. Les fibres inférieures naissaient du cubitus par un fort tendon aponévrotique et rayonnaient de ce tendon sous forme d’un éventail qui glissait sous le plan des fibres supérieures et s’attachait au radius ainsi qu’au ligament anté¬ rieur radio-cubital. Ainsi ces deux parties étaient disposées à l’inverse l’une de l’autre. » RÉGION EXTERNE LONG SUPINATEUR Syn. : Brachio-radialis (Sœmmerring, N. a.) ; Huméro-sus-radial (Chaussier) ; Brachio-sus- radial; Supinator primtis ; M. satellite de V artère radiale; Huméro-styldidien . Absence. — Elle a été observée par Meckel', Silvester^ et Hum- phry^ sur des sujets qui n’avaient pas de radius. Anatomie comparée. — J’ai dit que le rond et le carré pronateurs et les muscles supinateurs se dégradaient au fur et à mesure que l’avant- bras perdait ses mouvements de pronation et de supination, par suite de la synostose plus ou moins complète du radius et du cubitus (voy. M. rond pronateiir). Le long supinateur manque chez le Tatou à six bandes (Galton), le grand fourmilier (Pouchet), le hérisson, le rat (Meckel, Humphry), le lièvre, le porc-épic, V agouti, le castor, Yhélamys (Meckel), la taupe (Humphry), V Hyène striée (Young et Rohinson), la girafe (Lavocat), les Chauves-souris des genres noctulina et pipistrelles. Il se retrouve dans le chien et le chat, mais si grêle que Cuvier a nié son existence dans le premier de ces animaux. Il existe aussi dans les Rongeurs qui se servent de leurs mains comme Y écureuil et la mar¬ motte, mais il fait défaut dans le lapin, le porc, les Ruminants et les Solipèdes domestiques, etc. Il n’est pas sans intérêt de dire que M. Lesbre l’a trouvé chez un tapir. ' Meckel. Arch., 1826, p. 86. * Silvester. hoc. cit. supra, p. 643. “ Humphry. Lectures, 1873. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS Duplicité du muscle. — On a noté le dédoublement du muscle dans toute son étendue. Gruber ‘ a donné le nom de M. brachio-radialis bre- vis seu minor et Lauth celui de siipinator longiis accessorius à un fais¬ ceau musculaire qui a les mêmes origines que le long supinateur, au- dessous duquel il passe, pour aller s’insérer sur le radius au voisinage de la tubérosité bicipitale ou sur le cubitus. M. Nicolas ^ a vu récem¬ ment ce faisceau musculaire naître du long supinateur lui-même. Un de mes élèves, M. Lehoux, a disséqué le 4 mai 1897 un long supinateur accessoire entièrement indépendant du long supinateur normal et qui était fixé, d’une part, au quart inférieur du bord et de la face externes de l’humérus et, d’autre part, à la partie moyenne de la face externe du radius. J’ai fait pi-endre le moulage de cette ano¬ malie après l’avoir montrée au professeur Hutinel, de passage à Tours. Dans deux cas observés par MM. Macalister et Testut le long supi- na,teur avait deux têtes humérales, l’une externe, l’autre inteime, qui se fusionnaient vers la partie moyenne de l’avant-bras. La segmentation peut porter seulement sur le tendon terminal dont les deux branches se fixent, ensemble ou l’une à côté de l’autre, sur l’apophyse styloïde du radius. Cette dernière malformation a été ren¬ contrée par : Wood . chez 3 sujets sur 36® Macalister . . — 1 — 16 L’auteur . — 4 — 70* Soit . 8 sujets sur 122 Ou ajOproximativement chez 1 sujet sur IS. La branche dorsale du nerf radial passe, en général, au-dessous des deux tendons, quelquefois entre eux et très exceptionnellement au- dessus. Wood a disséqué un homme dont le tendon terminal du muscle en question avait 'trois branches dont l’une avait les insertions du ten¬ don normal, l’autre était fixée au radius, au-dessus du cari'é pronateur, la troisième sur le milieu du bord externe du même os. Le nerf radial passait entre la branche moyenne et la branche supérieure. J’ai trouvé ce vice de conformation sur le bras droit d’une tuberculeuse. * Gruber. Mém. de VAead. lmp. de St-Pélersbourg, t. XII, 1868, col. 277, et Mél, biol., t. XII, p. 389. ' Nicolas in Preaant. hoc. cil., p. 10. * Wood. Proced. of the roy. Soc., p. 531, 1867. * Dont 37 homines et 33 femmes (2 fois chez l’homme, 1 fois des 2 côtés, 1 fois à droite ; 2 fois chez la femme et toujours des deux côtés). 112 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Anatomie comparée. — Le long supinateur est dédoublé en partie ou en totalité dans les Reptiles et en particulier dans les Crocodiles *, les Lézards, les Emydes, les Tortues, les Iguanes ; il l’est également dans Vaï, le fourmilier, le phoque, Vimaii, etc. Variations des insertions. — Il peut naître plus près du deltoïde et même immédiatement au-dessous de lui et s’arrêter au-dessus ou au- dessous de l’apophyse styloïde. Chudzinskianoté l’extension en hauteur des insertions humérales dans les l’aces noires et chez un Caraïbe. Sa terminaison sur le radius, au niveau du bord supérieur du carré pro- nateur, a été signalée par Wood, Testut, Gegenbaur®, sur la base du 3® métacarpien par Dursy^ sur le scaphoïde et le trapèze par le profes¬ seur Macalister. J’ai trouvé l’attache anormale à la base du 3® métacar¬ pien. Anatomie comparée. — « A l’avant-bras du gibbon, dit le professeur Hartmann *, le long supinateur s’étend, comme Bischoff le dit bien, seulement jusqu’au milieu du l’adius, sans atteindre l’apophyse de cet os, comme chez les autres Anthropoïdes et chez l’homme. » Il n’y a absolument d’indiscutable dans cette proposition que ce qui concerne le gibbon. Dans trois des Anthropoïdes du docteur Hepburn, le long supinateur se terminait : à un demi-pouce au-dessus de l’apophyse sty¬ loïde chez le chimpanzé, à un pouce au-dessus chez Xorang et à deux pouces et demi au-dessus chez le gibbon. Dans le fœtus de gibbon de M. Deniker le muscle s’arrêtait à 28 mm. au-dessus de l’apophyse styloïde contractant des adhérences avec l’aponévrose antibrachiale. Chez le fœtus de gorille de Deniker, le gorille adulte de Duvernoy, les chimpanzés de Hepburn, d’Alix et de Gratiolet, le long supinateur remontait jusqu’à l’empreinte deltoïdienne. L’extension en hauteur du long supinateur est constante dans le phaloscome (Alix), V Oryctérope du Cap, V hipmpotame (Humphry), Vaï, la /ozi/re (Meckel) le cAaï (Strauss-Durckheim). Le long supinateur des Ruminants, des Pachydermes, de Véchidné, de Vours (Testut), du murin, etc., n’atteint pas, à l’état normal, l’apophyse styloïde du radius. * Alix. Bullet. de la soc. philomat., 1874, p. I. * Gegenbaur. Virehow's Arch., t. XXI, p. 376. ^ Dursy. Henle u. Pfeufer’s Zeitschrift, 3te Reihe, XXXIII, p. 45. •“ Hartmann. Loc cit. supra, p. 127. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 113 Connexions plus intimes avec les muscles voisins. A) . Avec l’aponévrose antibrachiale. La couche superficielle du bord interne du long supinateur se prolonge parfois dans le fascia antibra¬ chial (Gegenbaur, Calori‘, Embleton^). B) . Avec le deltoïde (voy. ce muscle). C) . Avec le brachial antérieur (voy. ce muscle). D) . Avec le long abducteur du pouce (voy. ce muscle). E) . Avec le l''^radial externe (voy. M. radiaux). COURT SUPINATEUR Syn. : Épicondylo -radial (Chaussier); Supinator (N. a.). Variations de structure. — J’ai vu quelquefois, ainsi que le profes¬ seur Macalister, le court supinateur réduit à l’état d’une lame aponé- vrotique striée çà et là de fibres musculaires très pâles. Je ne sacke pas qu’on l’ait jamais vu faire complètement défaut. Anatomie comparée. — En anatomie comparée le court supinateur résiste beaucoup mieux à l’atrophie et à la disparition que le long supi¬ nateur. Il est encore très apparent chez les Carnivores et la plupart des Rongeurs ; mais il n’existe pas chez le lapin ainsi que chez les Solipèdes, les Ruminants, le porc. M. Lesbre l’a cependant rencontré une fois chez ce dernier animal. Duplicité du muscle. — Les deux couches qui le composent et entre lesquelles passe la branche postérieure du nerf radial sont parfois assez développées pour le faire paraître réellement double. Os sésamoide dans le tendon d’origine. — A Dublin, en 1867, et à Cambridge, en 1873, M. Macalister a trouvé un os sésamoïde avec une bourse séreuse dans le tendon d’origine du court supinateur. Cette ano¬ malie a été rencontrée depuis, par M. A. Bovero et par moi, des deux côtés sur un matelot. Elle est très rare. M. Bovero l’a cherchée en vain sur 250 articulations du coude et moi sur 320. (Alfonso Bovero, Gior- nale délia Reale Accademia di Medicina di Torino, février 1896-) ' Calori. Mera. delV Instit. Accadem. di Bologna, série II, t. VU, p. 50 et t. VIII, p. 46. - Embleton. Journ. of anat. and. phys., t. VI, p. 217. 114 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Anatomie comparée. — Un os sésamoïde est inclus dans le tendon d’origine du court supinateur du mank^ (Humphry), du pangolin (Owen^ et Humphry), de la roussette d’Edwards (Alix)^ du murin (Maisonneuve). Variations des insertions. — J’ai vu chez l’homme, et au laboratoire d’anthropologie de l’École des Hautes-Etudes, chez un chimpanzé , le court supinateur occuper le tiers supérieur de la hauteur du radius. Faisceaux surnuméraires et connexions plus intimes avec les muscles voisins. I. Faisceau épicondylien. — Bonn, Sandifort^ et Halbertsma* ont fait successivement mention d’un faisceau de renforcement du court supinateur venant de l’épicondyle. H. Tenseur antérieur du ligament annulaire de V articidaiion radio- cubitale supérieure. — « J’ai vu, dit Cruveilbier ®, une petite languette charnue, appendice du court supinateur, recouvrir la moitié antérieure du ligament annulaire, dont elle pouvait être considérée comme le muscle tenseur. » Cette languette musculaire découverte par Cruveil- hier a été très bien étudiée par’SV. Gruber. C’est le M. tensor ligamenti annidaris vel orhicularis anterior des anatomistes étrangers. Le regretté professeur d’anatomie de l’Université de Saint-Pétersbourg l’a rencon¬ trée 13 fois sur 100 sujets : 9 fois des deux côtés, 4 fois du côté droit, 2 fois du côté gauche. [Gruber, Reichert u. Du Bois-Reymond’ s Archiv., 1865, p. 381). W. Gruber a été très favorisé. M. Macalister n’a trouvé, en effet, ce faisceau que chez 3 sujets sur 100'^ et moi que chez 5 sujets sur 112 (3 fois des deux côtés, 2 fois chez l’homme, 1 fois chez la femme, et 1 fois du côté droit chez une femme). m. Tenseur postérieur du ligament annidaire de l'articulation radio - cubitale supérieure. — Ce petit faisceau se fixe, d’une part, à la face interne de l’extrémité supérieure du cubitus, en arrière de la petite cavité sigmoïde et d’autre part à la partie postérieure de la face externe du ligament annulaire de l’articulation radio-cubitale supérieure. Il ‘ Humphry. Observ. in Myol., p. 183. * Owen. Anat. of Vertébrales, II, p. 409. Alix. Appar. locom. de la roussette d’Edwards, Soc. philom. 1867, p. 19. * Sandifort, et Bonn. Exercit. Acad. Luyd. Batav. 1783, p. 9i. Halbertsma. Nederlansek Tisdschrift, vol. VI, p. 609. “ Cruveilbier. Anal, deseript., 2* édit., t. II, p. 282. ’ Communication écrite. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS est presque toujours bilatéral et plus souvent présent qu’absent. Le professeur Gruber, qui l’a décrit le premier dans le mémoire cité plus haut, l’a rencontré 162 fois sur 220 avant-bras. Le professeur Macalister l’a trouvé indépendant du court supinateur chez 1 sujet sur 4 et moi chez 1 sujet sur 7. C’est le M. tensor ligamenti annularis vel orbicularis posterior des anatomistes étrangers. Halbertsma a appelé supinator brevis accessorius un faisceau anor¬ mal du brachial antérieur qui s’attache à la tubérosité bicipitale du radius, (Halbertsma, Verslagen en M ededeelingen der Koninkl Akademie van Wetenschappen, Xlll, Deel). Ce n’est là qu’une malformation du brachial antérieur (voy. ce muscle). Fleischmann a vu quelques fibres du court supinateur se porter sur la tubérosité bicipitale * ; Dursy ^ sur la tubérosité bicipitale et la bourse qui la recouvre ; Clason ® sur le rond pronateur. Anatomie comparée. — Chez les Sauriens, les Chéloniens et le koala le court supinateur naît de l’épicondyle. Un faisceau musculeux des¬ cendant de l’épicondyle sur le radius a été disséqué par M. Testut dans le Troglodytes niger et par Alix et Gratiolet dans le Troglodytes Auhryï où le court supinateur fournit quelques fibres à la tubérosité bicipi¬ tale et, au-dessus d’elle, au col du radius. RADIAUX EXTERNES Premier radial externe. Syn. : Hmnéro-sus-métacarpien ;Externus radialis (Chaussier) ; Extensor carpiradialis long ns (N. a.), Longior (Albinus). Second radial externe. Syn. : Èpicondylo-sus-métacarpien (Chaussier) ; Extensor carpi radialis brevis (N. a.) ; Exter- nus radialis brevior (Albinus). Le premier et le second radial externes, plus ou moins confondus, constituent YExtenseur antériexcr du métacarpe des vétérinaires. Dans son article Radiaux externes du Dictionnaire de Dechambre mon ancien collègue d’internat et ami M. Pozzi n’a pas séparé avec ‘ Fleischmann. Loc. cil. suprà. = Dursy. Henle u. Pfeufer's Zeitschrift, Reihe III, vol. XXXIII, p. 45. “ Clason. Upsala Liikareforenings Forhandlingar, Bd. III, p. 12. dl6 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME raison l’étude du premier radial externe de celle du second. Sept ans plus tard M. Testut a suivi cet exemple. Il esta remarquer que l’ar¬ ticle Radiaux externes de Pozzi, admirablement fait en ce qui touche la bibliographie et l’anthropologie zoologique, a passé aussi inaperçu en France que mes articles Sur-costal antérieur. Sternal, etc. Je viens d’écrire qu’en ne séparant pas l’étude du premier radial externe de celle du second M. Pozzi avait bien fait. Je le prouve : I. Au point de vue embryogénique il est acquis que les deux radiaux externes forment primitivement dans l’espèce humaine et dans la série animale un seul et même muscle animé par deux nerfs distincts ‘ . II. Au point de vue de l’anatomie comparée il est hors de doute que si la description des muscles en question que fournissent les livres d’anatomie humaine convient, — je me sers des expressions de Cuvier, — « à la plupart des Animaux digités y compris Y éléphant », — elle est inapplicable à tous les autres. Dans nos Mammifères domestiques, les deux radiaux externes, plus ou moins confondus, constituent l’organe que les anatomistes vétérinaires appellent Extenseur antérieur du métacarpe. Il n’y a guère que le chat chez lequel ils soient souvent complètement distincts. Ils forment un seul muscle indivis dans les Solipèdes, les Ruminants, \e. porc, etc., etc. III. Au point de vue physiologique il est démontré que le second radial externe a une action analogue à celle du premier. IV. Au point de vue de l’anthi’opologie zoologique il est certain — les pages qui suivent sont destinées à en faire foi — que des con¬ nexions nombreuses et intimes existent souvent chez l’homme adulte, de môme que dans les espèces animales, entre le premier radial externe et le second l’adial externe. Absence. — J’ai fait mouler l’avant-bras droit d’une femme chez laquelle le second radial, beaucoup plus volumineux que d’habitude et pourvu d’un tendon unique, existait seul. On a noté la disparition du second radial coïncidant avec la présence d’un premier radial ter¬ miné par deux tendons (cas d’Albinus % de Salzmann de Meckel *, de Theile, de Mac Whinnie, de Henle, de Wood, de Macalister, de ' Humphry, Macalister. Recherches personnelles. = Albinus. Rut. musc., p. 446. ’ Salzmann. Dissertât, de sût. plurium pedû imiscul. defecta, Strasbourg. 1734, p. II. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 117 Testut — un cas personnel) ou par trois tendons. Quand le 1® radial unique a deux tendons, l’un se fixe au 2® et l’autre au 3® métacarpien; quand il en a trois, un se fixe au 2® métacarpien, et deux au 3°. Anatomie cojiparée. — Dans les grands Quadrupèdes domestiques les deux radiaux ne forment, je le répète, qu’un seul muscle qui se ter¬ mine toujours sur l’extrémité proximale du métacarpien du médius, métacarpien formant à lui seul l’os canon des Solipèdes^ se soudant avec celui de l’annulaire chez la plupart des Ruminants, supportant le grand droit interne du po7'c. Fusion incomplète des deux muscles. — Dans les anomalies humaines précitées l’augmentation de volume ou la division du tendon terminal du muscle radial unique indique qu’il s’agit là plutôt d’une fusion totale ou partielle des deux radiaux que d’une absence d’un des deux radiaux. Au lieu d’être confondus en partie ou en totalité les radiaux peuvent être seulement reliés par des faisceaux anastomotiques. Wood a donné le nom collectif de M. extensor carpÀ radialis intet'- medius à ces faisceaux anastomotiques. Le radial intermédiaire peut même constituer un muscle autonome, naître isolément de l’épicon¬ dyle, entre les deux radiaux, et se terminer par un tendon distinct sur le 2® ou le 3® métacarpien ou par deux tendons distincts sur le 2® et le 3®. M. Prenant a vu un radial intermédiaire qui s’attachait, au même niveau que ses congénères, entre le 2® et le 3® métacarpien. Quelque¬ fois le radial intermédiaire a deux têtes d’origine l’une, la plus forte, venant du second radial, l’autre du premier, auxquelles fait suite un tendon unique qui va s’insérer au côté interne du 2® métacarpien. C’est le radial intermédiah'e bicipital de Perrin* et de Curnow^. 11 n’est pas très rare de voir, dans ce genre de malformation, le 1®“' radial envoyer un tendon surnuméraire au 3® métacarpien. Fleischmann a appelé Rer zweichbaitchiger abzieher des daumens % Meckel, abductor pollicis biceps \ Cruveilhier, faisceau t'adial du court abducteur du pouce, Wood, M. extensor caipi radialis accessorius, Testut, M. abducteur huméral du pouce % un faisceau musculaire dont ’ Perrin. Medte. Times atid gaz., vol. II. * Curnow. Journ. of anat. and phys., 1873, n» XII. * Fleischmann. Abhandl der Phys. med. soc. in Erlangen 1810, Bd. 1, S. 38. * Meckel. Anal, descript., t. H, p. 169. “ Cruveilhier. Wood, Testut. toc. eit. supra. H8 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME les insertions supérieures sont aussi variables que celles du radial intermédiaire autonome mais qui se termine sur les os du pouce ou les muscles qui le meuvent. C’est ainsi qu’il peut naître du condyle externe (Testut), dn l" radial (Macalister), du 2® radial (Wood), des deux radiaux (l’auteur), du fascia antibrachial (Fleischmann, Cruveil- hier, Wood) et se porter : a) Sur la base du 1 métacai’pien (c’est la disposition la plus habi¬ tuelle) ; ^) Sur la première phalange du pouce (Meckel, Wood, Gruber ‘) ; y) Sur le court abducteur du pouce (Gruveilhier, deux cas personnels) ; 8) Sur le court fléchisseur du pouce (Richardson) ; e) Sur V interosseus primiis volaris àe. Henle (voy. ce muscle). On a noté encore l’insertion de ce faisceau sur l’abducteur du pouce et le métacarpien ou sur le court fléchisseur du pouce et le méta¬ carpien, \ interosseus primus volaî'is de Henle et V interosseus prior indicis d’Alhinus. Wood a trouvé le radial accessoire 6 fois sur 175 sujets, 5 fois chez l’homme (3 fois des 2 côtés, 2 fois à droite) et 1 fois à gauche chez une femme. Chez un homme il coexistait avec un radial intermédiaire. Anatomie comparée. — 11 m’a été donné, ainsi qu’à M. Macalister^, de m’assurer, sur de très jeunes embryons humains ; I. Que les radiaux se différencient plus vite du groupe commun des extenseurs de la main que les autres muscles du même oi'dre. II. Que les deux nerfs qui se rendent l’un, au premier radial externe et l’autre, au second radial externe, sont présents avant que les deux radiaux soient séparés l’un de l’autre. III. Que ce n’est qu’insensiblement que les deux radiaux deviennent deux muscles distincts®. Le radial intermédiaire n’est donc pas un muscle autonome. Dans la série animale, les tendons des radiaux sont reliés par un fort tendon intermédiaire dans \ hyène, l'ours brun, etc. (Young, Robinson, Meckel). Chez les Ruminants l’extenseur radial unique se divise inférieurement en trois corps, et chez le coati, le blaireau, le raton, V ichneumon en deux corps (Meckel). Dans le chien, le lapin, l’extenseur antérieur du * Gruber. Arch. f. anal. u. pliys., 1877, p. 388. * Communication écrite. ^ C’est ce qu’a également avancé M. Humphry en se basant sur ses recherches sur les Sauriens, les Batraciens et les Oiseaux (voy. Humphry, Observ. in Myol., cit. p. 40 et 181). MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 119 métacarpe est encore bifide inférieurement et donne deux tendons aux métacarpiens de l’index et du médius. M. Lesbre a même rencontré « chez un chien une troisième branche émanant du tendon, du médius, et gagnant le métacarpien de l’annulaire ^ ». Dans le fœtus de gibbon de M. Deniker, les deux l’adiaux étaient réunis en un ventre charnu dont le tendon ne se subdivisait qu’au-dessus du carpe. Quant au radial accessoire, Wood en a précisé en ces termes la signification : « Sur la planché de Y Allas d’ anatomie comparée lie, Cuvier et Laurillard, représentant la myologie du Phoca vilidina, on peut voir que l’extenseur radial unique envoie au premier métacarpien un ten¬ don duquel se détache un faisceau pour l’extenseur du pouce. Hum- phry décrit aussi, dans cet animal, un tendon qui se porte de l’exten¬ seur radial au premier métacarpien. Dans le grand fourmilier et le tamandua l’auteur a ti’ouvé un double ou second long supinateur dont le tendon va se fixer à l’os ensiforme et au fascia de la paume de la main. Ce muscle semble être l’homologue de l’accessorius. L’au¬ teur a rencontré aussi l’homologue de l’accessorius dans V ornithoryngue et Véchidné » Cet homologue a été rencontré encore par M. Gai ton dans le Tatou à six bandes; par M. Maisonneuve dans le murin; par M. Hepburn dans le gibbon. Dédoublement de l’un ou l’autre des deux muscles. — Sur un sujet disséqué par M. Macalister il y avait de chaque côté deux seconds radiaux. Le professeur Debierre a fait mention d’une anomalie des radiaux consistant en un dédoublement de chacun d’eux, compliqué du croisement en X des 4 muscles ainsi constitués Multiplication du nombre des tendons. — Bergmann a trouvé un premier radial pourvu de deux tendons, dont l’un se fixait sur le 2® métacarpien et l’autre sur le premier. Heister a décrit sous le nom de M. radiœus externus Iricornis un premier radial dont le tendon était terminé par trois branches dont deux se rendaient au premier métacarpien et une au M. Macalister a fait mention d’un premier radial qui avait quatre tendons dont deux se portaient sur le 2° méta¬ carpien et 2 sur le 3®. ' Lesbre, toc. eit., p. 116. - Wood. Proceed. oftheRoy. soc., juin 1868, p. 507. “ Debierre. Bullet. de la Soc. de Biologie, n” 23. 1888. * Heister, in Haller's Disput. anat. select., t. VI, p. 739. 120 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Selon Wood, l’inseSion du second radial au 2” et au 3® métacarpien- se rencontrerait chez 4 sujets sur 36. Je ne l’ai observé que chez 5 sujets sur 102 dont 60 hommes (3 fois chez l’homme, 2 fois des 2 côtés, 1 fois à droite, 2 fois des 2 côtés chez la femme). Le professeur Macalister a disséqué un premier radial dont le tendon était formé par deux branches dont l’une se jttait sur le 2® métacarpien et dont l’autre, après avoir reçu un tendon de renforcement du second radial, se subdivisait à son tour pour se perdre sur le 2® et le 3® métacarpien. ÂNiTOMiE COMPARÉE.; — L’extenseur radial du carpe se termine aux 4® et S® métacarpiens dans les Sauriens, le pteropits (Humphry) et aux 2®, 3® et 4® métacarpiens dans Vlguana tuherculata (Mivart) ‘ . L’insertion au 4® métacarpien' a été notée chez un chimpanzé par le professeur Humphry®. Variations des insertions. — L’origine humérale du premier radial est plus étendue dans la race noire que dans la race blanche (Chud- zinskî). Mac Whinnie a vu le premier radial se fixer sur la face dor¬ sale de la main, entre le 1®‘‘ et le 2® métacarpien. Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Le long supi¬ nateur et les radiaux qui dérivent du même segment radial de la couche profonde de la masse extenso-supinatrice ‘ échangent souvent de nombreuses fibres. Dans Vlguana tuherculata les faisceaux d’union entre l’extenseur radial du carpe et le long supinateur paraissent cons¬ tants. ' Mi-fart. Vroeeed. zool. Soc., 1867, p. 783. ® Humphry. Journ. of anat. andphys., vol. III, p. 308. ^ Mac Whinnie. Loc. cit.,p. 191. * Cette masse descend au-dessous du carpe dans les Oiseaux. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS RÉGION POSTÉRIEURE ANCONE Syn. ; Ânconœus brevis ; Anconœus panus (Eustachi, Winslow) ; Épieondylo-cubital (Chaus- sier); Anconœus (N. a.), Anconœus quartus ; Petit Extenseur de l’avant-bras ; Anconé externe. C’est avec le sus-épineux, et le cubital antérieur un des muscles les plus fixes de l’économie. Variations de structure. — Chudzinski rapporte une observation où l’anconé était remplacé par du tissu fibreux. Segmentation du muscle. — Elle n’est que l’exagération d’un ou de deux interstices cellulo-fibreux dans un corps musculaire composé de faisceaux parallèles. Connexions plus intimes avec les muscles voisins. A) . Avec le vaste externe du triceps. Cette disposition est considérée comme <( ordinaire » par Meckel et comme « constante » par Krause. Je l’ai rencontrée maintes et maintes fois. Le mode d’innervation de l’anconé et du triceps tendrait d’ailleurs à démontrer que l’anconé n’est qu’une partie du vaste externe étendue jusqu’au cubitus. Le rameau du nerf radial qui énerve l’anconé est un prolongement du nerf qui pénètre dans le vaste externe, B) . Avec le cubital postérieur. A l’état anormal la cloison fibreuse qui sépare l’anconé du cubital postérieur peut être rudimentaire, dis¬ paraître même et les fibres des deux muscles se confondre. Anatomie comparée. — La partie antibrachiale du vaste externe du Troglodytes Aubryï est appelée anconé par Alix et Gratiolet. L’anconé se continuait avec le triceps dans l'orang du docteur Hepburn et avec le triceps et le cubital postérieur dans le gibbon du même anatomiste. Il est inséparable du triceps dans quelques Cercopithèques (Testut), \ Hyène tachetée et V Hyène striée (Young et Robinson), V Oryctérope du 122 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Cap (Humphry, Galton), le phoque commun (Galion), etc. « L’anconé est un auxiliaire du triceps brachial, dit M. Lesbre, il y a donc lieu de le décrire dans la môme région que lui ; et cependant les anthro- potomistes, cédant à des raisons topogi’aphiques, ainsi que pour le coraco-brachial, le décrivent dans la région antibrachiale postérieure. Cette manière de voir n’est pas soutenable en anatomie comparée, car ledit muscle s’étend souvent sous le vaste externe du triceps avec lequel il tend à se confondre et s’élève à une certaine hauteur sur l’humérus, sans descendre notablement au-dessous de l’olécrâne. Il n’y a guère que le lapin parmi les Animaux domestiques chez lequel l’anconé soit complètement à découvert sur le côté postéro-externe du coude ; dans tous les autres il s’étend sous le vaste externe, du hord antérieur et de la face externe de l’olécrâne à la face postérieure de l’humérus en couvrant la fosse olécranienne ; il est même assez épais et con¬ tribue pour sa part à donner à ces animaux la grande puissance d’extension de l’avant-bras qui leur est propre*. » CÜBITAL POSTÉRIEUR Syn. : Vlnaris extemus ; Cubital e^ierne (Riolan, AlMnus, Winslow, Sœmmerriiig); fetoi- sor cai'pi ulnaris (N. a.) ; Cubito-sus-métacarpien (Chaussier) ; Épicondylo-eubito-sus- métacarpien (Dumas) ; Cubital épicondylien ; Fléchisseur externe du métacarpe des vété- Variations des insertions. — Avec Henle, Theile, Gegenbaur, Morel, M. Duval et Poirier, je crois que le cubital postérieur prend extrême¬ ment rarement des insertions sur la face postérieure du cubitus. Ces insertions font également défant dans le phoque (Meckel), le Cynocé¬ phale Anubis (Champneys), Vôurs brun Amérique (Testut) etc. Segmentation du muscle. — Curnow a trouvé deux muscles ayant les mêmes insertions que le cubital postéiâeur normal. Le professeur W. Gruber a donné le nom de M. ulnaris exlernus brevis à un faisceau musculaire penniforme provenant de l’extrémité inférieure du cubitus, et de la cloison conjonctive séparant le cubital postérieur de l’exten¬ seur propre de l’index et qui se termine par un tendon étalé en éven¬ tail sur le 4'* et le S® métacarpien. * Leshre. hoc. cit , p. 111. - Sur le sujet de Shepherd cette attache cubitale e.xistait. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS Anatomie comparée. — J’ai dit (voy. M. petit palmaire) que les muscles fléchisseurs et pronateurs de l’avant-bras et de la main déri¬ vent d’une masse musculaire commune appelée Pronato-flexor mass par le professeur Humphry. Les muscles supinateurs et extenseurs de l’avant-bras et de la main ont, de même, pourorigine une lame contractile commune queM. Hum¬ phry a nommé Siipinato-extensor mass. Ainsi que la masse flexo- pronatrice, la masse extenso-supinatrice, indivise dans quelques Batraciens et plusieurs Reptiles., se divise en deux couches dans les espèces supérieures : une couche superficiel et une couche profonde subdi¬ visée elle-même en trois segments : un segment cubital ou péronier, un segment intermédiaire ou médian et un segment radial ou tibial. Je dis un segment cubital ou péronier et un segment radial ou tibial parce que ce n’est qu’insensiblement que les membres thoraciques et pelviens s’individualisent, prennent des caractères différents. Or, tandis que les extenseurs des doigts et les muscles qui seront chez l’homme le court supinateur et l’abducteur du pouce dérivent de la couche superficielle et du segment médian ou intermédiaire de la couche profonde de la masse extenso-pronatrice, les radiaux et le long supinateur dérivent du segment radial ou tibial, et le cubital posté¬ rieur et le groupe des péroniers du segment cubital ou péronier de la couche profonde de cette même masse. Au point de vue embryogé- nique le cubital postérieur est donc, à l’avant-bras, l’homologue du groupe des péroniers de la jambe. Cette proposition défendue par Meckel, Henle, Wood, Macalister, Humphry, etc., est confirmée jus¬ qu’à un certain point par l’étude des variations du muscle en cause. La segmentation du cubital postérieur peut être comparée à celle si fréquente du groupe péronier. L’une et l’autre se ressemblent et sont normales dans divers Mammifères. Dans le tatou, Y ours' flanc, Vaï, il y a, de chaque côté, deux cubitaux postérieui’s dont l’un se termine sur le 5° et l’autre sur le M métacar¬ pien. Chez le fourmilier il y a également, à droite et à gauche, deux cubitaux postérieurs dont l’un se perd sur le M et le 5° métacarpien et l’autre sur le 3°. Dans le pangolin l’extenseur cubital du carpe est encore composé de deux faisceaux ; un externe qui naît de l’épicondyle, de l’olécrâne et du cubitus et se porte sur le 5^ métacarpien, un interne qui provient ' Humphry. Observât, in Myology, p. 180 et suiv. 124 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME de l’épicondyle, entre le précédent et l’extenseur commun, et se par¬ tage, au-dessus du poignet, en deux tendons, dont l’un s’arrête sur le S® métacarpien et l’autre se prolonge jusqu’à la dernière phalange du 4® doigt. Selon la remarque du professeur Humphry, « Vextensor carpi ulnaris du pangolin se rapproche donc absolument du groupe des péroniers » Faisceaux surnuméraires. — Le tendon décrit par Sappey^ que le cubital postérieur envoie à la partie supérieure et interne de la 1“ pha¬ lange de l’auriculaire n’est pas constante. Une bandelette fibreuse faisant corps avec le tendon normal se détache souvent de la partie inférieure de ce tendon pour aller s’insérer, dans un point compris, entre la base et le sommet du 5® métacarpien, sur l’aponévrose d’en¬ veloppe du tendon de l’extenseur du petit doigt (Meckel , Blandin , ’Wood, Henle, Theile, Macalister, Testut, etc.). Dans un cas observé par M. Chudzinski, cette bandelette se prolongeait jusqu’à l’extrémité pos¬ térieure de la 1'® phalange du petit doigt. Sur un homme et sur une femme que j’ai disséqués j’ai vu cette bandelette remplacer, de chaque côté, le tendon de l’extenseur du petit doigt. M. Macalister a donné au cubital postérieur qui envoie une expan¬ sion aponévrotique vers le métacarpien le nom de M. ulnaris quinti digili. Ce nom doit être conservé : il indique l’analogie incontestable qu’il y a entre le cubital postérieur ainsi constituée et le M. peroneus quinti digiti. (Voy. M. péroniers.) \d ulnaris quinti digiti a été trouvé par Wood % chez 12 sujets sur 102, à savoir : chez 10 hommes sur 68 (7 fois des 2 côtés et 3 fois du côté droit) et chez 2 femmes sur 34 (1 fois des deux côtés et 1 fois du côté gauche). J’ai noté en 1895 sa présence chez 11 sujets sur 93 à savoir chez 8 hommes sur 60 (6 fois des 2 côtés, 1 fois à droite et 1 fois à gauche et chez 3 femmes sur 33 (2 fois des deux côtés, 1 fois à gauche). De cette statistique et de celle de Wood il appert que Vidnaris quinti digiti se rencontre environ chez 1 sujet sur 8, deux fois plus commu¬ nément dans le sexe masculin que dans le sexe féminin, et plus sou¬ vent des deux côtés que d’un seul. > Humphry. Journ. ofanat. and phys., 1869, p. 45. - Sappey. Trait, d'anat. descript., 2' édit., t. II, p. 352. ^ Wood. Proceed of the Roy. Soc., 1868, p. 510. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 125 Anatomie comparée. — Chez les Oiseaux la portion cubitale du cubital postérieur, innervé par le l’adial, provient de la partie postérieure du cubitus et se termine sur le 4'^ métacarpien, de telle sorte que ce muscle ressemble au court péronier latéral et est, comme lui, fléchis¬ seur. Cela est surtout évident chez le cygne et le milan. Dans Xhippo- potarne, le cubital postérieur, inséré avec le cubital antérieur sur le pisiforme, est aussi un muscle fléchisseur. Il devient extenseur dans Voryclérope du Cap où il se fixe par deux branches sur le 4® et le 5^ métacarpien (Galton, Cuvier et Laurillard) C « Ce muscle, dit M. Lesbre ^ s’étend en principe de l'épicondyle à la base du métacai’pe du côté ulnaire, en longeant l’extenseur du petit doigt ou extenseur latéral des phalanges des vétérinaires ; il est à son maximum de développe¬ ment dans les Solipèdes et les Ruminants où il prend une forte attache sur l’os sus-carpien (pisiforme) en commun avec le cubital interne *, ce qui ne l’empêche pas de se prolonger, par une branche spéciale, jusqu’au métacarpien le plus externe, c’est-à-dire jusqu’au métacar¬ pien rudimentaire externe (IV°), chez les Solipèdes, jusqu’au côté externe de l’os canon (IV®) chez les Ruminants domestiques. « Dans le porc ce muscle est réduit à l’état d’une épaisse lanière fibreuse, charnue seulement vers le tiers supérieur ; il se termine sur le métacarpien externe (V®), ainsi que sur l’os pisiforme par une extension de son tendon. « Dans le chien et le chat il semble reporté en avant ; il se termine comme dans le porc avec cette différence que la bride reçue par le pisiforme est moins développée. Il en est de même chez le lapin où il est de plus d’une extrême gracilité. « Dans l’homme, le cubital épico'ndylien est extenseur de la main ; il est au contraire fléchisseur chez les Animaux domestiques, grâce sur¬ tout à son attache au pisiforme — et je ne pense pas qu’il faille faire exception pour les petits animaux, malgré le peu d’importance de cette dernière attache, car étant donné son exacte superposition aux cotés externes de l’avant-bras et du carpe, il ne pourrait devenir extenseur qu’autant que le métacarpe serait susceptible de former un angle antérieur avec l’avant-bras, ce qui n’est pas chez ces animaux ; de même il ne concourt à la flexion qu’autant qu’elle est commencée. ’ Cuvier et Laurillard. Allas d’anal, coinp., pl. CCLIV, flg. 2. - Lesbre. Loc. cil., p. 117. ^ Le cubital antérieur de Thonime. 126 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Quoi qu’il en soit, cet organe nous donne la preuve que les usages d’un muscle sont vai’iables suivant les espèces et, partant, que c’est une mauvaise base de nomenclature. « Les Nomma anatomica sont donc ici encore pris en défaut. » Pour ces transformations successives du cubital postérieur qui ten¬ dent à établir sans réplique l’homologie de ce muscle et des péroniers, je renvoie pour de plus longs détails au mémoire que le professeur Humpbry a publié dans le Journal of anatomy and physiology (t. IV, p. 45). h'idnaris quinti digiti a été retrouvé chez un chimpanzé par M. Macalister. Connexions plus intimes avec les muscles voisins. A) . Avec l’anconé (voy. ce muscle) ; B) . Avec le triceps. — Un faisceau d'union entre le triceps et le cubital postérieur a été observé par M. Macalister ; C) . Avec l’extenseur du petit doigt (voy. ce muscle) ; D) . Avec l’abducteur du petit doigt. — Une partie des fibres mus¬ culaires de l’abducteur du petit doigt naissent souvent du tendon du cubital postérieur. On ne saurait en être surpris. L’abducteur du petit doigt n’est que la continuation du segment péronier ou cubital de la couche profonde de la masse extenso-supinatrice sur la partie distale du membre. EXTENSEUR COMMUN DES DOIGTS Syn. : Épicondylo-sus-phalangetlien commun (Chaussîer) ; Extensor digitorum çommunis (N. a.) ; Extensor digitalis principalis (Lesbre) ; Extenseur antérieur des phalanges des Hippotomistes. Diminution du nombre des tendons. — Le tendon du petit doigt est souvent absent ou rudimentaire et remplacé par une expansion apo- névrotique qui se porte du tendon de l’annulaire sur la face dorsale du petit doigt. M. Testut a vu le tendon du petit doigt représenté par une ban¬ delette détachée du tendon de l’annulaire, qui venait se fusionner au niveau de l’articulation métacarpo-phalangienne, avec l’extenseur propre de l’index. Le défaut de présence du tendon de l’index a été noté par M. Maca- MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 127 lister et par moi (3 fois ; 2 fois chez Thomme, 1 fois à droite, 1 fois à gauche et 1 fois des deux côtés chez la femme) . Anatomie comparée. — La réduction du nombre des tendons de l’extenseur commun est en rapport dans la série animale avec celle du nombre des doigts de l’extrémité distale du membre antérieur. Chez tous les Quadrupèdes pentadactyles l’extenseur commun fournit, comme dans les Primates^ un tendon à tous les doigts, le pouce excepté. Chez les Solipèdes le muscle en question n’a plus que deux tendons, encore l’un d’eux, excessivement grêle, se jette sur le tendon, très rudimentaire lui-même, de l’extenseur latéral (extenseur propre du petit doigt) avec lequel il se confond sur le métacarpe- Cette petite branche tendineuse, avec le faisceau charnu de l’extenseur commun auquel elle fait suite, est décrite par les vétérinaires alle¬ mands comme un muscle distinct sous le nom àa petit extenseur latéral ou muscle de Philips. Quant à l’autre branche, très forte comme le doigt qu’elle doit étendre, elle se perd sur la troisième phalange (éminence pyramidale). Le mode de conformation de l’extenseur commun des doigts du tapir rappelle celui des Solipèdes (Lesbre). Dans les Ruminants le muscle dont nous nous occupons se fend dans toute sa longueur pour donner un extenseur commun des deux doigts et un extenseur propre du doigt interne. Chez Vatèle l’extenseur commun ne se rend qu’aux trois doigts moyens. L’extenseur commun des doigts des chimpanzés de Macalister, de Vrolik et de Moore était dépourvu de tendon pour le petit doigt. Le petit doigt de la main gauche du chimpanzé de Champneys recevait seulement, au niveau de l’articulation métacarpo-phalangienne, un faisceau du tendon de l’annulaire. Dans le gibbon de Hepburn ce faisceau coexistait avec le tendon du petit doigt. Augmentation du nombre des tendons. — Elle peut être la consé¬ quence de la segmentation d’un ou de plusieurs tendons ou la consé¬ quence du développement d’un tendon surnuméraire pour le pouce. 1. Segmentation des tendons. — Elle est plus ou moins étendue, se prolonge même dans la masse charnue. Enumérer toutes les variétés de cette anomalie serait long et fastidieux. Je me bornerai à dire qu’on a signalé : a) Cinq tendons par suite de la segmentation de l’un ou l’autre des quatre tendons ; 128 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE .L’HOMME |3) Six tendons par suite de la segmentation de deux tendons (Wood, Macalister), etc., ou de la division du tendon du médius en trois languettes (Macalister); y) Sept tendons par suite de la segmentation du tendon du petit doigt et la division en trois languettes du tendon de l’annulaire (1 cas personnel observé sur la main droite d’une femme) ; S) Huit tendons par suite de la segmentation sur le même sujet de chacun des quatre tendons (Macalister) ; e) Neuf tendons par suite de la segmentation du tendon de l’index et du tendon du petit doigt et la division en quatre languettes du ten¬ don de l’annulaire (Wood); i) Dix tendons par suite de la segmentation du tendon de l’annulaire, la division en trois languettes du tendon du médius et la division en quatre languettes du tendon du petit doigt (Testut) ; x) Onze tendons (Rüdinger‘ et Perrin^). La description que Perrin donne de cette malformation est assez confuse et je n’ai pu me pi’o- curer le mémoire de Rüdinger ; X) Douze tendons par suite de la division en trois languettes de chacun des quatre tendons. Cette anomalie a été rencontrée par moi en 1887 sur les deux mains d’une phtisique. Anatomie comparée. — En présence de cette multiplication des tendons, il est permis de rappeler que, dans divei’s animaux, notam¬ ment dans Yq phoque, V hippopotame, Voryctérope, les Marsupiaux, etc., on trouve, en plus du long et du court extenseurs des doigts, un autre extenseur que les professeurs Humphry et Cunningham ont nommé extensor secundus digitorum (Humphry, Journ. of anat. andphys., t. H, p. 307 ; — Cunningham, Challenger' s Report, part. XVI, p. 15). H. Tendon surnuméraire pour le pouce. — Ce tendon, qui peut naître du tendon ou du corps charnu de l’extenseur propre de l’index et même isolément de l’épicondyle, soit par des fibres charnues soit par des fibres aponévrotiques, va rejoindre le tendon du long extenseur du pouce, au niveau du premier métacarpien, en glissant, tantôt dans la coulisse radiale de l’extenseur propre du pouce, tantôt dans celle de l’extenseur commun et de l’extenseur propre de l’index. Il a été trouvé par Morel, ’ Rüdinger. Veher die Muskeln der vordern Eætremitalen der Volcjen, etc. Haarlem, 1868, t. XV, iig. 38. - Perrin. Med. Times and Gaz., 1873, p. 597. - MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 129 M. Duval Gruber^ Wood, Macalister®, Bankart, Pye-Smith et Philips, Testut, Chudzinski, Cuyer^ et moi. Anatomie comparée. — Le koala possède un extenseur commun à cinq tendons dont un est destiné au pouce ^ Il existe aussi chez les Oiseaux un extenseur commun du pouce et du second doigt, mais il est assez difficile de dire à quel muscle de l’avant-bras des Mammifères il correspond (Alix). Variations des languettes anastomotiques tendineuses. — Plus les languettes aponévro tiques qui unissent le tendon d’un doigt aux tendons des doigts voisins seront faibles, plus les mouvements d’exten¬ sion de ce doigt seront aisés. Il est un doigt dont nous nous servons à chaque instant, c’est l’index. D’après Cruveilhier, son tendon « est seul libre ». C’est là une erreur. Les recherches auxquelles je me suis livré m’autorisent seulement à dire que « de tous les tendons des doigts de la main, c’est celui qui est le plus souvent libre ». Le sera-t-il entiè¬ rement dans l’avenir ? On peut le croire si on réfléchit que les muscles de l'avant-bras et de la main, tels qu’ils existent chez l’homme, sont des formations récentes au point de vue phylogénique, qu’ils évoluent encore et que, comme les organes en voie de perfectionnement, ils doivent présenter des variations individuelles, qui sont comme les étapes d’une évolution qui s’accomplit. Quand le corps chaimu et le tendon de l’indicateur sera devenu libre — mais alors seulement — la disposition anatomique de ce doigt sera mei’veilleusement adaptée à sa fonction. Les vincula tendineux peuvent être plus larges et plus multipliés. C’est l’état normal chez les Anthropoïdes, les Cercopithèques, etc. Segmentation de la masse charnue. — On a noté : La division en quatre faisceaux correspondant à chacun des quatre tendons (Albinus, Brugnone, Meckel, Wood, Morestin% Testut, deux cas personnels) ; • Morel et Math. Duval. Man, de l'anat., p. 390. 2 Gruher. Reichert u. Du Bois-Reymond' s Areh,, 1875, p. 204. Itsii., Virchow’ s Arch., vol. LXXII, p. 500. Ihid., 1879, p. 129. » Macalister. Med. Press., 1866. * Cuyer. Bullet. de la Soc. d’anthrop. Paris, 1890. “ Young. Journ. of anat. andphys., 1881, p. 229. “ Morestin. Bullet. de la Soc. anat. Paris, 1896, p. 33. II. 9 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME La division en ti'ois faisceaux correspondant, l’externe aux tendons de l’index et du médius, le moyen, au tendon de l’annulaire et l’interne, à celui du petit doigt ( Wilde) ‘ ; La division en deux faisceaux correspondant, l’externe aux tendons de l’index et du médius, l'interne à ceux de l’annulaire et du petit doigt (Macalister) ; La division en deux faisceaux correspondant, l’externe au tendon de l’index, l’interne aux tendons du médius, de l’annulaire et du petit doigt. J’ai noté deux fois cette séparation du faisceau de l’indicateur que M. Chudzinski dit être fréquente dans les races de couleur. La segmen¬ tation de l’extenseur commun des doigts doit être interprétée de la même façon que celle du fléchisseur commun . Faisceaux surnuméraires et connexions plus intimes avec les muscles voisins. — La languette qui va s’insérer sur la phalange peut faire défaut ou être dédoublée. Le professeur Macalister a vu l’extenseur propre de l’index pourvu d’un double tendon échanger de nombreuses fibres avec son congénère superficiel . L’extenseur propre du petit doigt et le faisceau de l’e-xtenseur commun qui lui correspond, peuvent être unis en partie ou en totalité. (Sœmmerring, Wood). Dans ce cas le petit doigt reçoit un, deux et môme trois tendons. M. Testut a noté l’entrecroisement en X sur le dos de la main de deux languettes que s’envoyaient les tendons extenseurs de l’annulaire et du petit doigt. EXTENSEUR PROPRE DU PETIT DOIGT Syn. : Épicondylo-siis-phalangettieii du petit doigt (Chaussier) ; Extensor digiti quinti pro- prius (N. a.) ; Extenso^' digitalis lateralü (Lesbre) ; Minimal extensor (Leidy) ; Extensor minimi digiti ; Extenseur latéral des phalanges des vétérinaires. Absence. — On a signalé l’absence du tendon de l’extenseur propre du petit doigt sans suppléance (Meckel, Brugnone, Henle, 5 fois sur 200 cas), et l’absence de ce tendon avec suppléance par un tendon venant, soit de l’extenseur commun des doigts, soit du cubital posté- Wilde. Comment, acta Petrop., t. XII. MUSCLES DE L’ÂYANT-BRAS 131 rieur. — Est-il nécessaire de rappeler, pour expliquer l’absence du tendon de l’extenseur propre du petit orteil et sa suppléance par un tendon naissant de l’extenseur conamun ou du cubital postérieur que les deux extenseurs superficiels des doigts ont une même origine embryogénique et que le cubital postérieur répond aux péroniers qui fournissent souvent un tendon extenseur au 5® doigt ? Dédoublement du muscle. — L’extenseur propre du petit doigt peut êti’e formé par deux muscles distincts (Wood, Macalister) ou par un seul muscle terminé par un, deux et même trois tendons (Smith, Howse et Davies-Colley). Wood, qui l’a vu se terminer chez 28 sujets sur 36 par un double tendon, a affirmé que cette disposition constitue l’état normal. Anatomie comparée. — L’extenseur propre du petit doigt est dédou¬ blé dans M ornithorynque ‘ et terminé par un double tendon dans le Dasyprocta cristata Faisceau d’insertion au cubitus et tendon surnuméraire pour l’an¬ nulaire. — Davies-Colley, Taylor et Dalton et un de mes élèves, M. Tulasne, ont noté l’insertion du muscle en question au cubitus. L’extenseur propre du petit doigt peut fournir un tendon addi¬ tionnel à l’annulaire. Ce tendon additionnel a été rencontré par : . Wood . Macalister . . . Par l’auteur . . Soit ou approximativement chez 1 sujet sur 10. Mes 12 cas ont été observés chez 81 hommes (4 fois des deux côtés, 2 fois à droite, 1 fois à gauche) et chez 63 femmes (3 fois des 2 côtés, 2 fois à gauche) . Cette malformation a encore été signalée par Vésale, Meckel, Mac Whinnie, Hallett, Theile, Curnow, Struthers, etc. Elle coïncide quel¬ quefois avec un dédoublement du tendon terminal de l’extenseur propre * Meckel. Vergleich Anat., III, p. 549. “ Mûrie etMivart. Proceed. of the zool. Soc., 1865, p. 341 et 1866, p. 405. chez 13 sujets sur 106 — 1 — 12 — 12 — 144 26 sujets sur 262 132 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME du petit doigt. En 1881, j’ai disséqué les avant-bras d’une femme dont l’extenseur propre du petit doigt avait quatre tendons dont deux se rendaient au doigt, un au quatrième et un, au cinquième. M. Chud- zinski a fait mention postérieurement d’un vice de conformation identique. Anatomie comparée. — Dans le fœtus de gibbon l’extenseur propre du petit doigt s’insère au cubitus (Deniker). Dans les orangs de Church, de Testut et de Hepburn, le Cynocéphale maïnion de Bischoff et le Cynocéphale Anubis de Champneys, le muscle dont il s’agit avait un double tendon pour les deux doigts externes. 11 en est également ainsi dans V Oryctérope du Cap^ (Hum- phry. Cuvier), V Hijrax du Cap (Mûrie et Mivart), le phoque (Duver- noy), le tapir (Lesbre), les Marsupiaux, les Rongeurs, etc. Dans le lapin, V extenseur latéral (extenseur propre du petit doigt en anthrop otomie) est représenté par deux muscles distincts que l’on pourrait décrire sous les noms à! extenseur propre du petit doigt et à’ extenseur propre de l'annulaire. Dans la plupart des Carnivores digitigrades l’extenseur latéral est simple, de corps charnu, mais son tendon donne trois branches — au petit doigt, à l’annulaire et au médius — qui se confondent avec celles de l’extenseur commun destinées aux mêmes doigts. L’extenseur latéral des Ruminants, appelé extenseur propre du doigt externe est simple, il est vrai, mais le doigt externe des Didactyles répond, on le sait, à l’annulaire. Au surplus, chez les animaux de cet ordre qui possèdent des doigts rudimentaires, jouissant de mouve¬ ments propres, tels que les Cerfs, les Chevrotains, l’extenseur latéral fournit aux deux doigts externes. De ces faits se dégagent les conclusions irréfutables suivantes que nous empruntons à M. Lesbre : a Quand on considère la disposition des deux muscles : extenseur commun des doigts et extenseur propre du petit doigt, dans la série des Mammifères, on constate que ni l’un ni l’autre ne justifie son nom dans tous les cas, l’extenseur commun n’étant plus commun quand il n’y a qu’un seul doigt à la main et l’extenseur propre devenant souvent commun à deux ou à un plus grand nombre de doigts. ’ Il n’avait qu’nn tendon dans V Oryctérope du Cap disséqué par M. Galton. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 133 « Il vaudrait mieux dire certainement : extenseur digité principal {extensor digitalis principalis) et extenseur digité latéral {extensor digi- talis latéralisé » (Pour détails complémentaires voy. M. manieiix.) EXTENSEUR PROPRE DE L’INDEX Syn. : Cubito-sus-phalangettien (Chaussier) ; Abducem indicem (Spigel). Extensor indicis proprius (N. a.) ; Extensor indicis; Indicatorms ; Indicator. Ce muscle, plus ou moins confondu avec le long extenseur du pouce, est décrit en anatomie vétérinaire sous le nom ÿ Extenseur propre du pouce et de l'index. Absence. — L’absence totale de l’extenseur propre de l’index a été mentionnée par Cheselden, Moser^, Luschka^ Macalister et Chud- zinski. L’extenseur propre de l’index est quelquefois remplacé par le manieux de l'index (voy. ce muscle). Anatomie comparée. — Le vieux dicton : a Les Singes ne peuvent indiquer un objet du doigt {notapes can point) » est-il vrai? M. Testut a-t-il raison de prétendre que « l’indépendance anatomique de l’exten¬ seur propre de l’index doit être considérée comme une disposition caractéristique de l’espèce humaine*»? Non. L’extenseur propre de l’index était semblable à celui de l’homme dans les chimpanzés de Champneys, de Rolleston, de Duvernoy, d’Alix et Gratiolet, de Wilder, de Broca ^ et de M. Testut lui-même. On a dit, il est certain, qu’il fai¬ sait défaut chez le chimpanzé de Vrolik, c’est une erreur. Chez le chim¬ panzé de Vrolik il était fusionné avec l’extenseur commun qui fournis¬ sait deux tendons à l’indicateur. « Chez le gorille, a écrit le professeur Hartmann®, il n’y a pas de muscle extenseur spécial de l’index ou lorsqu’il en existe parfois un, il est très faiblement développé. Il est, au contraire, nettement marqué dans VHylobates albimanus. » 11 était pourtant identique à celui de l’homme dans les gorilles ' Lesbre. hoc. cit., p. 123. * Moser. Meckel’s arch., t. VIII, p. 225. * Luschka. Anat. des Menschen, t. V. * Testut. Trait, des anom. musc., p. 550. “Broca. Bullet. de la Soc. d'antropologte de Paris, t. IX, p. 321. “ Hartmanu. hoc. cit., p. 130. i34 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME adultes de Duvernoy et de Hepburn et dans le fœtus de gorille du doc¬ teur Deniker. Anatomie comparée. — Dans tous les Mammifères domestiques, le long extenseur du pouce et l’extenseur propre de l’index confondent leurs corps charnus ; aussi ne distingue-t-on en anatomie vétérinaire qu’un extenseur propre du pouce et de l’index, encore est-il très atro¬ phié (pour de plus amples détails, voyez plus loin extenseur commun du 'pouce et de l’index). Variations de structure. — Il est quelquefois très grêle ou remplacé entièrement par du tissu fibreux. Rosenmuller a disséqué un extenseur propre de l’index dont le tendon était interrompu par un renflement charnu ^ Variations des insertions. — J’ai vu plusieurs fois, ainsi que M. Macalister, le tendon de l’extenseur propre de l’index s’insérer sur la face dorsale du métacarpe. Dédoublement du muscle. — On a noté le dédoublement de la masse charnue seule (Theile), du tendon seul et de tout le muscle (Albinus, Heymann, Wood, Macalister, Curnow, Testut, Leidy, etc.). Dans un cas observé par Gantzer, l’extenseur propre de l’index supplé¬ mentaire provenait du radius. Chez le coalta le muscle en question naît du radius et chez le murin du radius et du cubitus. Tendons surnuméraires pour le médius et l’annulaire. — L’extenseur propre de l’index fournit parfois un tendon au médius {M. extensor indicis et medii digiti des anatomistes étrangers) ou un tendon au médius et à l’annulaire (cas de Meckel). Le M. extensor medii digiti de Wood est constitué par le faisceau différencié de l’extenseur propre de l’index qui meut le médius (voy. M. extenseur propre du médius). Je possède des moulages de ces diverses malformations pris par mes élèves, MM. Bougrier et Servant. Le professeur Humphry a fait mention d’un extenseur propre de l’index qui se terminait par trois tendons : deux internes pour l’index et un externe pour le médius. Anatomie comparée. — L’extenseur propre de l’index se terminait par ’ RosenmuRer. De variet. muscul., p. 6. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 135 deux tendons, l’im pour l’index, l’autre pour le médius chez les chim¬ panzés des professeurs Hartmann, Humphry etMacalister, et par deux tendons, l’un pour l’index, l’autre pour l’annulaire chez le chimpanzé du docteur Hepburn. Dans les urangs de Duvernoy, de Bischoff, de Testut, de Langer^, de Hepburn, le muscle dont il s’agit donnait aussi un tendon au médius. L’extenseur commun profond du gibbon, qui peut être considéré comme l’homologue de l’extenseur propre de l’index de l’homme, se rend aux 2®, 3® et 4® doigts (Bischoff, Hepburn) ou aux quatre derniers doigts (Deniker). Un seul muscle pour l’index et le médius a encore été signalé dans le Cynocéphale Aniibis^ox Champneys, dans le Cynocéphale ma’imon, le Macaque cynomolge, \&Pithecia hirsula par Bischoff, les Makis et les Loris par Meckel, etc. Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — A). Avec le long extenseur du pouce. Koster- a noté la présence d’une lame apo- névrotique entre le long extenseur du pouce et l’extenseur propre de l’index. D’après Koster et Leisering une aponévrose semblable existe¬ rait chez le chien. B). Avec l’extenseur commun des doigts (voy. ce muscle). COURT EXTENSEUR DU POUCE Syn. : Partie du premier extenseur du pouce CWinsIow) ; Petit extenseur du pouce (Biehat) ; Cubito-sus-phalangien du pouce (Chaussier) ; fiadio-sus-phalangien (Dumas) ; Èxtensor pollicis brevis (N. a.) ; Extensor pollicis minor; Eætensor primi internodii pollicis ; Second pollical extensor (Leidy). Ce muscle, plus ou moins confondu avec le long abduc¬ teur du pouce, est décrit en anatomie vétérinaire sous le nom à’Extenseur oblique dit métacarpe. Absence. — Elle a été signalée par Sœmmerring, Moser, Macalister, Leidy, Wood®, Chudzinski. Anatomie comparée. — Le court extenseur du pouce faisait défaut chez les gorilles disséqués par Hartmann, Huxley, Bischoff, Macalister ’ Langer. Sitzungberichte de VAcad. de Vienne, t. LXXIX, 3^ divis., 1879, p. 6. = Koster. Arck. Neel. des sciences exactes et naturelles. Harlem, 1879, p. 320. ^ Chez 1 sujet sur 36, en 1867, et chez 3 sujets sur 36 également, en 1868, soit, en tout, chez 4 sujets sur 72. 136 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME et le fœtus de gorille disséqué par M. Deniker. Il ne faudrait pas en induire toutefois qu’on ne le rencontre jamais dans le gorille, ni dans les autres Anthropoïdes. Il était présent et bien différencié dans les gorilles de Duvernoy et de Chapman, le Gibbon cendré de Bischoff, le fœtus de gibbon de Deniker elle chimpanzé de Rolleston. Dédoublement du muscle. — Ce dédoublement peut porter sur tout le muscle (cas du professeur Macalister) ou seulement sur son tendon terminal (cas de Bôhmer*). Variations des insertions. — Le tendon terminal du court extenseur du pouce, confondu avec le tendon du long extenseur ou indépendant de ce dernier, peut aller se fixer à la base de la phalange onguéale du pouce (Sœmmerring, Wood, Macalister, 2 cas personnels). Faisceaux surnuméraires et connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Dans 2 sujets sur 8S dont o9 hommes et 26 femmes, j’ai vu, des deux côtés, le tendon du court extenseur ayant ses inser¬ tions normales, détacher une languette à la base du premier métacar¬ pien. Sur une femme disséquée, en 1894, par mon prosecteur, M. J. Thomas, cette languette provenait du tendon du court exten¬ seur fixé à la base de la phalange onguéale du pouce. Ces diverses malformations ont été observées également par MM. Chudzinski et Testut. Le long abducteur et le court extenseur du pouce peuvent être con¬ fondus en partie ou en totalité. Quand ils forment un corps charnu unique, ce corps charnu se termine par deux tendons dont l’un se fixe à la base du premier métacarpien et l’autre à la base de la première phalange ou par un tendon simple qui s’attache au premier métacar¬ pien en envoyant une expansion aponévrotique vers la première pha¬ lange. M. Macalister a vu le court extenseur du pouce se fixer à la pre¬ mière phalange, après avoir reçu une portion du tendon du long abducteur. M. Frœlich a disséqué un faisceau semi-charnu, semi-ten¬ dineux, qui allait renforcer le long abducteur du pouce®. M. Kelly a signalé une malformation analogue. En fait, les cas d’absence du court extenseur du pouce et les cas d’absence du long abducteur du pouce qui ont été notés jusqu’ici ne ' Bôhmer. Loe. cit., VIII. - Frœlich, in Prenant, loc. cit., p. 5. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 137 sont que des cas de fusion de ces deux nauscles, que des cas d’absorp¬ tion de l’un par l’autre. Anatomie comparée. « Si, dit M. Hepburn, dans chacun des quatre Anthropoïdes que j’ai disséqués le corps charnu du court extenseur propre du pouce, même quand il était fusionné avec le long abduc¬ teur, était facilement reconnaissable, en raison de ses attaches au radius, au-dessus de ce dernier muscle, l’insertion tendineuse prêtait à la discussion. Dans mon gibbon, mon orang et mon chimpanzé il était, en effet, attaché à la base du premier métacarpien, et dans mon gorille à la base du premier métacarpien et à la base de la première phalange du pouce. Mais parce que chez trois de mes Anthropoïdes, le court extenseur du pouce n’aboutissait pas à la première phalange du pouce, ce n’est pas, à mon avis, un motif pour dire qu’il n’existait pas chez ceux-ci. Il faut dire qu’il a suhi chez eux un arrêt de développement, et son mode de conformation chez le gorille en fait foi *. » C’est la thèse que j’ai soutenue plus haut pour l’homme. Le court extenseur et le long abducteur du pouce du fœtus de gibbon de M. Deniker ne formaient qu’un muscle pourvu de deux branches dont l’une s’attachait à la hase du premier métacarpien et l’autre à. la base de la première phalange. Dans le Mandrilla leuco- phœa les deux muscles sont inséparables (Pagenstecher) L Dans tous les Mammifères domestiques ils sont fusionnés également en un organe plus ou moins atrophié, dont le tendon s’arrête sur le côté interne de l’extrémité proximale du métacarpien du pouce ou, à défaut de celui- ci, du métacai’pien le plus interne. C’est X extenseur oblique du métacarpe que les vétérinaires allemands regardent, à Limi¬ tation de Cuvier, comme répondant seulement au long abducteur du pouce ; « mais il est bien d’essence double, observe M. Lesbre car dans le lapin son corps charnu se divise facilement en deux portions, et d’autre part, j’ai vu plus d’une fois chez le chien, son tendon lancer une petite languette jusqu’à la première phalange du pouce ». Dans les Solipèdes, le porc, le métacarpien du pouce faisant défaut, l’extenseur oblique du métacarpe gagne le métacarpien de l’index. Dans le bœuf, le mouton, la chèvre, le dromadaire , le métacarpien ■' Hepburn. Loc. cit. suprà, p. 167, part. 2. - Pagenstecher. Ein Vergleich d. Musk. des ,Drill mit der des Menschen. Francfort, 1867. ® Lesbre. Loc. cit., p. 124. 138 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME de l’index étant lui-même réduit à l’état styloïde, l’insertion se fait sur le côté interne de l’os du canon, résultant de la soudure des 3® et 4'^ métacarpiens. LONG EXTENSEUR DU POUCE Syn. : Cubito-sus-phalangettien du pouce (Chaussier) ; Extensor pollicis longus (N. a.) ; Exlensor secundi internodii pollicis; Extensor pollicis major ; Third pollical extensor (Leidy). Duplicité. — Le long extenseur du pouce, comme le court extenseur du pouce, l’extenseur propre de l’index, le long abducteur du pouce, peut être formé par deux corps charnus indépendants jusqu’à leur termi¬ naison ou par un corps charnu unique auquel succèdent deux tendons. Variations de volume. — Moser a trouvé le muscle dont il s’agit très développé chez un sujet qui ne possédait pas un court extenseur du pouce L Faisceaux surnuméraires. — Son tendon envoie assez souvent une languette à la base de la première phalange du pouce. Dans un cas observé par Bôhmer [loc. cit-, p. 8) il avait quatre tendons; deux pour la phalange onguéale du pouce et deux pour le ligament annulaire du cai’pe. Chez une idiote disséquée par Carver, il était représenté par un corps charnu indivis pourvu d’un seul tendon auquel succédaient trois fais¬ ceaux musculaires dont l’un se portait sur la première phalange du pouce, l’autre sur la 2° phalange, le troisième sur le scaphoïde Anatomie comparée. — Le tendon du long extenseur du pouce du chimpanzé disséqué par M. Champneys fournissait une expansion ten¬ dineuse à la première phalange du pouce. Dans le gibbon^ Vorang et le chimpanzé du docteur Hepburn le long extenseur du pouce, suppléant le court extenseur inséré à la base du premier métacarpien, envoyait une languette fibreuse à la base de la première phalange. Le long extenseur du pouce tend à s’effacer dans les Quadrupèdes, ’ Moser. MeckeVs arch., vol. VIT, p. 125. ■ Carver. Journ. of anat. and phys., vol. III, p. 260. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 139 à mesure que le pouce devient plus rudimentaire. Mais il ne disparaît pas complètement et ses vestiges de plus en plus amoindris se retrou¬ vent dans les différentes espèces. La persistance de ce muscle, quelque réduit qu’il soit, concourt à démontrer l’existence virtuelle du pouce chez les animaux qui semblent en êti’e dépourvus. Il est terminé par un tendon grêle aboutissant : au pouce chez les Carnassiers et les Rongeurs , à la branche tendineuse de l’extenseur commun pour le 4® doigt dans le porc, et simplement au tendon de l’extenseur commun chez les Ruminants et les Chevaux. D’après M. Cunningham, il aurait trois tendons dans les Marsupiaux. Connexions plus intimes avec les muscles voisins. A). Avec l’extenseur commun des doigts (voy. ce muscle); R). Avec l’extenseur propre de l’index (voy. ce muscle et Muscle extenseur de l'index et du pouce) ; C). Avec le court extenseur du pouce (voy. ce muscle); Z)). Avec le long abducteur du pouce (voy. le muscle suivant). LONG ABDUCTEUR DU POUCE Syn. : Grand abducteur du pouce (Bichat) ; Cubito-sus-métaearpien du pouce (Chaussier) ; Cubito-radio-sus-niétacarpien (Dumas) ; Abduelor pollicis longue a.); Exlensor méla- carpi pollicis ; First pollical exlensor (Leidy). Absence. — Elle est la conséquence, je viens de le dire , de la fusion du long abducteur et du court extenseur du pouce. Segmentation du muscle. — Comme les auti’es muscles de l’avant- bras, le long abducteur du pouce peut être formé par deux faisceaux différenciés depuis leur origine jusqu’à leur terminaison ou par un corps charnu unique terminé par un double tendon ayant les insertions du tendon indivis normal. En plus de ces cas on a signalé encore : I. L’attache d’une des branches du tendon dédoublé sur le ligament annulaire du carpe (Macalister) ; II. L’attache d’une des branches du tendon dédoublé sur l’un ou l’autre des muscles de l’éminence thénar (Macalister, Wood, Bellamy, Curnow) ; III. L’attache d’une des branches du tendon dédoublé sur le trapèze. C’est la plus commune des anomalies du long abducteur. 140 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME M. Morestin a vu le muscle en cause terminé par un double tendon et renforcé par un faisceau charnu venant de l’avant-bras *. Il est beaucoup plus rare de rencontrer un long abducteur du pouce pourvu de trois ou quatre tendons ou formé par trois ou quatre corps distincts. Voici les quelques malformations de ce genre relatées par Wood, Macalister, Testut et celles que j’ai vues : Trois tendons : deux pour le 1®’' métacarpien et un pour le trapèze (Macalister, 1 cas personnel) . Trois tendons : un pour le l®® métacarpien, un pour le trapèze, un pour l’opposant du pouce (Macalister). Trois tendons : un pour le l®® métacarpien, un pour le trapèze, un pour le court fléchisseur du pouce (Macalister, Wood). Trois tendons ; un pour le 1®’’ métacarpien, un pour le trapèze, un pour le court abducteur du pouce (1 cas personnel). Trois tendons : un pour le 1®' métacarpien et deux pour le trapèze (1 cas personnel). Quatre tendons ; un pour le 1®'' métacarpien, un pour le trapèze et deux pour les muscles de l’éminence tbénar (Testut). Quatre tendons ; deux pour le 1®'' métacarpien, un pour le court abducteur, un pour le court extenseur du pouce (Testut) . Deux corps : un interne terminé par un tendon inséré sur le 1®' mé¬ tacarpien, un externe terminé par deux tendons insérés l’un sur le 1®® métacarpien, l’autre sur l’opposant du pouce (1 cas personnel). Trois corps : un terminé par un tendon inséré sur le trapèze et deux terminés chacun par un tendon inséré sur le 1®” métacarpien (Testut). Ces anomalies devant être interprétées avec celles du court abduc¬ teur du pouce, je me bornerai à dire ici que la malformation la plus commune du long abducteur du pouce, celle qui consiste dans son insertion au trapèze au moyen d’un tendon surnuméraire, rapproche absolument la main de l’homme de celle des Singes. * Morestin. Bullet. de la Soc. anal., 1896, p. 3i. MUSCLES DE L’AVANT-BRAS 141 MUSCLES SURNUMÉRAIRES Court radial antérieur. Syn. : Radio-carpien (Fano) ; Tibial postérieur de l’avant-hras (Richard) ; Radialis internus brevis vel minor (Gruber); Flexor carpi radialis brevis vel profundus (Wood) ; Radio- palmaire ; M. tenseur de la gaine du fléchisseur commun des doigts (Testât) ; Radio-epi- trochleo-carpus (Calori) ; Radio-phalangien (Bédart) ; Accessoii-e du grand palmaire (Colson) ; Radio-metacaipus ; Radio-carpo-metacarpus, etc. Comme les autres organes qui ne se rencontrent chez l’homme qu’à titre d’exception, le l’adial antérieur se dévoile à nos yeux sous des aspects fort divers. C’est tantôt la timide ébauche d’un muscle à sa naissance, tantôt un muscle solide de structure qui nous fait voir ce qu’il peut devenir dans le cours du développement. Insertions. — Les insertions supérieures ont pour siège soit la face externe, soit la face antérieure, soit le bord antérieur da radius, dans sa moitié inférieure ou dans son tiers inférieur ; mais des fibres char¬ nues naissant du rond pronateur, de l’aponévrose antihrachiale, du fléchisseur propre du pouce, du ligament interosseux, du cubitus ou de l’épitrochlée viennent parfois grossir la masse du court radial anté¬ rieur, le transformer en un muscle biceps. C’est à tort que Gruber a pré¬ tendu que le court radial antérieur se détachait toujours de la face externe de l’os externe de l’avant-bras. Je possède un moulage dans lequel on voit nettement ce muscle se détacher de la face antérieure du radius, immédiatement au-dessus du rond pronateur et en dehors du long fléchisseur propi’e du pouce. Des cas analogues ont été signalés par Wood, Macalister, Testut, Sebileau et Raudoin, Cuyer, etc. L’extension, au-dessous du fléchisseur sublime, du court radial antérieur jusqu’à la ligne oblique de la face antérieure du l’adius a même été observée par M. Macalister et par moi (à droite et à gauche, chez une femme). Les insertions inférieures ont lieu, d’après Gruber, soit sur le carpe, soit sur le métacarpe ou à la fois sur le carpe et le métacarpe. De là pour Gruber trois variétés du radialis internus brevis : le radio- carpus, le radio-metacarpus et le radio-car po-metaearpus (Gruber, 142 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Mélanges biologiques, t. VI, liv. IV, 4868, p. 493 et t. VII, liv. IV, p. 439, 1870. — Bullet. de V Acad. lmp. de Saint-Pétersbourg , t. XV, p. 245). Les insertions métacarpiennes peuvent se faire aux différents métacarpiens, sauf au premier et au dernier, et les insertions car- piennes au ligament annulaire du carpe, à la gaine du grand palmaire, à la gaine du fléchisseur commun des doigts, au ligament externe et antérieur du poignet, au scaphoïde, au trapèze, au trapézoïde, au grand os, à l’aponévrose qui recouvre les muscles de l’éminence thénar. M. le docteur Bédart, de Toulouse, a décrit « un muscle phalangien s’insérant en haut à la membrane interosseuse et au tiers supéro-interne du radius, le long du fléchisseur propre du pouce, muscle à corps fusiforme, d’où se détachait au milieu de l’avant-bras, un tendon qui, arrivé avec celui du fléchisseur du pouce au-dessous du ligament du carpe, se chargeait de fibres musculaires et se fixait sur le tiers externe de la première phalange de l’index * ». Ce muscle est singulier. Est-il une dépendance du fléchisseur profond des doigts ? Son renforcement par un premier lombrical l’indique. Un détail ana¬ tomique le rapproche pourtant du court radial antérieur : il est, comme le court radial antérieur et le l’ond pi’onateur, ; Le jumeau supérieur était absent chez le gorille disséqué par Bischoff et très grêle chez Yorang disséqué par M. Testut. ï Chez le gorille et le gibbon, dit M. Deniker, le muscle obturateur interne est souvent dépourvu de muscles jumeaux, ou n’est accompagné que d’un jumeau inféiieurk » Les deux jumeaux étaient distincts sur VUrsus Americanus que Shepherd a eu à sa disposition, de même que sur celui dont Cuvier a fait dessiner les muscles. Sur le sujet du professeur Testut Me jumeau supérieur existait seul. Dédoublement du muscle. — J’ai noté plusieurs fois le dédouble¬ ment total ou partiel du jumeau inférieur, jamais celui du jumeau supérieur. Je crois donc que le professeur Macalister a raison qnand ’ Deniker. Loc. cit., p. 175. 2 Testut. Myologie de VUrsus Americanus, p. 25. 238 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME il prétend que le dédoublement du premier est plus commun que le dédoublement du second. Anatomie comparée. — Dans V Oryctérope du Cap deM. Galton, chacun des deux jumeaux naissait par deux chefs. Bien que ce mode de con¬ formation n’ait pas été observé par le professeur Humphry sur le sujet qu’il a disséqué, il paraît cependant être habituel, sinon constant \ A la planche de Y Onjctérope du Cap {Atlas d'anat. comparée de Cuvier et Laurillard), Ad. Focillon a ajouté, en effet, la note suivante qui a été laissée par Cuvier ^ « Les jumeaux viennent du sacrum ; le jumeau postérieur (inférieur) a aussi des fibres de la tubérosité de l’ischion. » Chez le cheval, il y a un troisième jumeau, situé entre le jumeau supérieur et l’obturateur externe (Arloing et Chauveau^). Variations de volume. — Les deux jumeaux ont, à peu de chose près, le môme volume ; mais, à l’état anormal, le jumeau supérieur peut être plus fort que l’inférieur ou inversement. Dans les Anthropoïdes disséqués par leducleur Ilephurn,- « le jctmeau supérieur était plus large que l’inférieur chez le chimpanzé, mais chez Vorang la proportion était renvei’sée^ ». Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — J’ai indiqué les rapports plus ou moins étroits qui peuvent exister entre le jumeau supérieur et le petit fessier ou le pyramidal, j’interpréterai plus loin ceux qui peuvent exister entre le jumeau inférieur et le carré crural. « J’ai vu plusieurs fois, dit Cruveilhier, le jumeau supérieur se terminer au tendon du muscle pyramidal et le jumeau inférieur au tendon de l’obturateur interne. » J’ai trouvé l’un et l’autre de ces modes de conformation et aussi la terminaison du jumeau supérieur au tendon de l’obturateur interne. Un de mes élèves, M. Hahusseau, a disséqué une femme dont les deux jumeaux et l’obturateur interne du côté droit aboutissaient à un tendon unique qui se fixait sur la capsule de l’articulation coxo-fémo- rale. Une disposition très commune est la fusion totale de l’un ou ’ Galton. Loe. oit., p. 189. = Cuvier. Atlas oit., pl. CCLVI, lig. 1 et 3. ’ Arloing et Chauveau. Traité des Anim. domest., p. 361. * Hephurn. Loc. cit., p. 326. MUSCLES DE LA. HANCHE 239 l’autre des deux jumeaux (principalement du jumeau inférieur) et de l’obturateur interne. Anatomie comparée. — ^ Tous les anatomistes sont d’accord pour regarder les jumeaux comme une dépendance du muscle obturateur interne. Leurs rapports avec la capsule synoviale du tendon de l’obturateur interne les a fait appeler marsu-piaux par Cooper ; muscle capsulaire de la capsule du tendon de V obturateur interne, par Portai. Dans son Traité d’anatomie comparée, Meckel les décrit avec ce dernier muscle. Beaunis et Bouchard suivent cet exemple dans leur Traité d'anatomie humaine. Theile regarde les jumeaux comme une courte tête externe du muscle obturateur. « Les jumeaux pelviens, a écrit Sappey, dépendent manifestement de l’obturateur interne ; ils ne diffèrent des autres faisceaux du même muscle que par leur ralliement un peu tardif. » Dans les descriptions des professeurs Hyrtl, Testut, Morel et Mathias Duval, les jumeaux ne deviennent également que des fais¬ ceaux d’origine accessoire ou extra-pelviens de l’obturateur interne. Pour M. Bellini, on pouri’ait même en faire une gaine musculaire du tendon de l’obturateur interne *. Anatomie comparée. — Suivant Alix, « l’obturateur interne, les jumeaux et le cari-é crural des Monofrè/wes ne constituent qu’une seule masse charnue, qui se rend du bassin à la face postérieure du grand trochanter^ ». Dans les Mammifères des ordres supérieurs, les con¬ nexions des jumeaux avec l’obturateur interne peuvent, de même que chez l’homme, être considérées comme normales. Dans les quatre Anthropoïdes du docteur Hepburn, le jumeau infé¬ rieur adhérait plus ou moins au bord inférieur du tendon de l’obtura¬ teur interne®. CARRÉ CRURAL Absence. — L’absence du carré crural a été signalée par Albinus'', ‘ Bellini. Bullet. de la Soc. anal., juin-juillet 1892, fasc. 18, p. 461. ' Alix. Soc. philomat., 1867, p. 206. * Hepburn. Loc. cil., p. 327. ' Albinus. Loc. cil. p., 530. 240 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Sœmmerring*, Cruveilhier SchwegP, MeckeP, Hallett, Macalister, W. Gruber ° (12 cas), Theile, Ed. Bellamy et J. Cantlie, Davies-Colley, Knott Schwalbe et Pfitzner, etc. J’ai noté 4 fois cette malformation. I. H., soixante-quinze ans, hémiplégique ; mars 1879. Le carré crural fait défaut à droite. Tous les autres muscles extra et intra-pelviens sont normaux. II. E. vingt-trois ans, phtisique ; avril 1887. Le carré crural n’existe pas plus à droite qu’à gauche ; mais les jumeaux inférieurs sont tellement larges et épais, qu’ils semblent les remplacer. III. H., quarante-sept ans, ataxique ; décembre 1881. Le caiTé crural droit manque et le carré crural gauche est rudi¬ mentaire. Les deux jumeaux ont leurs dimensions ordinaires mais les deux obturateurs internes sont très développés. IV. H. trente-huit ans, delirium tremens ; janvier 1892. Le carré crural gauche n’est pas présent. Ce vice de composition ne coïncide avec aucun autre. Chez deux, de mes sujets les jumeaux et les obturateurs internes étaient donc plus prononcés, semblaient bénéficier pour ainsi dire de la disparition ou de l’atrophie des carrés cruraux. Dans le cas d’absence complète des carrés cruraux droit et gauche observés par MM. Edward Bellamy et James Cantlie à Charing Cross Hospital, les jumeaux et les obturateurs internes étaient aussi très développés. Y aurait-il donc une suppléance des muscles en cause les uns par les autres? C’est ce qu’ont voulu savoir MM. Bellamy et Cantlie’ et pour cela ils se sont adressés au professeur Galton, qui leur a remis la note suivante que je traduis ; « J’ai constaté {Trans. Linn. Soc., vol. XXVI, p. 389) que dans le fourmilier du Cap où le carré crural est absent, les jumeaux au ' Sœmmerring. Loc. eit., t. III, p. 286. - CruYeilhier. Anat., 2' édit., t. II, p. 223. ^ Schvegl. Cit. par Macalister in Cat., p. 116. * Meckel. An. comp., t. VI, p. 365. “ W. Gruber. Nachtrag zu den Beobachtungen uber den Maiigel des musc, quadratus femons. Bd. LXXIII, S. 346. « Knott. Loc. cit., p. 427. ’ Edward Bellamy. Note on the absence of the quadratus femoris muscle, etc. {Journ. of an. andphys., 2“ série, n" XV, Nov. 1874, p. 185). MUSCLES DE LA HANCHE 24i contraire sont très fortement développés. Theile (Encyclopédie anat.^ vol. 111, p. 279) a fait mention du défaut de présence de ce muscle, . dans l’homme et remarqué qu’alors, les jumeaux ont plus de volume ^ Sur lOS sujets qu’il a disséqués Hallett n’a vu le carré crural manquer qu’une fois, et dans ce cas unique, les jumeaux et l’obturateur intei’ne " avaient des dimensions inaccoutumées (Hallett, Edinb. med. and surg. Journ. ; vol. LXIX, p. 20, 1848). « J’ai noté dans mon mémoire sur le Dasypiis sexcinctus que, tandis que le muscle en question est excessivement développé chez cet ani¬ mal l’obturateur interne y est absent et les jumeaux petits, dispo¬ sition inverse mais corrélative de celles signalées chez l’homme par Theile et Hallett dont la bonne foi apparaît plus évidente. « Le D'’ Mûrie dans la monographie sur le Tolypeutes conunis qu’il a publiée récemment {Trans. Linn. Soc., vol. XXX) a observé (p. 96-97) que, tandis que chez cet animal il y a une « paire de faibles jumeaux, il y a un carré crural assez long et d’une bonne grosseur. » J’ai tenu à reproduire ce texte in extenso. Dans le Traité des anomalies musculaires de M. le professeur Testut, on lit en effet : « Galton a pu cons¬ tater que, conformément à l’assei'tion de Theile, énoncée plus haut, l’ab¬ sence du carré fémoral coïncidait avec un développement considérable des jumeaux. 11 faut remarquer cependant, que ce n’est pas là une loi générale en anatomie comparée, le Dasypiis sexcinctus par exemple présentant à la fois, malgré l'absence du muscle en question, des jumeaux réduits à un faible volume et une absence de l’obturateur interne » C’est juste le contraire, tout au moins en ce qui touche le Dasy- j'us sexcinctus, de ce qu’a écrit M. Galton. Est-ce à dire pour cela que le savant anglais ait raison? Pas absolument. M. Macalister m’a déclaré qu’il avait disséqué en 1876 un sujet, chez lequel les jumeaux étaient rudimentaires bien que le carré crural fît défaut et je rappelle que, dans deux cas d’absence du carré crural que j’ai vus, les jumeaux et les obturateurs avaient leur volume normal^. D’après le professeur Gruber, le carré crural manquerait plus sou¬ vent à droite qu’à gauche. Sur 240 cadavres disséqués par les pro¬ fesseurs Schwalbe et Pfitzner de l’Université de Strasbourg, le carré ‘ Cette phrase est écrite en français dans le « Journ. of an. and phys. ». = Testut. Traité des anom. musc., cit. p. 593. ® Dans Ÿéchidné le carré crural est, ainsi que l’a montré Mivart, un « délicate muscle » ; quoique l’obturateur interne et les jumeaux soient absents. (Mivart. Transact. lin. Soc., 1866, vol. XXV, p. 392.) 16 242 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME crul’al n’existait pas des deux côtés chez 3 (chez 2 hommes et chez 1 femme), du côté droit seulement chez 4 (chez 3 hommes et chez i femme) et du côté gauche seulement chez 2 hommes. L’absence du carré crural constitue une anomalie excessivement rare puisque Halle tt ne l’a observée qn’une fois sur lOo sujets et MM. Schwalbe, et Plitzner chez 9 hommes sur 379, ce qui donne la proportion de 2, 4 p. 100 et chez 4 femmes sur 175, ce qui donne la proportion de 2, 3 p. 100 L . Anatomie comparée. — Lé carré crural ne se rencontre pas dans le phoque (Humphry, Duvernoy), le fourmilier (Meckel et Galton), XOrycté- rope du Cap (Humphry, Galton-). Le muscle en question existe-t-il chez les Chéiroptères MM. Macalister et Maisonneuve disent oui. Cuvier et le professeur Blanchard disent non. Dans tous les cas, il est peu pro¬ noncé chez les Ruminants, le cochon et le porc-épic. Division en deux ou plusieurs faisceaux. — Le carré crural se dédouble parfois près de son insertion fémorale ; ses fibres postérieures Amut à l’insertion normale, c’est-à-dire à la ligne rugueuse qui, continuant l’interstice de la ligne âpre du fémur aboutit au tubercule postéro- inféi’ieur du grand trochanter (Poirier), tandis que les antérieures s’arrêtent à la ligne inter-trochantérienne. On trouve souvent entre ces deux plans une bourse séreuse. Janke dit qu’il a trouvé un carré crural, qui était composé de <( trente fasciculi ». (Janke. De capsulis tendinibus et articulationihus, Lipsiæ, 1753, p. 13.) Anatomie comparée. — J’ai noté la segmentation en deux corps du carré crural d’un chien abattu pour cause de rage. Cette disposition était sans doute une anomalie, car je ne l’ai plus rencontrée depuis, et elle n’a pas été signalée dans les Canidés par Girard, Ellenberger, Baum, etc. Chez les Anthroqooïdes du docteur Hepburn l’agencement était le suivant : chez le chimpanzé, Vorang et le gibbon, le carré crural s’insérait par un faisceau vertical à la surface postérieure du grand trochanter et par un faisceau horizontal à la ligne rugueuse qui se porte du petit au grand trochanter. Chez le gorille, le faisceau vertical était seul présent. ' Schwalbe et Pûtzner. ioc. cil., p. 472. - Le muscle décrit sous le nom de carré crural par Cuvier, dans V Oryctérope du Cap est le moyen adducteur. (Cuvier et Laurillard. AiZas d’anaC comj)., pl. LLCVI, fig. 1 et 3.) MUSCLES DE LA HANCHE 243 Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Kelly l’a vu envoyer un faisceau au corps charnu du demi-membraneux. Il peut être plus ou moins uni au jumeau supérieur ou au grand adducteur. Le carré crural a une direction transversale chez l’homme mais une direction oblique de haut en bas et de dedans en dehors chez les Quadrupèdes dont l’ischion est plus ou moins relevé par rapport au trochantin. Dans les Solipèdes et les Ruminants où il est très allongé et croise enX les obturateurs, les anatomistes vétérinaires le rangent même parmi les muscles de la cuisse. MUSCLES SURNUMÉRAIRES Le fémoro-coccygien ayant été décrit en même temps que les muscles du périnée, il ne reste plus à signaler ici que l’ischio-fémo- rien, le petit fessier antérieur ou scansorius et l’accessoire du petit fessier *. Ischlo-fémorien. . Syn. : Ischio-fémoral d’Alix et Gratiolet ; Faisceau ischiatique du grand fessier ; Ischio- fémorien de 'ùmeïnoy. Accessoire du grand fessier d’Is, G. Saint-Hilaire. Ce muscle est regardé par la majorité des anatomistes comme une dépendance du grand fessier. De même que le fémoi’o-coccygien il en est cependant quelquefois entièrement distinct. D’ordinaire le grand fes¬ sier recouvre la tubérosité ischiatique sur laquelle il glisse par l’in^ termédiaire d’une des bourses séreuses sous-fessières découvertes par Monro. Anormalement on voit se détacher de l’ischion une bande- ^ lette musculeuse qui se dirige en dehors, en longeant le bord inférieur du grand fessier, dans lequel elle va se perdre plus ou moins près du grand trochanter. M. le professeur Macalister a vu cette bandelette émaner à la fois de la tubérosité de l’ischion et du grand ligament sacro-sciatique. M. Testut a disséqué un sujet chez lequel l’ischio-fémorien, affec- * Le Double. Dix muscles nouveaux chez l’homme. {Bibliogr. anal., juillet 1898.) 244 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME tant les allures d’un muscle isolé mesurait à peine 8 millimètres. Dans un cas observé par M. Auvray il était remplacé par une arcade fibreuse très solide * . J’ai rencontré 6 fois ce muscle, 5 fois (3 fois chez l’homme et 2 fois chez la femme) il existait des deux côtés et s’unissait au bord infé¬ rieur du grand fessier à des distances variables. Chez une femme il provenait à la fois du grand ligament sacro-sciatique et de la tubéro¬ sité de l’ischion et, chez un homme, de la tubérosité de l'ischion et de la longue portion du biceps crural à sa naissance. Chez un autre homme il existait seulement du côté droit et était formé par un corps charnu de la grosseur du petit doigt, sous-jacent au bord inférieur du grand fessier dont il était absolument indépen¬ dant, et terminé en dehors par deux faisceaux dont l’un s’insérait sur la bifurcation externe de la ligne âpre du fémur et dont l’autre se per¬ dait dans le vaste externe ^ Anatomie comparée. — Ce faisceau a été disséqué chez le gorille par Duveimoy, Is. Geoffroy Saint-Hilaire et Deniker, chez le Chimpanzé d'Aubry par Alix etGratiolet, chez le Chimpanzé noir par MM. Champ- neys et Testut. M. Testut l’a vainement cherché chez Vorang. Duver- noy, Isid. G. Saint-Hilaire, Alix et Gratiolet, en ont fait un muscle spécial qu’ils ont appelé, le premier, M. ischio-fémorien, le second, M. accessoire du grand fessier, les troisièmes, M. ischio-fémoral. « Chez le fœtus et le jeune gorille, dit M. Deniker, l’ischio-fémoral du grand fessier n’est pas encore différencié en un muscle distinct comme chez le gorille adulte ; chez le gibbon il peut manquer \ » Des recherches des naturalistes précités il appert que l’ischio-fémo- rien peut chez les Anthropoïdes, de même que dans l’espèce humaine, être ou n’être pas différencié, provenir de l’ischion seul, ou de l’is¬ chion et du grand ligament sacro-sciatique ou de l'ischion et de la longue portion du biceps, et se terminer soit sur la bifurcation supé¬ rieure et externe de la ligne âpre et l'aponévrose fémorale, soit sur la bifurcation snpérieure et externe de la ligne âpre et le vaste externe. ' Auvi’aj'. Ballet, de la Soc. anal., mars 1896, p. 223. - Renie assure que, chez l’homme, les fibres les plus e.'cternes du grand fessier se rendent au vaste externe. ’ Deniker. toc. cil. suprà, p. 175. MUSCLES DE LA HANCHE 245 Petit fessier antérieur. Syn. : Quatrième fessier (Haugton) ; Seansorius (Traill) ; Petit fessier antérieur (Testut) ; Êpiméral (Strauss-Durckheim) ; Fessier marginal ; Invertor femoris. C’est un faisceau musculaire, plus ou moins large et épais, situé en avant du petit fessier dont il est parfois entièrement indépendant et qui a été découvert chez l’homme par Haughton* et chez \&s Anthro¬ poïdes par Traill 11 naît de la face externe de l’ilium, près de son bord marginal antérieur, en dehors du tendon direct du muscle droit antérieur de la cuisse, entre l’épine iliaque antérieure et supérieure et la demi-circonférence supérieure du sourcil cotyloïdien et se termine, en bas, sur le bord antérieur du grand trochanter. - Anatomie comparée. — Découvert par Traill chez le chimpanzé^ le seansorius a été décrit dans Yorang par Bischoff et par Hepburn dans les quatre Anthropoïdes^ mais seulement bien différencié dans le chimpanzé et Yorang. Voici ce qu’en dit M. Deniker® ; « Le muscle seansorius se rencontre à tous les degrés de développement chez l’homme comme chez les Singes Anthropoïdes depuis l’état d’un fais¬ ceau à peine distinct (chez les chimpanzés disséqués par Champneys, Macalister et Bischoff, et chez mon jeune gorille') jusqu’à celui d’un muscle tout à fait indépendant (chez les orangs disséqués par Henke et Langer^ chez le gibbon par Bischoff et chez mon fœtus de gibbon). Parfois, comme chez l’homme, ce muscle peut manquer [gorille de Duvernoy, de Bischoff et de Macalister). » Le même anatomiste ajoute plus loin que « le seansorius est peu développé et manque (3 fois sur 6) chez le gorille ». Je note pour mémoire que ce muscle a été signalé par Meckel, dans Y hyène; par Laurillard chez \ÿ. panthère; par Alix, dans Yaye-aye., le tigre, le lion, YUrsus Labiatus; par Strauss-Durkheim dans le chat [M. épiméral) ; par Young dans la civette ; par Bischoff, dans le cyno¬ céphale, \e, cercopithèque, le macaque; etc. 1 Haughton, cité par Ilyrtl, Trait, di anal, dell’uomo, trad. ital., p. 399. * Traill. Memoirs of the Wernerian Natural Hislory Society, vol. III, p. 29. ^Deniker. Loc. cit. suprà, p. lo7 et 175. 246 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Le scansorius doit-il être rattaché au muscle iliaque ou aux muscles fessiers ? Pour M. Testut, il convient d’assimiler d’une façon complète le petit fessier antérieur àM petit iliaque ào, {iléo-capsulo-lrochantérien de Cruveilhier, ilio-capsularis de Harrison, voy. M. iliaque). « L’un et l’autre représentent la portion extra-pelvienne du muscle iliaque qui est descendue chez nous, dit-il, à un degré d’atrophie extrême, mais qui est tout aussi développé que l’interne et peut exister seul dans quelques espèces animales [Kangourou., Lièvre., Chéiroptères). « Examinons les choses de près : Le scansorius s’attache le plus communément à la partie supérieure et externe du grand trochanter et le petit iliaque à la partie inférieure et interne de ce même trochanter. ,11 est presque toujours uni au petit fessier et presque jamais au muscle iliaque. 11 est innervé comme le petit fessier, par le nerf fessier supérieur, aussi bien chez les Anthropoïdes que chez l’homme*. MM. Macalister et Gunther ont décrit sous le nom de scansorius des faisceaux de fibres du moyen fessier fixés au grand trochanter. A propos du muscle capsulaire de la hanche des Animaux domes¬ tiques (l’homologue de Viléo-capsido-trochantérien de l’homme), M. Lesbre a écrit ; « Nous ne saurions partager l’opinion de M. Testut qui l’assimile au scansorius ou 4'* fessier ; il équivaut plutôt au petit iliaque du Winslow ou iléo-capsidaire de Harrison, muscle qui existe chez l’homme dans le plus grand nombre des sujets » Enfin, M. Deniker déclare que, « contrairement à l’opinion de M. Testut, on ne peut identifier le scansorius avec l’accessoire de l’iliaque chez le gibbon, où les deux muscles coexistent ». « On pourrait être disposé chez cet Anthropoïde à le considérer comme un faisceau accessoire du psoas iliaque, remarque aussi Bis- choff ; il en est séparé par le tendon aplati du muscle droit antérieur de la cuisse. » Pour toutes ces raisons, je rejette complètement les conclusions de ‘ Ce mode d’innervation a été constaté chez le Troglodytes niger par Chanipneys et chez deux hommes par moi. 2 Leshre, loc. ait., p. 14t. M. Lesbre appelle Viléo-capsulo-trochantérien m. capsulaire de la hanche, parce que, d’après lui, chez les animaux il est à la hanche l’homotype du jH. capsulaire de l’épaule (voy. M. court coraeo-brachial). Quant au scansorius que le même anatomiste propose de décrire isolément sous le nom de petit rond de la cuisse, il représenterait au membre inférieur, le petit rond du membre supérieur. MUSCLES DE LA HANCHE 247 M. Testut et rattache avec MM. Macalister, Giinther, BischofF, Lesbre et Deniker, le scansorius aux muscles fessiers. Accessoire du petit fessier. A trois reprises différentes et constamment des deux côtés (2 fois chez rhomme et 1 fois chez la femme), j’ai rencontré au-dessous du petit fessier, mais entièi’ement indépendant de lui, un faisceau muscu¬ laire que je propose d’appeler accessoire du petit fessier. Dans les trois cas que j’ai observés de ce faisceau anormal, les autres muscles fes¬ siers étaient normaux. Dans ces trois cas, l’accessoire du petit fessier, recouvert entièrement par le petit fessier dont il longeait la partie profonde du bord supérieur, était innervé par le nerf fessier supérieur. En bas, il était régulièrement attaché sur la capsule de l’articulation de la hanche. C’est sur l’homme, en 1879, que j’ai noté la première fois la présence de cette malformation. En 1882, M. le professeur Macalister, auquel j’avais fait part quelque temps auparavant de ma découverte, m’a annoncé qu’il venait d’observer le même corps charnu accidentel auquel il me proposait de donner le nom de cinquième fessier. Ce nom pourrait, en effet, être logiquement accepté. Le 6 mars 1896, M. Bouglé, prosecteur de la Faculté de médecine de Paris, a décrit également un muscle surnuméraire de la région fes- sière, qu’il rattache au jumeau supérieur, mais qui me paraît plutôt devoir être rattaché aux muscles fessiers *. Le petit fessier accessoire, qui n’est qu’une dépendance du petit fessier ainsi qu’en témoigne son innervation par le nerf fessier supé¬ rieur, n’est pas spécial à l’homme. Le petit fessier du chimpanzé dissé¬ qué par M. Champneys était constitué par 4 faisceaux : deux faisceaux antéro-postérieurs, un faisceau profond (5® fessier) et un scansorius (4® fessier). « Le faisceau profond, large d’un qnart de pouce et long de deux pouces, provenait de la partie extei’ne de l’os iliaque, au-des¬ sus de l’insertion ischiatique des fibres les plus élevés du ligament saci’o-sciatique, et se fixait en bas au boi’d interne du grand trochan¬ ter. » Dans le chimpanzé du docteur Hepburn, la disposition était la la même, tandis que, dans le gorille du même anatomiste, le petit fes¬ sier était constitué par deux faisceaux juxtaposés dans le sens antéi’O- postérieur et par un scansorius. Tous les anatomistes anglais recon- ‘ Bouglé. Bullet. de la Soc. anat., 1896, fasc. 6, p. 171. 248 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME naissent, au surplus, que le petit fessier est le muscle de la fesse qui est le plus sujet à la « fission et à la reduplication ». Sous le nom abducteur trochantérien, M. Lesbre a décrit ‘ chez les Solipèdes, \&porc, le lapin, le chien, le chat, etc., un muscle jeté sur le plan supérieur de l’articulation coxo-fémorale, de la crête sus-coty- loïdienne ou épine sciatique au revers interne du trochanter. « Bien que ce muscle soit souvent uni, dit le savant professeur d’anatomie de l’Ecole vétérinaire de Lyon, au fessier profond ou au scansorius , nous ne pensons pas qu’on puisse lui refuser l’antonomie, d’abord parce qu’il peut manquer alors que le fessier profond existe toujours, en second lieu parce que ce dernier est susceptible de contracter une union tout aussi intime avec le fessier moyen. » L’abducteur trochan¬ térien dans lequel M. Lesbre voit, à la hanche chez les Mammifères domestiques, l’homologue de l’abducteur trocliitérien de l’épaule, (voy. M. sous-épineux), est appelé M. fessier profond par tous les autres vétérinaires français. ’ Lesbre. hoc. cit. supra, 140. MUSCLES DE LA CUISSE RÉGION ANTÉRO-EXTERNE COUTURIjER Absence. — Elle a été notée sans détails par Meckel, le célèbre professeur de Halle. (Meckel. Handbuch der menschlichen Anatomie^ I, c.) , Anatomie comparée. — D’après M. Humphry le couturier manquerait chez le pteropus\ et, d’après Meckel, les professeurs Macalister et Mai¬ sonneuve, chez la chauve-souris. Meckel n’a pas pu le trouver d’une façon distincte dans le castor. Wiedemann n’en fait pas mention dans sa myologie de cet animal Variations de volume et de direction. — Horner l’a vu beaucoup plus large chez un nègre. Chacun des deux couturiers, droit et gauche, d’une Angolaise que j’ai disséquée il y a huit ans, était doublé de volume. Quain a signalé un cas où le couturier croisait la cuisse plus en travers que d’ordinaire. Anatomie comparée. — « Le couturier a perdu chez l’homme les rapports qu’il affecte chez les autres Mammifères en même temps que ' Humphry. Journ. of anal, andphys., mars 1869, p, 309. * Wiedemann. Arehiv. für Zoologie, IV, 1. 250 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME son volume s’est réduit. Même chez les Singes Anthropoïdes, il est beau¬ coup plus développé que chez l’homme (Gegenbaur ‘). Dans le loris il est presque le plus fort muscle de la cuisse, en môme temps qu’il est plus court que les fléchisseurs et les extenseurs. Cette brièveté, jointe à une disposition spéciale des autres fléchisseurs, fait que la jambe de ces Quadrumanes est toujours fléchie et tournée en dedans (Meckel). Le coati, le raton, Y ornithorynque et le fourmilier ont un couturier très large. Intersection tendineuse dans le corps charnu. — « Dans certains cas, dit Meckel, les libres du couturier sont interrompues par un tendon intermédiaire considéi’ahle et solidement unies à l’aponévrose fascia lata. » Ce tendon intermédiaire a une structure essentiellement variable : tantôt il est représenté par une intersection aponévrotique linéaire analogue à celle que l’on rencontre dans les muscles droits antérieurs de l’abdomen, complexus, sterno-hyoïdiens, etc. (HyrtP) ; tantôt, ainsi que l’ont observé Gegenbaur, Kelch** et W. Gruber, par un cor¬ don fibreux plus ou moins long [M. sartorius digastricus de W. Gru¬ ber*). M. Macalister a vu une fois une intersection fibreuse du cou¬ turier qui adhérait à l’aponévrose du triceps. Duplicité. — Trois cas peuvent se présenter : A) Dans une première variété, les deux couturiers entièrement dis¬ tincts ont la même longueur et sont insérés, l’un à côté de l’autre, en haut, à l’os du bassin, en bas, au tibia. J’ai trouvé en 1881 cette malformation sur une vieille aliénée®. Des dispositions de ce genre ont été signalées par Joh. Christian Rosenmüller®, Otto’, Gantzer®, Pi’enant. B) Dans une seconde variété, le couturier supplémentaire, situé en ' Gegenbaur. Traité, d’anat. hum., trad. franc, de Ch. Julin, p. 478. - Hyrtl. Lehrbuch der Anal, des Menschen, XIV. Auflage. Wien, 1878. S. 523, u. in früheren Auûagen. ’’ W. G.Kelch. Beitrage sur patholog. Anatomie. Berlin, 1813, 8°. S. 42, art. XXXV. ‘ W. Gruber. Beobachlungen, etc. IX Heft. Berlin, 1889, p. 43 et suiv. Le Double. Bidlet. de la Soc. d’anthrop. de Paris, t. Il, 4® série, 4® fase., 1891, p. 792. “ Rosenmûller. De nonnullis musculorum corporis humani varie latibus. Dissertatio Lip- siæ, 18U4, in-4», p. 7. ’ Otto. Seltene Beobachlungen a. d. Anat., phys. u. pathol., I Heft. Breslau, 1816, in-l», S. 92. ® Gantzer. Dissertatio varielates musculorum sistens. ^Beïolim, 1813, 8. MUSCLES DE LA CUISSE 251 dedans ou en dehors du couturier bien conformé dont il est, du reste, encore entièrement séparé, se fixe, en haut, à l’épine iliaque antérieure et supérieure ou près de cette épine, et en bas, soit (a) sur le fémur (Meckel)*, {b) sur l’aponévrose d’enveloppe du vaste interne, (c) la paroi antéi’ieure du canal de Hunter (Macalister, communication écrite) {d) ou sur la partie interne de la capsule du genou. De toutes ces dernières anomalies, la plus fréquente est celle qui consiste dans l’insertion du couturier accessoire sur la partie interne de la capsule du genou. Elle a été rencontrée 1 fois, en 1886, par M. H. Bergeron^ 2 fois par le professeur Macalister, de Cambridge, dont une fois, en 1879, au Trinity college de Dublin sur un nègre (communication orale). Je possède deux moulages de cette malformation, pris l’un en 1882, sur un homme, l’autre en 1884, sur une femme. De plus j’ai observé antérieurement, en 1878, sur un individu de cinquante-deux ans, deux couturiers droits, dont l’un, le plus interne, se perdait à mDcuisse sur l’aponévrose d’enveloppe du vaste interne. C) Dans une troisième variété, les deux couturiers sont partiel¬ lement unis. En 1890 j’ai trouvé, sur un enfant mort de méningite, le couturier droit et le coutui’ier gauche constitués, chacun, par deux lames contractiles parallèles mais fusionnées en haut et en bas. Le 25 janvier 1891, un de mes élèves, M. Sabathé, a découvert sur la cuisse droite de la nommée B. Agnès, décédée à l’âge de trente- huit ans à l’asile des aliénés de Tours, un couturier analogue au pré¬ cédent. Très élargi à sa partie moyenne, ce couturier se divisait à deux travers de doigt au-dessus de l’articulation fémoro-tibiale en deux chefs qui se réunissaient (un peu au-dessus de l’insertion tibiale) à un tendon commun pour la patte d’oie. Cette bifurcation qui n’exis¬ tait, je le répète, qu’à droite, mesurait 6 centimètres environ : le chef antérieur avait à peu près 1 centimètre de largeur et le chef posté¬ rieur 3 centimètres. Mon prosecteur, M. Barnsby, a moulé cette pièce que j’ai présentée à la Société d’anthropologie dans la séance du 17 décembre de la même année. M. Chudzinski a observé une disposi¬ tion analogue chez un des nègres qu’il a disséqués. Anatomie comparée. — Le dédoublement du couturier est assez rai*e dans les espèces animales. 11 a été noté pourtant par MM. H, Young et ' Meckel. De duplicitate monstrosâ Commeiitarms.lïaltn etBerolini, ISlofin-l'ol., p. 407: Handbuch d. pathol. Anat., Bd. II., Abthl. I. Leipzig, 1816, S. 31. ^ H. Bergeron. Bullet. delà Soc. anat. de Paris. Sér. II, t. XL Paris, 1866, p. 2. VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE UHOMME A. Robinson dans V Hyœna sti'iata et YHyœna crocuta, et par MM. W. Ellenberger et H. Baum, dans le chien. Dans V Hyène striée., le couturier surnuméi'aire s’unit au droit antérieur de la cuisse et constitue par conséquent un des éléments de l’extenseur de la jambe *. Dans le chien, le couturier forme un ventre charnu qui ordinai¬ rement se divise assez nettement en deux chefs : ces deux chefs se touchent par leurs bords et sont rarement séparés d’une façon complète l’un de l’autre ; ils s’étendent, depuis la palette de l’ilion jusqu’à l’ex¬ trémité proximale de la jambe. Le chef externe se termine par un large tendon dont une partie s’attache sur la rotule , et l’autre se soude avec le tendon du chef interne. Le chef interne se jette sur une lame aponévrotique qui se divise en deux faisceaux dont l’un se fusionne avec les tendons du droit interne et du demi-mem- hraneux, ainsi qu’avec le tendon du chef externe et se confond avec le fascia de la cuisse et le fascia lata, tandis que l’autre va s’attacher sur la face interne de l’extrémité proximale du tibia. Variations des insertions et connexions plus intimes avoo les musoles voisins. — Ainsi que divers anatomistes, j’ai disséqué des couturiers dont les fibres naissaient de l’arcade fémorale. Mais je n’ai jamais noté, comme le professeur Macalister, l’insertion supérieure du cou¬ turier à l’aponévrose du tenseur du fascia lata ou à l’aponévrose cru¬ rale. Le couturier peut se terminer soit [a] sur l’aponévrose fémorale, {b) sur la portion interne de la capsule du genou, (c) sur le fémur au niveau ou un peu au-dessus du condyle interne. En 1893 j’ai vu, chez une femme, un faisceau musculaire plat de la largeur du petit doigt se détacher du couturier droit en avant du canal de Hunter, et aller se perdre, par une aponévrose nacrée très courte, sur la face interne du tihia, à 10 centimètres et demi au-dessous des tendons de la patte d’oie. Anatomie comparée. — Le couturier de la marmotte descend de l’arcade crurale. M. Galton nous apprend que chez le Dasypus sex- cinctus, le couturier est un muscle très petit, provenant de la partie externe du petit psoas, à un demi-pouce au-dessus de l’insertion de ce dei’nier, et qui se perd dans le fascia aponévrotique qui couvre la * H. Young et A. Robinson. 3ourn. of anal, and phys., vol. XXIII, new ser., vol. III, 2* partie, 1889, p. 195. ' MUSCLES DE LA CUISSE 233 face interne du genou et de la jambe. Il semblerait, dit l’anatomiste anglais, être, chez les animaux de l’ordre auquel appartient le Basy- piis sexcinctus , une espèce de tensor fasciæ femoris interniis^. Suivant le même savant, le couturier de V Orycteropus Capensis naî¬ trait de l’éminence ilio-pectinée et se terminerait à la fois sur l’apo¬ névrose du muscle vaste externe et sur celle du droit antérieur^. Une planche de Y Atlas Cuvier confirme cette description® ; d’api-ès Humphry, cependant, le couturier de V Orycteropus Capensis n’aurait aucune connexion avec l’ilium et émanerait des dernières côtes Au dire de Krause le couturier du lapin proviendi’ait du fascia de l’oblique externe de l’abdomen, au niveau du ligament de Poupart®. Le couturier du po?’c s’insèi’e en haut sur l’éminence ilio-pectinée (Lesbre) . Le chimpanzé a un couturier qui dépasse en avant la crête iliaque et empiète sur l’arcade de Fallope (Champneys)®. Ce muscle a pour origine des faisceaux adhérents à l’aponévrose fémorale chez Yélé- phantdes Indes (Miall et Greenwood)’ . Nous avons noté la terminaison, sur les diverses parties consti¬ tuantes de la cuisse et de la jambe, du couturier dédoublé de Vhyène et du chien. Chez le chameau, le couturier court, épais, muni d’un long tendon, passe en avant de la rotule pour aller se fixer sur la tubérosité anté¬ rieure du tibia ; chez le koala (Young), il s’insère sur le tendon du triceps et l’aponévrose jambière ; chez la civette, sur la rotule et le tibia (même auteur) ; chez le phoque (Meckel et Humphry), sur le bord supérieur de la rotule ; chez le porc, sur le ligament rotulien interne de l’aponévrose jambière (Lesbre). Dans Vours brun d' Amérique , M. le pi'ofesseur Testut, de Lyon, l’a vu s’attacher, en bas, sur toute la lon¬ gueur du ligament rotulien et sur le tendon d’insertion du droit interne. Chez le chimpanzé, l’anatomiste lyonnais a vu également ce muscle se fixer sur la rotule et le tibia en même temps que sur l’apo¬ névrose jambière L * Galton. The muscles of the fore and hind limbs in Dasypus sexcinctus. Redd, june 4 th., 1868, p. 553. * Galton. The myology of the upper and lower extremities of the Orycteropus Capensis^ iiiin 1868, p. 593. ^ Cuvier et Laurillard. Atlas d'anat. comp., pl. CCLV et CCLVI, fig. 4. * Professeur Humphry. hoc. eit. suprà, p. 311. “ Krause. Die Analomie des Kaninchens. Leipzig, 1868, p. 116. “ Champneys. Journ. of anal, andphys., nov. 1878, 1871. ’ Miall et Greenwood. Journ. of anat. and phys.-, p. 277. * Testut. Traité des anom. musc., p. 606. 25 i. VARUÏIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMUE Chez les Anthropoïdes le couturier ne se termine pas, en effet, comme chez l’homme, sur le tibia en dedans de la partie inférieure de la tubé¬ rosité tibiale, mais descend au delà de celle-ci. <£ Chez le gorille, dit le professeur Hartmann*, il a trois chefs dont l’un s’insère sur le fascia jambier, tandis que les deux autres, se fixent sur la crête médiane du tibia. Chez le chimpanzé et le gibbon ce muscle se prolonge également assez bas. Chez Vorang, il ne se prolonge pas autant. » Faisceaux surnuméraires. — Le couturier peut recevoir dans un point quelconque de son trajet un faisceau de renforcement émanant du bassin [muscidus sartorius biceps de W. Gruber, m. couturier à deux têtes des anatomistes anglais) ou des parties voisines de l’articulation du genou (niusciilus sartorius bicaudatus de W. Gruber). Lorsque le couturier est bifide supérieurement le faisceau surajouté peut se détacher [a) de l’échancrure qui est placée au-dessous de l’épine iliaque antéro-supérieure (incisure semi-lunaire) {b) de l’épine iliaque antérieure et inférieure ; (c) de l’éminencc ilio-peeèinés [d) de l’arcade ci’urale, etc. Des cas de ce genre ont été observés par Huber % les pi’ofesseurs Macalister ® et Gruber M. G. S. Brock ° a publié, en 1879, l’observa¬ tion d’un couturier à deux têtes, disséqué à l’Université d’Edimboui’g. Le muscle couturier, conforme à la description classique dans sa partie inférieure, « se divisait en haut, dit Brock, en deux faisceaux; l’un d’eux [faisceau externe) venait se fixer, comme le tendon du muscle normal, sur l’épine iliaque antéro-supérieure ; l’autre [faisceau interne ou accessoire) s’en écartait dès le tiers inférieur de la cuisse, gagnait le côté interne du psoas iliaque et venait se terminer sur l’éminence ilio-pectinée, entre ce dernier muscle et le pectiné. » Un de mes élèves, M. Bourgougnon, a découvert exactement la même disposition, en 1883, sur la femme Lh..., aliénée démente. En plus d’un dessin au trait, voici la note qu’il m’a donnée à cette époque : « Muscle satellite du couturier, allongé très grêle (la partie la plus * llartmana. Comparaison de l’homme et des singes anthropoïdes, cit., p. 132. - Huber. Actaphys. — Medicanaturæ curiosorum, vol. X, Norimbergæ, 1754, 4°, p. 114, art. 11 (Casell Halam Missa, 1752). “ Alex. Macalister. Proc, of the Roy. Irish aeademy. cit., p. 109. * W. Gruber. toc. cit. suprà, p. 144 et suiv. « Brock. Joum. of anaf. and phys. 1879, p. 578. MUSCLES DE LA CUISSE 255 volumineuse n’atteint pas la grosseur du petit doigt) ; accompagne le muscle couturier dans toute son étendue excepté à la partie supé¬ rieure. « Insertions ; en haut, en arrière de l’échancrure ilio-pectinée, par un tendon très étroit et très mince. En bas, le tendon se continue avec celui du couturier et contiâbue à former la patte d’oie. » Lorsque le couturier est bifide inférieurement le chef surnuméraire peut émaner [a] de l’aponévrose fémorale ; (ô) de la portion interne de la capsule du genou ; (c) du fémur, au niveau et un peu au-dessous du condyle interne ; [d) de la base de la rotule ; (e) du ligament rotu- lien. Des cas de ce genre ont été observés par Th. Sœmmerring \ C.-H. Hallett^, Horner Souligoux W. Gruber. Au mois de février 1883, le professeur Testut, de Lyon, a observé la disposition suivante : le couturier se détachait en haut de l’épine iliaque antéro-supérieure par un tendon unique, large de 1 centimètre. Les faisceaux charnus qui faisaient suite à ce tendon constituaient un corps musculaire aplati, large de 35 millimètres, lequel ne tardait pas à se diviser en deux faisceaux distincts : 1" l’antérieur, également rubané et large de 1 centimètre environ, se portait de haut en bas et de dehors en dedans, se séparait nettement du faisceau postérieur, au niveau du condyle interne et se terminait sur la portion de l’aponévrose fémorale qui recouvre cette tubérosité osseuse ; 2° quant au faisceau postérieur, il continuait le trajet du muscle normal et venait s’insérer sur l’extrémité supérieure du tibia, où il contribuait à former la patte d’oie ^ Anatomie comparée. — L’histoire du couturier, dans la série animale, mérite d’être connue. Elle éclaire d’un jour nouveau l’étude des varia¬ tions des insertions supéi’ieures et inférieures du couturier humain et des faisceaux surnuméraires qu’il présente. « Il existe dans les Anoures, dit Lannegrâce un muscle assez puis- ‘ « 'Nonnunquam ab inferiore parte sartorii, exiguiis separatas fasciculus invenilur », dit Sœmmerriag. De corporis humani fabricâ, t. III. Trajecti ad Mænum, 1796, p. 29i ; deutsche Ausgabe, 1800. S. 349. MI. Hallett. The Edinburgh medic. and surg. Journ., vol. I", 1848, p. 20. ^ Horner. Steht nur nichl x,ur Verfügung. ^Souligoux. Bail, delà Soc. anal., décembre 1895, p. 661. “ Testut. TraiL des an. musc. ° Lannegrâce. Myologie comp. des mmnbres, thèse Montpellier, 1878, p. 37. 286 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME sant que j’ai désigné sous le nom de pubio-tibial antérieur ; ce pubio- tibial relie une épine du pubis placée immédiatement au-dessus de l’articulation coxo-fémorale, à la tubérosité antérieure du tibia ; le tendon inférieur de ce muscle se fusionne avec celui de l’ilio-tibial (portion aponévrotique du grand fessier et tenseur du fascia lata réunis) et renforce en avant la capsule du genou. « Dans les Chéloniens et les Lacertiliens, ce muscle pubio-tibial anté¬ rieur conserve sa puissance et son rôle extenseur, et, à priori, on serait tenté de le considérer comme le droit antérieur de la cuisse. Mais dans les Oiseaux, on le voit devenir excessivement grêle, et glisser par son tendon inférieur vers la face interne de l’articulation fémoro- tibiale, tout en conservant ses attaches supérieures à l’épine du pubis, au-dessus de l’acétabulum. « Dans les Mammifères il ne se fixe plus au pubis. Chez les Ongulés et les Rongeurs il apparaît sous la forme d’une bande longue, étroite, insérée, en haut, par une lame conjonctive nacrée sur la face infé¬ rieure du fascia iliaca, et, en bas, par une aponévrose sur le ligament rotulien interne et la face interne de la jambe. Chez les Carnassiers, il s’insère supérieurement à l’angle externe de l’iléon, et se divise généralement en deux branches, dont l’antérieure se rend à la face intérieure du genou, tout comme chez les Oiseaux, tandis que la pos¬ térieure se confond avec le droit intei’ne. Dans diverses espèces il a deux branches à son origine, l’une partant de l’épine iliaque, l’autre de l’arcade crurale . » L’observation des diverses modifications subies par le couturier dans la série des Vertébrés permet donc de conclure que ce muscle est primitivement pubien et extenseur, que ce n’est que dans les Mammi¬ fères qu’il devient iliaque et fléchisseur, que la transition entre le couturier pubio-tibial extenseur et le couturier ilio-tibial fléchisseur est établie par les couturiers à deux têtes. Les recherches du professeur Humphry sur l’embi'yogénie des muscles viennent à l’appui de ces propositions. « Le tenseur du fascia lata et le couturier sont, à la hanche, avance M. le professeur Humphry, les homologues du deltoïde de l’épaule. Ils sont séparés de l’oblique externe par l’aile de l’ilium comme le del¬ toïde l’est du trapèze par l’épine du scapulum. « De même le droit interne, qui est attaché au bord pré-axial du membre postérieur, correspond au grand pectoral qui a des insertions identiques au membre antérieur et le grand fessier, qui est fixé au bord MUSCLES UE LA CUISSE 2S7 post-axial du membre pelvien et uni au muscle couvrant la face dor¬ sale du premier segment de ce membre [m. quadriceps), est une répé¬ tition sériale du grand dorsal qui a les mêmes connexions avec le membre thoracique et le muscle qui est en contact avec la face dorsale du premier segment de ce membre. Le couturier et le droit intei’ne sont plus distants l’im de l’autre, il est vrai, que le deltoïde et le grand pectoral*, mais l’intervalle qui les sépare est comblé par l’aponévrose d’enveloppe ou par des fibres de l’oblique externe avec lesquels ils forment une masse musculeuse indivise dans quelques espèces infé¬ rieures, et ce qu’on nomme le ligament de Poupart est probablement un vestige du septum pelvien. Ce ligament ossifié est l’homologue de la clavicule. Et l’os marsupial, qui résulte de la transformation d’un cartilage contenu dans la partie la plus profonde de ce septum, corres¬ pond au noyau épiphysaire de l’extrémité sternale de la clavicule. » Plus loin M. Humphry, revenant sur la memequestionajoute : « Le cou¬ turier qui, chez quelques animaux {iinau et ai), est, comme le deltoïde, inséré sur le bord pré-axial du premier os du membre, se prolonge communément jusqu’au second os. En d’autres termes le couturier qui se termine d’habitude sur le tibia s’arrête exceptionnellement au fémur®, tandis que le deltoïde ou un de ses faisceaux qui ne dépasse pas d’ordinaire l’humérus se perd quelquefois sur le {onjcteropiis). Le couturier peut (chez le lapin, par exemple) se prolonger le long du ligament de Poupart jusqu’au droit interne comme le deltoïde peut se prolonger le long de la clavicule pour se réunir au grand pectoral. Cela est cependant i*are et l’espace qui sépare les deux muscles au pli de l’aine où il n’y pas de point d'appui'^ pour une action musculaire, est le plus souvent comblé par un [ascia. Ce fascia est le septal représentative des portions claviculaires du pectoral, du deltoïde et du trapèze, et le ligament de Poupart est serial septal représentative de la clavicule L » Ce qui est hors de doute, c’est que le sartorius biceps et le sartorius bicaudatus de l’homme se renconti'ent dans la série animale. A l’ahattoir de Tours j’ai constaté que chez le bœuf le couturier a deux branches à son origine ; l’une s’insérant sur l’épine iliaque, * Le professeur Humphry ajoute ; « Dans le lapin le couturier, qui provient du ligament de Poupart, est uni au droit interne. — Dans Vai, le manis, le porc et plusieurs autres Mam¬ mifères le couturier et le tenseur du fascia lata se continuent avec le fessier. » ® « Le couturier descend quelquefois [hippopotame) sur la partie moyenne de la cuisse jusqu’à la rotule où il se fixe. » (Humphry.) = En français dans le texte. Humphry. Observ. Myology, cit. p. 6-2, 88, 140 et 149. 258 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME l’autre sur l’arcade crurale, et chez le chevreau deux branches dont l’une vient de l’épine iliaque antérieure et supérieure et l’autre de l’éminence ilio-pectinée. Dans le cheval (Chauveau et Arloing) le long abducteur de la jambe, qui est l’homologue du couturier de l’homme, est logé en partie dans l’abdomen, et s’insère sur le fascia iliaca, à côté du tendon du petit psoas. D’après M. Humphry (^myology of oryc- teropus and phoca, hxJourn. of anat. andphys., mai 1868, p. 311'), il s’élèverait encore davantage dans \ or^jcLeropus et s’attacherait à la dernière côte. Le couturier des Ormlhodelphes est exclusivement composé par ce faisceau pelvien, ou bien coexiste avec un faisceau iliaque. Chez Y hippopotame, ainsi que l’ont noté Alix '■ et Humphry, le cou¬ turier est formé aussi par deux faisceaux : l’un, situé en dehors du psoas, vient de l’épine iliaque antérieure et supérieure; l’autre, situé en dedans du psoas, vient de l’intérieur du bassin. N’est-ce pas la repro¬ duction exacte des cas observés dans l’espèce humaine par M. Brock et par M. Bourgougnon, mon élève? Selon Meckel ® le couturier ne naît pas de l’ilion dans Y aï , mais seulement de la région inférieure de l’aponévrose du grand oblique de l’abdomen. Non loin de son origine il se divise en deux fais¬ ceaux principaux, dont le premier s’attache par un chef unique à la face interne du fémur, au-dessus du condyle interne, et le second par deux chefs distincts à la face interne du tibia au-dessus du droit interne. Bien que l’éditeur de la seconde édition des leçons de Cuvier” affirme que, chez Yaï, le muscle en question se détache de l’os iliaque et non de l’aponévrose du muscle grand oblique de l’abdomen, l’assertion de Meckel est exacte. Elle a été confirmée par divers zoolo¬ gistes, et en 1869 encore par le professeur Humphry C TENSEUR DU FASCIA LATA Absence. — Elle a été signalée par le professeur W. Gruber =. ’ Alix. Société philomathique de Paris, 1875, p. 45. ‘ Meckel. Anat. comp., t. XI, p. 399. 3 Cuvier, vol. I, p. 519. ' Humphry. Journ. of anat. andphys., 1869. '• W. Gruber. Virchov)'i Areh., 1881, Bd. LXXXVI,S. 25-27. MUSCLES DE LA CUISSE 259 Anatomie comparée. — « Malgré mes rechei’clies réitérées, dit Meckel, je n’ai pas pu trouver le muscle tenseur de l’aponévrose crurale dans le mongous ordinaire [Lenitirmongos] et le Mongous à front blanc [Lemur albifrons) . » Il est remplacé faiblement dans le premier par une bande¬ lette mince, située en dehors du couturier, et qui s’étend du peaucier latéral à l’aponévrose crurale. Mais dans le Morugous à front blanc, il n’y a pas même une trace de cette bandelette. Meckel n’a pas non plus rencontré le muscle en question dans les Sarigues ni les Fourmi¬ liers Sauf dans Yorang où il est excessivement réduit et manque même complètement, le tenseur du fascia lata est puissant et large chez tous les Anthropoïdes Division en plusieurs faisceaux. — M. Testut a observé deux fois la seg¬ mentation du tenseur du fascia lata en deux faisceaux. Dans le premier cas l’interstice séparatif ne commençait qu’à 2 centimètres au-dessous de l’épine iliaque antéro-supérieure. Dans le second cas, l’interstice séparatif se prolongeait dans toute la longueur de la cuisse Le pro¬ fesseur Macalister a trouvé, et j’ai trouvé cette scission du fascia lata en deux et même trois faisceaux L Anatomie comparée. — Le muscle tenseur du fascia lata du Troglo¬ dytes Aubryï « se compose de dix à douze faisceaux arcifoi’mes à conca¬ vité inférieure, placés dans l’épaisseur de l’aponévrose dans la partie moyenne de l’espace qui sépare du grand ti’ochanter l’épine iliaque antérieure et supérieure et séparés les uns des autres par de petits espaces de tissu fibreux ^ . Chez le cheval il comprend : 1“ une portion charnue, flabelliforme, revêtue sur ses faces de fibres tendineuses et attachée en haut sur l’angle externe de l’ilium ; 2° une aponévrose dite fascia lata , continue avec le bord inférieur de la portion charnue, et divisée bientôt en deux feuillets superposés, l’un superficiel, l’autre profond. Variations des insertions. — Pour moi le muscle dont il s’agit se fixe en haut : 1" à l’épine iliaque antérieure et supérieure; 2" à la partie ' Meckel. Anal.nomp., t. VI, p. 407, 408. ° Hartmann. Compamison de l’homme et des singes anthropoïdes, cit. p. 133. “ Testut. Traité des an. musc., p. 615. * Macalister. Cat. cit., p. 109. “ Aü.k et Gratiolet. hoc. cit., p. 189. VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME antérieure de la lèvre externe de la crête iliaque ; 3“ à l’aponévrose du moyen fessier ^ Les fibres charnues provenant de ces divers points ont une longueur très variable . D’ordinaire elles se terminent vers le quart supérieur ou la moitié de la cuisse, mais je les ai vues se pro¬ longer jusqu’au niveau du condyle externe du fémur. Ce sont là des modes de conformation dont on trouve la répétition dans la série animale, et qu’explique le mode de développement de ce faisceau. Connexions plus intimes avec le grand fessier. — (Voy. ce muscle.) Faisceaux surnuméraires. — Le fascia lata reçoit quelquefois un faisceau de renforcement pi’ovenant soit {a) du ligament de Poupart, [b] de l’aponévrose abdominale, (c) du ligament ilio-tibial. Anatomie comparée. — L’interprétation que nous avons donnée des connexions anormales du couturier de l’homme avec l’aponévrose abdo¬ minale, l’arcade crurale, etc., est applicable au fascia lata qui n’est qu’un faisceau de ce muscle. Chez le chien, le chat et la plupart des Carnassiers il présente, du reste, un faisceau surnuméraire antérieur, épais et long, confondu en dedans avec le long adducteur de la jambe et étendu verticalement de l’angle externe de l’ilium à la rotule sur laquelle ce faisceau, s’insère par une courte aponévrose. Dans le daman le fascia lata recouvre tout l’ilium, et dans le 'phoque où il naît de la partie inférienre du grand oblique de l’abdomen et du peaucier, il est aussi fortement développé. Selon Duvernoy, chez le chimpanzé ce muscle s’attache supérieurement à tout le tiers externe de l’arcade crurale. QUADRICEPS FÉMORAL Le quadriceps fémoral a été l’objet d’une élude approfondie de la part du D" Paul Poirier, chef des travaux anatomiques de la Faculté de médecine de Paris Nous y ferons de nombreux emprunts. * C’est l’insertion qu’indiquent, avec raison, Morel et Mathias Duval dans leur Manuel d'anatomie. - Poirier. Quadriceps crara.1. Pi’Oÿrès Médical. Paris, 1888. MUSCLES DE LA CUISSE ■ 261 Les anciens anatomistes, depuis Sylvius, Columbus, Riolan, Spigel, Winslow, Albinus, etc., etc., décrivaient, à la région antérieure de la cuisse, quatre muscles distincts : droit antérieur, vaste externe, vaste interne et crural. C’est, je crois, Sabatier qui, le premier, eut l’idée de réunir les deux vastes et le crural en un seul muscle à trois chefs, le triceps crural; Portai, Chaussier, Dumas, Boyer, Bichat, Marjo- lin, etc., etc,, adoptèrent la desci’iption de Sabatier. Jusqu’en 1 830 , on décrivit donc deux muscles extenseurs de la jambe, le triceps et le droit antérieur. Vers cette époque, Cruveilhier réunit en un seul les deux muscles extenseurs, ajoutant le droit antérieur aux trois portions du triceps. L’idée était heureuse. Le muscle quadriceps était ainsi créé ; malheureusement, Cruveilhier eut en même temps la fâcheuse inspiration de supprimer un des chefs du triceps, le crural, pour le rattacher au vaste interne. Or, ces deux muscles sont toujours séparés, ainsi que l’a démontré M. Roger Wil¬ liams *, par la face interne du fémur libre d’insertions musculaires Nos maîtres anciens avaient donc raison de décrire le crural et les vastes comme trois chefs séparés; et la très grande majorité des ana¬ tomistes étrangers a justement adopté cette manière de voir en admet¬ tant un quadriceps extenseur® dont les quatre chefs aisément sépara¬ bles sont : le droit antérieur, le vaste externe, le vaste interne, et le entrai ou vaste moyen. Bien que, les faits parlant hautement, il n’y ait point lieu d’insister sur la nécessité de ce retour aux vues des « primitifs », j’invoquerai encore le témoignage de l’anatomie comparée qui nous montre assez souvent quatre chefs isolables à l’extenseur de la jambe. J’ajouterai, enfin, que si la fonction d’étendre la jambe sur la cuisse et de fléchir accessoirement la cuisse sur le hassin est dévolue sur¬ tout au droit antérieur, une fonction inverse est dévolue aux vastes interne et externe et principalement au crural. Ils étendent la cuisse sur la jambe. Et comme la cuisse ne peut s’étendre sur la jambe sans que tout le reste du corps soit soulevé, il s’ensuit que la quantité de travail musculaire développé dans ce mouvement est énorme. De plus c’est un travail continuel. Il s’accomplit dans la station debout pour empêcher la flexion de la cuisse sur la jambe, c’est-à-dire la chute * Roger Williams. 3ourn. of anat. and phys., 1878-1879, t. XIII, p. 204. - Remarquons incidemment que « le tendon inférieur de ce muscle a paru à Chudzinski Être plus court chez le nègre que chez le hlanc ». 262 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME du corps en arrière. Il s’accomplit plus énergiquement dans la mai’che : pendant tout le temps que le pied repose sur le sol ce sont les faisceaux profonds du qtiadriceps fémoral du même côté qui sou¬ tiennent le corps tandis que le membre inférieur du côté opposé se porte en avant. Dans la marche ascendante le travail des faisceaux profonds du quadriceps fémoral est plus énergique encore, car ils doivent soulever le poids presque entier du corps à une certaine hauteur et avec une vitesse plus ou moins grande. Les mouvements de la course et du saut nécessitent, eux aussi, un travail énorme de la part de ces faisceaux. Lorsque la marche, la course, lésant ont lieu pendant longtemps et souvent sur un terrain accidenté, raboteux, les faisceaux profonds du quadriceps fémoral surmenés tendent donc à s’hypertrophier et à agrandir leurs surfaces d’insertion. Telle serait, suivant Manouvrier, professeur à l’École d’anthropologie de Paris, la cause de la défor¬ mation spéciale du fémur à laquelle il a donné le nom de platymérie ‘ . C’en est assez, l’anatomie humaine, l’anatomie comparée, la physio¬ logie s’accordent pour rejeter les qualificatifs de muscle 6 ice/is crurai (Bellini) ou de muscle triceps crural (Nuhn, Cruveilhier) donnés à l’agent contractile le plus important de la région antéro-externe de la cuisse. Et je m’étonne avec M. Poirier que le sens anatomique, si exercé, de M. Testut se soit laissé surprendre sur ce point et qu’il ait conduit le professeur de Lyon a. ci repousser formellement, en anatomie humaine du moins, l'expression de quadriceps crural ^ . DROIT ANTÉRIEUR Absence. — L’absence totale du triceps crural a été observée sur le vivant par DrachmannL La relation qu’il en a fournie est si obscure qu’on est en droit de se demander s’il ne s’est pas mépris. ' L. Manouvrier. La platymérie in B Met. du congrès d’anthrop. et d'arch. préhisto¬ riques, 1889. Pour M. F. Regnaut il faut aussi, dans les cas de déformation des os des membres inférieurs, tenir grand compte de l’action du poids du corps (voy. Régnault. Bull.. de la Soc. anat., juin-décembre 1896). 2 Dans son Traité d’anatomie humaine, 'il. Testut a reconnu le bien fondé de ces objec¬ tions, et décrit chez l’homme un quadriceps fémoral dont il a nié, en se servant des termes que nous employons, l’existence, dans son Tmifé rfes anomalies musculaires. ■ Draohmann. Nordiskt Medic. Arh'iv., vol. IV, p. 1. 1872. et Journ. of anat. and phys., january 1879, p. 204. MUSCLES DE LA CUISSE 263 Variations des insertions. — Le droit antérieur s’insère en haut par deux forts tendons : l’un, gros, arrondi, appelé i&nàon dûect ou vertical^ à l’épine iliaque antérieure et inférieure ; l’autre, plus mince, aplati, nommé tendon réfléchi ou transversal, à l’extrémité de la gouttière qui surmonte le pourtour de la cavité cotyloïde et aussi sur la capsule fibreuse de l’articulation de la hanche . Ce faisceau d’insertion du tendon réfléchi à la capsule de l’articula¬ tion coxo-fémorale est considéré , non sans raison, par M. Bellini comme un ligament articulaire L Pour M. Roger Williams - le tendon réfléchi constitue seul le tendon véritable du droit antérieur et ce qu’on nomme tendon direct n’est qu’un trousseau de tissu celluleux condensé, très riche en fibres élastiques. La continuité des libres musculeuses et des fibres tendi¬ neuses et la présence de fibres élastiques en nombre égal dans l’un et l’autre de ces tendons infirment cette manière de voir (Retterer). Isenflamm {Anat. Intersiich., 1822, p. 22) décrit une bourse muqueuse entre le tendon réfléchi et la gouttière cotyloïdienne. Cet organe séreux doit être bien rare, car je ne l’ai jamais rencontré. Poirier n’a pas été plus heureux. Inférieurement le droit antérieur se fixe, par un tendon distinct, en avant de l’aponévrose commune aux vastes interne et externe dont il est séparé quelquefois par une bourse muqueuse (Theile, Poirier®) non seulement sur la base de la rotule, au tiers supérieur de la face anté¬ rieure de cet os, mais encore, par quelques faisceaux fibreux, ainsi que l’a nettement établi Lorinser, à la tubérosité antérieure du tibiaL Les insertions normales du droit antérieur étant connues, voyons les variations qu’elles peuvent présenter. Le droit antérieur peut ne pas avoir de tendon réfléchi ou avoir un double tendon direct (Die- merbroeck, Macalister, deux cas personnels), ou recevoir un faisceau de renforcement provenant de l’épine iliaque antérieure et supérieure. Quelquefois les fibres qui font suite au tendon direct et celles qui font suite au tendon réfléchi, demeurent distinctes dans une partie de leur longueur. Anatomie comparée. — Au bas de l’échelle des Vertébrés le droit * Bellini. Ballet, de la Soc. anal., 1891, t. V, n» II, p. 300. ■ Roger Williams. Journ. of anat. and physiol., 1878-1879, t. XlII, p. 201. '.1 Poirier. Arch. deméd. 1883, 1. 1", p. 698. ‘ Lorinser. Wien med. Wochenschrift, X.'illl, 40, p. 919. 264 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME antérieur n’a qu’un tendon. L’ilium des Mammifères présente une face externe et une face interne : la première est en partie articulée avec le sacrum, en partie libre dans l’intérieur du pelvis ; la seconde se trouve subdivisée en deux parties par une arête qui relie l’épine iliaque anté¬ rieure et supérieure au tubercule cotyloïdien ou épine iliaque infé- rieui’e destinée à l’insertion du droit antérieur. La saillie de l’arête est toujours en rapport avec le développement de l’épine iliaque inférieure, par conséquent du droit antérieur, puisque c’est la force des muscles qui commande la force des éminences osseuses. Ainsi chez les Oiseaux^ où le droit n’existe pas (Lannegrâce) ou est rudimentaire (Alix, Sabatier), l’arête n’est pas marquée. Dans les Mammifères carnivores le droit antérieur est faible ; aussi l’épine ilia¬ que inférieure est-elle encore très peu saillante. Au fur et à mesure que le droit antérieur se développe et s’accroît en puissance, on voit le tubercule cotyloïdien se prononcer de plus en plus ; il ne suffit bientôt plus aux attaches de ce muscle. Ainsi chez les Ornithodelphes et chez la plupart des Quadrupèdes, on voit le droit antérieur s’insérer par un fort tendon, non seulement sur le sommet du tubercule mais encore sur les rugosités situées, soit en avant, soit en arrièi’e de lui. Chez ces animaux on ne peut pas dire qu’il y ait un tendon direct et un tendon réfléchi. Le muscle embrasse par son tendon toute la pyramide triangulaire que forme l’épine iliaque infé¬ rieure. Le tendon réfléchi n’existe réellement que chez les animaux qui possèdent une fosse iliaque interne, car la réflexion du tendon est due au mode même suivant lequel se développe cette fosse. Lorsqu’elle se forme, le tubercule sus-cotyloïdien paraît se déplacer; il s’éloigne de plus en plus de l’acétabulum, mais les parties situées en arrière de ce tubercule ne changent pas de position. On comprend alors qu’une partie des fibres tendineuses du droit antérieur, celles qui restent toujours implantées dans le voisinage de l’articulation, seront obligées de se réfléchir pour atteindre celles qui partent du tubercule. (Pour détails complémentaires, voy. M. iliaque?) Le mécanisme de la formation des deux tendons du droit antérieur déterminé, il ne me reste plus qu’à énumérer les animaux chez lesquels on observe l’un ou l’autre de ces deux tendons. Le droit antérieur des Oiseaux n’a qu’un tendon, le direct (Sabatier). Par contre, celui des Ron- geurs, du kangurou, de \ Orycieropus Capensis (Galton) ne possède que le tendon réfléchi. D’après MM. Chauveau et Arloing, celui du mouton n’a MUSCLES DE LA CUISSE aussi qu’un seul tendon ; mais ces auteurs n’indiquant point les inser¬ tions de ce tendon unique ; il nous est impossible de savoir s’il s’agit du direct, du réfléchi, ou bien des deux tendons fusionnés. Chez VUrsus Âmericanus, M. Testut, et, chez le Dasypus sexcinctus, Gallon n’ont rencontré qu’un seul tendon fixé sur la portion de l’os iliaque qui sépare l’épine iliaque antéro-inférieure de la cavité cotyloïde. Si je m’en tiens à mes dissections et à celles de Poirier, j’ai tout lieu de croire que le tendon unique du droit antérieur que Strauss-Durckheim, W. Ellenberger, H. Baum, Girard, Lesbre, etc., ont disséqué dans le chat, le chien, le blaireau, etc., est un tendon double comme celui de l’homme, mais dont les branches de la bifurcation sont tellement l'approchées qu’elles paraissent n’en faire qu’une. Ces deux tendons sont soudés dans YHyœna striata et les Protèles (Young), les Lémuriens, le cynocéphale (Grandidier et Milne-Edwards) ^ et même chez quelques chimpanzés (sujets de Champneys et de Testut). Dans le murin l’in¬ sertion du droit antérieur « se fait au bord supérieur de la cavité cotyloïde et sur la capsule de l’articulation de la hanche » (Maison¬ neuve) ; chez les Marsupiaux, il en est chez lesquels le droit antérieur naît par un tendon et d’autres par deux*. Le droit antérieur de tous les Anthropoïdes disséqués par Hepburn avait une double origine, sauf celui du ÿfôôon. Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — A son origine le droit antérieur est quelquefois intimement uni au crural. M. Maca- lister a vu le vaste externe et le vaste interne former un canal dans lequel le tendon inférieur du droit antérieur glissait librement jusqu’à la rotule. Le 12 février 1893 j’ai pu montrer aux élèves de mon cours cette malformation chez un homme dont les tendons direct et réfléchi du droit antérieur étaient réunis par une lame aponévrolique. Le vaste externe peut se fixer sur le boi'd externe du tendon rotulien du droit antérieur. Accessoire du droit antérieur de la cuisse. — Un de mes élèves, M. Girard, a découvert, en 1880, chez un homme et j’ai vu moi-même en 1890, chez une femme, un faisceau musculaire qui se confondait, * Grandidier et A. Milne-Edwars. Histoire naturelle physique et politique de Vile de Madagascar, t. I", Lémuriens, * Macalister. Amk. and Mayas. Nat. Hist., vol. V, 4 th. série et Cunningham, loe. cit. 26G VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME en bas, avec le boi’d externe du vaste externe et s’attachait, en haut, par un tendon, arrondi et grêle, au sourcil cotyloïdien et, par une lame aponévrotique assez lâche, au corps du fémur, au-dessus de l’origine trochantérienno du vaste externe. Dans le cas de Girard ce corps charnu insolite était bilatéral et. dans le mien, n’existait qu’à droite. J’ai pu constater nettement que, dans ces deux cas, il était innervé par un filet de la branche que le nerf crural envoie au droit antérieur. Le professeur Macalister m’a écrit qu’il avait rencontré ce faisceau qu’il a appelé reclus accessorius. Sous le nom de m. ilio-rotu- lien, M. Morestin a signalé en janvier 1893 une bandelette contractile qui prenait naissance au-dessus de la cavité cotyloï de et venait se jeter sur l’aponévrose de tei’minaison du vaste exteime L Cette bandelette qui transformait « le quadriceps en un quinticeps » n’est, à coup sûr, qu’une variété de la malformation que le professeur Macalister et moi avons rencontrée. Anatomie comparée. — « Le droit antérieur pi’ésente chez tous les Quadrupèdes, dit Lannegrâce ^ une disposition remarquable ; il se trouve enclavé dans une espèce de gouttière que lui foi’ment les vastes interne et externe, et je crois être en droit de le faire dériver du vaste externe. » Les connexions si fréquentes du droit antérieur et du vaste externe de l’homme semblent confirmer cette manière de voir. Elle est appuyée aussi par l’apparition du droit antérieur accessoire dans l’espèce humaine, droit antérieur accessoire qui relie le vaste externe au droit antérieur dont il partage l’innervation. TRICEPS FÉMORAL Vaste externe. Le vaste externe est toujours séparé supérieurement du crural par les vaisseaux et les nerfs émanant de la grande musculaire ou de la circonflexe et la branche tricipitale nerveuse qui pénètre dans son intérieur par son bord interne. Le vaste externe et le crural, nette- ' Morestin. 'Bull, de la Soc. anal. - Lannegràce. Th. cit., p. 37. MUSCLES DE LA CUISSE 267 ment séparés en haut, sont réunis plus ou moins intimement, en bas, par de nombreux faisceaux charnus. Le vaste externe s’insère en haut ; 1" sur la crête rugueuse horizon¬ tale qui limite inférieurement la face externe du grand trochanter ; 2° sur le bord antérieur du grand trochanter au niveau des aspérités qui embrassent en dedans les attaches du petit fessier ; 3° sur la branche externe de bifurcation de la ligne âpre ; 4" sur la moitié supé¬ rieure de la lèvi’e externe de la ligne âpre ; sur la cloison inter- musculaire externe; 6“ sur la face externe du fémur. En bas il se termine sur une aponévrose qui lui est commune avec le vaste interne et qui va se fixer sur la hase et les côtés de la rotule en arrière du tendon du droit antérieur, en avant de celui du crural. De même qu’une bourse séreuse sépare assez souvent cette aponé¬ vrose du tendon du droit antérieur, une autre bourse séreuse la sépare assez souvent du tendon du crural. M. Hartmann prétend que le développement de ces bourses séreuses est lié à une absence de fusion des quatre portions du quadriccps ' . Dédoublement en deux couches. — Il est une particularité du vaste externe sur laquelle les anatomistes, sauf MM. Gegenbaur et Poirier, n’ont pas assez insisté. C’est que le tendon terminal de ce muscle est divisé en plusieurs feuillets tendineux, généralement en deux, quel¬ quefois en quatre, qui reçoivent chacun une couche de faisceaux mus¬ culaires. Il en résulte que le muscle présente une structure lamellaire. Cette division est en rapport avee la division de l’artère circonflexe externe et de la veine qui l’accompagne. Sur quelques sujets le dédou¬ blement du vaste externe est très accentué. Quand il comprend toute l’épaisseur du muscle il constitue un mode de conformation qui a été décrit comme une anomalie par les professeurs Macalister, W. Gru- ber®, etc. Anatomie comparée. — Le dédoublement du vaste externe en deux couches est un arrangement normal chez beaucoup d’ Oiseaux et chez quelques Mammifères. Il est signalé par Alix dans les Pigeons, le nothura, le chevalier, la mouette “ ; par M. Poirier dans le lapin chez lequel « les deux portions se confondent inférieurement avec le bord ■’ Hartmann. BuU. de la Soc. anal., 1888, 5« série, t. II, et Poirier, A>'ch. de méd., 1884. - W. Gruber. Virchow’s Arch., Bd. LXXXII, p. 403. ® Alix. Essai sur l’appareil locomoteur des Oiseaux, 1874, p. 436. 268 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME externe du couturier ‘ « ; par Alix et Gratiolet dans le Troglodytes Aubry t où, parmi les fibres du plan superficiel qui naissent du quart inférieur du fémur, « il y en a qui viennent se terminer dii'ectement sur le tendon du droit antérieur; d’autres qui atteignent l’angle de la rotule, d’autres la capsule ai’ticulaire et forment ainsi un muscle capsulaire externe - ». Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — 11 peut être plus ou moins uni, ainsi que nous l’avons dit, au droit antérieur et même au crural, au vaste interne et au muscle sous-crural. Anatomie comparée. — « Le triceps fémoral de la grenouille^ dit Cuvier, est représenté par deux portions bien distinctes ; i° le vaste interne; 2" le vaste externe et le crural qui ne forment manifestement qu’une seule portion. » D’après Alix, le monitor [reptile de l’ordre des Sauriens) n’a qu’un vaste externe et un vaste interne. Le premier, inséré sur les deux tiers inférieurs de la face interne du fémur, ne s’unit à la masse commune que très près de l’articulation du genou ; le second, recouvrant les faces externe et antérieure du fémur, corres¬ pond au vaste externe et au crural. Au dire du même auteur, le vaste interne des Oiseaux se distingue toujours nettement; mais le vaste interne et le crural sont confondus chez les Perroquets, Rapaces et le cygne. Chez les Gallinacés, le vaste externe se distingue difficilement du crural, il s’en sépare mieux chez les Pigeons; enfin chez la mouette et le chevalier le vaste interne, le vaste externe et le crural forment trois portions distinctes. Toutefois, le vaste interne est de beaucoup le plus complètement isolé. Chez les Mammifères Cuvier décrit un vaste interne, un vaste externe et un crural. Girard sépare aussi ces trois portions chez le cheval et les Mammifères domestiques. Mais MM. Chauveau et Arloing, s’inspirant des idées de Cruveilhier, ne donnent au triceps qu’un vaste interne et un vaste externe. Toutefois, au lieu de rattacher entièrement le crui’al du cheval au vaste interne comme l’a fait Cru¬ veilhier chez l’homme, ils le confondent moitié avec le vaste interne, moitié avec le vaste externe. Si dans le Dasypus sexcinctus M. Galton n’a pas trouvé apparence < Poirier. Quadriceps crural, p. 22. - Alix et Gratiolet. Loc. cit., p. 18.6-186. MUSCLES DE LA CUISSE de crural, il croit que dans V Orycteropus Capensis ce muscle a pour homologue les fibres profondes du vaste externe fixées à la face anté¬ rieure du fémur*. MM. W. Ellenberger et H. Baum distinguent dans le muscle le plus puissant de la région antéro-externe de la cuisse du chien quatre chefs dont le droit « est souvent fusionné avec le vaste externe et le crural ou vaste moyen ». Les trois vastes sont entièrement confondus dans Vhyène, Vours, le phoque et les Fourmiliers (Meckel). L’extenseur de la jambe est formé, chez ces animaux, de deux muscles dont l’un vient de Lilium et l’autre de la face antérieure du fémur. D’après Duvernoy les trois portions du tri-fémoro-rotulien « ne sont pas divisées entre elles chez Vorang, et la portion externe s’unit au droit antérieur dans le magot » . Nous avons signalé les relations du vaste externe du Troglodytes Aubryï avec le droit antérieur et l’articulation coxo-fémorale. Quant au vaste interne de ce Primate « il se termine en partie sur le tendon commun du droit antérieur et du vaste externe, en partie sur l’angle interne de la rotule, et enfin sur la capsule articulaire où il se continue dans un faisceau fibreux, lequel, se confondant avec un autre fais¬ ceau fibreux émané de l’angle de la rotule, se continue jusqu’à la tubérosité interne du tibia en constituant un ligament tibio-rotulien- interne d’une force remarquable- ». Vaste interne. 11 s’insère à toute l’étendue de la lèvre inteime de la ligne âpre. On sait qu’en haut la ligne âpre se trifurque : la bi’anclie externe qui se dirige en dehors donne insertion au grand fessier et plus haut au vaste externe ; la branche moyenne, qui monte vers le petit trochanter, donne insertion au pectiné ; la branche interne traverse très oblique- quement la face interne du fémur pour gagner le tubercule inférieur de la ligne oblique ; quelques anatomistes désignent cette branche sous le nom très convenable de ligne spirale. Le vaste interne se fixe à la lèvre interne de la ligne âpre continuée en haut par la ligne spirale qui donne insertion au faisceau vertical ‘ Galton. On Dasypus sexcinclus, p. 553, et On themyoloyy of the Orycteropus Capensis, - Alix et Gratiolet. Loc cit., p. 48(5. 270 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME du ligament de Bertin. Plus bas quelques uns de ses faisceaux charnus s’ attachent sur le tendon du troisième adducteur et la cloison inter¬ musculaire interne. M. R. Williams, qui a vu que la face interne dn fémur était toujours libi’e d’insertions muscnlaires et formait une séparation complète entre le vaste interne et le crural, signale encore un petit rameau nerveux qui descend entre les denx muscles, le long du bord interne du fémur, pour se rendre dans les libres les plus inférieures du cru¬ ral. M. Poirier — et je suis de son avis — pense que ce rameau fort grêle est constant, mais qu’il est quelquefois situé plus en dehors, sur le corps môme du crural. Dédoublement en deux couches. — Ce vice de conformation a été observé 6 fois par le professeur Macalister et 4 fois par moi (3 fois chez l’homme : 2 fois des deux côtés, 1 fois à gauche et 1 fois à droite chez une femme) . Le dédoublement complet du vaste interne se rencontre moins communément que celui du vaste externe. Il constitue égale¬ ment une disposition constante dans les Oiseaux. Variations des insertions. — Quelques-unes des fibres les plus infé¬ rieures du vaste interne se réunissent parfois pour former un ou plu¬ sieurs faisceaux qui vont se perdre sur la partie supérieure de la tubé¬ rosité du tibia. Nous avons noté précédemment qu’Alix et Gratiolet ont signalé une disposition similaire dans le Troglodytes Aubryi. Connexions plus intimes avec le vaste externe et le vaste moyen. — (Voy. le muscle précédent et le muscle suivant.) Vaste moyen ou crural. Si l’on vient à rejeter de chaque côté les corps charnus des muscles précédents, le crural se dégage et apparaît. Sa face antérieure présente Une large aponévrose d’insertion : il est facile de décoller avec le doigt cette aponévrose des fibres musculaires du vaste exteime; mais cette séparation très facile en haut devient plus difficile en bas, où les deux muscles sont réunis par d’épais faisceaux charnus : en ce point le cru¬ ral passe sous le bord inférieur du vaste externe pour devenir sous- cutané à la partie inféi’ieure et externe de la cuisse. MUSCLES DE LA CUISSE Le crural s’insère à la partie supérieure de la face antérieure du fémur, à une plus ou moins grande étendue de la face externe, à la moitié inférieure de la lèvre externe de la ligne âpre — la moitié supérieure est réservée au vaste externe — et à la partie coi’respondante de l’aponévrose intermusculaire externe. Le tendon du crural, né de l’aponévrose antérieure du muscle, est mince et lai’ge : un peu au-des¬ sus de la rotule son bord externe s’unit au feuillet tendineux interne du vaste externe ; son bord interne s’unit bien moins intimement au tendon du vaste interne. Toujours, à moins d’anomalie, on peut suivre le tendon du crural jusqu’à la base de la rotule. 11 forme la troisième couche ou couche pi’ofonde du tendon rotulien. Le muscle crural est composé de lamelles musculaires, superposées concentriquement à la diaphyse fémoi’ale. M. Williams, qui a vu ces lamelles nettement séparées à leur insertion, les désigne sous le nom à’ arcs cruraux. Variations des insertions. — Le crural peut remonter jusqu’au niveau de la ligne intertrochantérienne comme il peut se fixer en bas, sur la face antérieure du fémur, jusqu’à un pouce et même un demi-pouce au-dessus de l’articulation du genou. (Sandifort, Thésaurus Dissertatio- num. Roterodami, 1769, p. 249, §6.) Anatomie comparée. — Un muscle crural indépendant existe chez le dromadaire, le kangurou, le daman (Meckel), le chien (Ellenberger et Baum), le chat, le bœuf, le mouton, la chèvre. Dans le lapin et le. porc il remonte jusqu’au col du fémur et est divisé inférieurement en deux portions (Lesbre). Nous avons dit qu’Alix avait noté l’indépendance complète des trois vastes dans la mouette et le chevalier, parmi les Oiseaux. « Dans les Chéloniens, dit Lannegrâce, ces courtes portions du triceps forment trois muscles bien développés de force à peu près égale. Dans beaucoup de traités d’anatomie humaine, on décrit trois courtes portions du triceps : les vastes externe, interne et moyen. Cette description est légitimée par l’étude des Chéloniens. « Le même anato¬ miste ajoute qu’il n’a trouvé ces trois portions qu’à partir des Reptiles ' . Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Nous n’insiste- j-ons pas sur les connexions du vaste interne avec le vaste externe et Lannegrâce. ïh. cit., p. 44. 272 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME le droit antérieur sur lesquelles nous ne nous sommes déjà que trop appesanti. Quant à celles qu’il a avec le sous-crural, nous allons en pai’ler ci-dessous. SOUS-CRURAL Syn. : Petit jarabier ; M. capsulaire (Meckel) ; M. capsulaire interne [Aux et Gratiolet) ; M. tenseur de la synovialedu genou; Crurœus; Suberurœus; Subcrm'alis; M. articularis Ce muscle a été décrit pour la première fois par Dupré dans l’ou¬ vrage Sur les sources de la synovie qu’il a publié en 1669, puis par Albinus [Annot. Acad., lib. IV, cap. v, p. 27) qui l’a considéré avec raison comme un faisceau destiné à empêcher le pincement de la syno¬ viale entre les surfaces articulaires dans les mouvements d’extension de la jambe. Huber [Acta Heloetica, vol. III, p. 250) l’a reti’ouvé ensuite. En 1869 il a été enfin étudié d’une façon complète par le pro¬ fesseur Kulœwsky, de Kasan, qui a consigné le résultat de ses recherches dans les Archives de Reicherl et Du Bois Reymond^. Absence. — En dix-huit ans je n’ai eu l’occasion de noter que 7 fois et toujours des deux côtés (o fois chez l’homme et 2 fois chez la femme) le défaut de présence de ce faisceau musculaire. Avec le pro¬ fesseur Macalister, je crois donc qu’il manque excessivement rarement. Variations des insertions. — Les anatomistes qui se sont occupés du sous-crural avancent qu’il peut naître : («) de la partie inférieure de la face antérieure du fémur ; [b] du vaste externe ; (c) du vaste interne ; (d) du crural. L’adjonction du vaste moyen au vaste externe ou au vaste interne ou à l’un et à l’autre de ces deux muscles pour créer à la région antérieure de la cuisse un muscle triceps explique l’erreur dans laquelle on est tombé touchant les insertions supérieures du tenseur de la synoviale du genou. Ce faisceau musculaire provient toujours de la face antérieure du fémur à laquelle s’attache le crural ou du crural lui-même dont il est une dépendance, et dont il n’y aurait pas lieu de le séparer, s’il ne s’en distinguait par ses insertions inférieures. Ses fibres ne se rendent point, en effet, au tendon plat qui ' Reichert. u. Du Bois Reymond's Arch., 1869, p. 410. MUSCLES DE LA CUISSE 273 reçoit les autres fibres du crural ; elles se terminent en s’éparpillant soit sur la partie supérieure de la capsule articulaire du genou, le tissu cellulo-graisseux qui la double en dehors ou sur la rotule. Variations de structure. — Le sous-crural est formé habituellement de faisceaux' charnus épars dans un tissu cellulo-graisseux. Je ne l’ai vu représenté par une lame musculaire indivise que 12 fois. 11 est quelquefois si rudimentaire que, faute d’attention, il pourrait passer inaperçu. Isenflamm, Rosenmüller et après eux Theile, Platanoff, etc., ont remarqué que les fibres musculaires du sous-crural se répartis- saient le plus souvent en deux faisceaux distincts, parallèles ou diver¬ gents soit de haut en has ou de bas en haut, dont l’interne a coutume d’être plus considérable que l’externe. J’ai toujours trouvé le sous- crui’al des deux côtés. Peut-il être unilatéral? Les auteurs sont muets à cet égard. M. Sabathé m’a montré un sujet sur lequel le sous-crural affectait la forme d’un Y dont la branche d’origine adhérait intimement dans toute son étendue à l’os de la cuisse et dont les deux branches de bifurcation se perdaient insensiblement sur les faces latérales droite et gauche de la séreuse fémoro-tibiale. Lauth et Loder ont rencontré la même disposition. En 1893, un de mes prosecteurs, M. J. Thomas, a disséqué un homme chez lequel le crural droit était constitué par une bandelette musculeuse compacte et le crural gauche par une dizaine de faisceaux séparés. Les tenseurs de la synoviale du genou à 3, 4 et 6 faisceaux sont loin d’être exceptionnels. Kulœwsky en a même vu à 7 et 8 faisceaux. Le professeur Testut « a observé, dans un cas, trois faisceaux distincts, deux obliques et un vertical, se portant sur le cul-de-sac sous-tricipital à la manière de trois rayons convergents » . Kulœwsky a dressé un court tableau des insertions inférieures des faisceaux composant le sous-crural. « Les différentes variétés du muscle sous-crural, dit-il, et particulièrement les variations portant sur son inser¬ tion terminale, sont en rapport avec le développement plus ou moins considérable du prolongement supérieur de la capsule articulaire. Chez les sujets qui possèdent une capsule faiblement développée, les faisceaux sous-cruraux, prenant naissance en haut, comme d’habitude, se termi¬ nent en bas, dans le voisinage de la rotule, sur la paroi supérieure de la capsule. Quand, au lieu de deux faisceaux, il en existe quatre, les faisceaux moyens se terminent comme précédemment, tandis que les 274 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE UE L’HOMME faisceaux latéraux viennent se fixer au bord de la rotule. S’il n’existe que deux faisceaux fortement divergents, ils peuvent se terminer éga¬ lement sur la rotule. Dans d’autres cas, les muscles sous-cruraux se terminent uniquement sur la partie antérieure du cul-de-sac ou bien sur son milieu, ni en avant, ni en arrière. « Chez les sujets où le cul-de-sac est plus fortement développé, ce qui s’observe surtout dans l’âge moyen, les muscles sous-cruraux sont représentés par une série de faisceaux au nombre de deux à huit (six le plus souvent), séparés les uns des autres par du tissu cellulaire. S’il n’existe que deux faisceaux, ils se perdent, sous forme de deux bande¬ lettes fort minces et entourées de graisse, sur la partie postérieure du cul-de-sac ou bien dans le tissu cellulo-graisseux interposé entre le cul-de-sac et le fémur. Existe-t-il quatre faisceaux, les antérieurs s’insèrent sur la face antérieure du cul-de-sac, les postérieurs sur la face postérieure. » Anatomie comparée. — « Dans plusieurs animaux, observe Meckel, on voit, sous le faisceau moyen de l’extenseur profond (M. crural ou vaste moyen), plusieurs trousseaux de fibres musculaires s’étendre du fémur à la capsule de l’articulation du genou, qu’ils attirent à eux lors de l’extension du membre, afin d’éviter la contusion de cette membrane ; c' c,si\e petit jambier ou muscle capsulaire'- . » Champneys n’a pas trouvé ce muscle dans le Troglodytes niger ni dans le Cynocephalus Aniibis. Chez le Troglodytes Aubryï, où il a été disséqué par Alix et Gratiolet, il revêtait la face interne du fémur dans la partie la plus voisine du condyle et venait se terminer en partie sur le vaste interne, en partie sur la capsule articulaire Dans le gorille^ Vorang, le chimpanzé et le gibbon de Hepburn, il provenait du crural. 11 n’y a pas de vestige du muscle capsulaire dans le kangurou, le raton, Y ours (Testut, Shepherd). Chez V hyène et les Sarigues il est, au contraire, d’après Meckel, fort et très distinct. MM. H. Young et A. Robinson n’en font pourtant pas mention dans leur mémoire sur l’anatomie à&VHyæna striata^. Enfin chez le chat, où il a été mis à nu par Strauss-Durckheim, il se fixe « tout autour de la partie supérieure de la rotule ; les fibres char¬ nues latérales descendant sur la capsule jusqu’aux tubérosités du fémur et quelquefois même jusqu’au tibia ». ' Meckel. Anat. eomp., t. VI, p. 403 et 404. - Alix et Gratiolet. Loc. cit., p. 486. * II. Young et A. Robinson. Journ. of anat. and phys., cit. p. 196, 1889. MUSCLES DE LA CUISSE 275 RÉGION POSTÉRIEURE BICEPS Absence de la courte portion. — Le défaut de présence de la courte portion du biceps a été constaté par Otto, Meckel, Henle, Theile, Budge’, Macalister, Knott, etc. En 1889, j’ai cherché en vain aussi, sur les deux cuisses d’une femme, cette branche fémorale du fléchis¬ seur externe de la jambe. Anatomie comparée. — Le fléchisseur extei’ne ou fémoral de la jambe n’a pas de chef fémoral chez la plupart des Mammifères au-dessus des Anthropoïdes. « A part le coaïta et les Hurleurs, dans tous les autres Singes que j’ai disséqués, je ne lui ai trouvé qu’une tête ischiale, » dit Meckel. Cette assertion générale de Meckel. a été confirmée depuis par les recherches de Church sur le cebus et Vlmius nemestrinus, de Champneys sur le Cynocephalus Anubis, de Bischoff sur le Cynocepha- lus maimon, le Pilhecia hirsuta , le Macaciis cynomologus, V Hapale penicillata, etc. La branche fémorale du biceps de l’homme ® manque encore dans \k girafe (Lavocat), le chien (W. Ellenberger, H. Baum, Girard), le chat (Strauss-Durckheim), le lapin, le porc, le bœuf, le mouton, la chèvre, Vâne, le cheval, le dromadaire (Arloing et Chauveau, Lesbre), le Dasypus sexcinclus, Y Orycteropus Capensis (Galton), etc. Indépendance complète ou incomplète de la longue et de la courte portion. — Dans un cas signalé par Macalister ces deux portions entièrement indépendantes étaient insérées à la tête du péroné par deux tendons séparés l’un de l’autre par le ligament latéral externe de * Budge. Eenle u. Pfeufer, vol. X, p. 128. ® En parlant de ce muscle, Diemerbroeck s’exprime ainsi : « Le biceps, qui vient de l’ischion, se porte le long de la partie extérieure de la cuisse, vers le milieu de laquelle ou environ, il reçoit comme une masse de chair, presque semblable à un muscle (ce qui a fait dire à quelques-uns que la seconde tête vient du milieu de la cuisse) ; mais, selon la remarque de Bauhin, cela arrive véritablement dans l’homme mais non pas dans les Singes ; ainsi, descendant plus bas, il va s’implanter par un tendon considérable dans le péroné. ■> 276 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME l’articulation du genou. Je n’ai pas rencontré cette disposition, mais j’ai vu une fois à gauche chez un homme les deux branches du biceps divisées jusqu’à un travers de doigt au-dessus de la tête du péroné. Anatomie comparée. — Dans Mai, le fourmilier, le biceps crural est composé de deux muscles entièrement distincts. Il en est de même chez le gorille (Duvernoy, Hepburn, Deniker, etc.), chez Vorang (Bis- choff, Hephurn) et chez le gibbon, (Deniker). Chez le gibbon le docteur Hepburn avance toutefois que quelques fibres musculaires se portent du chef fémoral sur le tendon terminal du chef ischiatique. Dans le chimpanzé les deux chefs ne sont d’ordinaire que partielle¬ ment fusionnés. Les faisceaux antérieurs de la courte portion du biceps se terminaient seuls sur le tendon de la longue portion dans le chhn- panzé disséqué parTestut. Les tendons des deux branches du biceps du Troglodytes niger que Champneys a eu en sa possession se croisaient sans se confondre entièrement. Dans le Troglodytes Aubryl d’Alix et Gratiolet le mode de conformation se rapprochait de celui observé par M. Testut. Dans le chimpanzé de Hepburn le chef ischiatique et le chef tibial étaient absolument indépendants. Il est digne d’intérêt de remar¬ quer que la séparation primitive des deux portions du fléchisseur péronéal du chimpanzé est nettement indiquée par leur mode d’in¬ nervation différente de celui du hiceps de l’homme. Tandis que, dans l’espèce humaine, le tronc du nerf sciatique fournit directement des filets séparés pour le grand adducteur, le demi-tendi¬ neux, le demi-membraneux, et les deux têtes du biceps, dans le chim¬ panzé un rameau détaché du tronc du nerf sciatique, immédiatement au-dessous de la grande échancrure sciatique, fournit deux branches collatérales ; une pour l’extrémité supérieure du demi-tendineux, une pour le tiers supérieur de la longue portion du biceps et des branches terminales pour la portion proximale du grand adducteur, la por¬ tion externe ou distale de ce même muscle, la portion moyenne du demi-tendineux et le demi-membraneux. Quant à la courte portion du biceps elle est innervée par deux filets émanant du tronc du grand nerf sciatique, vers le milieu de la cuisseh De l’absence de la courte tête du biceps, crural dans le cebus, Ylnuiis nemestrinus, le Cynoce- phalus Aniibis , etc., de l’indépendance complète des deux têtes dans le gorille et Vorang et dans le gibbon, de l’union partielle des tendons ‘ Cette disposition, sur laquelle Champneys a insisté, n’a pas été signalée par Alix et Gratiolet dans le Troglodytes Auhryi. MUSCLES DE LA CUISSE 277 terminaux dans le chimpanzé, mais de l’innervation différente des deux corps charnus auxquels ils font suite (intégration du nerf scia¬ tique des anatomistes anglais), et de la fusion totale des deux tendons dans l’homme, quelques naturalistes ont conclu que le chimpanzé est celui des Primates qui, au point de vue myologique, se rapproche le plus de l’homme. Observons qu’à l’état normal l’indépendance des deux portions du biceps est indiquée chez l’homme par la bifidité inférieure du tendon commun dont la branche antérieure se porte en avant du ligament latéral externe et la branche postérieure en arrière de ce ligament. Rappelons de plus que, pourM. Lavocat, la portion inférieure du biceps est chez l’homme un reliquat d’un muscle particulier, du muscle crural externe dont la partie supérieure est devenue aponévrotique (voy. M. grand fessier), que pour Lannegrâce la longue portion est aussi un muscle spécial, l’iléo-péronéal transformé des Reptiles. Division de la courte portion en plusieurs fascicules. — Cette ano¬ malie est notée sans détail par M. Macalister. En 1890, un de mes élèves, M. Normand, aujourd’hui médecin militaire, a disséqué une femme dont la courte portion des biceps droit et gauche était divisée en deux lames entièrement indépendantes jusqu’à un travers de doigt au-dessus du tendon commun. Anatomie comparée. — Dans le Troglodytes Aubryï la courte por¬ tion du biceps était formée de deux plans musculaires unis par leur bord antérieur. Ces deux plans s’inséraient simultanément sur la moitié inférieure du fémur. En bas ils avaient des attaches fort distinctes. Les fibres du plan antérieur et celles du plan postérieur qui leur faisaient face se terminaient avec le tendon de la longue portion sur le péroné et sur le tibia. Quant aux fibres postérieures du plan postérieur, elles se perdaient dans l’aponévrose jambière pos¬ térieure*. « Chez mon chimpanzé, dit M. Testut, les faisceaux inférieurs ou postérieurs de la courte portion se séparaient nettement des autres faisceaux placés en avant. » Variations des insertions inférieures. — Pour moi comme pour * Nous omettons ici volontairement les lames aponévrotiques d’insertion à la tubérosité externe du tibia et à l’aponévrose jambière dont nous aurons à traiter plus loin. Voy. Alix et Gratiolet. Anat. du Troglodytes Aubryï, cit. p. 188. 278 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Theile, Cruveilhier, Leidy, etc., le biceps fémoral se termine par un tendon large, fort et épais, qui se fixe à la partie externe de l’articula¬ tion du genou et duquel émane un cordon qui se perd sur la tubéro¬ sité externe du tibia, et une expansion fibreuse qui se confond insensi¬ blement avec l’aponévrose jambière. Souvent un ou plusieurs tractus musculeux se substituent à l’apo¬ névrose détachée de la branche postérieure du tendon, qui prolonge la longue portion vers le calcanéum. Kelly a disséqué deux bandelettes de ce genre dont l’une s’épanouis¬ sait sur l’aponévrose jambière, derrière le condyle externe du tibia et l’autre sur la partie moyenne de la face interne de cette même apo¬ névrose . Le professeur Nicolas, de Nancy, a vu une lame musculeuse longue de 0™,1S se détacher de la partie moyenne du bord interne du biceps pour se jeter sur l’extrémité supérieure du bord interne du jumeau interne L Otto [Path. anal, south’s transact., p. 244) et Kelch [Bei- tràge , p. 42) ont rencontré chacun un faisceau qui se portait sur le tendon d’Achille et par son intermédiaire sur lé calcanéum. Trois autres faisceaux de même nature ont été décrits sous les noms de musculi tensores fasciæ siiralis par le professeur W. Gruber dans ses Beobachtungen ans der menschl. und vergleich. Anatomie (11. Heft, p. 36, 38, Berlin, 1879). Le premier faisceau, unilatéral, détaché de la face anté¬ rieure de la longue portion du biceps, du côté droit, venait renforcer le tendon des jumeaux. Le second, bilatéral, émanait, à droite, de la longue portion du biceps et allait rejoindre le tendon d’Achille et, à gauche, provenait à la fois de la longue portion du biceps et de l’apo¬ névrose poplitée et se jetait sur l’extrémité inférieure du jumeau interne. Le troisième, également bilatéral, avait une disposition beau¬ coup plus compliquée. A droite, il gagnait le tendon d’Achille mais était composé de deux corps charnus réunis, dans le creux poplité, par un tendon ; à gauche il était renforcé par un trousseau de fibres détachées du demi-tendineux au niveau del’intersection tendineuse qu’il présente. En 1891, dans le Journal of analomy and physiology , M. Hal¬ liburton a appelé l’attention sur une bandelette musculeuse d’une contexture encore plus bizarre. Cette bandelette naissait aussi de la longue portion du biceps mais devenait tendineuse dans le creux du jarret où elle fournissait une expansion fibreuse à la tête du péroné et Prenant. Bulletins de la Société des sciences de Nancy, 1891, et tirage à part, p. 19. MUSCLES DE LA CUISSE à l’aponévrose jambière, redevenait ensuite charnue, puis tendineuse pour gagner le tendon d’Achille. On peut regarder, enfin, comme une variété de la bandelette musculeuse ci-dessus, le faisceau bifide décrit par M. Turner, en 1872, sous le nom de tensor fasciæ popli- tealis^. Ce faisceau qui se fixait en bas sur l’aponévrose poplitée dont il semblait [être le tenseur avait pour origine deux chefs musculaires dont l’un continuait la longue portion du biceps et dont l’autre partait de la ligne âpre. Un faisceau non moins singulier a été trouvé ulté¬ rieurement par M. Turner ; il naissait de la portion fémorale du biceps et, situé plus superficiellement que le nerf sciatique, gagnait le creux du jarret, s’engageant entre les deux jumeaux, et se prolongeant en un tendon grêle, qui peu à peu se fusionnait avec le tendon d’Achille^. J’ai disséqué 3 fois : 2 fois chez l’homme (1 fois des deux côtés et 1 fois à droite) et 1 fois chez la femme, à gauche seulement, le fais¬ ceau ischio-jambier de la longue portion du biceps. Sauf chez l’homme où il n’existait qu’à gauche et allait rejoindre le tendon d’Achille, à 2 centimètres au-dessus du calcanéum, chez tous les autres sujets il venait se terminer plus ou moins bas sur l’aponévrose jambière. En février 1896, il a été signalé encore par M. A. Bovero {Giornale délia reale accademia di medicina di Torino). Anatomie comparée. — W. Gruber prétend : 1° qu’il a décrit le pre¬ mier cette malformation; 2° que cette malformation ne correspond à aucune disposition animale. A la première de ces affirmations nous opposerons que les recher¬ ches de Gruber sur cette question datent de 1835 et que celles de Otto et de Kelch sont antérieures à 1814. Quant à la seconde, nous avouons que nous ne comprenons pas comment elle a pu être émise par le savant anatomiste russe. Le biceps crural atteint la région jambière dans un grand nombre d’espèces animales. « La longue portion du biceps est remarquable à bien des points de vue, observe Lannegràce^. Ce n’est que dans les Mammifères et les Oiseaux que ce muscle est fléchisseur, comme le veulent ses insertions sur la tubérosité de l’ischion, d’une part et sur la tête du péroné, d’autre part. Toutefois, si l’on étudie avec attention son insertion inférieure, on voit que son tendon terminal fournit une * Turner. Joum. of anal, and phys., mai 1872, p. 442. 2 Turner. Journ. of anal, and phys., vol. XIX, p. 111, 1885. ® Lannegrâce. Th. cil., p. 35. 280 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME expansion fibreuse à la tubérosité externe du tibia et à l’aponévrose antérieure de la jambe. Ce n’est que par cette expansion qu’il se rattache, chez l’homme, à la face dorsale, et nous rappelle le muscle iléo-péronéal extenseur des Amphibiens et des Reptiles qui lui est analogue. » Le prolongement de la longue portion du biceps de l’homme sur la jambe « rappelle, ditM. Macalister, l’insertion normale du biceps chez les animaux des ordres inférieurs, chez le lion, par exemple ‘ ». L’exemple du professeur Macalister est bien choisi. C’est, sans conteste, dans les Carnassiers, le chat, Voicrs, Y hyène (Meckel), le chien (W. Ellenberger et H. Baum) que le biceps descend le plus bas et reproduit le plus exactement les modes de confoi’mation bizarres de la longue portion de ce muscle, constatés chez l’homme par Otto, Kelch, Gruber, MM. Halliburton, Bovero, Kelly, Nicolas, Turner, etc. Le biceps descend également plus ou moins bas le long de la jambe en se fixant soit à l’aponévrose jambière, soit au péroné dans le porc- épic, la marmotte, le lièvre, le cabiai, le fourmilier, Y aï (Meckel), Yéchidné, Y ornithorynque (Lannegrâce), le coati, le raton, la loutre, le koala (Young), Y Oryctérope du Cap (Galton), Yamardillo (Hum- phry), les Solipèdes, le chimpanzé d'Aubry (Alix et Gratiolet), etc. Borelli a enseigné que la longueur de la fibre rouge d’un muscle est proportionnelle à l’étendue du mouvement qu’elle est apte à pro¬ duire. Cette distinction entre la longueur de la fibre contractile rouge et la fibre blanche inerte du tendon sur laquelle M. le professeur Marey s’est appuyé pour expliquer la nature entièrement musculeuse du couturier, lui a servi aussi pour expliquer les divers modes de conformation de l’extrémité inférieure du hiceps dans la série animale (voy. plus loin Considérations générales sur les variations du système muscidaire de l'homme). Faisceaux surnuméraires et connexions plus intimes avec les mus¬ cles voisins. — Les faisceaux anormaux qui renforcent le biceps sont de deux ordres : les uns émanent des parties molles ou dures du bassin et vont rejoindre la longue portion; les autres proviennent des pai’ties molles ou dures de la région postérieure de la cuisse et vont se perdi-e dans la courte portion. Nous allons les étudier successi¬ vement. ‘Macalister. Cat. a7., p. 117. MUSCLES DE LA CUISSE 281 I. Faisceaux 'pelviens. — Ils peuvent se détacher soit : a) Du coccyx (1 cas observé parM. Testut chez un nègre, et par moi (des deux côtés, chez une Angolaise) ; jâ) Du sacrum (Macalister) ; y) Du grand ligament sacro- sciatique (1 cas personnel, à droite, chez un homme) ; o) De la tubérosité de l’ischion (Sœmmerring, p. 276; Gantzer, op. eit., p. IS, et Blandin, op. cit., p. 524); s) De la. face profonde du grand fessier, à quelques centimètres de ses insertions iliaques (Wood). De tous les faisceaux pelviens énumérés ci-dessus, celui que l’on rencontre le plus communément c’est celui qui se fixe à l’ischion. Mes élèves ou moi l’avons disséqué 5 fois : 3 fois chez la femme et tou¬ jours des deux côtés; 2 fois chez l’homme : 1 fois des deux côtés, 1 fois à droite seulement. Un de mes prosecteurs, M. Jacques Thomas, a appelé, le 8 février 1893, mon attention sur une anomalie bilaté¬ rale très curieuse qu’il venait de trouver*. 11 s’agissait d’une lame musculeuse située à la partie postérieure de la cuisse, en ai’rière de la longue portion du biceps dont elle était entièrement indépendante. Triangulaire et assez épaisse au niveau de la tubérosité de l’ischion sur laquelle elle s’insérait, à côté et en arrière de la longue portion du biceps, cette lame s’amincissait progressivement, de telle sorte qu’à sa terminaison elle n’était plus représentée que par quelques fibres pâles qui se perdaient sur la partie postérieure et le bord externe du tendon d’Achille. J’ai fait mouler cette pièce intéressante dont j’ai observé un nouveau spécimen en 1894. Dans ce second cas, les fibres ne dépassaient pas toutefois le creux poplité. Je propose de nommer ce faisceau, sur lequel la littérature anatomique est muette, 'muscle acces¬ soire de la longue portion du biceps crural. II. Faisceaux cruraux. — Ils peuvent naître : a) Du fascia lata dans le voisinage de l’extrémité supérieure de la ligne âpre (Henle) ; P) De la ligne rugueuse qui réunit le grand trochanter à la ligne âpre (Giacomini, Annotazioni sopra ïanatomia del negro, 1882, p. 49). y) De l’extrémité supérieure de la ligne âpre (Gruber, Archiv. de Meckel, t. V), 1 cas personnel, à droite, chez une femme; Le Double. Bibliographie anatomique, 1896. 282 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME S) Des jumeaux et du condyle externe du fémur (Gruber, Arch. de Muller, 1848, p. 30) ; î) Du grand adducteur (Macalister) ; '.) Du vaste externe (Macalister) ; 1 cas personnel, des deux côtés chez un homme. Nous passerons sous silence les faisceaux d’union entre le hiceps et le demi-tendineux dont nous traiterons plus loin. Anatomie comparée. — Le biceps crural est un des rares muscles qui méritent, aussi bien en anatomie comparée qu’en anatomie humaine, le nom sous lequel ils sont désignés. Dans les espèces animales où la courte portion fémorale de l’homme fait défaut il a presque toujours deux têtes : une tête ischiatique et une tête coccygienne. Pour bien comprendre la réapparition des faisceaux coccygiens et des auti'es faisceaux surnuméraires pelviens de la longue portion du biceps chez l’homme, il est nécessaire de connaître exactement la position et les attaches de cette longue portion dans les Vertébrés inférieurs. L’anatomie comparée démontre qne la longue portion du biceps n’est pas au bas de l’échelle des Vertébrés un muscle ischiatique, mais un muscle iliaque. Dans V axolotl, la salamandre {Urodèle), la grenouille {anoure) , la tortue de terre {chélonien), le lézard vert {lacer tilien), elle se fixe, d’une part, sur le bord postérieur de l’ilium et, d’autre part, sur un point dissemblable du tiers supérieur du péroné. D’après Sabatier, « le flé¬ chisseur péronier a chez les Chamœléonides, les Crocodiliens et même chez les Oiseaux la forme d’un triangle isocèle dont la base s’insère au-dessus de la crête supérieure de l’ilion postérieur et parfois en avant, jusqu’à la portion commune des deuxilions «. A partir de l’ordre des Ornithodelphes il devient ischiatique. L’ischio-péronéal de Véchidné s’attache à la partie postérieure de l’ischion et celui de Vornithc- rynque au tubercule terminal de cette tubérosité. Dans la girafe il se fixe encore, par une aponévrose, à la crête iliaque, ainsi qu’à l’épine sus-sacrée, jusqu’à la pointe de l’ischinm, où il s’implante foi’tement (Lavocat). « Je m’étais toujours demandé pourquoi, dit Lannegrâce‘, le biceps était le seul muscle ischiatique qui se dirigeât du côté externe de la jambe. L’anatomie comparée m’a démontré que le biceps n’est pas primi- Lannegrâce. Th. cit., p. 36. MUSCLES DE LA CUISSE tivement un muscle ischiatique ; qu’il est iliaque au début; que, dans les Vertébrés inférieurs^ il est très éloigné du demi-membraneux et appar¬ tient au groupe des muscles extenseurs. Il constitue l’iléo-péronéal extenseur des Amphibiens et des Reptiles qui se détache du bord pos¬ térieur de l’iléon. Dans les Oiseaux ce muscle pi’o vient de la crête ischiatique, et cette nouvelle situation fait déjà pressentir qu’il va, chez les Mammifères^ passer sur l’ischion... Le biceps des Mammt/ère.s est le dernier venu sur la tubérosité de l'ischion, ce qui explique pour¬ quoi il est aussi le plus superficiel. « On sait que chez l’homme,- le grand ligament sacro-sciatique comprend les fibres qui relient l’épine iliaque postérieure à l’ischion, et qu’on pourrait considérer ces fibres comme le vestige de la portion du biceps qui était primitivement comprise entre l’ischion et l’ilium. » Nous avons écrit il y a un instant que le hiceps qui, au-dessous de l’ordre des Primates, était dépourvu de chef fémoral, méritait encore son nom parce que ce chef crural était remplacé par un autre chef provenant de la colonne sacro-coccygienne. Ce chef coccygien a été signalé par Meckel, dans le lapin, les cahiais, le kangurou, le coati, le raton; par Meckel et Humphrydans le joAcç-Me; par Meckel, M. Young et M. Robinson dans Vhyène striée; par Strauss-Durckheim dans le par MM. Mûrie et Mivart dans le tapir; par M. Young dans la civette ; etc. Ce chef coccygien du biceps est au point de vue de l’anatomie phi¬ losophique l’homologue d’un des agitatores caudæ des Vertébrés infé¬ rieurs (le caudo-crural) qui s’est soudé au long chef du biceps comme il se soude au demi-tendineux ou au demi-membraneux (voy. M. du périnée). Lannegrâce avance qu’on peut regarder comme le « vestige de la por¬ tion du biceps qui était primitivement comprise entre l’ischion et l’ilion les fibres du grand ligament sacro-sciatique qui relient l’épine iliaque postérieure à l’ischioiA». M. Krause professe, d’autre part, depuis de longues années que ce ligament est un « vestige de l’origine caudale primitive du biceps ». A mon avis, M. Testut a été bien inspiré en adoptant ici une opinion mixte. « Au total : 1“ le muscle biceps des Primates privés de queue (homme et Anthropoïdes) comprend dans sa masse, dit M. Testut*, abstraction faite de sa courte portion, deux ordres de faisceaux intimement, fusionnés : des faisceaux primitive- < Testut, Trait, des anom. musc., p. 633. 234 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME ment insérés sur la portion postérieure de l’ilion (/. iliaques), des faisceaux primitivement insérés sur les vertèbres caudales ou coccyx (/. caudaux ou coccygiens) ; 2° ces faisceaux prennent maintenant leur insertion sur la tubérosité ischiatique ; leur portion initiale, celle qui s’étend de l’ischion à leur surface d’origine réelle, a disparu entant que muscle; mais elle est encore représentée par un organe fibreux ; le ligament sacro-sciatique. La portion supérieui’e de ce ligament est le vestige des faisceaux iliaques ; la portion inférieure représente les fais¬ ceaux coccygiens. Le ligament dans son ensemble peut être considéré comme le tendon d’insertion supérieure de la longue portion du biceps. » L’accessoire de la longue portion du biceps a , comme nous l’avons indiqué dans notre mémoire sur dix muscles nouveaux chez l’homme {Bibliographie anatomique, juillet 1896), des homologues dans la série animale. Dans le chien, le fléchisseur externe de la jambe s’insère en haut sur le ligament sacro-sciatique et sacro-épineux, ainsi que sur la tubéi’osité de l’ischion, par un chef très fort ; puis par un chef plus grêle, sur cette même tubérosité,. mais en dedans du long chef*. Ce sont ces chefs qui bientôt réunis constituent tout le muscle. Le biceps crural du Dasypus sexcinctus est composé de deux fais¬ ceaux qui naissent l’un à côté de l’autre de l’ischion et demeurent distincts dans toute leur longueur. L’antérieur se termine sur l’apo¬ névrose jambière au niveau du calcanéum après avoir fourni un trous¬ seau de fibres qui s’éparpillent en dehors, sur cette aponévrose jus¬ qu’à l’insertion du fascia lata. Le postérieur, intimement uni à son point de départ au "grand fessier, croise le précédent et se perd sur la gaine du jumeau externe Dans l’Atlas d'anatomie comparée de Cuvier et Laurillard on peut voir, sur une des planches réservées à la myologie de la loutre, le dessin d’un muscle grêle qui se rapproche beaucoup de la tête ischia¬ tique postérieure indépendante du biceps du Dasypus sexcinctus. Recou¬ vert par le grand fessier et le moyen fessier du bord antérieur duquel il surgit, ce muscle constitue un faisceau accessoire du fléchisseur péronier qui « au lieu de s’épanouir sur l’aponévrose jambière, comme le biceps, se réunit au gastrocnémien externe et contribue à former le tendon d’Achille^ ». ’ W. Ellenberger et H. Baum. Loc cit., p. 244. * Galton. On Dasypus sexcinctus, cit. p. 554. ® Cuvier et Laurillard. Anal, coinp., pl. CX, fig. I. MUSCLES DE LA CUISSE Une bandelette identique est représentée par les naêmes auteurs dans les planches d’anatomie de \ hyène et notée « comme un mince et large ruban musculaire qui descend tout le long de la cuisse et va se fixer vers le milieu de la jambe sur le fléchisseur du pouce* ». En ce qui a trait aux faisceaux cruraux qui vont renforcer la courte portion du biceps, nous serons aussi concis que possible. Cette courte portion est plus ou moins large dans les espèces animales où elle existe; autrement dit, se fixe à la ligne âpre dans une étendue variable. Chez l’aï et le pangolin, elle est reliée au grand trochanter par des trous¬ seaux de fibres détachées de la partie supérieure de la ligne âpre et chez le chimpanzé elle peut descendre jusqu’au condyle interne. Enfin le fléchisseur péronéal ou son accessoire sont normalement unis, dans Y ai, Y unau (Humphry), les Ruminants, les Solipèdes (Meckel), etc., au demi-tendineux et dans le Dasypus sexcinctus, aux jumeaux. DEMI-TENDINEUX Indépendance du demi-tendineux et de la longue portion du biceps à leur naissance. — L’indépendance complète du demi-tendineux et de la longue portion du biceps à leur origine à l’ischion a été signalée par Macalister, Gruber, Lannegrâce, etc. Je l’ai observée deux fois^. La bourse séreuse décrite par J . Cloquet entre les tendons supérieurs du demi-tendineux et du demi-membraneux est assez rare. Le pro¬ fesseur Macalister pense qu’elle existe seulement 1 fois sur 30 sujets. Si je m’en réfère à mes propres recherches, cette proportion serait encore exagérée. Anatomie comparée. — L’anomalie en cause est expliquée par ce que nous avons écrit plus haut. A savoir : 1° Que la longue portion du biceps n’est pas primitivement un muscle ischiatique ; 2° Que dans les Vertébrés inférieurs elle est très éloignée du demi- tendineux et du demi-membraneux; 3“ Qu’elle ne se rapproche qu’insensiblement du demi-tendineux avec lequel elle finit par se confondre en haut. * Cuvier et Laurillard. Anal, eomp., pl. CCCXXXI. * Le Double. Dict. encyclop. des sciences médicales, art. Demi-tendineux. VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Variations de l’intersection aponévrotique. — L’intersection aponé- vrotique qui coupe la partie nioyenne du corps charnu est très variable. Ordinairement elle a la largeur du petit doigt et est dirigée oblique¬ ment de haut en bas et de dedans en dehors. Elle me paraît à peu pi'ès constante. Quelquefois elle est traversée sur ses bords ou dans son milieu par des trousseaux musculeux. Assez fréquemment elle est double (^Sœmmerring ; 5 cas personnels : 3 cas chez l’homme, 1 cas des deux côtés, 1 cas à droite et 1 cas à gauche; 2 cas chez la femme et toujours des deux côtés). Anatomie comparée. — Le docteur Hepburn a noté la présence d’une intersection aponévrotique dans le corps du demi-tendineux du (jib- bon, de Vorang et du chim'panzé et M. Macalister dans le corps du demi- tendineux du chimpanzé. Cette intersection n’existait pas chez le Troglodytes niger deM. Champ - neys. M. Humphi-y ne l’a pas rencontrée davantage dans le cyclochiirus, ni dans le manis. Comme nous l’avons exposé en traitant des muscles du périnée, l’intersection du demi-tendineux de l’homme indiquerait, au dire du professeur Humphry, le lieu où le caudo-pédal et le cruro- pédal confondus dans les Vertébrés m/en'ei»’5 viennent s’unir à Vadducto- flexor mass du membre postérieur et plus particulièrement à la por¬ tion de cette lame musculeuse de laquelle dérive le demi-tendineux. Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Le professeur Testut a vu du côté droit, sur un sujet adulte, le tendon du demi-ten¬ dineux se confondre à 2 centimètres au-dessus du condyle interne avec le tendon terminal normal du demi-membraneux. J’ai disséqué, chez un nègre d’origine indéterminée, à droite et à gauche, une languette rougeâtre, épaisse comme le petit doigt, qui reliait le demi-membraneux à la portion du demi-tendineux située au- dessous de son intersection. Sur un homme de quarante-cinq ans, mort de phtisie, j’ai vu aussi une expansion musculaire, large de 2 cent. 1 /2 environ étendue trans¬ versalement de la portion moyenne de la courte portion du biceps vers le tiers inférieur du bord externe du demi-tendineux. M. Frœlich a trouvé de même un faisceau contractile, long de fO centimètres, large de 3 à4 centimètres, qui se portait obliquement de dehors en dedans et de haut en bas, du biceps sur le demi-tendi¬ neux, vers la partie moyenne de la jambe L ‘ Frœlich in Prenant. Loc. cit. suprà, p. 17. MUSCLES DE LA CUISSE 287 Il résulte d’une observation de M. Max Flesch que la longue portion du biceps peut fournir (à la rencontre du premier quart et du deuxième quart à partir de l’ischion) un faisceau de renforcement au demi-tendineux. « Le muscle demi-tendineux, a écrit d’autre part Gru- ber, reçoit quelquefois, après sa séparation du long chef du biceps de la cuisse, un faisceau charnu de ce deimier muscle. J’ai observé un nombre notable de cas de cette anomalie, etc. L » Anatomie comparée. — Pour tlumphry et Lannegrâce, le demi-ten¬ dineux, le demi-membraneux et le droit interne de l’homme sont représentés dans les Vertébrés inférieurs par un seul corps charnu, « le muscle long fléchisseur et adducteur de la jambe ». Chez les Chéiroptères, Cuvier ne reconnaît pas le demi-tendineux comme un muscle distinct. Dans le genre pteropus que Cuvier a plus spécialement étudié, le droit inteime (demi-tendineux, d’après Blanchard) se réunit, en effet, au demi-memhraneux (biceps, d’après Blanchard). Dans l’aï les deux fléchisseurs tibiaux sont confondus depuis leur origine ischia- tique jusqu’au milieu de la cuisse, et, dans le kancjiirou, depuis le milieu de la cuisse jusqu’à leur terminaison au tibia. Dans le castor la fusion des deux muscles est complète (Meckel). Variations des insertions inférieures. — La branche inférieure du tendon terminal du couturier ne l’ecouvre pas toujours la branche supérieure du tendon du droit inteime; la branche inférieure du tendon du droit interne ne recouvre pas toujours non plus la branche supérieure du tendon du demi-tendineux comme le prétend M. Bel- liniL Les ti’actus fibreux qui se détachent du tendon terminal et qui sont signalés par Theile, Ellis, Sappey, peuvent être remplacés par des tractus musculeux. Deux cas de ce genre ont été observés par le professeur Wenzel Gruber. Dans le premier le faisceau accessoire était charnu à sa partie moyenne et tendinçux à ses deux extrémités; dans le second il était charnu dans toute son étendue 3. Le professeur Testut a mis à nu un faisceau analogue, mais qui était charnu à son origine et tendineux à sa terminaison. ' Gruber. Anatomîsehe Notizen, Virch. Arch., Bd. CIII, 1886. » Bellini. Bull, de la Soc. anal., 1892, t. VI, p. 463-461. “ W. Gruber. Bulletins de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, 1872, col. 290 et ibid, 1873, col. 184. VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME En 1892, j’ai disséqué, chez une femme, une bandelette musculaire bilatérale en forme de V dont le sommet se détachait du tendon du demi-tendineux, au niveau du point de réflexion de ce tendon derrière le condyle interne du fémur, et dont les deux branches se terminaient sur la face interne de l’aponévrose jambière, l’antéi’ieure à 8 centi¬ mètres, la postérieure à 6 centimètres au-dessus de l’articulation tibio- tarsienne. Anatomie comparée. — Les fléchisseurs tibiaux de la jambe se pro¬ longent, comme les fléchisseurs péroniers, bien au delà du genou dans un grand nombre d’espèces, dans V Oryctérope du Cap, le Tatou à six bandes (Galton), le kangurou, le chien, les Solipèdes, les Ruminants (Meckel), le Cynocéphale Anubis (Champneys). Dans les Anthropoïdes « les muscles grêle et demi- tendineux descendent également assez bas » (Hartmann, Macalister, Champneys, Alix et Gratiolet). Chez les Anthropoïdes disséqués par le docteur Hepburn le demi-tendineux s’étendait inférieurement plus loin dans le gibbon, Vorang et le chim¬ panzé que dans le gorille. Chez le chimpanzé disséqué par Vrolik, le muscle en question avait les mêmes limites inférieures que dans l’espèce humaine. Il y a longtemps déjà, au surplus, que Cuvier a observé que « chez tous les Mammifères le demi-tendineux et le demi-membraneux se terminent par une expansion aponévrotique qui descend beaucoup plus loin sur la jambe que chez l’homme, et que cette disposition en rapport avec la demi-flexion des genoux des animaux est incompatible avec la station debout, mais que la transition entre la station quadru¬ pède et la station bipède est nettement marquée par l’ascension pro¬ gressive des fléchisseurs du jarret » . Le professeur Rolleston déclare que chez les jeunes enfants il est facile de constater que le demi-tendineux et le demi-membraneux s’attachent plus bas ; « A most significant fact, » conclut Champneys L M. le professeur Marey, qui a expliqué les transformations du cou¬ turier et du fléchisseur péronéal dans la série animale, par l’harmonie qui existe entre la fonction et l’organe, a interprété de même les transformations des fléchisseurs tibiaux^ (voy. plus loin, Considérations générales sur les variations du système musculaire de l'homme). ' Champneys. JoMJTt. of anal, andphys., cit., 2* sér., n» IX, 1871, p. 195. * Marey. La Machine animale, cit. p. 79, 80, 81. MUSCLES DE LA CUISSE 289 Faisceaux surnuméraires. — Les faisceaux de renforcement du demi-tendineux proviennent du bassin ou de la cuisse comme ceux du fléchisseur péi'onier. I. Faisceaux pelviens. — Quelques-unes des fibres de la lame muscu¬ leuse coccy-bicipitale, disséquée sur un nègre par M. Testut « se jetaient dans le demi-tendineux, constituant, pour ce muscle, un fais¬ ceau d’origine surnuméraire coccygien ». üif second chef musculaire naissant de l’ischion, à une petite distance du tendon supérieur d’ori¬ gine du muscle normal, rejoint souvent le demi-tendineux au niveau de l’intersection aponévrotiqùe. M. Macalister a trouvé, et j’ai trouvé moi-même, une fois, des deux côtés, sur une femme, un faisceau surnuméraire attaché, d’une part, au grand ligament sacro-sciatique et, d’autre part, à l’intersection aponévrotiqùe. IL Faisceau crural. — Dans un cas observé par Luschka, un faisceau charnu provenant de la ligne âpre du fémur, entre les insertions du grand adducteur et celles de la courte portion du biceps, au-dessous du demi-tendineux, se divisait, au niveau du condyle interne, en deux languettes dont l’une se perdait sur le périoste de ce condyle et l’autre sur la paroi postérieure de l’articulation fémoro-tibiale L Anatomie comparée. — Le demi-tendineux a deux têtes d’origine, une tête coccygienne et une tête ischiatique dans les Solipèdes, le daman, les Ruminants, les Sarigues, le fourmilier, la marmotte, etc. Chez ce dernier animal le premier ventre se joint au second ventre, au niveau du milieu de la cuisse, par une ligne tendineuse, au-des¬ sous de laquelle le faisceau commun reste encore charnu dans une grande étendue 2. Le faisceau coccygien du demi-tendineux n’est, comme le faisceau coccygien du biceps et du demi-membraneux, qu’un vestige d’un des agitatores caudæ des Vertébrés inférieurs. Chez la plupart des Oiseaux (Meckel, Alix) le demi-tendineux res¬ semble absolument au biceps de l’homme, c’est-à-dire est composé de deux portions ; une longue portion provenant de l’ischion et une courte portion de la ligne âpre du fémur. Il n’y a qu’une différence, c’est que la courte portion se porte en dedans, au lieu de se porter en dehors, pour renforcer la longue portion. La bandelette découverte par Luschka chez l’homme serait-elle l’homologue de cette courte portion dont l’extrémité inférieure n’ayant pas acquis son entier développe- * Luschka cit. par Calori. Mem. dell Instii. accad. di Bologna, sér. II, t. VI, p. 141. ' Meckel. Anat. comp., t. VI, p. 385. 290 VARTATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME mement s’est soudée au condyle interne et au ligament postérieur de l’articulation du genou au lieu de se souder à la longue portion ? Le professeur Testut le suppose. BF.MI-MEMBRANEUX Absence. — Elle est signalée par Losclige, de Souza et Gilis (Loschge, Abhandlungen der phys. med. Soc. Erlangen, Bd, I, p. 25 ; de Souza, Gaz. méd. de Paris, 1855, n° 12, p. 184 ; Gilis, Bulletins de la Société de biologie de Paris, 27 juillet 1895). Anatomie COMPARÉE. — Les observations de Loschge et de Souza con¬ cernant l’absence du demi-membraneux sont très confuses. Jusqu’à plus ample informé j’incline à croire qu’il s’agissait plutôt dans ces deux cas d’une fusion de ce muscle avec le demi-tendineux qui appar¬ tient au même groupe anatomique ou même avec le grand adducteur. Le demi-membraneux est confondu, dans toute son étendue, en elfet, avec le demi-tendineux chez le castor (Meckel) et, en partie, avec le grand adducteur chez les Ruminants, le mouton, la chèvre, V Hyæna croeuta, les Protèles ‘ . Dédoublement du muscle. — Ce dédoublement du demi-membraneux dans toute sa longueur a été noté par Luigi Calori et Lannegrâce. J’en possède une observation. Anatomie comparée. — Chez les Anoures (Lannegrâce), Vaï, \e, pango¬ lin (Meckel), le demi-membraneux est. composé de deux chefs. Le demi-membraneux du chien qui n’a qu’un chef à son origine en a deux à sa terminaison (Humphry, Ellenberger et Baum). « J’ai observé moi-même, dit M. Testut, le dédoublement du demi-membraneux chez vltl cercopithèque ; c’était là probablement une disposition anor¬ male, car je ne l’ai pas rencontrée chez d’autres Quadrumanes-. » Variations de longueur de la portion charnue. — Les rapports de la portion charnue et de la portion membraneuse sont très variables ; le * Young et A. Roimson. Anatomy of Hyæna striata, cit., p. 195. - Testut. Trait, des anom. musc., p. 646. MÜSCLES DE LA CUISSE 291 demi-membraneux peut même être entièrement charnu ou entièrement membraneux. Sur une femme que j’ai disséquée, il était constitué, à droite, par un corps charnu fusiforme dont chaque extrémité donnait naissance à un long tendon arrondi. Anatobiie comparée. — Le demi-membraneux est entièrement charnu dans Véchidné, V ornithorynque (Lannegrâce) , le Cynocéphale Anubis (Champneys), etc. Chez aucun de nos Animaux domestiques , le demi- membraneux ne mérite son nom; il est au contraire plus épais et plus charnu à sa partie supérieure que partout ailleurs. Variations des insertions inférieures. — Retzius a trouvé un demi- membraneux qui avait un faisceau surnuméraire qui allait se perdre dans le creux poplité *. Un faisceau analogue a été décrit par MM. San- difort Macalister et Giacomini Le ligament poplité, encore appelé ligament postérieur oblique du genou, ligament postérieur de Winslow, n’est pas constant. Je l’ai vu manquer 4 fois : 3 fois chez l’homme, 2 fois des deux côtés, et 1 fois à droite chez une femme. Axaïomie comparée. — Le demi-membraneux présente dans la série des Vertébrés deux dispositions qu’on ne trouve pas chez nous. Chez presque tous les animaux, en effet, il fournit : 1° une expansion qui concourt à la formation de l’aponévrose plantaire ou se fusionne avec le tendon d’Achille ; 2° un faisceau qui se rend à la tête du péroné. Les Loris ont le demi-membraneux uni au fléchisseur péronéal. Ce mode de conformation n’existe pas chez les Singes proprement dits, pas môme chez le coaita. Chez tous les Anthropoïdes disséqués par le docteur Hepburn l’expansion aponévrotique du demi-membraneux vers la face posté¬ rieure de l’artictilation du genou manquait, sauf chez le gorille où elle était très faible. MM. Owen, Macalister et Champneys ont constaté, contrairement à Vrolik, que le muscle en question ne descend pas plus has chez le chimpanzé que chez l’homme. Chez les chimpanzés de M. Macalister et de M. Champneys le ligament poplité n’existait pas. < Retzius. Chirurgische Anatomie, p. 98i. = Sandifort. Thésaurus dissert., 1769, p. 250. ^ Giacomini. Annatazioni sopra l’anatomia del negro, 1882, p. 49. 292 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Variations des insertions supérieures et faisceaux surnuméraires. — Le professeur Macalister a disséqué un demi-membraneux qui s’insé- l’ait non seulement à l’ischion, mais encore à une portion du grand ligament sacro-sciatique. Le docteur Kelly a communiqué au savant professeur d’anatomie de l’Université de Cambridge le dessin d’un muscle demi-membraneux qui recevait un faisceau surnuméraire du carré crural (Macalister, Transactions of the Royal Irish Academy, vol. XXV, 1871, p. 117). J’ai vu* un muscle demi-membraneux qui naissait supérieurement par deux faisceaux distincts dont l’un, super¬ ficiel, émanait, comme le muscle normal, de la face externe de la tubé¬ rosité ischiatique, et dont l’autre, profond, anormal, se détachait de l’épine sciatique. L’obturateur interne couvrait le faisceau profond. Anatomie comparée. — Dans les Quadrupèdes le demi-membraneux prend, comme le demi-tendineux, ses origines non seulement sur l’ischion, mais encore sur les apophyses transverses des premières vertèbres coccygiennes, est renforcé aussi, si on aime mieux, par un agitator caudæ. Une tête caudale existe dans Y ornithorynque, le cheval, le phoque (Meckel). Chezle/iorc le demi-membraneux envoie un prolonge¬ ment vers la base de la queue, qui, d’après MM. Chauveau et Arloing, représente la branche sacro-sciatique de ce muscle dans les Solipèdes. RÉGION INTERNE DROIT INTERNE Division en plusieurs faisceaux. — Quoi qu’en dise M. Bellini^ le droit interne naît souvent du pubis par des fibres tendineuses. 11 est lamelliforme. Parfois même il est divisé, à son origine, en deux ou trois faisceaux. Anatomie comparée. — Le droit interne, qui possède deux têtes chez * Le Double. Art. Demi-membraneux du Dict. eneyclopéd. des Sciences médicales. - Bellini. Bull, de la Soc. anal., 1892, p. 462. MUSCLES DE LA CUISSE 293 divers Ruminants, en a quatre chez le chameau et trois chez les Loris, les Makis et les Atèles. Variations de largeur et de longueur. — Il mérite, en général, le nom de gracilis sous lequel il était désigné par les anciens anatomistes. Un de mes élèves, M. Petit, de Montrésor, a disséqué, en 1891, des deux côtés, chez un homme, un faisceau très mince qui se détachait du tendon du droit interne, à son point d’union avec le tendon du couturier, et qui allait se perdre sur le quart supérieur de la face interne de l’aponévrose jambière. Je n’ai trouvé aucun exemple de cette malformation dans la littérature anatomique. Anatomie comparée. — Chez le daman le grêle interne se prolonge jusqu’au dessus de la malléole interne et chez le 'phoque jusqu’au bord interne de la plante du pied. Dans le C'gnocéphale Anuhis il. se fixe au tiers moyen du bord antérieur du tibia et à l’aponévrose jam¬ bière. Dans le Gorilla gina, le Troglodytes tschego (Duvernoy), Vorang (Church),le Troglodytes niger (Champneys) il est plus fort que chez l’homme. Il descend plus bas sur la jambe dans Vorang et le gibbon que dans le chimpanzé et le gorille, ce qui tient, observe le docteur Hepburn, à ce que Vorang et le gibbon sont beaucoup plus « distinc- tiveley arboreal than the latters ». Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Le professeur Macalister a vu le grêle interne détacher, vers le tiers inférieur de la cuisse, quelques faisceaux à l’aponévrose fascialata. Le même anato¬ miste a trouvé six fois, au niveau du pii du jarret, le couturier et le droit interne absolument inséparables. J’ai observé ce mode de con¬ formation chez une jeune fille, mais du côté droit seulement. Anatomie comparée. — Le grêle interne n’est indépendant dans toute sa largeur que dans les Amphibiens et les Monodelphes. L’insertion de quelques-uns de ses faisceaux soit sur l’aponévrose fémorale, soit sur l’aponévrose jambière, s’observe fréquemment chez les Singes. Dans le coati il se « confond, en bas, avec le couturier, dont il est impossible de le distinguer » (Meckel). Il en est de même dans le chien, le chat, le porc, les Ruminants et les Solipedes il est presque aussi large en bas qu’en haut (Lesbre). 294 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME PECTINE Absence. — Le pectine manquait des deux côtés chez un homme disséqué par mon prosecteur,' M. Jacques Thomas, et présenté à mon cours du 2 février 1895. Chez cet homme les adducteurs moyens étaient aussi plus petits que d’habitude et composés chacun de deux corps charnus longitudinaux distincts. Dédoublement du muscle. — Winslow a rencontré un pectiné com¬ posé de deux lames superposées dont la plus profonde était la plus petite L Le professeur Macalister a également trouvé dans deux cas ce muscle double ; dans le premier cas la disposition était la même que celle signalée par Winslow, dans le second cas le pectiné superficiel et le pectiné profond avaient les mêmes dimensions. La même mal¬ formation a été découverte par M. Chudzinski sur un nègre. J’en possède plusieurs spécimens et je pense que Henle a raison quand il affirme qu’elle n’est pas très rare [Muskellehre , p. 268). Anatomie compabée. — Dans son mémoire sur le pectiné et les nerfs qui l’innervent, M. Paterson a observé : « 1° que le pectiné est le plus souvent innervé par deux nerfs morphologiquement différents, le nerf crural et le nerf obturateur, parfois aussi par un troisième, le nerf obturateur accessoire ; 2“ que quand le pectiné est divisé en deux couches — ce qui constitue la plus commune de ses anomalies — l’externe est innervé par le crural et l’interne par l’obturateur, ce qui indique que chez l’homme comme chez les animaux ce muscle est primitivement double L » Le pectiné est double, en effet, opossum (Young)®, Véchidné (Alix) VOryctérope du Cap (Cuvier ^ Galton®), la taupe, le chien, les Fourmiliers {Cwfï&c), le porc, le Ô£ei>, W. Gruher avance que « sous ce rapport, le chimpanzé tient le milieu entre les Simiens et les Prosimiens ». La mobilité de l’articulation péronéo-tibiale supérieure et l’adjonc¬ tion à cette articulation ou plutôt au tibia d’un muscle pronateur éloignerait donc de l’homme le chimpanzé, qui s’en rapproche tant par d’autres dispositions myologiques. W. Gruber, qui a cherché ce ‘ Humphry. Journ. of an. and phys., 1869, p. 328. “ Alix. Essai sur l'appareil locomoteur des Oiseaux, 1874, p. 445. •’ Meckel. Anat. comp., t. VI, p. 401-402. * Young. The so-called movements of pronation and supination in hind limb of certain Marsupials (Journ. of an. and phys., t. XV, 1881, p. 392). = Hartmann. Comparaison de l’homme et des Singes Anthropoïdes cit. p. 134. “ Duvernoy. Mémoire sur l'anatomie comparée des grands Singes pseudo-anthropomor¬ phes. — Arch. du Muséum d'hist. nat., t. VIII. Paris, 1835-1836, 4, p. 72. 364 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME muscle chez un grand nombre de Mammifères^ ne l’a pas rencontré dans ceux dont les noms suivent : Erinaceus, Myogale moschata, Talpa ; — Nasua socialis, Ursusarctos, Meles vulgaris, Mustela zibellina et maries, Luira vulgaris, Felis; — Myoxus,[Sciurus, Spermophilus guttatus, Arctomysmarmotta, Mus rattus, Dipus decumanus, Geomys bulbivorus, Fiber zibethicus, Lagomys alpinus, Lepus cuniculus ettimidus, Eystrix cristata, Cavia aperea et cobaya; — Bradypus tridactylus, Dasypus octocinclus, Myrmecophaga didactyla; — Sus scropha; — Equus cahallus ; — Phoca. C’est chez le chien, le renard et le loup qu’on le rencontre le plus communément. 11 y est très fort et souvent bilatéral. Le professeur Gruber l’a découvert 24 fois sur 30 chiens. Dans l’homme et les Singes l’artère tibiale antéiûeure se séparant, à l’état normal, de l’artère poplitée, au niveau du bord inférieur du muscle poplité, les vaisseaux antérieurs de la jambe ne cheminent pas chez eux, comme chez les Canidés, entre le muscle poplité et le muscle péronéo-tihial. Quatrième péronier. Syn. ; Peronœus quartus; Peronœus sextus; Peronœus ealcanexts externus; Péroxiêo- cuboïdien ; Peronœvs accessorius ; Peronœus médius, etc. A l’état de complet développement le 4° péronier est repré¬ senté par un corps charnu qui naît de la partie inférieure du péroné et auquel fait suite un tendon qui va se terminer sur l’une ou l’autre des phalanges du 5® orteil ou sur le tendon que l’extenseur commun fournit au 5” orteil. J’ai rencontré 3 fois, — et toujours des deux côtés, — le 4® péronier bien développé : 2 fois chez l’homme, 1 fois chez la femme. Chez les deux hommes le 4” péronier émanait du quart inférieur de la face externe du péroné, au-dessous du court péronier latéral et se prolongeait par un tendon grêle, chez l’un, jus¬ qu’à la face dorsale de la 3" phalange du petit orteil et chez l’autre, jusqu’à la base de la seconde. Chez la femme il provenait de la fossette sus-malléolaire du péroné par un corps charnu rudimentaire auquel succédait un tendon très mince qui, sur le dos du pied, se divisait en trois branches : une moyenne qui se portait sur le tiers postérieur de la face dorsale de la D® phalange du petit orteil et deux latérales qui se perdaient sur le tendon extenseur de cet orteil au niveau de la base de la seconde phalange. MUSCLES DE LA JAMBE 36S ■ Le 4® péronier se présente toutefois très rarement sous cette forme où il est facilement reconnaissable. Presque toujours son extrémité inférieure est atrophiée ou mal développée. Et c’est à des 4®® péroniers mal conformés qu’on a donné les noms de M. péi-onéo-cuboïdien (Chudzinski), de M. peronœus accessoriics (Henle), de M. peronæus cal- caneus externus (Wood, Theile, Macalister), de M. peronœus quartus (Otto), de M . peronœus sextus (Macalister), etc. Nous allons les décrire brièvement. Le péronéo-cuboïdien de Chudzinski {peronœus aceessorius de Henle) se détache de la partie inférieure de la face externe du péroné, sous les deux péroniers qu’il accompagne dans la gouttière rétro-malléo¬ laire et vient se terminer sur le cuboïde. J’ai trouvé 4 fois (2 fois chez la femme, 1 fois à droite, 1 fois à gauche, et 1 fois des deux côtés, et 1 fois à gauche chez l’homme) ce faisceau anormal que M. Testut a rencontré également 3 fois. Au lieu de se fixer sur le cuboïde, il peut se fixer sur le tendon du long péi’onier latéral au moment où il pénètre dans la gouttière cuboïdienne (Macalister). Péronéo-calcanéen externe {peronœus quartus d’Otto, peronœus sextus du professeur Macalister). — Ce muscle qui a les mêmes insertions supérieures que le précédent se termine généralement, en bas, par un tendon plus ou moins grêle sur le tubercule de la face externe du calcanéum. Ce faisceau a été rencontré par Otto*, Theile^, Wood”, Macalister Chudzinski”, Curnow®, Knott’, Beswick-Perrin ”, Testut®, Prenant, Nicolas etc. Hinterstoisser a rapporté l’observation d’un péronier avec tendon bifide inséré sur le calcanéum ; le muscle nais¬ sait entre les deux péroniers au tiers supérieur de l’angle externe du péroné; les deux branches dé bifurcation du tendon du muscle entou¬ raient le tendon du court péronier latéral, l’une placée en avant, l’autre en arrière de ce tendon”. * Otto. Neue sellene Beobachtungen, S. 40. - - Theile. Encycl. anat., t. III, Myologie, p. 326. ^ Wood. Proc, of the Roy. Soc. of London, t. XV, p. 239 et 539, et t. XVI, p. 530 et 523. ^ Macalister. Proc, of the Roy. Irish Acad., 1871. “ Chudzinski. Revue d'Anthrop., 1882, p. 620. “ Curnow. Journ. of anat. and phys., t. VU, p. 307. ’ Knott. Pi’oc. of the Roy . Irish Acad., 1881, p. 427. * Beswick-Perrin. Med. Times and Gaz., 1872-1873. (Analysé , dans Jou7'n. of an. and phys., t. VU, p. 327.) Testât. Traité des an., musfiul., p. Tào. Prenant, Nicolas. Loc. cit. supj'à, p. 22 et 23. “ Hinterstoisser. Veber einige seltene Muskelvai'iationen. (Vieil, med. Jahrb., 1887, n. Folge, H. 7.) 366 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME M. Guibé a vu sur la jambe gauche d’un sujet la masse des péro¬ niers latéraux constituées par deux muscles dont l’un avait les attaches supérieures du court péronier latéral normal mais était fixé, en bas, sur l’apophyse cochléaire du calcanéum et dont l’autre avait les attaches supérieures du long péronier latéral mais était terminé en bas par deux tendons dont le plus court était inséré sur la pointe de l’apophyse du calcanéum et la plus longue sur la partie inférieure du tubercule externe de l’extrémité postérieure du premier méta¬ tarsien L Trois de mes élèves, MM. Boyer, Bourgougnon et Dubois, ont vu sur le pied droit d’un homme âgé de trente ans environ coexister un tibio- calcanéen, un péronéo-calcanéen et V accessorms ad accessorium (voy. chair carrée de Sylvius)^. Je copie la note que m’a remise à ce sujet M. Bourgougnon. « Muscle tihio-calcanéen droit. — Situé à la partie postérieure et interne de la jambe, long de 20 centimètres, plus gros que le pouce d’un adulte, dirigé verticalement de haut en bas, il s’étend du tiers moyen du tibia à la face interne du calcanéum . « Insertions. — Ce muscle s’insère en haut, dans une longueur de 3 centimètres au bord interne du tibia, au niveau de son tiers moyen, en dehors à une aponévrose qui le sépare du soléaire dont il semble être un accessoire. De là les fibres se dirigent verticalement en bas, s’implantent sur une large aponévrose nacrée qui occupe toute la face profonde du muscle, s’arrêtent brusquement à 2 centimètres au-dessus du calcanéum et s’implantent sur un tendon arrondi long de 4 centi¬ mètres qui s’insère à la partie postérieure de la face interne du calca¬ néum. Ce muscle est l’enflé à sa partie inférieure comme le long fléchisseur du gros orteil; mais le renflement est tourné en sens inverse. « Rapports. — En arrière et en haut avec le soléaire et le tendon d’Achille qui le recouvrent en partie, en has avec l’aponévrose et la peau dont il est séparé par une couche abondante de tissu cellulaire; en avant, avec le tibia, le nerf tibial et l’artère tibiale postérieurs, les tendons du fléchisseur propre du gros orteil et du fléchisseur commun des orteils qu’il recouvre; enfin avec \q péronéo-calcanéen qu’il croise. < Guibé. Bullet. de là Soc. anat. de Paris, 1879, fasc. 8, p. 306. = Le muscle pédieux du côté opposé à celui où ont été rencontrées ces anomalies mus¬ culaires présentait six chefs : le second orteil en recevait deux et chacun des autres orteils en recevait un. MUSCLES ÜE LA. JAMBE 367 « Muscle péronéo-calcanéen droit. — Situé très profondément à la partie postérieure et inférieure de la jambe, obliquement dirigé de haut en bas et de dehors en dedans, long de 13 centimètres, gros comme l’index d’un adulte, ce muscle se termine inférieurement par une partie renflée qui rappelle la foi’me de la partie inférieure du fléchisseur propre du gros orteil. Ce dernier muscle devient tendineux plus rapidement que d’habitude, et au lieu d’être renflé inférieu¬ rement, il est fusifoi’me. « Insertions. — En haut, au tiers inférieur de la face postérieure et du bord interne du péroné ainsi qu’à l’aponévrose qui le sépare des muscles de la région externe. Les fibres musculaires se terminent à 1 centimètre au-dessus de l’interligne articulaire ; le tendon sur lequel elles s’implantent a 8 centimètres de longueur, il passe dans la gout¬ tière située au-dessous de la petite apophyse du calcanéum et va s’in¬ sérer en bas à la partie la plus antérieure de cette gouttière. « Supports. — En arrière et en haut avec le soléaire qui le recouvre, plus bas avec le tibio-calcanéen, qui le croise obliquement; en avant avec le ligament interosseux et la face postérieure de l’extrémité inférieure du tibia, plus bas avec l’articulation libio-tarsienne sur laquelle il repose ; en dedans avec le fléchisseur propre du gros orteil ; en dehors et en haut avec l’aponévrose qui le sépare des péroniers latéraux, sur laquelle il s’insère, plus bas avec un petit faisceau anormal de fibres musculaires, de la grosseur du petit doigt, d’une longueur de 4 centimètres, obliquement couché de haut en bas et de dehors en dedans sur la partie postérieure de l’articulation tibio-tar- sienne. Ce faisceau s’insère en haut et en dehors à l’aponévrose jam¬ bière, en bas ses fibres se confondent avec celles de l’accessoire du long fléchisseur commun. » Wood a rencontré deux fois le péronéo-calcanéen externe sur 70 sujets L Curnow suppose que le péronéo-calcanéen externe est au membre inférieur l’homologue du muscle radio-carpien qu’a décrit M. Fano à l’avant-bras. Cette opinion est inadmissible. Pour cela il faudrait que le péronéo-calcanéen dérivât du groupe des fléchisseurs et non pas du groupe des extenseurs, et qu’il s’insérât sur le bord in¬ terne du pied et sur le tibia, qui représente le radius dans le second segment du membre pelvien. On peut regarder comme des péronéo- Wood. Proceedings of the Roy. Soe. of London, 1888, n» 101, p. 540. VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME calcanéens avortés le j'^éronéo-malléolaire de Budge ( voyez M. long péronier latéral) et un faisceau signalé par M. Macalister et qui reliait le péroné au ligament latéral externe de l’articulation du cou-de- Anatomie compabée. — Dans beaucoup de Carnivores il existe norma¬ lement, en plus du long et du court péronier, un troisième- péronier entièrement indépendant. Ce muscle a été décrit dans le chat par Strauss-Durckbeim, le chien par Franck, W. Ellenberger et H. Baum, Y ours par Shepherd, Testut et Meckel, etc. Au dire de Young et Robinson, il manquerait dans YHyæna crocuta^. Strauss-Durckheim le nomme fibulinus et en donne la description suivante dans le chat : « C’est un muscle fusiforme placé en dehors du fibulœus (long péronier latéral). Il fixe ses fibres charnues à la moitié supérieure de la face externe du péroné qu’il embrasse et d’au¬ tres viennent de la cloison fibreuse qui le sépare en haut du perodac- tylus (long fléchisseur commun des orteils)... De là les fibres se portent en dessous, les antérieures obliquement en arrière et les postérieures obliquement en avant sur les deux bords d’un long tendon qui longe le milieu de la face externe. Au quart inférieur du péroné, ce tendon devient libre, continue à longer cet os, entre celui du fibulœus placé en avant, et celui du péronier placé en arrière, et se réfléchit en bas, avec ce dernier, derrière la malléole externe qui leur forme une poulie de renvoi. Ainsi détourné de sa direction primitive, il se porte en dessous, longe la face antéro-externe du pied pour aller gagner la partie latérale de la phalangeole du hallux, (S® orteil), où il se recourbe une seconde fois en avant, passe oblique¬ ment sur cette phalange, et s’unit au côté externe du tendon du cnémo- dactyle de cet oi’teil (long extenseur commun) pour concourir avec lui à former la calotte fibreuse qui recouvre l’articulation phalangéo- phalangienne 5!. » Selon MM. W. Ellenberger et H. Baum, le muscle dont il s’agit « prend, chez le chien, son origine sur le péroné au-dessous de la tête de cet os (dans la direction distale). Le ventre charnu, très grêle, se termine vers le tiers moyen de la jambe par un mince tendon qui se dirige avec celui du court péronier vers le pied, et s’engage dans la coulisse ' Young and Robinson. On ihe Anatomy of the Hyæna striata [Journ. of an. and phys., vol. XXIII, nouv. sér., vol. III, p. 11, p. 198). ■ Strauss-Durckheim. An. du chat, t. II, p. 438. MUSCLES DE LA JAMBE située sur la face externe de l’extrémité distale du péroné; il est main¬ tenu en place à cet endroit par des bandes ligamenteuses. 11 passe ensuite sous les ligaments latéraux, croise le tendon du long péronier et glisse sur la face dorsale et la face externe du o° métacarpien, pour arriver à la première phalange du 3° doigt où il se soude au tendon du long extenseur des orteils , destiné à ce doigt ‘ . » Dans Voiirs hrun â! Amérique que M. Testut a eu à sa disposition le péronier surnuméraire naissait entre les deux péroniers latéraux, (c confondu en apparence avec le péronier latéral, mais complètement isolable par la dissection. Un peu plus petit que le court péronier latéral, il affectait une forme triangulaire, sa base correspondant à son insertion sur le péroné. Son sommet se continuait par un tendon cylin¬ drique, lequel contournait la malléole, glissait sur la face dorsale du 5® métatarsien, et finalement venait se terminer sur la première phalange du S® orteiP ». Dans la civette le même muscle se détache du péroné, et se rend sur le tendon que l'extenseur commun fournit au petit orteil (Young)^ K II fait défaut chez les Solipèdes ei les Ruminants, dit M. Lesbre, mais il existe à l’état constant dans le porc, les Carnivores et les Rongeurs, flanquant le péroné en arrière et passant dans la même coulisse malléolaire que le court péronier latéral. Il se termine, chez le porc, sur le côté excentrique du petit doigt externe (V'") à la manière d’un extenseur propre ; parfois il donne aussi une petite languette au doigt voisin (IV®). « Dans les Carnivores c’est un faisceau charnu très faible recou¬ vrant en partie le court péronier latéral et s’attachant en haut du péroné ; son tendon longe ce dernier muscle en arriérée et se poursuit sur les phalanges du doigt externe (V®) où il se joint à l’une des branches de l’extenseur commun ^ » Considérations générales sur le péronier du 5® orteil [peronœus quinti digiti). — Des faits exposés jusqu’ici il appert que, dans l’espèce humaine aussi bien que dans les espèces animales, on rencontre à * W. Ellenberger et H. Baum. Anat. du chien, trad. franc, de Deniker, 2® partie, p. 259. - Testut. Myologie de Vursus Americanus. {Journal d'Anat. et de Phys., 1893, t. VIT, fasc. 6 et 7.) * Young. Myology of Yiverra civetta, janv. 1880, p. 175. ‘ Lesbre. Loc. cil., p. 166 24 370 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME l’état de complet développement ou à l’état rudimentaire un' muscle extenseur du 5° orteil qui peut provenir soit : I. Du long péronier latéral (voy. ce muscle) ; II. Du court péronier latéral (voy. ce muscle) ; III. Du péronier antérieur (voy. ce muscle) ou plus exactement d’un faisceau externe différencié du long extenseur des orteils ; W. Du péroné ; V. De l’une et l’autre de ces parties anatomiques. Ce muscle a été, d’après ses origines, sa terminaison, sa situa¬ tion, etc., décrit chez l’homme — on l’a vu — sous les noms les plus divers. Il en a été de même chez les animaux. Il a été appelé peronœus parviis par Bischoff, peronœus tertius par Meckel et Hartmann, jaeronœiw intermedius^KV Bruhl, peronœus quintietperonceiis sextus par Macalister, peronœm quinti digiti par Huxley et Wood, extensor brevis digiti qiiinti par Franck et Ruge, extensor proprius quinti digiti par Davis, extensor quinti digiti et Robinson, fibulinus par Strauss-Durckheim, adductor digiti quinti longüs par Burdach, péronier moyen par Cuvier, long extenseur propre du 5® orteil par Maisonneuve, 5° pédieux par Chudzinski, péronier du 5“ orteil par Testut, etc. Prouver qu’au point de vue de l’anatomie philosophique il ne s’agit ici que d’un seul et même muscle auquel ses différents modes de con¬ formation dans la série animale ont valu plusieurs noms, est facile. Les muscles péroniers font, en effet, primitivement partie des muscles extenseurs du pied. Chez le cryptobranche, la supinato-extensor mass de la jambe et du pied est composée de deux couches : une couche profonde et une couche superficielle divisée elle-même en trois seg¬ ments : un segment tibial, un segment péronier et un segment inter¬ médiaire. Le segment tibial correspond au tibial antérieur, le seg¬ ment péronier aux péroniers et le segment intermédiaire au long extenseur des doigts. Un faisceau délicat détaché du bord externe du segment intermédiaire et accolé à un faisceau semblable provenant du segment péronier constitue un peronœus tertius (le péronier anté¬ rieur de l’homme). L’abducteur du petit doigt est renforcé aussi par quelques fibres du segment péronier qui dépassent l’extrémité distale du péroné (Humphry, Gegenbaur). MUSCLES DE LA JAMBE 371 Long abducteur du gros orteil. Les membres pelviens étant les homologues des membres thora¬ ciques il était à croire qu’on devait retrouver quelquefois dans les membres pelviens de l’homme des muscles qui ont dispai’u dans les membres thoraciques, et réciproquement. L’apparition au membre supérieur des muscles manieux et radio-carpien correspondant au pédieux et au tibial postérieur et le développement au membre infé¬ rieur d’un poplité à deux chefs, d’un péronéo-tibial, d’un quatrième péronier, d’un extenseur propre du second orteil {indicator pedis, extensor digiti II pedis /ouÿiis de W. Gruber) etc., les analogues du rond pronateur, du carré pronateur, de l’extenseur propre du petit doigt, de l’extenseur propre de l’index ont confirmé cette induction. Elle est confirmée encore par la présence accidentelle au membre inféi’ieur d’un long abducteur du gros orteil {abductor hallucis longiis de Henle, extensor assis métatarsi hallucis de Macalister) et d’un court extenseur du gros orteil [extensor primi internodii hallucis de Walther), les analogues du long abducteur du pouce et du court extenseur du pouce. Quand le long abducteur de l’hallus de l’homme est entièrement différencié, il ressemble, je l’ai déjà dit (Voy. M. jambier antérieur) au long abducteur du gros orteil des Singes. Mais cette disposition est excessivement rare. Il émane le plus souvent soit : 1“ du long extenseur commun des orteils ; 2° du long extenseur propre du gros orteil ; 3° du jambier antérieur L Il est donc caractérisé surtout par son insertion inférieure à la base du 1°'’ métatai'sien. M. Macalister l’a vu se réduire à un simple tendon fixé, d’une part, sur le ligament annulaire du tarse et d’autre part, sur l’extrémité infé¬ rieure du L' métatarsien. Au dire de M. Testut ce faisceau anormal « rappelle très nettement le supinator pedis de Humphry qui, chez lé cryptobranche et quelques autres Vertébrés se détache également de la partie inférieure du péroné pour venir s’attacher sur le deuxième méta¬ tarsien, le premier faisant défaut » ? Autrement dit des muscles jambiers ayant une origine embryogénique commune. VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Court extenseur du gros orteil. Ce muscle a été décrit pour la première fois sous le nom « à’exten- sor prhni internodii hallucis « par Walther. Il est caractérisé par son insertion à l’extrémité postérieure et supérieure de la première pha¬ lange de l’hallus. Comme le précédent il peut être absolument isolé. D’ordinaire, cependant, il provient soit : 1° Du long extenseur commun des orteils ; 2° Du long extenseur propre du gros orteil ; ’ ' 3“ Du tibial antérieur C Il est très commun. En 1866, Wood l’a trouvé chez 10 sujets sur 34 et chez tous — sauf chez 1 — des deux côtés. Chez 7 d’entre eux il était entièrement différencié, chez 2 il était une dépendance du long extenseur pi'opre du gros orteil et chez 1, du long extenseur propre du gros orteil et du long extenseur commun des orteils. En 1868, sur une nouvelle série de 36 sujets comprenant 18 hommes et autant de femmes, Wood l’a encore observé, chez 16 hommes et 13 femmes. Chez 3 sujets seulement il n’existait que d’un seul côté (2 fois à gauche et 1 fois à droite). Dans tous il se terminait sur le milieu de la face dorsale de l’extrémité postérieure de la première phalange en s’unissant au tendon correspondant du pédieux ou sans avoir de connexions avec ce tendon. Chez tous, sauf chez 3 où il naissait du tibial antérieur, il était une dépendance de l’extenseur propre du gros orteil dont « il était, dit Wood® peu différencié, comme cela a été indiqué par Sœmmerring [op. cit.^. 326) et par Walther (Haller, Disputationes anatomiæ selectæ, vol. VI, p. 429) mais dont il avait, dans quelques cas, une tendance manifeste à se séparer pour former un muscle particulier, ainsi que cela a été observé par Meckel {Archiv. Bd. V. S. 417), Theile et Henle [Muskellehre . S. 277) ». Pour Wood « V extensor primiinternodii hallucis » serait donc presque constant. Si je m’en réfère à mes propres statistiques, j’ai pourtant tout lieu de croire que l’on ne le rencontre que chez 1 sujet sur 2. ’ Il est quelquefois aussi représenté par le faisceau interne différencié du pédieux ^voy, ce muscle). - Wood. Proc, of theRoy. Soc., n” 86, 1866, p. 240. MUSCLES DU PIED RÉGION PLANTAIRE RÉGION PLANTAIRE INTERNE ABDUCTEUR DU GROS ORTEIL Tous les anatomistes français, sauf MM. Morel et Mathias Duval, l’appellent adducteur. Cette dénomination est erronée aussi bien au point de vue anatomique qu’au point de vue physiologique. Au point de vue anatomique, les muscles courts du pied, comme les muscles courts de la main, comprennent, dans la série animale, trois couches qui sont, en procédant de la face concave à la face convexe : La couche plantaire, de laquelle dérivent les abducteurs ; La couche intermédiaire, de laquelle dérivent les courts fléchis¬ seurs ; La couche dorsale, de laquelle dérivent les adducteurs. Au point de vue physiologique, Duchenne (de Boulogne), dont les recherches ont une valeur incontestée, affirme que ce muscle « fléchit la première phalange en l’éloignant du deuxième orteil et étend en même temps la deuxième phalange ». 11 est donc bien abducteur du gros orteil par rapport à la ligne axiale du pied qui passe par l’index, dans l’espèce humaine, ainsi que nous l’avons dit. Du reste, tout en le qualifiant d’adducteur, les professeurs Cruveilhier ‘ et Sappey ^ parlent principalement de son importance comme fléchisseur. ' Cruveilhier. Anat. descript., 2' édit., II, p. 39i. - Sappey. Anat. descript., 2® édit., t. II, p. 452. 374 VABIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Cuvier et Laurillard avaient déterminé nettement ce fait longtemps avant MM. Cunningham, Bischoff, Henle, etc. Qu’on en juge. A la page 559 du tome I, de la deuxième édition de leur Traité d’anatomie comparée, on pent lire : « La plupart des animaux ayant toujours leur main dans un état forcé de pronation, il devenait nécessaire, en anatomie comparée, de fixer autrement qu’on ne le fait en anatomie humaine , le sens de ces mots abducteurs et adducteurs des doigts ; nous prévenons donc que nous appelons abducteurs tous les muscles qui éloignent les doigts de celui du milieu, et adducteurs tous ceux qui les en rapprochent, aussi bien dans le pied que dans la main. » Partant de cette donnée, ils classent de la sorte les muscles de la plante du pied : \d abducteur du pouce [adducteur du gros orteil des anthropotomistes, calcanéo-sous-phalangien du premier orteil) ; L’adducteur oblique du pouce [abducteur oblique des anthropoto- mistes, métatarso-phalangien du premier orteil) ; L’adducteur transverse du pouce [abducteur transverse des anthropo- tomistes, métatarso-sous-phalangien transversal du premier orteil)-, L’abducteur du petit doigt [calcanéo-sous-phalangien du petit orteil) ; Les interosseux [métatarso-phalangiens latéraux). Connexions plus intimes avec le court fléchisseur (voy. ce muscle). Variations des insertions. — M. le professeur Macalister a vu l’abducteur du gros orteil se détacher en entier du tendon du long fléchisseur propre. C’est une des rares malformations dont je n’ai pas trouvé l’équivalent dans la série animale. Faisceaux surnuméraires. — Rappelons d’abord pour mémoire le faisceau cutané signalé par Lépine (voy. M. court abducteur du pouce). Sur les deux mains d’un homme qu’il a disséqué pendant l’hiver de 1866-1867 le professeur Wood a trouvé un trousseau de fibres qui, déta¬ chées de la partie antérieure de l’abducteur, allaient se perdre sur la base de la première phalange du second orteil. En 1867-4868, Wood a noté de nouveau cette anomalie chez 3 hommes et 1 femme (1 fois à droite, et 1 fois à gauche et 1 fois des 2 côtés chez les hommes, 1 fois des 2 côtés chez la femme). MUSCLES DU PIED 37S Sur 40 sujets du sexe masculin, Wood l’a vue, plus tard, encore 4 fois : 2 fois des 2 côtés, 1 fois à droite et 1 fois à gauche, et sur 30 sujets du sexe féminin, 1 fois à gauche seulement. Soit 5 fois sur 70 sujets ou exactement 1 fois sur 14 h Mes élèves et moi l’avons observée 6 fois en 5 ans (4 fois chez l’homme, 3 fois des 2 côtés et 1 fois à droite ; 2 fois chez la femme 1 fois à droite et 1 fois à gauche). Comme M. Poirier, j’ai vu souvent se détacher du bord supérieur de l’abducteur du gros orteil une expansion aponévrotique très solide, qui va se continuer avec le faisceau inférieur du ligament annulaire anté¬ rieur. M. Poirier a trouvé une fois un os sésamoïde dans cette expan¬ sion qui ne me paraît pas avoir été signalée jusqu’ici bien qu’elle soit fréquente. Il n’est pas très rare de noter le renforcement du muscle en question par quelques trousseaux de fibres contractiles naissant de la tubérosité du scaphoïde et d’une bandelette fibreuse qui s’étend du bord interne de l’aponévrose plantaii’e moyenne au bord interne du pied, sous la face profonde du muscle. C’est là un véritable chef acces¬ soire, chef interne de quelques anatomistes. « A propos de cette divi¬ sion en deux chefs de l’abducteur il est bon de rappeler, dit M. Poirier, la division de quelques auteurs (Theile, Courcelles, Icon. muscul. plantae pedis, Lugd. Batav. 1739) qui appellent chef postérieur l’en¬ semble des fibres à insertion calcanéenne, et chef antérieur les fibres venant du ligament annulaire. Toutes ces fibres aboutissant en der¬ nière analyse au calcanéum; cette division ne peut être acceptée ^ » Anatomie comparée. — Meckel a trouvé dans Vours blanc un fais¬ ceau semblable au faisceau anormal signalé chez l'homme par Wood. COURT FLÉCHISSEUR Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Son chef externe, toujours plus ou moins uni à l’adducteur oblique en est quelquefois inséparable. La même remarque peut être faite en ce qui concerne les rapports de son chef interne avec l’abducteur. « 11 n’est pas rare, a ’ Wood. Proeeedings of the Boy. Soc., n» 104, 1868, p. 522. * Poirier, Traité d’anat. cit. t. II, p. 275. 376 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME écrit Cruveilhier, de voir le plus grand nombre des fibres du court fléchisseur se rendre au tendon du court abducteur du pouce, avec lequel il forme alors un muscle biceps dont il est la courte portion*. » Le court fléchisseur est relié aussi parfois par quelques trousseaux contractiles à l’opposant. Anatomie comparée. — M. le professeur Cunningham a disséqué un certain nombre d’animaux dans lesquels le court fléchisseur du gros orteil se compose d’un seul chef tibial ou péronier. Le chef tibial existe seul dans le Phascogale calura, la loutre^ le Dasyuriis viverrinus, V Omythoryncus paradoxus , le Cœlogenys paca, le Myrmecophaga tamandua, les Lémuriens, Ig, porc, le Macropus robustus. Le chef péro¬ nier se rencontre seul dans le Trechechus rosmarus ^ Dans Vorang le chef péronier du court fléchisseur et l’adducteur oblique du gros orteil sont intimement unis et la nature mixte de ce muscle unique est établie par les deux branches nerveuses qu’il reçoit, provenant l’une du nerf plantaire interne, l’autre du rameau profond du nerf plantaire externe (Ruge). Tandis que Duvernoy etMacalister affirment que la tête externe fait défaut chez le gorille, Bischoff avance qu’elle est toujours présente dans le gorille, le chimpanzé et le gibbon. Ce qui est certain, c’est qu’elle existait chez chacun des quatre Anthropoïdes disséqués par le docteur Hepburn et dans le de gorille disséqué parM. Deniker^. Quant à l’opposant du gros orteil, il n’existe pas en tant que muscle distinct chez la plupart des Mammifères. Faisceaux surnuméraires. — « 11 n’est pas rare, disent MM. Morel et Mathias Duval, de rencontrer un petit faisceau tendineux du court fléchisseur inséré sur la base du premier cunéiforme L » Ce petit faisceau est Vinterosseus plantaris primus de quelques anatomistes. J’aurai l’occasion d’en parler plus loin (voy. M. interosseux dorsaux du pied) . Quelquefois le court fléchisseur envoie un tendon à la base de la première phalange du second orteil ou est renforcé par un trousseau * Cruveilhier. Anal, descript., 2® édit., t. II, p. 395. - Cunningham. Report on Marsiipialia, eit. p. 125-126. ’’ Deniker. Loe. oit., p. 166. Morel et Mathias Duval. Manuel de l’anatomiste, muscle court fléchisseur du gros. MUSCLES DU PIED 377 de fibres provenant du tendon correspondant du long fléchisseur profond. Ainsi que nous l’avons noté antérieurement (voy M. tibial postérieur) , certains anatomistes considèrent à tort comme anormale l’insertion du jambier postérieur par une lame aponévrotique plus ou moins épaisse : 1“ Sur les 2®, 3'^, 4° métatarsiens (Harrisson) ; 2“ Sur le cuboïde (Winslow) ; 3° Sur le court fléchisseur du gros orteil (Wood, Macalister). Anatomie comparée. — Chez certains animaux chacun des orteils a un court fléchisseur composé de deux chefs ou d’un seul chef tibial ou péronier. C’est ainsi qu’en plus des courts fléchisseurs des doigts extrêmes on trouve un couid fléchisseur à deux chefs pour l’index, un à deux chefs pour le médius et un à deux chefs pour l’annulaire dans le Rat du Cap, le Phalanger renard, le Koala cendré, le lièvre, etc. Dans le Myrmecophaga tamandua, le court fléchisseur de l’index, celui de l’annulaire et celui du médius n’ont qu’un chef tibial. Le court flé¬ chisseur de l’index de Vatèle et du Cynocéphale sphynx n’a qu’un chet péronier; il en est de même du court fléchisseur du porc domestique.. « Dans les Quadrumanes, dit le professeur Cunningham, on ne rencontre jamais un court fléchisseur bien développé pour chaque doigt. Les courts fléchisseurs du gros orteil et du petit doigt ont bien deux têtes, mais le court fléchisseur de l’index et celui de l’annulaire n’en ont souvent qu’une et le court fléchisseur du médius paraît faire généralement défaut*. Dans le pied de \ homme, et du gorille, etc., certains des courts fléchisseurs perdent leurs têtes et deviennent des adducteurs » Par « certains des courts fléchisseurs » il faut entendre les courts fléchisseurs de l’index, du médius et de l’annulaire et par « devien¬ nent des adducteurs » deviennent des « interosseux palmaires », M. le professeur Cunningham a établi nettement, en effet, par ses nom¬ breuses et patientes recherches sur la myologie comparée des extré¬ mités des membres dans les différents ordres de Mammifères que « les interosseux palmaires » appartiennent à la couche moyenne du pied Cunningham. Loc. ciL., p. 115. - Ibid., p. 131. 378 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME (voy. M. court abdiœteur du pouce), c’est-à-dire à la couche des courts fléchisseurs des doigts et dérivent entièrement de ceux-ci. Je lui cède la parole ; « Dans deux extraits de mon mémoire sur les Marsupiaux, publiés dans le Journal de V anatomie et de la physiologie S j’ai rangé les courts fléchisseurs du gros et du petit orteil des Bimanes avec l’adducteur oblique et l’adducteur transverse du gros orteil dans la couche plan¬ taire du pied. En le faisant j’ai fait miennes, dans une certaine mesure, les opinions de MeckeP. Ces opinions me paraissent maintenant erro¬ nées et je pense que les interosseux plantaires dérivent de la couche intermédiaire ou des courts fléchisseurs. Ma nouvelle manière de voir est basée sur les faits suivants : « Avancer que toutes les anomalies musculaires sont ataviques, me paraît une assertion purement gratuite, » a déclaré, en 1894, à Lon¬ dres, M. Macalister, au Congrès des sciences anthropologiques dont il était le président.. « Macalister, Le Double, Chudzinski, a écrit M. Poirier ^ s’accordent à reconnaître que si quelques variations peuvent être rattachées à des types homologues dans la séiie animale, il faut se garder d’exagérer cette tendance; à force de vouloir tout expliquer on n’explique rien. Lorsqu’un auteur, pour expliquer le muscle présternal de l’homme, remonte ou descend jusqu’au serpent, il court grand risque de n’être pas suivi. » Je rends justice à M. Testut qui, plusieurs années après moi, s’est adonné, en France, à l’étude des anomalies musculaires humaines et en a publié un traité qui, pour être très incomplet, n’en a pas moins attiré l’attention de tous les anatomistes sur son auteur. Je dis un traité très incomplet ». Dans ce traité, paru en 1883, et à propos duquel j’ai eu soin de rappeler dans une note, lue à la Société d’An- thropologie de Paris, par M. le professeur M. DuvaP, mes travaux bien antérieurs sur la môme question (mes communications à la Société d’Anthropologie, 1879, à la Société anatomique, 1880, à l’As- ' Chudzinski. Bullet. de la Soc. d'Anthropol. de Paris, p. 488, 1894. * Poirier. Trait, d'anat. II, 1" fasc., p. 74, 1896. 3 Le Double. Sur la question des anomalies musculaires chez l’homme. Bidlel. de la Soc. d’Anthropol. de Paris, p. 791 et suiv., 1883. 454 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME sociation française pour l’avancement des sciences, 1880, mes nom¬ breux articles de myologie du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales de Dechambre et Le Reboullet, 1881-1882-1883, etc.) dans ce traité, dis-je, ne figurent pas, en effet, les variations des muscles de la face, de la mastication, des yeux, des oreilles, de la langue, du voile du palais, du pharynx, du larynx, des gouttières vertébrales, du diaphragme, du périnée, de la main et du pied décrites et interpré¬ tées ici. Amicus Plato sed magis arnica veritas. Je rends, je me plais à le répéter, justice à M. Testut, mais je conviens aussi qu’affirmer que toutes les anomalies musculaires sont la reproduction d’une disposi¬ tion animale, c’est trop s’avancer. Je reconnais qu’assurer que tel muscle des Yertébrés inférieurs répond toujours positivement à tel muscle de l’homme, c’est trop de hardiesse. Mais, observera-t-on, vous avez vous-même dans plusieurs pages de cet ouvrage, rapproché certaines dispositions anormales du système musculaire de l’homme de cer¬ taines dispositions normales du système musculaire d’animaux très inférieurs. Oui, mais à titre de simple hypothèse, sans prétendre le moins du monde — tout en réservant les droits de l’avenir — établir absolument une homologie que l’insuffisance actuelle de nos connais¬ sances en anatomie comparée rend souvent problématique. J’en fournis la preuve. « L’anatomie comparée des muscles constitue un champ presque inexploré, » dit le professeur Gegenbaur. « Les dissemblances entre les muscles homologues chez deux Mammi¬ fères d’un ordre éloigné sont parfois si prononcées que les anatomistes les ont décrits sous des noms différents, » observe également M.Marey. M. Lesbre rapporteur de la Commission chargé par le Congrès vétérinaire qui a tenu, l’année dernière, ses assises à Berne, d’élaborer un projet de nomenclature anatomique imitée des Nomma anatomica. M. Lesbre, dis-je, s’exprime en termes non moins catégoriques’ : « L’homologation des muscles des Animaux domestiques avec ceux de l’homme a été et est encore, remarque-t-il dans son Essai de Myo¬ logie comparée de l'homme et des Mammifères domestiques en vue (Rétablir une nomenclature unique et rationnelle, le sujet de dissidences très grandes entre les anatomistes les plus autorisés, dissidences qui s’expliquent par la distance des types comparés, dans nos classifica¬ tions. Il est évident que, dans les cas douteux, on ne peut arriver à la * Gegenbaur. hoc. cU., Myologie ; Marey, La machine animale, p. 77 ; Lesbre, hoc. cil., CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 455 vérité qu’à la condition de faire intervenir des types intermédiaii’es ou certaines anomalies comblant par degrés des différences qui, de prime abord, rendaient toute comparaison impossible. C’est pourquoi j’ai dû chercher des renseignements non seulement dans les ouvi’ages d’anatomie humaine ou vétérinaire, mais encore dans les divers travaux de Cuvier, Meckel, Theile, Huxley, Milne-Edwards, Maca- lister, Gruber, Sabatier, Lannegràce, Le Double, Ellenberger et Baum, etc... « Si je n’ai pas toujours résolu avec certitude les problèmes posés, je crois du moins avoir apporté un certain nombre de faits ou d’argu¬ ments qui pourront faciliter leur solution dans l’avenir. « Les homologies déterminées, il ne restait plus pour entrer dans les vues du Congrès de Beime, qu’à appliquer aux animaux les Nomina anatomica du Congrès de Bâle. Malheureusement cette terminologie, faite pour l’homme exclusivement est loin de convenir toujours à l’anatomie comparée. J’ai donc dû signaler, à l'occasion, les imperfec¬ tions des Nomina anatomica et parfois même proposer de leur substi¬ tuer d’autres termes. On peut à la rigueur, se résigner, par force d’usage, à appeler biceps, demi-tendineux, demi-membraneux, etc., des muscles qui ne sont ni biceps, ni demi-tendineux, ni demi-mem¬ braneux ; . mais il est clair qu’on ne saurait logiquement conser¬ ver le nom d’extenseur à un muscle qui est fléchisseur dans l’espèce envisagée, ou l’épithète de grand à un muscle qui est au contraire le plus petit de la région, etc., etc. « A maintes reprises, on se convaincra par la lecture de ce mémoire que les Nomina anatomica ne réalisent pas cette condition indispen¬ sable d'une bonne nomenclature : détre applicables à t anatomie com¬ parée. Leur révision pourrait être l’œuvre fort utile d’un Congrès mixte de médecins et de vétérinaires. » Dans le mémoire dont je viens de citer le titre, M. Lesbre fournit çà et là, et notamment à propos du sterno-masMdien, des scalènes, du long du cou, du coraco-brachial, de l’anconé, de l’extenseur propre du petit doigt, du cubital postérieur (voy. ces muscles) les preuves de ces pi’opositions. En voici encore de nouvelles touchant le sacro-lom¬ baire et les muscles insérés sur le carpe et le métacarpe. « L’étude du sacro-lombaire, comme celle de bien d’autres, dans la série animale, démontre, poursuit M. Lesbre *, que les noms usités en Lesbre. Bod. loc., p. 52 et 115. 456 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME anatomie humaine (sacro-lombaire, ilio-costale) ne conviennent pas en anatomie comparée. Pour arriver à une unification rationnelle de la nomenclature anatomique, il ne suffit pas de généraliser aux animaux les termes en usage chez l’homme, il faudrait d’abord discuter le bien fondé de ces derniers en se plaçant au point de vue de l’anatomie comparée. Or, en ce qui concerne le sacro-lombaire, il n’est pas dou¬ teux qu’il serait mieux nommé intercostal commun ; il est donc fâcheux que, pour unifier la nomenclature, les vétérinaires en soient réduits à épouser les erreurs des médecins. « Les noms généralement attribués en anatomie humaine aux muscles terminés sur le carpe et le métacarpe sont difficilement appli¬ cables à l’anatomie comparée ; par exemple les deux muscles cubital antérieur et cubital postérieur sont, chez les Quadrupèdes, à cause de l’état de pronation de la main, dans une position précisément inverse ; le cubital postérieur est en avant, l’antérieur en arrière. Il serait évidemment préférable de les dénommer, à la manière de Cuvier, d’après le côté de leur insertion humérale et de dire : cubital interne ou mieux encore cubital épitrochléen, au lieu de cubital antérieur — cubital externe ou épicondylien au lieu de cubital postérieur. D’ailleurs ces expi’essions ont été adoptées par divei’s anatomistes étrangers ; il est regrettable que le Congrès de Bâle ne les ait pas ratifiées. On pour¬ rait faire les mêmes objections en ce qui concerne les radiaux externes, muscles qui, dans la main des Quadrupèdes, se trouvent non pas en dehors, mais en dedans de l’avant-bras ; mais comme ces muscles prennent insertion du côté externe de l’humérus, nous pouvons à la rigueur admettre leur terminologie à la condition toutefois de ne plus désigner le grand palmaire sous le nom de radial interne pour éviter toute confusion ; encore serait-il préférable de dire radial tout court : 1” radial, 2'’ radial. » On connaît les opinions diverses qui ont été émises sur l’homologie des os et des muscles entrant dans la composition des ceintures thora¬ cique et pelvienne et sur celle des muscles entrant dans la composi¬ tion des membres. Tenons-nous-en à la comparaison des muscles des membres. La comparaison établie par Ticq-d’Azyr entre ces muscles est sujette à caution parce qu’elle est basée presque exclusivement sur les fonctions. Celle établie par Martins n’est pas davantage à l’abri de toute suspicion. Elle est fondée sur la similitude qui existe entre les diverses pièces osseuses de la cuisse, de la jambe, du pied et celles du bras, de l’avant-bras et de la main. Or, c’est le muscle qui CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 457 fait l’os et non pas l’os qui fait le muscle. Celle d’Albrecht qui repose sur l’innervation des organes actifs de la locomotion, est regardée comme fausse par Lannegi’âce qui a disséqué, pour la combattre, une série d’animaux chez lesquels des adaptations particulières n’obscur¬ cissent pas les parties {Urodèles, Anoures, etc.). Au total, rien de précis. J’ai tenu, en traitant des fessiers et de l’iliaque — pour ne parler que d’eux — à prouver péremptoirement que Cuvier, le grand Cuvier lui-même, s’était trompé dans ses déterminismes. On ne pourrait trop l’excuser. Une science ne saurait être positive qu’à la condition de s’appuyer sur des faits recueillis avec soin et rigoureusement contrôlés. Telle doit être l’anatomie comparée. Mais il faut reconnaître que lorsque Cuvier a écrit son Traité d'anatomie comparée, il s’est trouvé en face d’insurmontables difficultés. La myologie comparée laissait, d’une part, beaucoup à désirer parce que les muscles des animaux ont été toujours peu disséqués et, par conséquent, mal connus. Cela tient en partie à ce que ces organes sont très nombreux, à ce que leur préparation sur le même sujet exige plusieurs jours et à ce qu’ils s’altèrent rapidement si la température est élevée. Cuvier a donc dû prendre pour base de ses assimilations la myologie de l’homme, étudiée seule depuis longtemps. Le Muséum de Paris ne possédait pas, d’autre part, les centaines d’animaux indispensables aux recherches, ne fût-ce que pour la classe des Mammifères ; et les eût-il possédés que Cuvier n’eût pu se livrer à de longues et pénibles dissections sans négliger ses autres travaux. Alors il a eu recoui’s aux mémoires spéciaux des savants français et étrangers qui l’avaient précédé. 11 n’en a retiré qu’un assez mince bénéfice, les auteurs de ces mémoires ayant été plus zoologistes qu’anatomistes. Quant aux descriptions myologiques contenues dans les ouvrages des hippotomistes de cette époque, et principalement dans ceux de Bourgelat, elles s’appliquaient presque exclusivement au cheval et fourmillaient d’erreurs qui n’ont pas été rectifiées et n’ont pu l’être en raison de l’inexpérience des jeunes gens que Cuvier avait chargés des dissections comparatives. Ainsi s’expliquent les imperfections relevées dans les pages que le célèbre professeur du Muséum a consacrées aux muscles des Mammi¬ fères. Voilà, n’est-il pas vrai, déjà bien des raisons qui doivent faire hésiter, à moins de recherches personnelles, avant de déclarer que tel muscle de l’homme correspond à tel muscle des Carnassiers, àe?,Rumi- VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME nants, des Rongeurs, etc. Il en est encore d’autres. Les muscles des animaux dont la description a été copiée sur celle des muscles de l’homme qui varient comme ces derniers. J’ai noté les différences de conformation qu’ont présentées à Gra- tiolet, Alix, Macalister, Broca, Humphry, Bischoff, Champneys, Duvernoy, Hepburn, Hartmann, Chudzinski, Deniker, etc., etc., les mêmes muscles des Anthropoïdes. Mûrie et Mivart signalent des varia¬ tions individuelles dans la myologie des Lémuriens. Le système mus¬ culaire des Chauves-souris n’est pas décrit d’une façon identique par Cuvier, Macalister, Maisonneuve et Blanchard. On ne trouve pas davantage un accord parfait entre Bourgelat, Bigot, Girard, Strauss- Durckheim, Gurlt, Leyh, Frank, Martin, Lavocat, Arloing et Chau¬ veau, Lesbre, W. Ellenberger et H. Baum, etc., en ce qui concerne la contexture des agents actifs du mouvement chez les Animaux domestiques {cheval, bœuf, mouton, porc, chèvre, chien, chat, etc.). Qu’on jette un coup d’œil sur la monographie de la civette qu’a publiée Young et sur celle qu’a publiée Devis, sur la monographie du phoque qu’a publiée Duvernoy et sur celle qu’a publiée le professeur Hum¬ phry, sur la monogi’aphie de Vours, qu’a publiée Meckel et sur celles qu’ont publiées les professeurs Shepherd et Testut, et on sera frappé des contradictions qu’on y trouvera. M. Chudzinski avance même — et mes observations et celle de M. Keith sont loin de venir à l’encontre de cette assertion — « que les anomalies musculaires sont d’autant plus nombi’euses qu’on s’élève dans l’échelle animale et qu’elles acquièrent leur maximum de fréquence chez les Anthropoïdes » . Chez IS gibbons, M. Keith a noté deux fois l’insertion du droit antérieur de l’abdomen à la 3“ côte, six fois à la 4“ et sept fois à la 5°. Mais je reviens aux classifications des anomalies musculaires qui ont été proposées. J’ai indiqué les classifications de MM. Beaunis et Bouchard, Chudzinski, Macalister et Testut. H ne me reste plus qu’à parler de celle de M. Duval. Le professeur Duval distingue deux ordres de variations musculaires* : les unes qui sont une sorte de pas vers l’avenir, c’est-à-dire vers des transformations futures; les autres qui sont un retour vers le passé, c’est-à-dire vers les ti’ansformations subies; les prenaières sont les anomalies progressives, les secondes les anomalies régressives. M. Debierre s’est fait, en 1896, à la Sorbonne, au Congrès des ' M. Duval. In Testut, Traités des anom. musc., préface. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 439 Sociétés savantes, le défenseur éloquent de cette manière de voir. Sans doute la classification de MM. Duval et Debierre est excellente et sera vraisemblablement celle de l’avenir, mais, en l’état actuel de nos connaissances, elle ne saurait s’appliquer à tous les cas. Sous ces réserves je classe les variations ou anomalies des muscles de l’homme en : 1. Anomalies régressives, réversives, ataviques on théromorphiques ; IL Anomalies progressives, évolutives ou de perfectionnement ; ll\. Anomalies-monstruosités. M. le professeur Macalister m’a donc prêté des opinions qui ne sont pas les miennes lorsqu’il a déclaré, le 8 mai 1894, au Congrès des Sciences anthropologiques de Londres, qu’il présidait : « Je ne saurais me ranger à la manière de voir de mes éminents amis, le professeur Testut et le D'' Le Double, qui regardent toutes les anomalies muscu¬ laires comme ataviques L » 1. Anomalies régressives réversives, ataviques ou théromorphiques. — Ce sont celles qui reproduisent ou tendent à reproduire dans l’es¬ pèce humaine un mode de confoi'mation du système musculaire des animaux et principalement des Mammifères supérieurs (les Primates) — et dont on peut suivre sûrement les modifications essentielles d’un ordre dans un autre. Voici un cei'tain nombre de celles qui ont été étudiées dans ces volumes : TÊTE Muscle choanoïde, faisceaux d’union entre les muscles droits et obliques de l’œil, faisceau zygomatique de l’auriculaire antérieur, M. stylo-auriculaire, M. auriculo-temporal, segmentation de l’auricu¬ laire postérieur en deux ou trois corps, M. auriculaire inférieur, déve¬ loppement excessif des muscles auriculaires, crotaphyte et masséter, fusion des deux élévateurs de la lèvre supérieure, multiplication des zygomatiques, masséter trigastrique, dédoublement du buccinateur, muscles faciaux plus épais et plus grossiers. ' Macalister. Loc. cit. suprà, p. 25. 460 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME COU Augmentation d’épaisseur, d’étendue du peaucier, M. quadriceps de la tête, insertion du sterno-mastoïdienà la mâchoire inférieure, M. omo- trachélien, attache du digastrique réduit à son ventre postérieur à l’angle postérieur du maxillaire inférieur, M. occipito-hyoïdien, inser¬ tion des muscles sous-hyoïdiens sur une arcade ligamenteuse rétro¬ sternale, digastricité des sterno-cléido-hyoïdiens et sterno-chondro- hyoïdiens, M. coraco-hyoïdien , onio-hyoïdien entièrement charnu, omo-hyoïdien sans ventre postérieur, omo-hyoïdien inséré à l’angle supérieur et interne du scapulum, M. cléido-hyoïdiens surnuméraires, extension des insertions supérieures et inférieures des scalènes, union du scalène antérieur, du grand droit antérieur et du long du cou, fusion des longs du cou, diminution ou disparition du triangle sous- iniaque des splénius, augmentation du nombre des intersections du grand complexus, accessoire du petit complexus, M. thyroïdien trans¬ verse, M. crico-thyroïdien interne, M. glosso-épiglottique, M. thyro- épiglottiques, M. hyo-épiglottique, insertion du constricteur inférieur du pharynx sur les premiers anneaux de la trachée, connexions plus intimes des muscles du larynx et des muscles du pharynx, division en deux faisceaux du grand droit antérieur de la tête, M. atloïdo-mastoï- dien , faisceau mastoïdien du gi’and oblique de la tète^ dédoublement du grand droit postérieur de la tête, etc. TRONC Division du trapèze en deux ou trois corps horizontaux, variations des insertions costales du grand dorsal, arc axillaire, M. dorso-épitro- chléen, M. transverse de la nuque, ascension du petit rhomboïde vers le crâne, fusion des deux rhomboïdes, M. rhomboïde delà tête, ampli¬ fication de la largeur et de la hauteur des petits dentelés postérieurs, continuité de l’angulaire et du gi’and dentelé, longs intertransver¬ saires, M. lombo-stylien, M. sacro-coccygien antérieur, M. sacro-coc- cygien postérieur, M. péri-claviculaires surnuméraires, absence de la portion claviculaire ou de la portion sterno-costale du grand pectoral, insertion en dehors du groupe pectoral sur les tubérosités humérales, la capsule de l’épaule, le bourrelet glénoïdien ou la courte portion du CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 461 biceps, M. chondré-épitrochléen , division du petit pectoral en deux corps, insertion en dedans du sous-clavier à la 1"® et à la 2® côte, aug¬ mentation de nombre, extension en longueur et état entièrement charnu des intercostaux, continuité des muscles larges de l’abdomen, des intercostaux et du transverse du thorax, développement incomplet du diaphragme post-cardiaque, perforation du pilier médian droit du dia¬ phragme par l’œsophage, coalescence des piliers médians et des piliers intermédiaires, faisceaux phréno-œsophagiens et phréno-aortiques, extension en hauteur du droit antérieur de l’abdomen, hypertrophie du pyramidal de l’abdomen, intersections tendineuses ou ossiformes des muscles grand oblique, petit obli(fue, transverse et pyramidal de l’abdomen, hypertrophie des petits psoas, insertion du petit psoas sur le petit trochanter, M. ilio-capsulo-trochantérien, etc. MEMBRES Membre thoracique. M. delto-claviculaire, M. delto-acromial et M. delto-spinal, fusion du deltoïde et du chef claviculaire du grand pectoral, court coraco- brachial, long coraco-brachial , M. tenseur de la capsule de l’épaule, quadrijemellus brachii, insertion de la longue portion du biceps brachial sur le col de la tête de l’humérus ou la capsule de l’épaule, chef bicipital surnuméraire provenant de la face interne de l’humérus entre le coraco-brachial et le brachial antérieur, attache inférieure du biceps brachial ou du bi’achial antérieur sur le radius et le cubitus, segmentation du triceps brachial, exagération de l’étendue de l’inser¬ tion scapulaire du même muscle, M. épitrochléo-olécranien, absence complète ou incomplète de l’un ou l’autre des muscles pronateurs et supinateurs de l’avant-bras, attache plus élevée du long supinateur sur le radius, développement plus prononcé, état charnu, duplicité, bifidité, trifidité du long palmaire, fusion totale ou partielle des longs fléchisseurs communs des doigts, du long fléchisseur du pouce et des fléchisseurs communs, des deux radiaux externes, du long abducteur et du court extenseur du pouce, attache par un tendon surnuméraire du long abducteur du pouce sur le trapèze, M. extenseur commun du pouce et de l’index, M. extenseur propre du médius, M. extenseur propre de l’annulaire, M. extenseur propre du petit doigt et de l’annulaire, seg¬ mentation de l’opposant du pouce, développement très prononcé du 462 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME faisceau distal superficiel de l’adducteur transverse du pouce, naissance exclusive du pisiforme du court abducteur du petit doigt, fusion du court fléchisseur et du court abducteur du petit doigt, absence d’un ou de plusieurs lombricaux et lombricaux surnuméraires, troisième lombrical avec deux têtes d’origine, dédoublement des interosseux palmaires ou des interosseux dorsaux, identité de structure des interos¬ seux de la main et du pied, M. manieux, etc., etc. Membre abdominal. Passage des vaisseaux et des nerfs obturateurs entre les deux fais¬ ceaux entièrement indépendants de l’obturateur interne, absence d’un des jumeaux pelviens, extension de l’attache inférieure du grand fes¬ sier, tendance à la division et à la multiplication de la masse fessièi’e, M. scansorius, M. accessoire du petit fessier, soudure plus ou moins com¬ plète du pyramidal de l’abdomen et du moyen fessier ou du jumeau infé¬ rieur et de l’obturateur interne, augmentation de volume du coutu¬ rier, couturier à deux têtes, suppression du tendon direct ou du tendon réfléchi du droit antérieur de la cuisse, absence de la courte portion du biceps crural, indépendance complète ou incomplète de la longue et de la courte portion du biceps crural, extension au-dessous du genou des insertions inférieui’es du biceps crural, du demi-membraneux, du demi-tendineux et du droit interne, demi-membraneux entièrement charnu, dédoublement du pectiné, variations du nombre des adduc¬ teurs delà cuisse, M. ischio condylien, os sésamoïdes des jumeaux de la jambe, disparition de la tête tibiale du soléaire, développement plus pi’ononcé du plantaire grêle, division en deux du jambier anté¬ rieur (M. long abducteur du gros orteil), M. indicator pedis (M. ex¬ tenseur propre du second orteil), M. court extenseur du gros orteil provenant de la jambe, M. péronéo-tibial, M. peronams quinti digiti, suppression du péronier antérieur coïncidant avec un péronier du 5'’ orteil, M. addiictor opponens, accolement ou union de l’adducteur oblique et de l’adducteur transverse du gros orteil, absence partielle ou totale de la chair carrée ou du tendon du 5“ orteil du fléchisseur plantaire, interosseux dorsaux à une seule tête, M. extensor hallucis brevis, M. opposant du gros orteil, M. abducteur du 5® métatarsien, fusion de l’opposant et du court fléchisseur du petit orteil, M. abduc¬ teur accessoire du petit orteil, etc. Parmi ces faisceaux il en est quelques-uns qui sont très caractéris- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 463 tiques, les muscles dorso-épitrochléen et épitrochléo-olécranien entre autres qui persistent normalement chez l’homme, l’un sous forme d’aponévrose, l’autre sous forme de ligament. Les membres pelviens étant les homologues des membres thora¬ ciques, il était à croire qu’on devait retrouver quelquefois dans les , membres pelviens de l’homme, des muscles qui ont disparu dans les membres thoraciques et réciproquement. L’apparition au membre supérieur des muscles court et long coraco-hrachiaux, court radial an¬ térieur et manieux correspondant aux court et long adducteurs de la cuisse, au tibial postérieur, au pédieux et le développement au membre inférieur d’un poplité à deux chefs, d’un péronéo-tibial, d’un extenseur propre du cinquième orteil, d’un extenseur propre du second orteil, d’un long abducteur du gros orteil, d’un court extenseur du gros orteil, d’un adductor opponens, les analogues du rond pronateur, du carré pronateur, de l’extenseur propre du petit doigt, de l’extenseur propre de l’annulaire, du long abducteur du pouce, du court extenseur du pouce et du faisceau proximal de l’adducteur transverse du pouce confirment cette induction. Autant, plus peut-être même que le dorso- épitrochléen et l’épitrochléo-olécranien ; ces formations musculaires insolites méritent de retenir l’attention du philosophe et du penseur. Avant d’arriver à l’état de complet développement les muscles de l’homme passent-ils, comme le cœur, les reins, etc., par des formes transitoires répondant à des formes existant normalement dans la série animale ? J’ai déjà eu l’occasion de dire que nos connais¬ sances sur l’embryogénie du système musculaire humain se résu¬ ment à peu de choses , mais ce peu , de choses permet cependant de supposer qu’il peut en être ainsi. Le tableau suivant en fait foi : Le peaucier Après la naissance. Pendant la vie embryonnaire. ! double toute la peau comme chez la généralité des Mam¬ mifères et les Oiseaux (Sap- pey, Milae-Edwards, etc.). Le diaphragme V est un muscle indivis dont la < partie centrale est aponé- I vrotique, \ est formé d’abord par un dia- phragmepré-cardiaque, puis par un diaphragmepost-ear- diaque ‘ comme chez les Sauriens, les Poissons, etc. (His). ' L’absence de sac et le siège des hernies diaphragmatiques congénitales en témoignent encore chez l’adulte. 464 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Les radiaux La couche muscu¬ laire sous-hyoï¬ dienne La longue tête du hiceps huméral Le tendon plan¬ taire du long pé¬ ronier latéral L’adducteur trans¬ verse du gros orteil L’opposant et le court fléchis¬ seur du petit or- teil- Les interosseux dorsaux du pied sont dissociés et constituent un premier radial externe et un second radial externe, est composée de quatre mus¬ cles ; le sterno-cléido-hyoï- dien, le sterno-chondro-thy- roïdien, le thyro-hyoïdien et l’omoplat-hyoïdien, Est insérée au bourrelet glé- noïdien et logée dans la capsule de l’épaule, \ aboutit au cunéiforme et I au I®' métatarsien, / !est distant de l’adducteur oblique et constitué par des faisceaux transversaux, sont entièrement ou partiel¬ lement indépendants, occupent la face dorsale du pied et sont bi-pennif ormes, Pendant la vie embryonnaire. / sont fusionnés et correspon- l dent à l’extenseur antérieur I du métacarpe des Mammi- I fères domestiques (Humphry, \ Macalister, Le Double). Îest composée d’un seul muscle indivis analogue à celui des Vertébi'és inférieurs : du Scinque, de VUromatix sjn- nipes, du platydaclylus, etc. (Gegenbaur). / est insérée d’abord à l’humé- j rus et située en dehors de la i capsule de l’épaule, perfore \ ensuite cette capsule à la- j quelle elle est, enfin, avant ) de devenir libre, reliée par I un méso - tendon comme chez le chien, le chat, la i plupart des Chéiroptères, Vatèle (Welcker, Muller). / aboutit seulement au 1“'’ cu- \ néiforme de même que chez j diverses espèces animales V (Ruge). 1/ est accolé à l’adducteur obli¬ que et constitué par des faisceaux radiés comme chez Vorang, le chimpanzé, I le Pithecîa hirsuta, Vffa- [ pale penicillata, etc. (Ruge, V Leboucq, Brooks). isont confondus de même que chez tous les Mammifères, les Carnivores exceptés (Ruge, Cunningham). ! occupent la face plantaire du pied et n’ont qu’une tête comme chez le chien, le Dasyure, le Sajou, VInuus nemestrinus, le Cynocéphale Anubis (Ruge) *. 'Chez les jeunes enfants le demi-tendineux et le demi-membraneux se prolongent au-des¬ sous du genou ainsi que chez certains Primates. Quand le pectiné est divisé en deux couches — ce qui constitue la plus commune de ses anomalies — l’externe est innervée par le nerf crural et l’interne par le nerf obturateur, ce qui indique que, chez l’homme comme chez les animaux, ce muscle est primitivement double. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 465 Si tous les muscles passaient par des phases ontogéniques analogues beaucoup de leurs malformations ne seraient plus que des arrêts de développement. Est-on sûr, au surplus, comme Font remarqué Vir¬ chow et Kôlliker, que les théromorphies attribuées à ce quid ignotum qu’on appelle l’atavisme ne soient pas des arrêts de développement provoqués par des troubles pathologiques, arrêts de développement rendant définitifs certains stades de l’ontogenèse ! Mais qu’importe, puisque dans un cas comme dans l’autre, les variations régressives humaines n’en seraient pas moins des images fidèles de ce qui existe normalement dans les espèces animales. On peut voir sur une série de colonnes cervicales que possède le Musée de l’Institut anatomique de l’Université de Cambridge tous les types intermédiaires entre l’apo¬ physe costale normale de la T vertèbre cervicale et la T côte cervi¬ cale à l’état de parfait développement. De même la rudimentation gras duelle du peaucier, des adducteurs tra nsverses du pouce et du gro- orteil, du muscle sterno-cléido-hyoïdien primitif unique, la dissocia¬ tion non moins graduelle du 1" et du 2° radial externes, de l’opposant et du court fléchisseur du petit orteil, l’apparition du diaphragme pré¬ cardiaque avant le diaphragme post-cardiaque, la migration progres¬ sive du long péronier latéral du 1" cunéiforme vers le 1®'’ métatarsien, celle des interosseux dorsaux du pied delà face plantaire vers la face dorsale du pied et leur état bi-pennifor me primitif reproduisent suc¬ cessivement chez l’embryon hu main tous les divers types du sys¬ tème musculaire des Vertébrés depuis les plus infimes [scinqiie, üro- matix spinipes, platydactylus) jusqu’aux Primates. Si on tient compte de ces faits, si peu nombi’eux soient-ils, on s’explique ces variations musculaires régressives bizarres qui ne sont ni l’état normal ni l’état anoi’mal absolu. Tels sont ces faisceaux de l’angulaire de l’omoplate qui se portent, après un trajet plus ou moins long, sur un muscle, une aponévrose ou un os du cou; tels sont encore ces faisceaux, provenant du grand dorsal qui vont s’insérer au tendon de la longue portion du biceps, dans la coulisse bicipitale, à l’aponévrose de Faisselle, etc. Il devient permis de l’egarder les premiers comme des portions incomplètement disparues du système transverso- épiscapul aire, les seconds, de l’arc axillaire (voy. M. angulaire de l'omoplate et M. grand dorsal). Pour clore ce qui a trait aux théromorphies musculaires humaines j’ajouterai, enfin que M. le professeur Delage range celles de ces varia¬ tions qui reproduisent des dispositions particulières aux Singes 466 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Anthropoïdes « sur les confins de l’atavisme de race et de l’atavisme tératologique », et les attribue « à une véritable réversion vers une forme ancestrale, bien qu’il ne s’agisse pas de races récemment créées par l’homme mais d’espèces naturelles ‘ ». J’ai eu soin de noter, précédemment, que les muscles des animaux variaient autant que ceux de l'homme. C’est ainsi qu’on a signalé l’apparition d’un court ou d’un long coraco-hrachial chez le chat (Strauss- Durckheim), du biceps tricipital chez Vours (Meckel), d’un extenseur antérieur du métacarpe pourvu d’une 3° branche pour l’annulaire chez le chien (Lesbre), etc. Toutes ces variations sont des variations réversives. J’ai relaté, çà et là, dans le cours de cet ouvrage celles con¬ cernant les Anthropoïdes et plus spécialement celles concernant le Chimpanzé- dont le système musculaire me paraît tenir le milieu entre celui de l’homme et celui des autres Anthropoïdes. II. Anomalies progressives, évolutives ou de perfectionnement. — Les anomalies musculaires progressives sont celles qui sont provo¬ quées par l’adaptation des muscles à de nouvelles fonctions. A la vue des muscles puissants qui élèvent la mâchoire inférieure du lion et du tigre nous devinons que ces animaux sont destinés à attaquer une proie qui résiste et à la mettre en morceaux*. A la vue des muscles épais qui remplissent les gouttières vertébrales de Vours nous pouvons conclure que c’est un animal grimpeur. J’ai établi antérieurement que chez les Oiseaux, les Chauves-souris et les Mam¬ mifères fouisseurs le muscle, sterno-claviculaire a le môme mode de conformation parce que, chez les uns comme chez les autres, il a les mêmes usages, il tire fortement en arrière, contre l’air qui résiste et réagit, le segment primaire des membres antérieurs, qui entre en jeu dans l’action de voler et de creuser. Chez les Oiseaux la fonction du vol s’exerce dans des conditions fort différentes pour les diverses espèces; aussi la disposition anatomique des muscles moteurs de l’aile, des muscles pectoraux varie-t-elle d’une espèce à une autre. Tout le monde a pu remarquer que les Oiseaux qui ont de grandes * Delage, loc. eit., p. 243. - Par exemple : La fusion du 1" et du 2* radial externes chez le gibbon (Deniker), l’in¬ sertion à la 3^ côte du droit antérieur de l’abdomen chez le même Anthropoïde (Keith) l’absence de l’opposant du pouce chez le Chimpanzé (Embleton), la présence chez le même Anthropoïde du muscle péronéo-tihial (Gruber), et du pédieux à cinq tendons (Hartmann), etc. = Ce sont ces muscles qui arrondissent la face des Félins et lui donnent un aspect sr caractéristique. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 467 surfaces d’aile, comme Y aigle, la frégate, etc., ne font que des batte¬ ments d’une faible amplitude; cela tient à la grande résistance que l’aile à large surface rencontre sur l’air. Les Oiseaux au contraire, qui n’ont que de très petites ailes, font des mouvements d’une grande étendue et compensent ainsi le peu de résistance que l’air leur fournit; le guillemot et le 'pingouin appartiennent à ce 2® groupe. Si l’on admet que, parmi les Oiseaux, les premiers doivent faire des mouvements énergiques, mais peu étendus, tandis que les seconds doivent faire des mouvements de peu d’énergie, mais d’une grande amplitude, on conclura nécessairement que les premiers devront avoir des muscles pectoraux gros et eourts tandis que chez les seconds, ces muscles seront longs et grêles. C’est précisément ce qui a lieu; on peut s’en assurer à la simple inspection des dimensions du sternum chez ces diverses espèces, car cet os mesure, en quelque sorte, là longueur des muscles pectoraux qui logent dans ses fosses latérales. Or, les Oiseaux à larges ailes ont un sternum large et court; les autres ont un sternum long et effilé. Quels sont les muscles qui prédominent chez le Kangourou, le lièvre, etc? Ne sont-ce pas les muscles du saut et principalement ceux qui fléchissent le premier segment du membre postérieur dont les dimensïSnsT’cohtrastent si étrangement avec celles du premier segment du membre antérieur. 4^- ' V : Le biceps' fémoral, bien reconnaissable chez la plupart des Mammi¬ fères, y offre, dans ses attaches inférieures surtout, une extrême varia¬ bilité. Chez certains Quadrupèdes, il s’insère tout le long de la jambe, presque jusqu’au talon ; chez ceux-ci la jambe ne s’étend jamais sur la cuisse. Chez les animaux qui jouissent de la faculté de sauter, l’attache inférieure du biceps est déjà plus élevée. Elle l’est plus encore chez les Simiens qui peuvent presque étendre la jambe sur la cuisse et se tenir debout. Enfin chez l’homme le biceps s’insère tout en haut à la tête du péroné. « Laissons de côté, pour le moment, la question de savoir à quoi tient cette variété dans les attaches mobiles du biceps, observe M. le professeur Marey, auquel j’emprunte ces lignes S et bornons-nous à rechercher les conséquences que cette variété peut avoir sur la fonc¬ tion. Il est clair que pendant les mouvements de flexion et d’extension du genou, chaque point des os de la jambe décrit autour de cette arti- Marey. Loc. cit. suprà, p. 78. 468 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME culation un arc de cercle d’autant plus étendu qu’il est plus éloigné du centre de mouvement. Il est également clair que chacun de ces points s’éloignera plus ou moins du fémur ou de l’ischion suivant l’étendue du mouvement circulaire qu’il exécutera. Et comme à de grands mou¬ vements doivent cori’espondre de longues fibres contractiles, on devra ti’ouver des inégalités dans la longueur du biceps chez les différents Mammifères. « Or c’est précisément ce que l’on constate. Chez l’homme dont le biceps s’insère en bas, très près du genou, l’étendue des mouvements de l’attache mobile est peu considérable, aussi la fibre contractile aura-t-elle relativement peu de longueur, tandis que le tendon occu¬ pera une certaine partie de l’étendue du biceps en vertu de cette loi de Borelli « que la longueur de la fibre rouge est proportionnelle à « l’étendue du mouvement qu’un muscle est apte à produire* ». Chez le Singe l’attache inférieure, se faisant plus bas, aura par conséquent plus de mobilité, d’où la nécessité d’une plus grande longueur du muscle actif, ce qui est réalisé par la moindre longueur de la partie tendineuse. Chez les Quadrupèdes le tendon du biceps est à peu près entièrement disparu, et le muscle est foi'mé de fibres rouges dans toute son étendue. « Le muscle droit interne de la cuisse présente cette même variabi¬ lité dans ses attaches et dans sa structui-e. Si on observe sa disposition chez l’homme, on voit à la fois que l’attache de ce muscle à la jambe se fait très près du genou, que sa partie contractile est courte et que son tendon est assez long. Qu’on examine le même muscle sur un singe, on trouve son attache beaucoup pl us éloignée du genou, et comme conséquence des mouvements plus étendus que cette attache exécute, on y voit la fibre musculaire gagner de la longueur aux dépens de celle du tendon qui se trouve réduit à une brièveté extrême. « Cette variabilité du point d'attache est encore très sensible sur le muscle demi-tendineux, qui emprunte son nom à la disposition qu’il présente chez l’homme, où la moitié environ de la longueur de ce muscle est occupée par le tendon. Chez l’homme, en effet, l’attache inférieure du demi-tendineux est très voisine de l’articulation du genou, mais chez les Singes, où il s’attache plus bas, le muscle a * C’est pour cette raison que le couturier, le droit antérieur de l’abdomen, le sterno- cléido-mastoïdien qui impriment de si grands déplacements à leurs attaches osseuses sont entièrement charnus et très longs. Il ne faudrait pas confondre toutefois avec les muscles longs les muscles penniformes qui rentrent toujours, quelles que soient leurs dimensions, dans la catégorie des muscles courts. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 469 presque entièrement perdu son tendon ; il l’a perdu tout à fait chez la plupart des autres Mammifères, chez le coaïta par exemple. » Partout et toujours éclate une harmonie parfaite entre la forme d’un muscle et les conditions dynamiques de son travail. Partout et tou¬ jours se révèle l’adaptation d’un muscle à sa fonction par l’influence de cette fonction même. La loi qni semble, dans la série animale, pré-» sider à l’évolution musculaire de l’avant-bras consiste à diviser, à dis- ] socier des masses primitivement unies pour arriver à en former de secon- ; daires. Si on envisage une de ces masses se dédoublant en deux corps j distincts, si on voit ensuite l’un de ces corps se modifier dans sa forme et dans ses insertions, acquérir en un mot une indépendance complète, il est certain que des mouvements plus déliés, plus variés, pourront être effectués par le Mammifère chez lequel une pareille transforma¬ tion se sei’a opérée. Il sera mieux armé dans la lutte pour la vie et dès lors ce qui n’est aujourd’hui qu’une anomalie pourra peut-être à la longue devenir un organe fixe. Un fait digne d’intérêt sous ce rapport est la différenciation, devenue entière, chez la généralité des hommes, du long üéchissenr du pouce, d’avec le fléchisseur commun profond des doigts. — On voit s’effectuer un travail analogue du côté des extenseurs des doigts ‘ . Ce travail de morcellement tant de la masse des fléchisseui’s que de la masse des extenseurs des doigts est l’inverse de celui qu’on remarque dans le membre inférieur humain. Là, toutes les masses charnues sont compactes, solides de structure; la subdivision du travail musculaire n’est pas aussi nécessaire ; tout y est dirigé vei's un but unique, le sou¬ tien du poids du corps et la marche. Aussi assistons-nous à l’absorption des muscles l’un par l’autre. C’est le cas pour l’extenseur propre du gros orteil fusionné avec un abducteur qui apparaît encore parfois à l’état isolé ; c’est encore le cas pour le groupe péronier, il s’est condensé en s’emparant d’un quatrième péronier qui se dévoile encore assez fré¬ quemment à nos yenx. Il en est de même pour le court extenseur propre du gros orteil qui se joint à la masse générale du pédieux. Le pyi’amidal de l’abdomen dont la largeur dépasse celle du grand droit chez les Marsupiaux et les Monotrèmes où il comprime les glandes mammaires incluses dans la poche où ces animaux logent leurs petits, le peaucier qui chez les Oiseaux et presque tous les Mam¬ mifères double toute l’enveloppe tégumentaire à laquelle il imprime, * Certains pianistes, pour donner plus de liberté au 4® doigt, se font couper la bride fibreuse cfui réunit le tendon extenseur de ce doigt à celui du tendon extenseur du 'médius. 470 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME en se contractant, des mouvements qui débarrassent les plumes et les poils des corps étrangers, sont rudimentaires et tendent à disparaître, chez les Anthropoïdes et chez l’homme. D’autres faits affirment encore cette adaptation des muscles aux fonc¬ tions qu’ils doivent remplir. M. Marey les a étudiés dans le chapitre intitulé de la Variabilité du système muscidaire de son beau livre sur la Machine animale. On me saura certainement gré de reproduire in extenso ce chapitre auquel j’ai fait déjà de larges emprunts. « Nous avons dit, écrit M. le professeur Marey ‘, comment le système osseux subit les influences extérieures et surtout celle des muscles qui impriment à chaque os la forme que nous lui voyons. La grande variété des formes du squelette chez les différentes espèces animales se rattache donc à la diversité de leurs systèmes musculaires. Aussi, toutes les fois que chez des animaux d’espèces différentes, on trouve sur certains os des traits de ressemblance, on peut affirmer que les muscles qui s’attachaient à ces os se ressemblaient aussi. Observe-t-on, au contraire, sur un animal un os d’une forme particulière, on peut être assuré qu’une particulai’ité se retrouvera aussi dans les muscles auxquels cet os fournit des attaches. « Mais si l’os et le muscle varient simultanément, quelle peut être la cause qui les influence ainsi tous deux? On conçoit que le squelette, en se modifiant, ait un rôle purement passif ; qu’il subisse là forme que le muscle lui impose. Mais ce muscle, organe éminemment actif, véritable générateur de la force mécanique par laquelle le squelette est en quelque sorte modelé, qu’est-ce donc qui lui impose cette forme particulière que l’anatomie nous révèle? « Nous espérons démontrer que cette puissance, à laquelle la forme du système musculaire est soumise, appartient au système nerveux. La nature des actes que la volonté commande aux muscles modifie ceux-ci, dans leur volume et dans leur forme, de façon à les rendre aptes à exécuter ces actes le mieux possible. Et comme au-dessus de la volonté, règne cette nécessité qui détermine tous les actes de la vie animale, c’est elle, en somme, qui, par les conditions extérieures dans lesquelles chaque être se trouve placé, influence sa forme et la règle suivant des lois que nous devons chercher à reconnaître. « Rien, dans la forme organique n’est livré au hasard; on a trop sou¬ vent comparé les variétés spécifiques des êtres aux élégantes fantaisies ‘Marey. La Machine animale, 5‘édit., p. 98, Paris, 1891. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 471 d’un architecte qui, sur un plan uniforme, invente mille variétés de détails, comme un musicien compose une série de variations sur un thème donné. « En ce qui nous occupe on peut dire que la variété si grande que revêt l’appareil musculaire, soit dans les différentes parties du corps d’un animal, soit dans les parties homologues d’animaux d’espèces diverses ; ces différences de longueur ou de volume des muscles ; cette répartition si inégale de la fihre rouge ou contractile et de la fibre blanche et inerte du tendon; tout cela est entièrement soumis aux lois dynamiques de la fonction musculaire. « L’anatomie normale ne peut nous fournir que des exemples de l’harmonie qui existe entre la forme des organes et leur fonction habi¬ tuelle. L’expérimentation seule peut nous permettre de voir si, en changeant la fonction, on peut amener dans la forme des oi’ganes des modifications qui les remettent en harmonie avec les conditions nou¬ velles qui leur sont imposées. 11 est facile d’instituer des expéiûences dans ce but. Du moment où l’on sait bien dans quel sens la modification organique doit se produire pour amener l’adaptation de l’organe à la fonction, les changements qu’on observera chez les animaux placés dans des conditions factices de fonctionnement musculaire prendront une signification nette. Mais en attendant la réalisation de ce vaste plan d’expériences, il en est qu’on peut utiliser dès aujourd’hui. Des expé¬ riences toutes faites nous sont fournies par l’anatomie pathologique. « La médecine et la chirurgie sont pleines de renseignements sur cet intéressant sujet. Elles nous montrent, par exemple, que c’est le mou¬ vement même qui entretient l’existence du muscle. Un repos prolongé de cet organe entraîne d’abord la diminution de son volume et bientôt l’altération des éléments qui le constituent. Des corpuscules graisseux se substituent à la fibre striée qui forme l’élément normal ; enfin, ces corpuscules, devenant de plus en plus abondants, envahissent la sub- tance musculaire tout entière. « La phase d’altération ou de dégénérescence graisseuse, est suivie d’une résoi’ption de la substance du muscle qui disparaît entièrement au bout d’un certain temps. « Ainsi, non seulement le volume de l’organe croît et décroît suivant que les besoins de sa fonction habituelle exigent une force plus ou moins grande, mais il disparaît entièrement quand sa fonction est entière¬ ment supprimée. On observe cet effet dans les paralysies où toute action nerveuse est éteinte ; dans certains cas de luxations qui rappro- 472 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME chent les deux insertions d’un muscle de façon à rendre son action inutile ; parfois enfin, dans des fractures ou des ankylosés qui immo¬ bilisent, par une soudure intempestive, les deux extrémités d’un muscle et s’opposent à tout raccourcissement de ses fibres. « Mais qu’ arrive-t-il si le muscle, au lieu de perdre entièrement sa fonction, n’éprouve qu’un changement dans l’étendue des mouvements qu’il peut exécuter ? A la suite de certaines ankylosés ou de certaines luxations, on voit les articulations perdre plus ou moins de leurs mouvements ; les muscles qui commandent la flexion et l’extension n’ont donc plus besoin, en pareille circonstance, que d’une partie de l’étendue ordinaire de leur raccourcissement. « Si la théorie précédemment énoncée est exacte, ces muscles devront perdre de leur longueur. Pour vérifier ce fait, nous devrons faire encore une courte excursion dans le domaine de l’anatomie patholo¬ gique. « Une ardente polémique s’est élevée, il y a une vingtaine d’années, relativement à la transformation que subissent les muscles chez les sujets atteints de cette difformité que tout le monde connaît et qu’on nomme le pied bot. Tantôt le pied est luxé sur la jambe, de sorte que sa face dorsale repose sur le sol, tantôt le pied est si fortement étendu que le malade marche continuellement sur sa pointe. Dans tous ces cas, les différents muscles de la jamhe n’ont plus qu’un rôle très borné ; ils subissent alors tantôt la transformation graisseuse, tantôt la trans¬ formation fibreuse. Parmi ces muscles ceux qui n’ont plus d’action subissent la dégénérescence graisseuse, puis disparaissent; tandis que ceux dont l’action est partiellement conservée pi'ésentent seulement un changement dans le rapport de la fibre rouge au tendon. Chez ces derniers, la substance contractile diminue de longueur, et le tendon la remplace, prenant souvent ainsi un développement considérable. En signalant cette dégénérescence fibreuse des muscles, J. Guérin croyait voir en elle la preuve d’une rétraclion musculaire primitive qui aurait ultéi’ieurement produit la luxation du pied. L’éminent chirurgien pensait en outre que l’altération fibreuse était la lésion unique dans le pied bot. Scarpa soutenait, au contraire, que, dans la plupart des cas, la luxation du pied est un phénomène primitif. « Quant à la nature des altérations musculaires, tous les chirurgiens, aujourd’hui, s’accordent pour admettre qu’elle peut avoir deux formes différentes, et que tantôt le muscle subit la dégénérescence graisseuse, tantôt il se transforme en tissu fibreux. C’est surtout aux beaux tra- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 473 vaux de Cruveilhier qu’on doit la connaissance des conditions dans lesquelles se produit chacune de ces deux altérations de la substance musculaire. '« Un exemple fera bien comprendre comment se comportent les muscles, suivant que leur fonction est supprimée ou simplement limi¬ tée dans son étendue. « Les muscles du mollet ou gastrocnémiens sont au nombre de deux ; les attaches et leurs fonctions sont assez différentes. Tous deux s’insèrent en bas, sur le calcanéum, par le tendon d’Achille, et sont, par conséquent, extenseurs du pied sur la jambe. Mais leurs insertions supérieures sont différent es : le soléaire, s’insérant exclusivement aux os de la jambe, n’a d’autre rôle que celui d’extenseur du pied, comme nous venons de le dire, jumeaux, au contraire, s’insérant au fémur au-dessus des condyles de cet os, ont une seconde fonction ; celle de fléchir la jambe sur la cuisse. « Supposons qu’une ankylosé du pied se produise ; elle suppiûme entièrement la fonction du soléaire qui passe par la transformation graisseuse et disparaît. Les jumeaux se trouvent dans une condition différente : si leur action sur le pied a disparu, il leur reste encore la fonction de fléchisseurs de la jambe sur la cuisse ; ces muscles n’ont donc éprouvé qu’une réduction dans l’amplitude du mouvement qu’ils effectuent. Or, dans ces conditions, les jumeaux perdent seulement une partie de la longueur de leurs fibres ; ils subissent ce que les chirur¬ giens appellent la transformation fibreuse partielle, modification qui n’est, à notre point de vue, que le changement des rapports de la fibre rouge au tendon. « Ceux qui sont habitués à considérer la pathologie comme une infraction complète aux lois physiologiques s’étonneront peut-être de nous voir chercher dans ces cas de luxations et d’ankyloses les preuves d’une loi qui règle normalement la forme du système musculaire. Il serait facile de montrer que ces scrupules sont mal fondés, mais il vaut mieux invoquer encore d’autres exemples qui soient entièrement à l’abri du reproche qu’on adresse si souvent aux applications de la médecine à la physiologie. a C’est encore à J. Guérin que nous empruntons les faits dont nous allons parler. a Lorsqu’on examine le système musculaire aux différentes époques de la vie, on lui trouve des aspects différents. Il semble que les muscles aient des âges bien distincts et que, formés d’abord de substance 474 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME contractile, ils perdent peu à peu, en vieillissant, leurs fibres rouges que viennent remplacer les fibres blanches et nacrées du tendon. « Ainsi, le diaphragme d’un enfant est en grande partie musculeux, tandis que chez le vieillard, le centre aponévrotique, véritable tendon du diaphragme, s’étend aux dépens de la fihre contractile. La substi¬ tution du tendon à la fibre musculaire est plus nette encore pour les muscles de la jambe ; dans l’enfance, ils sont relativement beaucoup plus riches en substance contractile que dans l’âge adulte. Chez le vieillard enfin, le tendon semble envahir le muscle, de sorte que ce qui reste du mollet se trouve très haut placé et très réduit en longueur. Les muscles des gouttières lombaires et dorsales présentent le même caractère ; c’est dans la vieillesse qu’ils sont le plus pauvres en fibres rouges, mais le plus riches en tendons. « Or qu’advient-il de la fonction musculaire aux différents âges delà vie ? Chacun sait que, sauf les cas bien rares, où l’homme s’entretient dans l’habitude de la gymnastique, la fonction musculaire devient de plus en plus bornée, du moins relativement à l’étendue des mouve¬ ments. Les articulations des membres et celles de la colonne verté¬ brale subissent normalement une sorte d’ankylose incomplète qui va toujours en limitant de plus en plus la flexibilité du tronc. « Voyez un jeune enfant s’ébattre en liberté ; un de ses mouvements ordinaires est de jouer avec son pied; le prendre dans ses mains et le porter à sa bouche lui paraît très naturel et on ne peut plus facile. Chez l’adulte, la force musculaire atteint son maximum, mais les mouvements ne sont plus aussi étendus que dans l’enfance ; l’homme n’a plus, comme on dit, la même flexibilité dans les membres. Le vieillard ne peut, ni se courber entièrement, ni se redresser tout à fait, sa colonne vertébrale a perdu de sa souplesse ; ses jambes ne font que de petits pas ; pour lui, s’accroupir est extrêmement difficile, et si l’on essaye d’imprimer à son pied, par exemple, des mouvements de flexion et d’extension, on voit qu’ils sont devenus très limités. « La fonction des muscles change donc avec les âges de la vie et, se restreignant sans cesse, utilise une longueur toujours moindre de la fibre contractile. C’est ainsi que s’explique naturellement la modification musculaire dont nous avons parlé. Cette modification qui consiste dans l’accroissement de l’élément tendineux aux dépens de la fibre rouge, on l’empêche de se produire en entretenant au moyen d’un exercice convenable, l’étendue des mouvements musculaires. « Revenons maintenant à l’anatomie comparée. Lorsqu’elle nous CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 47S montre une parfaite harmonie entre la forme des muscles dans les différentes espèces animales et les caractères de la fonction musculaire chez ces mêmes espèces, la conclusion la plus naturelle ne semble- t-elle pas être que l’organe a subi l'influence de la fonction ‘ ? « Si le cheval de course est modifié dans sa forme par l’effet de cet exercice spécial qu’on nomme Y entraînement, n’est-ce pas la preuve évidente de l’influence de la fonction sur les caractères anatomiques de l’organisme? Et si une espèce, modifiée ainsi artificiellement, retourne au type primitif lorsqu’on la replace dans les conditions où on l’avait prise, n’est-ce pas la contre-épreuve de la théorie qui assigne à la fonction le rôle de modificateur de l’organe ? « Ces mêmes faits sont pourtant interprétés de façon toute contraire par les partisans de la fixité de l’espèce : ceux-ci, dans le retour au type primitif, quand les influences modificatrices ont cessé, prétendent trouver un argument victorieux pour leur cause. « Que faut-il conclure en présence de telles contradictions ? C’est que les partisans du transformisme ne sont pas au bout de leur tâche et qu’ils ont besoin d’ajouter encore des preuves nouvelles à celles qu’ils ont déjà données. C’est à l’expérimentation qu’appartient le rôle piûn- cipal en pareil cas. La théorie toutefois n’est pas sans importance ; c’est elle en effet qui, en faisant prévoir dans quel sens certain mode de fonctionnement doit modifier tel muscle, donne presque toute sa valeur à la modification que l’on constatera ensuite. Bien plus, sans la théorie, l’expérimentateur ne saurait, le plus souvent, reconnaître la modification qui a pu survenir. On ne trouve guère en anatomie que ce que l’on cherche, surtout quand il s’agit de variations légères comme celles qu’on peut espérer produire dans l’organisme d’un ani¬ mal. ' Driesch, Herbst, Godlewski, O. Hertwig ont même montré que les tropisme et tac¬ tisme jouaient un rôle décisif dans la différenciation anatomique. Et, d’autre part, Roux a prouvé que l’Excitation fonctionnelle et la Lutte des parties organiques jouent un rôle considérable dans la Différenciation ontogénique et que les caractères histologiques n’ont besoin d’être déterminés que d’une manière vague et en quelque sorte générique, les con¬ ditions ambiantes suffisant à préciser l’espèce. Les pseudarthroses sont tout à fait démons¬ tratives à cet égard. Il suffit qu’elles soient déterminées par leur constitution interne en tant qu’éléments de la substance conjonctive pour être capables de se différencier, selon les conditions auxquelles elles sont soumises, en fibres ligamenteuses ou aponévrotiques, en cellules cartilagineuses ou en tissu lamineux ou adipeux. A cet exemple on peut en ajouter un autre très remarquable qu’Eimer a fait connaître. Les Mouches, après l’hiver¬ nage, avant d’avoir volé, ont les muscles des ailes presque lisses. L’usage fait appara,itre la striation. De là à admettre que l’usage a créé le muscle strié au moyen du muscle lisse il n’y a qu’un pas. (Voy. Eimet, Die Entstehung der Arten auf grund, von vere7'ben erwor- bener Eigenschaften nach den Gesetzen oi'ganischen Wachsens. Ein Beitrag zur einheitU- chen Aufassung der Lebewelt. I. Theil. — 8®, VI-461 S. 6, Abb. im. Text. lena. 1888.) 476 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME « Les expériences à faire seront longues et pénibles; leur plan, toute¬ fois, est facile à tracer. « Si l’homme, pliant à ses besoins les espèces domestiques, a déjà réussi à modifier, dans certaines limites, l’organisation de ces ani¬ maux, il a produit ces modifications fortuitement pour ainsi dire. N’ayant en vue, par exemple, que d’obtenir des chevaux de trait ou des chevaux de course, il n’a pas eu besoin de placer l’espèce chevaline dans des conditions tout à fait artificielles. C’est là pourtant ce qu’il faudrait faire, si l’on avait pour but d’élucider le problème scienti¬ fique dont nous parlons et de pousser à la limite du possible les chan¬ gements dans les conditions du travail mécanique des animaux. « L’homme autilisé les aptitudes des différents animaux, plutôt qu’il n’a cherché à leur en donner de nouvelles. Il faudrait violenter davan¬ tage les habitudes des animaux et les contraindre graduellement à des actes auxquels leur organisation se prête difficilement. Que pour aller chercher sa nourriture, une espèce mal organisée pour sauter, soit forcée d’accomplir des sauts de hauteurs graduées, tout porte à croire qu’elle acquerra à la longue quelque aptitude au saut. Si la progéniture de ces animaux retient quelque chose de ses ancêtres, peut-être pourra- t-on, chez elle, développer encore davantage la faculté de sauter. Graduant ainsi l’effort imposé à cette espèce, non plus dans un but utilitaire qu’on n’a pas intérêt à dépasser, mais en exigeant indéfini¬ ment plus de force ou plus d’étendue dans le mouvement des muscles, on peut espérer que la variation anatomique croîtra indéfiniment et qu’on pourra obtenir quelque chose d’analogue à ce qu’on appelle aujourd’hui le passage d’une espèce à une autre, « Ce que nous disons de la fonction musculaire est applicable à toutes les autres, en modifiant d’une manière graduelle les conditions d’ali¬ mentation des animaux, celle de lumière ou d’obscurité, de tempéra¬ ture ou de pi’ession atmosphérique dans lesquelles ils devront vivre, on devra imprimer à leur organisme des modifications analogues à celles que les zootechnistes ont déjà constatées sous l’influence des climats, des milieux et des altitudes variées où une môme espèce ani¬ male se trouve placée naturellement. Ces changements, amenés par transitions ménagées et dirigées toujours dans le même sens, auraient chance de produire dans l’organisation animale des transformations considérables, si une volonté persévérante en accumulait indéfiniment les effets, comme l’ont fait les éleveurs pour l’emploi de la sélection. « Nous n’irons pas plus loin dans le champ des hypothèses, et CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 477 nous appelons, en terminant, le zèle des expérimentateurs. Plusieurs déjà semblent engagés dans cette entreprise dont ils ont compris l’importance considérable. En ce qui concerne l’espèce humaine, quelle question, en effet, est plus grave que celle-ci : Notre espèce est- elle modifiable ? Selon la direction qui lui est imprimée ne peut-elle pas être conduite, soit au perfectionnement, soit à la dégradation? » Ces expériences que M. Marey réclamait en ces termes dans la première édition de son livre sur la Machine animale il en a fait quelques-unes lui-même plus tard à la station physiologique du parc des Princes, et il en a communiqué, en 1887, dans une note, les résultats à l’Académie des sciences. Dans cette note, M. Marey après avoir rappelé que « Borelli, il y a deux siècles, a fait voir que l’effort dont un muscle est capable est proportionnel à la section transversale de ses fibres rouges, tandis que l’étendue de son mouvement est proportionnelle à leur longueur », a ajouté ; « Qu’aujourd’hui la notion du travail mécanique étant mieux définie, on peut exprimer les relations constatées par Borelli sous une forme précise en disant : Le ti'avail qu’un muscle peut produire est en propor¬ tion du poids de sa fibre rouge, tandis que les deux facteurs de ce travail, l’effort et le chemin, sont proportionnels, l’un à la section et l’autre à la longueur des faisceaux conti’actiles, le tendon n’étant qu’un organe de transmission du travail*. « Si les nègres semblent avoir peu de mollet, c’est que leurs muscles gastrocnémiens sont longs et minces, se prolongeant en bas aux dépens du tendon d’Achille *. Le nègre possède cependant une incontestable aptitude à la mai’che. Si les muscles gastrocnémiens ont une plus petite section que chez le blanc et par conséquent moins de force, ils doivent avoir des mouvements plus étendus et faire dès lors le même travail que des muscles plus gros, mais dont les mouvements sont moindres. S’il en est ainsi, les gastrocnémiens des nègres doivent agir sur un bras de levier plus long et leur calcanéum doit être par consé¬ quent plus long que celui du blanc. » M. Marey a vérifié cette prévision sur les squelettes du musée de la Société d’anthropologie et « a trouvé qu’en effet la longueur moyenne du calcanéum du nègre mesurée du centre du mouvement ‘ En Allemagne, les recherches du docteur W. Roux sur la morphologie des muscles l'ont conduit à formuler les mêmes conclusions. * Voy. M. jumeaux de la jambe. 478 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME articulaire à l’attache du tendon est à cette longueur chez le blanc comme 7 est à o » . Il en résulte que le pied du nègre est en général plus long et paraît moins cambré que celui du blanc; mais déjà M. Marey avait montré dans des travaux antérieurs « qu’un grand pied est favorable à la rapi¬ dité de la marche en ce qu’il allonge le pas et doit être ainsi en rela¬ tion avec des mouvements plus étendus et conséquemment avec des gastrocnémiens plus longs, quoique peut-être plus minces, le pied fai¬ sant une plus grande part du travail total » . , Toutes ces variations seraient donc bien corrélatives, s’appelant et tendant à se produire les unes les autres. C’est cette loi de corrélation de M. Marey a soumis à la vérification expérimentale. Disposant, à la station physiologique du parc des Princes, d’un ter¬ rain où il peut garder des animaux en liberté sans que leurs mouve¬ ments soient entravés par la réclusion, « il a réséqué le calcanéum de plusieurs chevreaux et de plusieurs lajiins de manière à réduire à envi¬ ron de moitié le bras de levier du muscle postérieur de la jambe. « L’un de ces lapins, chez lequel l’opération a été suivie d’une guérison rapide ‘ grâce à la méthode antiseptique rigoureusement employée, a été sacrifié un an plus tard en même temps qu’un autre lapin normal. Or tandis que chez le lapin normal les faisceaux rouges et le tendon du muscle postéiûeur de la jambe avaient à peu près la même longueur, chez le lapin dont le calcanéum avait été réséqué, les faisceaux rouges n’avaient déjà plus guère que la moitié de la longueur du tendon. « Les mesures prises par M. Marey lui ont donné les chiffres suivants : Opéré . Longueui’ du muscle . 27 mm — du tendon . 60 — M. Marey a varié l’opération de diverses manières. Il a cherché à réduire les mouvements en détachant les tendons du calcanéum sur lequel ils se réfléchissent en y contractant des adhérences, puis en luxant latéralement ces tendons. Le résultat a été le même que celui de la résection ; les mêmes changements se sont produits dans la lon¬ gueur relative du muscle et du tendon. « Il devait en être ainsi, puisque dans les deux cas le bras de levier de la force était diminué. » ' J’insiste sur ce point, qui défend de prétendre que l’aliongement du tendon des gastroc¬ némiens a été la conséquence de l’immobilité prolongée nécessaire à la consolidation de l’os et non de phénomènes mécaniques. 37 mm. 36 — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 479 En 1896, l’Académie des sciences ayant posé comme question de concours pour le prix Pourat : « L’étude des changements morphologiques et fonctionnels qu’on peut produire expérimentalement sur l’appareil locomoteur », M. le docteur Joachimsthal, de Berlin, a fait déposer à Paris, entre les mains de qui de droit, et dans les délais voulus, divers mémoires dont M. le professeur Marey a résumé les conclusions dans un rapport que j e crois aussi devoir transcrire ‘ : « Le point de départ de ces études est ce fait établi par moi, dit M. Marey, à savoir qu’un muscle dont on change les conditions fonc¬ tionnelles modifie spontanément la longueur et le volume de ses fibres pour s’adapter à sa fonction nouvelle.' Si, dans les conditions créées, l’étendue du mouvement que doit exécuter le muscle est dimi¬ nuée, la fibre rouge se raccourcit et du tendon remplace la fibre dis¬ parue ; si les conditions nouvelles exigent un plus grand effort, les fibi'es rouges doivent s’accroître en nombre et en volume. « M. Joachimsthal, répétant sur le chat les expériences de résection du calcanéum qui ont eu pour effet de réduire l’étendue des mouvements des extenseurs du pied, a constaté un grand raccourcissement des fibres des gastrocnémiens, comme nous l’avions déjà observé sur le chien et sur le lapin dans des conditions semblables. Mais il a vu quelque chose de plus : les pièces anatomiques qu’il a adressées à l’Académie montrent un notable épaississement du tendon : celui-ci est d’environ un tiers plus gros que celui du côté sain. Or, d’après cet accroissement de volume du tendon, on doit, suivant Haughton, s’attendre à une augmentation parallèle des fibres musculaires . L’exa¬ men histologique des muscles a montré qu’en effet les fibres muscu¬ laires sont plus nombreuses du côté de la résection du calcanéum. « Mais ces fibres n’ont pas le volume ordinaire, ce qui fait que, en somme, le muscle n’avait pas augmenté de grosseur comme on devait s’y attendre. Nous pensons, avec M. Joachimsthal, que l’accroissement du muscle en diamètre se fût produit si, au lieu de sacrifier l’animal au bout de huit mois, on lui eût laissé le temps d’adapter ses muscles d’une manière plus complète. « Mais les délais imposés par les exigences du concours n’ont pas per¬ mis à l’auteur de conserver les animaux vivants pendant plusieurs années comme il eût voulu le faire. * Marey, Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1896, t. II, p. 1169. VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME « Heureusement, la clinique a fourni à M. Joachimsthal des cas où l’adaptation musculaire chez l’homme avait mis de longues années à se produire. Chez les sujets qu’il a obsei’vés, l’habile chirurgien de Berlin a déterminé, au moyen des rayons de Rôntgen, la nature en acte des déplacements osseux ; il amesuré sur des photographies l’amplitude des mouvements articulaires ; sur des moulages, les changements de forme des muscles, de sorte que ses observations ont toute l’exactitude qu’on pourrait exiger d’une expérience physiologique. Le résultat de ces obser¬ vations cliniques a été absolument confirmatif des faits expérimentaux ci-dessus rapportés ; et comme, d’autre part, les autopsies faites par le professeur Roux, dans des cas d’ankyloses partielles, ont prouvé que les muscles dont les mouvements étaient l’éduits présentaient une diminu¬ tion de longueur de leurs fibres rouges, proportionnelle à la réduction de leur mouvement, on peut conclure que l’adaptation de la forme des muscles aux conditions mécaniques de leur fonction est un fait général. « Du reste, M. le docteur Joachimsthal a montré par divers exemples quel parti la chirurgie orthopédique peut tirer delà modification de la forme des muscles pour en déduire des déformations du système osseux ou des surfaces articulaires. « Ainsi est démontré expérimentalement et par l’observation, c’est-à- dire d’une façon irréfutable, que les muscles gastrocnémiens sont chez le nègre à l’état sauvage et chez le blanc civilisé en hai'monie parfaite avec les conditions de leur ti’avail. Chez le nègre à l’état sauvage qui se couche ou reste accroupi dès qu’il ne mai’che plus et court plus vo¬ lontiers qu’il ne marche faisant ainsi le même chemin en moins de temps ; chez lequel par conséquent les mouvements d’amplitude des jambes sont plus grands, mais durent peu, les gastrocnémiens sont plats, c’est-à-dire formés par des fibres contractiles longues et raréfiées. Chez l’homme civilisé au contraire, qui marche d’ordinaire à petits pas et lentement, demeure volontiers debout et use de ses gastrocnémiens soit pour supporter des fardeaux, soit pour s’arc-bouter dans l’effort pour pousser entraîner, ils sont renflés, autrement dit constitués par des fibres contractiles courtes et multipliées. Oui, l’homme est modifiable, et ceux qui prétendent que ses habita¬ tions et ses vêtements le protègent complètement contre les agents extérieurs, se trompent. Une excellente preuve que l’homme, malgré ses habitations et ses vêtements, varie aussi rapidement et même plus rapidement que les autres Mammifères, c’est qu’en Islande, pays où CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 481 les habitations et les vêtements sont le plus nécessaires et le plus employés, il n’a pas fallu mille ans pour transformer, les Scandinaves ou Normands en une race spéciale, parfaitement caractérisée, n’ayant presque rien conservé de sa physionomie originelle. « Aux Etats-Unis, la l'ace anglaise ne s’est guère implantée sérieu¬ sement qu’à l’époque des migrations puritaines, vers 1620, et de l’ar¬ rivée de Penn, en 1681. « Deux siècles et demi, douze générations au plus nous séparent de cette époque ; et pourtant l’Anglo-américain, le Yankee, ne ressemble plus à ses ancêtres. Le fait est tellement frappant que l’éminent zoo¬ logiste Andrew Murray, cherchant à rendre compte de la formation des races animales, ne trouve rien de mieux que d’en appeler à ce qui s’est passé chez l’homme aux Etats-Unis. » Ce n’est pas moi qui le dis. C’est un des plus habiles défenseurs du Règne humain, l’adversaire éloquent du transformisme, de Quatrefages (voy. de Quatrefages, V Espèce humaine) . En ce qui concerne le système musculaire on peut suivre pas à pas cette adaptation lente mais progressive des agents actifs du mouve¬ ment à de nouvelles fonctions. L’indépendance fonctionnelle du pouce qui fait de la main de l’homme un si merveilleux organe de tact et de préhension n’existe pas chez les Cercopithèques où le fléchisseur commun profond fournit un tendon à chacun des cinq doigts de la main. Dans les Anthropoïdes le mode de conformation est très variable. Ainsi la présence d’un long fléchisseur propre du pouce plus ou moins indépendant semble être la règle chez le gibbon comme son absence paraît être la règle chez Vorang. Dans la plupart des gorilles et des chimpanzés il n’y a qu’un fléchisseur profond divisé suivant l’axe vertical du membre en deux por¬ tions distinctes : une portion cubitale allant aux trois derniers doigts et une portion radiale allant à l’index de laquelle se détache un tendon très grêle pour le pouce. A l’extrémité inférieure de l’échelle des Ver¬ tébrés, chez le cryptobranche, par exemple, le fléchisseur commun superficiel et le fléchisseur commun profond des doigts ne font qu’un. Le peaucier qui se cantonne à la région cervico-faciale chez l’homme est déjà plus étendu chez les Anthropoïdes et se prolonge sue toute la nuque, la partie supérieure du dos, de l’épaule et de la poitrine chez le cynocéphale qui établit la transition entre les Singes bipèdes et les Singes quadrupèdes. Les muscles de la face qui ne forment qu’un seul muscle qui est une 482 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME dépendance du peaucier chez les Singes inférieurs sont intriqués et grossiers chez les Anthropoïdes et chez les races de couleurs (Chud- zinski) et nettement divisés chez le blanc dont la mimique faciale est si expressive. Dans les grands phénomènes que nous présentent les évolutions organiques dans l’espace et dont le temps, deux tendances, je le rap¬ pelle, se produisent, dont la résultante détermine une forme perpétuel¬ lement transitoire : l’une est une tendance à la variabilité provoquée non seulement par les influences du milieu mais encore par une pro¬ priété à laquelle Lucas a donné le nom d’innéité ; l’autre dont l’ata¬ visme est une expression est la tendance à la perpétuité des formes passées, l’attraction vers le type de l’espèce, selon l’expression de Vil¬ morin. Parmi les animaux il en est chez lesquels il se produit, pendant le développement, une évolution vers un état supérieur qui ne se réa¬ lise point et dont les manifestations ébauchées disparaissent plus tard. Ainsi l’embryon de \ huître représente un animal beaucoup plus par¬ fait que V huître adulte ; il possède un appareil locomoteur qui lui permet de nager avec l’apidité, il est muni d’yeux et d’oreilles qui lui manquent dès qu’il est fixé. amphioxus que l’on oppose aux Vertébrés crâniotes sous le nom à’ Acrâniote et qui n’a pas de tête possède pen¬ dant la période larvaire un cerveau qui devient ensuite rudimentaire pendant la métamorphose. Des observations analogues ont été faites sur les Tuniciers, le taret, etc. Chez les Mammifères adultes depuis les ordres inférieurs jusqu’aux Anthropoïdes inclusivement, il n’est même pas rare de rencontrer également des variations qui sont un progrès. On a signalé la présence d’un cubitus entier avec une petite tête inférieure chez le cheval (Cuyer) . d’un péroné styloïde étendu sous le court péronier latéral dans toute la longueur de la jambe chez les Ruminants et en particulier chez la chèvre, du court supinateur chez le porc, du pyramidal de la cuisse chez le même animal (Lavocat, Le Double) du long supinateur chez le topif (Lesbre), du rond pronateur chez le cheval (Cuyer) *. « Et ce n’est pas un fait sans importance au point de vue de la doctrine évolution¬ niste, a écrit M. Lesbre, que de trouver ainsi un rond pronateur dans des espèces où les os de l’avant-bras se soudent de bonne heure et sont incapables du moindre mouvement L » La courte et la longue por- * Cuyer. Sallet. de la Soc. d’Anthrop. de Paris, 1887, p. 701. ’ Lesbre. Société d’ Anthropologie de Lyon, 1888. CONSIDÉRATIONS GÉiNÉRALES 483 tion du biceps crural entièrement indépendantes dans le gorille, l'orang et le gibbon, sont soudées partiellement mais quelquefois aussi soudées entièrement chez le chimpanzé comme dans l’espèce humaine. La terminaison du jambier antérieur par un tendon indivis rencontrée par Bischoff chez un gibbon et un gorille, l’autonomie du long fléchis¬ seur du pouce observée par Hepbui’n chez un orang, la fusion du court extenseur du gros orteil et du pédieux signalée chez un chim¬ panzé par Champneys, l’absence de l’ischio-fémorien notée chez un gibbon par Deniker, l’indépendance de l’adducteur oblique et de l’ad¬ ducteur transverse du gros orteil trouvée chez un orang par Bischoff, etc., constituent de même des perfectionnements. En ce qui concerne les variations progressives des plantes, je ne puis, en raison de l’espace dont je dispose, en citer qu’une, mais elle est très concluante. On sait que le cerisier de nos pays s’est transformé à Ceylan sous l’in¬ fluence du climat en un ai’bre à feuilles persistantes. Ceci établi, j’indiquerai parmi les anomalies musculaires progres¬ sives spéciales à l’homme : La disparition ou l’état rudimentaire du peaucier, du long pal¬ maire, du pyramidal de l’ahdomen, du petit psoas, du plantaire grêlej des muscles du pavillon de l’oreille, de la portion proximale de l’ad¬ ducteur transverse du gros orteil et de celle de la portion distale de l’adducteur transverse du pouce S l’état semi-aponévrotique et la réduction d’étendue des intercostaux et de l’ischio-coccygien, la dissociation plus parfaite des muscles faciaux, des fléchisseurs et des extenseurs communs des doigts, le court radial et le court cubital antérieurs, etc., etc. Ün s’accorde généralement aujourd’hui aussi (Henle, Krause, Macalis- ter, Sutton, Amantini, Lannegrâce, Bardeleben, etc.) à regarder comme des reliquats de muscles ayant subi la transformation fibreuse en rai¬ son de leur mutili.té dans l’espèce humaine : le ligament de Civinini, le ligament stylo-hyoïdien, le ligament épitrochléo-olécranien, le grand ligament sacro-sciatique, le ligament rond, le ligament latéral externe de l’articulation du genou, les trousseaux fibreux que le grand dorsal envoie sur le bras et ceux que le biceps crural, le demi-tendineux, le * D’organe de préhension et de sustentation le pied étant devenu exclusivement chez l’homme un organe de sustentation il s’ensuit que les mouvements d’opposition du gros orteil aux autres orteils ont disparu. Par suite, le faisceau de l’adducteur transverse du gros orteil chargé de l’exécution des mouvements d’adduction seuls persistants, le faisceau distal est demeuré le plus fort. A la main, pour des raisons inverses, c’est le faisceau proximal de l’adducteur transverse du pouce qui agit dans les mouvements d’opposition du pouce aux autres doigts qui est resté le plus prononcé. 484 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME demi-membraneux et le droit interne envoient sur la jambe, etc. J’ai dit dans une des pages précédentes que le professeur Macalister classait aussi dans les Variations métaplasiiqiies le muscle anormal d’Albinus, le ptérygo-épineux et le ptérygoïdien propre. 111. Anomalies monstruosités. — Je range dans cette classe d’ano¬ malies toutes celles que, en raison de l’insuffisance actuelle de nos connaissances, on ne peut faire figurer, sans forcer la vérité, dans les deux classes précédentes. Tels sont les muscles pharyngo-azygos, pubio-péritonéal, pubio-transversal, droit latéral de l’abdomen, les ten¬ seurs de l’arcade crurale, du feuillet postérieur de la gaine du grand droit de l’abdomen, l’unci-pisiformien, le présternal, le saphène, le soléaire accessoire, etc. Mais de ce que l’explication de ces faisceaux insolites nous échappe encore, qu'ils nous semblent aujourd’hui de véritables aberrations de développement, des monstruosités en un mot, il ne s’ensuit pas qu’il en sera toujours ainsi. Prenons garde aux négations prématurées. Il n’y a aucune fortitude d'esprit à défier l’avenir. Pour moi, j’ai la ferme conviction que le nombre de ces anomalies ira chaque jour en diminuant avec les progrès de l’an- tomie comparée, de l’histologie, de l'embryogénie et de la tératologie expérimentale. Le naturaliste n’est pas seulement un observateur, c’est aussi un penseur ; son œuvre est de synthèse autant que d’analyse, autrement à quoi bon amasser une quantité de matériaux? Duperie, si nous ne les employons pas à la construction d’un édifice. Une variation musculaire ne signifie pas grand’chose, plusieurs signifient beaucoup. Ainsi comprise la question des vices de conformation du système mus¬ culaire de l’homme, jusque-là simple objet de curiosité à peine digne de former une dépendance de la tératologie, prend une place capitale dans l’anatomie philosophique. On a cherché de tout temps dans les différents appareils de l’homme une disposition anatomique qui lui appartînt en propre. Cette disposi¬ tion anatomique établissant une ligne de démarcation entre Vhomo sapiens et les autres Mammifères. Gratiolet a cru l’avoir trouvée dans le second pli de passage du lobe pai’iétal au lobe occipital et dans l’autonomie du long fléchisseur du pouce, Owen dans la structure du lobe occipital, Halbcrtsma dans l’apparition du présternal, Topinard dans la disparition du dorso-épitrochléen, etc. Qui attache mainte- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES nant la moindre importance aux caractéristiques cérébrales de l’homme? Personne. On ne saurait en attacher désormais davantage aux caractéristiques musculaires. Le dorso-épitrochléen existe à l’état de parfait développement chez 1 sujet sur 19. Si le présternal entrait avec la valeur d’un organe type dans la composition du corps humain où il n’a aucun rôle à jouer, on devrait le rencontrer d’une façon constante, son absence et non sa présence constitue l’anomalie. Quant au fléchisseur propre du pouce dont l’indépendance, au dire de Gratiolet et de son école, établit « un abîme » entre l’homme et les Singes, il est, chez 29 p. 100 au moins des sujets, absent, renforcé par un faisceau coronoïdien ou uni à l’un ou l’autre des deux fléchisseurs communs des doigts comme chez les Anthropoïdes, les Cercopithèques et d’autres Mammifères encore plus inférieurs. Ce qu’il est, au contraire, permis de conclure de cette longue étude, c’est : 1° Qu’en raison de leur diversité, de leur fréquence et de leur nombre, les anomalies musculaires de l’homme sont en contradiction formelle avec la doctrine de la fixité du système musculaire dans l’espèce humaine; 2° Qu’en raison de la reproduction fidèle ou ébauchée des muscles des animaux par beaucoup d’entre elles, elles établissent un lien de plus entre le type de l’organisation de l’homme et celui des animaux; 3“ Qu’en raison de l’existence parmi elles de certaines qui sont mieux adaptées aux fonctions qu’elles ont à remplir que les muscles normaux dont elles tiennent la place, elles témoignent en faveur de la doctrine de l’évolution du système musculaire dans l’espèce humaine ; 4° Qu’en raison de leur apparition plus commune dans un peuple que dans un autre, elles doivent être consultées comme tous les divers caractères anatomiques sur lesquels on se fonde pour déterminer la nature et le groupement des principales divisions de la famille humaine. De ces quatre propositions la dei’nière est, on le sait, corroborée par la statistique. Il en est de même des trois premières. L’abducteur du 5® métatarsien s’observe chez 43 p. 100 des sujets, Vextensor hal- lucis brevis chez 32,5 p. 100, l’épitrochléo-olécranien chez 25 p, 100, le trans verse de la nuque chez 25 p. 100 également, le chef huméral du biceps chez 10,1 p. 100 (chez 105 sur 1033), le péronéo-tibial chez 8 p. 100, l’arc axillaire chez 7,7 p. 100 (chez 39 sur 506), Vad- 486 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME ductor opponens et l’accessoire de la chair carrée chez 3. p. 100, lé présternal chez 4,2 p. 100 (chez 108 sur 2oo8), etc. Le petit psoas manque chez plus de la moitié des sujets (chez 2467 sur 4 347), le tendon du 5® orteil du court fléchisseur commun des orteils manque chez 21,3 p. 100 des sujets (chez 176 sur 826), le pyramidal de l’ab¬ domen chez 16,5 p. 100 (chez 217 sur 1 309), le petit palmaire chez 11,2 p. 100 (chez 237 sur 2282), le péronier antérieur (chez 8,5 p. 100 (chez 63 sur 739), le plantaire grêle chez 6,8 p. 100 (chez 160 sur 2 340) etc., etc. *. On conviendra qu’on ne saurait traiter de tels chiffres « de quan¬ tités négligeables » et on y attachera encore plus d’importance si on se rappelle que le système musculaire compose les deux tiers de la masse totale du corps humain et qu’un trouble dans l’évolution onto- génique de ce système a pour conséquences des troubles ontogéniques connexes dans les autres systèmes (systèmes osseux, nerveux, etc.). S’il est donné, enfin, plus tard, d’ajouter à ces chiffres ceux de la statistique générale de Wood, vérifiée et reconnue exacte, concernant la fréquence d’apparition des vai’iations musculaires dans les diverses régions de l’organisme humain, la doctrine de l’évolution en recevra un nouvel appoint. Quelles sont, si cette doctrine est plus qu’une hypothèse, les régions qui doivent nécessairement offrir le plus de variations mus¬ culaires ? a) Les membres. Pourquoi ? Parce que les fonctions des muscles du tronc ont été moins modifiées que celles des muscles des membres dont le postérieur a été obligé de s’adapter à la station bipède et dont l’antérieur est devenu un organe de tact et de préhension. Dans la statistique de Wood les anomalies des muscles du tronc sont représentées par le nombre 90 et celles des muscles des membres par le nombre 411. P) Les membres thoraciques. Pourquoi ? Parce que les fonctions des muscles des membres thoraciques ont été entièrement transformées tandis que celles des muscles des membres pelviens ont été conser¬ vées, bien que modifiées. Les membres thoraciques, soutenus par le corps au lieu de le soutenir, ne servent plus qu’au tact et à la préhen¬ sion alors que les membres pelviens servent toujours à la sustentation et à la locomotion. Dans la statistique de Wood les anomalies des ' Ces chiffres comprennent tous les cas qui ont été signalés jusqu’ici tant à l’étranger qu’en France. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 487 muscles des membres pelviens sont repi’ésentées par le nombre 119 et celles des muscles des membres thoraciques par le nombre 292 \ y) Les extrémités distales des membres. Pourquoi? Parce que les muscles des extrémités distales des membres, chargés plus spéciale¬ ment que les muscles des extrémités proximales, des nouvelles fonc¬ tions dévolues à ces membres ont subi plus de changements. Qu’on se reporte à la statistique de Wood et on y verra que les muscles de l’épaule et du bassin varient moins que ceux du bras et de la cuisse, et ces derniers que ceux de l’avant-bras et de la jambe. Un dernier argument — et celui-ci reposant sur le consensus una¬ nime des anatomistes et l’examen de plusieurs centaines de cadavres fait par MM. Plitzner et Schwalbe, les anatomistes anglais, Th. Dwight, Gruber et moi — et j’en ai fini avec cette question. Quels sont les muscles qui disparaissent le plus communément de l’organisme humain? Ceux qui n’y servent plus à rien. Le pyramidal de l’abdomen qui chez les Didelphiens joue un rôle considéi’able rela¬ tif à la nutrition du fœtus enfermé dans la poche marsupiale, le petit psoas dont le volume dépasse celui du grand psoas chez les Animaux essentiellement sauteurs, le petit palmaire et le plantaire grêle qui chez les Chauves-souris et quelques Quadrupèdes constituent des fléchisseurs communs sous-cutanés des doigts superposés aux fléchisseurs communs et superficiels des doigts, etc. Est-il possible, en prenant les théromorphies musculaires pour bases, de préjuger positivement de la généalogie de l’homme? M. Tes¬ tât- le pense. Après avoir déclaré que toutes les anomalies de l’homme sont « de vraies dispositions ancestrales disparues depuis une longue série de siècles, » l’éminent professeur d’anatomie de la Faculté de médecine de l’Université de Lyon a déclaré : « Je dois faire remarquer ici que ces différentes formes ancestrales ne se retrouvent pas exclusi¬ vement ou en totalité dans les espèces simiennes; nous les rencontrons aussi bien souvent dans des ordres plus éloignés, chez les Carnassiers, chez les Rongeurs, chez les Didelphiens. 11 est parfois nécessaire de descendre plus bas encore dans la série, jusque chez les Vertébrés infé¬ rieurs. * Le pliuitaire grêle manque, on vient de le voir, chez 6,8 p. 100 des sujets et le pal¬ maire grêle, son homologue au membre supérieur, chez 11,2 p. 100. L absence du plan¬ taire grêle est donc approximativement à celle du petit palmaire comme 1 est à 2. ® Testut. Traité des anomalies musculaires, p. 828. 488 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME « Ces faits, peu compatibles avec la théorie de la descendance exclu¬ sivement simienne de l’homme, concordent plutôt avec l’opinion de ceux qui n’admettent entre l’homme et le Singe qu’une parenté col¬ latérale, l’un et l’autre descendant d’un même type, que ce type lui- même soit unique et ait donné naissance, à lui tout seul, à toutes les formes animales comme le veut Darwin [développeme7it monophijlé- tiqiie, théorie de V arbre de vie), ou bien qu’il ait coexisté avec d’autres types à évolutions indépendantes [développement polyphylélique, théoiie du bosquet composé de plusieurs arbres distincts), comme l’enseignent Albert Gaudry et Cari Vogt. » En affirmant que l’étude des variations du système musculaire humain « est peu compatible avec la théorie de la descendance exclu¬ sivement simienne de l’homme, concorde plutôt avec l’opinion de ceux qui n’admettent entre l’homme et le singe qu’une parenté collatérale », M. Testut me semble une fois encore être sorti du domaine des faits et des hypothèses légitimes. 11 ne pouvait, au surplus, aboutir à une conclusion finale différente, étant donné le terrain mobile sur lequel il a construit son œuvre, à savoir que l’anatomie du système musculaire des Vertébrés est parfaitement connue dans son ensemble, dans ses détails et dans ses variétés et que tel ou tel muscle humain dévié du type normal correspond, sans contredit, au muscle portant le même nom chez les Carnassiers, les Rongeur^:., les Didelphiens, voire même chez les Oiseaux, les Reptiles et les Amphibiens. Dans le règne animal il y a différence d’échelon, différence sériaire; or, dans la comparaison des divers modes de conformation organiques, on ne peut supprimer un échelon, on doit le suivre dans le rang où il se présente. Avant d’induire des variations du système musculaire de l’homme que celui-ci a plutôt une parenté collatérale qu’une parenté directe avec V espèce simienne, il faudra : A). Avoir disséqué beaucoup de muscles des Mammifères supérieurs et principalement des Anthropoïdes pour savoir si l’on tient la règle ou si l’on a affaii’e à la variation ; R). Avoir fourni la preuve que les anomalies musculaires régressives et progressives qui relient naturellement les ordres entre eux, manquent ou sont si rares dans certains ordres qu’on est forcé de croire à une ou plusieurs solutions de continuité dans la chaîne des êtreè vivants ; C). Avoir établi nettement l’homologie d’un nombre considérable de variations du système musculaire humain et de dispositions nor¬ males similaires du système musculaire animal ; CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES D). Avoir reconnu — l’hypothèse de la filiation directe de tous les êtres vivants étant démontrée inadmissible en principe — pour quels, chiffres figurent dans les variations musculaires humaines dont l’homo¬ logie a été déterminée d’une façon précise, celles qui reproduisent une disposition simienne et celles qui reproduisent une disposition autre. Aujourd’hui, je me plais à le répéter, on est seulement autorisé à dire : les variations régressives qui se montrent fréquemment chez l’homme le rattachent par d’étroits et nouveaux liens aux autres Mammifères. Que cette déclaration, synthèse de toutes les précédentes, plaise ou déplaise, elle n’en est pas moins indiscutable. Mais qu’im¬ porte, après tout, à la science les regrets ou les satisfactions de quelques-uns. Ses visées passent au-dessus d’eux. L’homme n’est pas libre de mettre ou de ne pas mettre un frein à l’activité fonctionnelle de son cerveau : son esprit d’examen est le plus noble et le plus irrésistible de ses attributs et comme l’a dit, en 1876, au Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences, mon maître et ami le professeur G. de Mortillet, sa caractéristique est là et non ailleurs. Aussi bien si les théromorphies du système musculaire de l’homme le rapprochent des animaux, les variations progressives de ce même système l’en éloignent. Ces variations deviendront-elles un jour des organes fixes ? Il n’est pas défendu de le supposer. Dans ce vaste univers tout se meut, tout se transforme, tout progresse. Issus d’animaux pour¬ vus primitivement de dents * en nombre presque illimité, les Mammi¬ fères ont successivement vu ce nombre se réduire par coalescence de plusieurs dents entre elles et par disparition de certaines de ces dents composées devenues inutiles. De ces phénomènes d’évolution, les traces subsistent. Les baleines ne possèdent plus de dents, néan¬ moins leurs fœtus en présentent toujours les germes. Chez l’homme, où les dents se sont successivement réduites au nombre de 32, il nous est donné actuellement de saisir sur le fait deux ordres de variations, les unes régressives et les autres progressives. Les premières ont trait à la réapparition de dents depuis longtemps disparues. Des crânes de Néo-Calédoniens, de Tasmaniens, d’Australiens, présentent encore maintenant 36 dents et même davantage. * L’évolution phylogénique des dents est des plus instructives, parce qu’elle a pu, grâce à l’inaltérabilité de ces organes, être suivie depuis les temps géologiques jusqu’à notre époque. L’embryogénie est venue plus tard, ainsi qu’il fallait s’j attendre, confirmer ce que la paléontologie avait révélé. 490 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME Je rappelle que chez l’embryon les bourgeons épithéliaux qui s’en- vaginent pour donner naissance à toutes les dents sont en nombre plus considérable que celui des dents à apparaître. Les dentelures des incisives de l’enfant dénote qu’elles sont les résultats de la soudure de plusieurs dents. D’autre part, des phénomènes indiquant un progrès confirment en quelque sorte ceux que nous venons signaler en les reproduisant en sens inverse. Au lieu de réapparition de dents, il s’agit maintenant de la perte d’une dent faisant partie de notre formule dentaire actuelle. Notre dernière grosse molaire, connue sous le nom de dent de sagesse, est en voie de disparition et par suite le nombre des dents de l’homme tombera de trente-deux à vingt-huit. Cette molaire a déjà actuelle¬ ment bien de la peine à pousser, elle vient fort tard, souvent elle ne vient pas du tout, son éruption donne lieu à des accidents parfois assez graves, elle ne sert à rien, sinon à faire souffrir et elle est la première à nous quitter. « Examinées à ce point de vue, des séries de crânes ont montré, assure M. MahoudeauS que depuis l’époque romaine jusqu’à nos jours il y a une tendance marquée à l’absence de cette dent. Evidemment ce que nous voyons se passer sous nos yeux a eu lieu autrefois, et, dans les siècles à venir, nos descendants considéreront la troisième grosse molaire comme un organe vesti- giaire... » On comprenait difficilement comment les Oiseaux avaient pu naître des Reptiles par une série de transformations successives jusqu’au jour où le calcaire lithogi’aphique de Solenhoffen nous a montré l’animal de transition, l’intei’médiaire entre le reptile et l'oiseau, Y archéoptéryx qui a des plumes comme un oiseau, mais qui au lieu de croupion présente une queue de vingt-deux vertèbres, qui a des ailes comme un oiseau, mais des ailes terminées par trois doigts libres et munies d’ongles, qui enfin à un bec à’oiseau, mais muni de dents de reptiles. Entre la hyène et la civette l’hiatus semble con¬ sidérable, cependant des fossiles trouvés par M. Gaudry le comblent en partie. La girafe nous faisait l’effet d’un type isolé ; des intermé¬ diaires découverts dans le sol, V helladoterium entre autres, la rat¬ tachent maintenant aux Daims et aux Antilopes. Uamphycion, chien plantigrade de l’époque tertiaire, peut être considéré comme l’un des représentants du genre sans doute si nombreux en espèces d’où ' Mahoudeau. Loc. cit. suprà, p. 388. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 491 sont sortis les Ursidés et les Canidés. M. Gaudry a prouvé que l’ôrdre des Primates dont nous faisons partie dérive des Pachy¬ dermes du genre Sus par les Lémuriens et spécialement par Vadapis que Cuvier avait rangé parmi les Pachydermes et que des décou- A^ertes plus récentes ont classé définitivement parmi les Lémuriens, bien qu’il ait des caractères manifestes des Porcins. Le crâne de Néanderthal datant du milieu des temps quaternaires, avec son énorme bourrelet formé par les arcades sourcilières, avec son frontal bas et fuyant rappelle à un tel point le type du gorille qu’il fût une époque où on hésita à l’attribuer à un de nos aïeux. Les mâchoires humaines, ses contemporaines, sont presque simiennes. Si le crâne du Pithecanthropus erectus, trouvé à Sumatra, dans le pliocène supé¬ rieur par M. E. Dubois, n’avait pas des caractères pithécoïdes dépas¬ sant ceux des races humaines les plus arriérées, tant anciennes que modernes, les anatomistes de Berlin n’eussent pas prétendu que ce crâne était celui d’un singe anthropoïde d’une espèce inconnue tandis que les anatomistes anglais soutenaient que c’était celui d’un homme. On sait, enfin, depuis Broca, que les crânes des Parisiens du xix® siècle sont plus capaces que ceux des Parisiens du xiP. J’ai discuté longue¬ ment pourquoi la première côte cervicale et la douzième côte doi’- sale tendent à disparaître de notre organisme (voy. M. intercos¬ taux) . Chez les Mammifères dans lesquels la sélection pratiquée par la main de l’homme favorise le développement d’un caractère, une variation accidentelle est devenue plusieurs fois l’origine d’une race particu¬ lière. Si l’on a égard à la coutume des Chinoises de se serrer le pied, usitée depuis si longtemps, sans que le volume de l’organe en ait diminué ; à l’usage de la circoncision chez les Juifs, qui n’a pas eu la moindre influence sur la longueur du tégument préputial, et à la non- hérédité des déformations artificielles du crâne, on croirait volontiers que, dans l’espèce humaine, les caractères acquis artificiellement ne se transmettent pas. Mais dans les deux premiers cas et généralement dans le troisième la modification ne porte que sur l’un des deux sexes. Or divers anthropologistes, Gosse entre autres, soutiennent que les déformations du crâne pratiquées sur les deux sexes, pendant plusieurs générations, deviennent héréditaires. La question n’est pas résolue, mais on ne saurait se dissimuler que l’aplatissement de la nuque chez les Malais, chez les Syriens et chez beaucoup d’Américains constitue 492 VARIATIONS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’HOMME un argument en faveur de cette opinion. Au sud de TArabie, parmi les Resténites sédentaires, dans les tribus des Hyamites (Schafi), qui occupent la péninsule depuis Bab-el-Mandeb jusqu’au Wadi-Métat, subsiste depuis plusieurs siècles une dynastie patriarcale, la famille des Fôdli : tous les enfants y naissent avec vingt-quatre doigts, très réguliers aux exti’émités. Tout enfant incomplet à cet égard serait regardé comme adultérin, bâtard. Or, les Fôdli ne s’allient jamais en dehors de la parenté ‘ . On connaît, enfin, les travaux présentés tout récemment à l’Académie des sciences par M. le professeur Mareyau nom deM. Quinton. L’évo¬ lutionnisme n’a eu jusqu’ici qu’une base d’investigation: l’anatomie. M. Quinton vient d’introduire dans le débat un élément nouveau non plus anatomique mais physiologique, vient d’établir en substituant le thermomètre au bistouri : 1° Que la vie exige une température précise ; 2“ Que la température du globe a toujours été en décroissant ainsi que l’atteste la flore fossile ; 3“ Que pour lutter contre ce refroidissement du globe la vie s’est douée progressivement du pouvoir de faire de la chaleur, si bien que les températures animales échelonnent les espèces suivant leur ordre d’apparition. Le refroidissement du globe est donc, pour me servir des expres¬ sions de M. Quinton, « la cause fondamentale de l’évolution ». Cette cause constante et générale de l’évolution que le darwinisme n’a pas soupçonnée est donc à ajouter à celles qu’il a déterminées : la con¬ currence vitale et la sélection naturelle. Il faut désormais tenir compte d’un nouveau facteur physiologique et ce ne sera vraisemblablement pas le dernier. ^ « Il n’est pas démontré, dit M. Delage, que les modifications acquises sous l’influence des conditions de vie soient généralement héréditaires, mais il paraît bien certain qu’elles le sont quelquefois. Cela dépend sans doute de leur nature. D’ailleurs on ne sait pas quelle est dans ce résultat la part de la transmission des modifications somatiques aux cellules germinales et celle de l’action directe des conditions ambiantes sur celles-ci^.» Prolonger ces considérations serait un hors-d’œuvre. Disons-le hau- * De Maltzan, Méra. de l'Acad. des sc. de Berlin, 1873. - Delage. Loc. ait., p. 221. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 493 tement ; plusieurs présomptions ne valent pas une certitude. La solution du problème de la transmission héréditaire des variations progressives du système musculaire de l’homme, problème qui se lie à celui de l’origine des races est entre les mains des anatomistes de l’avenir. J’ai accompli ma tâche, à eux d’accomplir la leur. D’’ A. Le Double. Tours, le IS juillet 1897. TABLE DES CHAPITRES TOME I Préface de M. le professeur Marey . v Introduction' . . . . - • ix Muscles de la face . 1 — de la mastication . 3S — de Fœil . 47 — de l’oreille . T . 61 — de la langue . 79 — du voile du palais . 82 — du pharynx . 85 — du cou . 97 — du larynx . 178 — de la nuque et du dos . . . 191 — des parois de la poitrine . 243 — des côtes . 287 Diaphragme . 297 Muscles de l’abdomen . 309 — de la fosse lombo-iliaque . 325 — du périnée . 332 TOME II Muscles de l’épaule . 1 — du bras . . 21 — de l’avant-bras . 77 TABLE DES CHAPITRES 496 Muscles de la main . 183 — de la hanche . 219 — de la cuisse . 249 — de la jamhe . 303 — du pied . 373 Considérations générales sur les variations du système musculaire de l’homme . . . 429 Table des muscles et des faisceaux musculaires . 497 Errata. Addenda . . . .• . 811 TABLE DES MUSCLES ET DES FAISCEAUX MUSCULAIRES A Abaisseur de la lèvre inférieure et de la com¬ missure labiale, I, 26, — de la paupière inférieure, I, 60. — de la queue, 1, 363. — du tendon du sous-scapulaire, II, 24. — du voile du palais, I, 82. — de la tête, I, 104. — de l’épiglotte, I, 187. — de l’oreille, I, 67. Abdominal, I, 254. Abdominal postérieur, I, 332. Abdomino-braehial, I, 248. — huméral, I, 248. Abducteur accessoire du petit orteil, II, 427. — de la jambe (long), II, 258. — de l’oreille (long), I, 62. — — (court), I, 63. — du cinquième métatarsien, II, 423. — du gros orteil, II, 373. — — (long), II, 348, 371. — du petit doigt, II, 171. — du petit orteil, II, 393. — du pouce (grand), II, 139. — — (long), II, 139. — — (court), II, 153. — inférieur du bras, II, 7. — huméral du pouce, II, 117. — trochantérien, II, 247. — trochitérien, II, 12. Abductor coccygis, I, 359. — hallucU longue, II, 349, 371. — indicis, II, 196. — assis metatarsi guititi, II, 425. — — minimi digiti, II, 425. — pollicis biceps, II, 117. Accelerator aut ejaculator urinæ aui seminis, I, 340. Accessoire de la longue portion du biceps crural, II, 281. — du droit antérieur de la cuisse, II, 265. — du grand dorsal, I, 203. — — fessier, II, 243. — — palmaire. II, 147. — du long fléchisseur commun des orteils (long), II, 403. — du petit eomplexus, I, 223. — — fessier, II, 246. — du sacro-lombaire, I, 226. — du sterno-cléido-mastoïdien, I, 110. — du trapèze, I, 235. Accessoires de l’obturateur interne, II, 239, Accessorii orbicularis, I, 12. Accessorius ad accessorium, II, 403. — ad calcanéum, II, 403. — ad flexorem carpiradialem, II, 89. — ad flexorem profundum digitorum, II, 1 01 — ad pollicem, II, 106. — ad rectum, I, 275. — menti, I, 99. — secundus, II, 403. Acromio-basilaire, I, 235. — claviculaire, I, 265. — claviculans lateralis, II, 6. — cucullaire, I, 191. — hyoïdien, I, 144. — trachélien, I, 235. Adducteur de la cuisse (court), II, 299. — (grand), II, 296. — (long), II, 299. — (moyen), II, 296, 299. — (petit), II, 296. — (premier), II, 296. — profond (grand), II, 296. - (petit), II, 296. — (second), II, 296. — superficiel (second), II, 296. 32 498 TABLE DES MUSCLES ET DES FAISCEAUX MUSCULAIRES Adducteur de la cuisse (troisième), II, 296. — jambe (long), II, 260. — du pouce, 11, 197. — du gros orteil (petit), II, 392. — du second orteil, II, 420. — oblique du gros orteil, II, 380. — — du pouce, II, 197. — ■ transverse du gros orteil, II, 381. — — du pouce, II, 197. Adductor brevis d'uns, II, 296. — digiti quinti longics. II, 370. — hallucis obliqiius, 11, 392. — indicatorius, II, 133. — longus cruris, II, 296. — • magnus cruris, II, 296. — minimus cruris, II, 296. — opponens, II, 390. — pollicis obliquus, II, 392. — quartus, II, 296. — ti'ansversus, II, 392. — vel compresser prostates, I, 337. Âdductores anguli oris, I, 12. Adjutor splenii, I, 235. Agitator caudæ, I, 361. Alaire extérieur, I, 41. — intérieur, I, 42. Alvéolo-labial, I, 21. — maxillaire, I, 43. Amygdalo-glosse, I, 86. Anconé, II, 61, 121. — antérieur. II, 58. — externe, II, 61, 121. — interne, II, 61. — (long), II, 61. — (moyen), U, 56. — postérieur, II, 56, 58. — (sus-), II, 58. — (sous-), II, 60. Anconœus brevis, II, 121. — epitrocklearis, II, 60. — parvus, II, 121. — quartus, II, 60, 121. — quintus, II, 60. — sextus, II, 60. Angulaire de l’omopiate, I, 209. — dorsal de l’omoplate, I, 232. Annexe du grand dorsal, I, 203. Anormal d’Albinus, I, 118. Anomalus menti, I, 30. Ansiforme sus-claviculaire, I, 263. Antérieur ou externe du marteau, I, 77. Antitragus (M. de 1’), I, 76. Antitragus antilobien, I, 76. Arc axillaire, 1, 197. Arcs cruraux, II, 271. Artieularis genu, II, 272. Aryténoïdien transverse, I, 180. Aryténoïdiens obliques, I, 180. Aryteno-corniculalus obliquus et 7'ectus,\,iS0. — epiglotticus major, I, 188. — — minor, I, 188. Aryténo-épiglottiques, I, 188. Atlanlico-basilaris, I, 174. Atlantico-mastdideus, I, 210. Atloïdo-basilaire interne, I, 174. — mastoïdien, I, 240. AttoUens superior aiiris, I, 63. Attrahens inferior auris, I, 63. — supei'ior auris, I, 63. Auriculaire antérieur, I, 65. _ — profond, 1, 66. — inférieur, I, 67. — postérieur, I, 61. — profond, I, 75. — supérieur, I, 64. Aw'iculo-fj'ontalis, I, 66. — glosse, I, 72. — temporal, I, 64. — styloïdien, I, 72. Axillary slip of the subscapidai'is. II, 18. Axoïdo-basilaire, 1, 174. Azygos uvulæ, I, 84. — du pharynx, I, 91. B Basio-deltoideus, II, 5. — glosse, I, 78. — humeralis, I, 235. Biceps brachial, II, 32. — crural, II, 262, 275. Biventer cenicis, I, 219. Brachial antérieur. II, 47. — postérieur, II, 56. Brachialis brevis seu minor, II, 111. — intemus, II, 48. — lateralis minoi',' II,’ 48. Brachio-abdominal, I, 248. — capsulaire, II, 24. — fascialis, II, 43. — radialis, II, 39, 110. — sub-radial, II, 110. Buccæ, I, 43. Buccinateur, I, 43. Bucco, I, 43. Bucco-labial, I, 43. — pharyngien, I, 44, 85, 86. Bulbo-caverneux, I, 340. — urétral, I, 340. G Calcanéo-sous-phalangien du petit orteil, II, 374. — premier, orteil, II, 374. Canin, I, 15, 27. Capsulaire de la capsule du tendon de l’obtu¬ rateur interne, II, 239. — de la hanche, I, 327. — de l’épaule, II, 26. — du genou, II, 272. — externe du genou, II, 268. — interne du genou, II, 272. Capsularis-humei'o-scapularis, II, 24. TABLE DES MUSCLES ET DES FAISCEAUX MUSCULAIRES 499 Capsularis auperior, II, 24. — sub-bracliialia, 11,58. Caput ongulare muaculi quadrati labii aupe- rioria, I, 13, 18. — breve trieipitis adductorum cruria, II, 296. — infra-orbitale muaculi quadrati tabii au- perioria, I, 15,18. — longum trieipitis adductorum C7'uris, II, 296. — magnmn tneipitia adductot'um ct'm'ia, — zygomaticum muaculi quadrati labii au- perioida, I, 21, 18. Carré crural, II, 240. Carré de la lèvre supérieure, I, 13. — des lombes, I, 325. — droit, I, 126. — du menton, I, 28. — pronateur, I, 107. Cai'o quadrata. II, 402. Cassérien, I, 77. Caudo-fémoral, 1,361, 362. — crural, I, 362, 363. — pedalis, I, 362. Central de la langue, I, 32. Céphalo-huméral, 1,110. — pharyngien, I, 85. Cérato-aryténoïdien, 1, 186. — cricoïdien, 1, 184. — glosse, I, 78. — pharyngien (grand), I, 89. — staphylin, I, 84. Cervical descendant, I, 226. Cervici-aurien, I, 63. — submaxillaria, 1,121. — costo-huméral, I, 173. — humeralis, I, 235. — hyoïdien, 1, 145. — soutien, I, 63. — tubien profond, I, 63. Ciliaire, I, 53. Chair carrée, II, 402. Chef radial du perforant des animaux, II, 103. Chef postérieur du triceps brachial, I, 203. Choanoïde, I, 58. Chondro-epitrochleai'is, 1, 248. — épitrochléen, 1,248. — glosse, I, 78. — scapulaire, I, 258. Claviculo-cervical, I, 262. Clavo-trachélien, 1, 235. — cuctillaire, I, 191. Cleido-cervicalis, I, 237. — epistrophicus, I, 235. Cléido-épitrochléen, II, 4. — hyoïdien, I, 145. — — accessoire, I, 129. — mastoïdien, I, 104. — occipital, 1,108. Cleido-omo-atlaniicus, I, 235. Cléido-omo-transversaire, I, 235. Cléido-omo-trachélien pré-transversaire , I, 237. — omo-trachélien rétro - transversaire , I, 237. Cnémodactyle, II, 368. Coccygeus, I, 359. Coccy-ischiatique, I, 359. — fémoral, 1,361. — sacro-trochantérien, II, 233. — sus-fémoral ou trochantérien, II, 233. Compresseur des lèvres, I, 13. — — narines (petit), I, 31. Compi'eaaor hæmiapbierior-um bulbi, I, 340. — labii, I, 13. — nains, I, 8. — narium minor, 1, 31 . — nasi, I, 8. — sive constrictor uretræ, I, 340. — venæ dorsalis pénis, I, 339,340. Complexus (grand), 1,219. _ (petit), I, 221. — de la tête (petit), I, 223. — de l’atlas (id.), I, 223. Conchien interne, I, 76. Condyldideua adduetor, II, 300. Constricteur des poche.? anales, II, 335. — inférieur du pharynx, II, 89. — moyen du pharynx, II, 89. — supérieur du pharynx, II, 85. — du vagin, II, 340. Constricteur.? des fentes branchiales, I, 125. Constrictor aise nasi, I, 108. — isthmiurethræ, I, 340. — labiorum, I, 11. — prolabii superioris et infeinoris, I, II. — urethræ membranaceæ, I, 340. Contraeteurs des doigts et des orteils, II, 424. Contrahens communia buccarum labiorum, 1,43. Contrahentes digitorum, II, 422, 424. Coraco-brachial (court ou supérieur), II, 22. — (long ou inférieur), II, 30. — (moyen), II, 26. — capsularis, II, 22, 23. — cervical, I, 139, 261. — claviculaire, I, 261. — cubital, II, 32. — hyoïdien, 1, 144. — olecranalis, II, 55. — radial, II, 32. Corde du fléchisseur du métatarse, II, 247. — vocale (muscle de la), I, 179. — temporo-métatarsienne, II, 247. Con'ugator posticus, I, 68, 101. — supercilii, I, 56. Costaux, 1, 286. Costo-acromio-clavicularia, II, 5. — deltdideus, II, 5, 6. — faseialis eervicalis, I, 172. — hyoïdien, 1,141. — humeralis, I, 248. Costo-scapulaire, I, 258. — trachélien, I, 150. 500 TABLE DES MUSCLES ET DES FAISCEAUX MUSCULAIRES Court du nez, I, 31. Couturier, II, 248. — à deux têtes, II, 251. Cranii cutanem, I, 1. Crémaster, 1,322. Crico-aryténoïdien latéral, 1, 179. — — postérieur, I, 178. Crico-eorniculatus, 1, 184. — hyoïdien, 1, 172. Cricoïdien interne, I, 183. Crico-thyroïdien, I, 717. — droit, I, 177. — interne, I, 183. — oblique, 1,187. Crico-ihyro'ideus posticus, 1,184, 185. — — superior, I, 183. — trachéal, I, 170. Crotaphyte, I, 35. Crural antérieur ou vaste moyen du quadri- ceps fémoral, II, 271. — externe, II, 222. Cruro-coccygien, I, 368. — pedalis, I, 363. Cruræus, II, 272. Cubital antérieur, II, 93. — — (court), II, 148. — épicondylien, II, 122. — épitrochléen, II, 93. — externe. H, 122. — interne, II, 93. — postérieur, II, 122. Cubito-carpien, II, 93. — phalangettien, II, 99. — — commun, II, 99. — radial, II, 107. — sus-métacarpien, II, 122. — — du pouce. II, 139. — sus-phalangettien, II, 133. — — du pouce, II, 138. — sus-phalangien du pouce, II, 135. — radio-sus-métacarpien du pouce. H, 139. Curmtor coccygis, I, 363. — — tennis, I, 263. Cutanéo-sourcilier, I, 56. D Delto-acromial, II, 2, 3. — claviculaire, II, 2, 3. Deltoïde, II, 1 . — profond (second), II, 6. Delto-spinal, II, 2,3. Demi-épineux de la tête, I, 221 . — membraneux, II, 290. — tendineux, II, 285. Dentelé (grand), I, 256. — (large), I, 213. — postérieur et inférieur (petit), I, 215. — — supérieur (petit), 1,214. Depressor aise nasi, I, 10. — anguli oris, I, 25. Depressor apicis narium, 1, 12. — auriculæ, I, 2. — caudæ, I, 363. — labii inferioris, I, 28. — — superioris, I, 10. — _ — alæque nasi, I, 10. — labiorum eommunis, I, 25. — mandibulæ, I, 221. — {nasal), I, 10. — palpebræ inferioris, I, 55, 60. — scapulæ, I, 257. — septi mobilis narium, 1, 12. — supercilii, I, 53. — tendinis subscapularis majorisseu retina- culum subscapularis majoris, II, 24. Depressores cartilaginis de Santorini, I, 180. — costarum, I, 162. — — proprii, I, 290. Der zweichbauchiger abzieker des dau- mens, II, 117. Dermo-gastrique, I, 102, 103. — huméral, 1, 102, 103. Diaphragme, I, 297. — post-cardiaque, I, 297. — pré-cardiaque, I, 297. — thoraco-abdominal, I, 307. — pulmonaire, I, 307. Digastricusmaxillæ inferioris, I, 104. Digastrique, I, 113. Digastrique du cou, I, 219. Dilatateur des narines, I, 9. — antérieur des narines, I, 31. — inférieur du sac lacrymal, I, 54. — postérieur des narines, I, 9. — supérieur du sac lacrymal, I, 53. Dilatator naris anterior, I, 31 . — — posterior, I, 9. — narium, I, 10. — pinnæ, I, 10. Doppelkinmuskel, I, 29. Dorsal (grand), I, 194. — (long), I, 227. Dorsalis narium, I, 6. Dorsi-patagialis, I, 102. Dorso-antibrachial, I, 203. — deltoïdien, II, 8. — cucullaire, 1, 192. — fascialis, I, 103. — épitrochléal, I, 203. — epitrochlearis, I, 203. — épitrochléen, I, 203. — humérien, I, 102, 103. — olécranien, I, 203. — occipital, I, 110. Droits de Tœil, I, 49. Droit antérieur de l’abdomen, I, 311. — — de la cuisse, II, 262. — — de la tête (grand), I, 161. — — (petit), I, 163. — — médian de la tête, 1, 173. — interne de la cuisse, II, 292. — latéral de la tête, I, 231 . — - (long), I, 240. TABLE DES MUSCLES ET DES FAISCEAUX MUSCULAIRES 501 Droit postérieur de la tête (grand), I, 224. — (petit), I, 223. — postérieur moyen de la tête, I, 224. Duverney (M. de), I, 54. E Élévateur commun de la lèvre supérieure et de l’aile du nez, 1, 13. — externe de la lèvre supérieure et de l’aile du nez, I, 15. — interne de la lèvre supérieure et de l’aile du nez, I, 13. — de la glande thyroïde, I, 167. — de la mâchoire, I, 35. — inférieur de la mâchoire, I, 42. — propre de la lèvre supérieure, I, 15. — ou releveur profond de la lèvre supé¬ rieure, I, 15. — ou releveur superficiel de la lèvre supé¬ rieure, I, 13. Épicondylo-cubital, II, 121. — cubito-sus-métacarpien, II, 121. — radial, II, 113. — sus-métacarpien, II, 115. — sus-phalangettien commun, II, 126. — — du petit doigt, II, 130. Epicranio-temporalis, I, 65. Epicranius, I, 1. — occipitalis, I, 4. Epigastric slip, I, 241 . Épiméral, II, 245. jipineux du dos (long), I, 227. _ — cou (long), I, 227.. Épistaphylins latéraux, I, 84. Epistemo-cleido-hyoïdeus sublimis, I, 137. Epitrochleo-aneonæus, II, 60. Épitrochléo-carpi-palmaire, II, 83. — eoroni-phalanginien, II, 93. — cubital, II, 60. — eubito-carpien, II, 93. — olécranien. II, 60. Épitroklo-métacarpien, II, 83. — palmaire grêle, II, 85. — phalanginien commun, II, 95. — radial, II, 79. Erector pénis, I, 339. Étrier (M. de 1’), I, 77. Eustachien, I, 77. Ex-oceipito-épiscapulaire, I, 213. Extenseur accessoire de l’index, II, 209. — antérieur des phalanges, II, 126, 214. — — — (petit), 11,214,339. Extenseur commun des deux doigts, II, 127,347. — — des doigts (court), 11,213. — — - (long), II, 215. — — des orteils (court). — — — (long), II, 351. — — du petit doigt et de l’an¬ nulaire, II, 131. — commun du pouce et de l’index, II, 151. — de l’avant-bras (petit), II, 121. Extenseur de la capsule articulaire du coude, II, 58. Extenseur de la queue, I, 368. — du gros orteil (court), II, 372. — intermédiaire des doigts, II, 128, 352. — latéral des phalanges, II, 130. — — — (petit), II, 127. — oblique du métacarpe, II, 135. — propre de l’annulaire, II, 132, 150. — — l’index, II, 133. — — — (court), II, 209. — du cinquième orteil, II, 370. — du doigt externe, II, 132. — — interne, II, 127, 347. — du gros orteil (court) II, 417. — — (long), II, 358. — du médius, II, 134, 149. — du micros, II, 215. — du paramëse, II, 215. — du petit doigt, II, 130, 132, 215. — du petit orteil, II, 344. — du quatrième et du troisième doigt, II, 215. — du verpus, II, 215. Extenseurs directs des doigts, II, 216. — latéraux des doigts, II, 216. Extenseur propre du 1" et du 2® orteil, II, 419. Extensor brevis des Mittelfingers, II, 203. — — digiti indicis vel mediî, II, 203, — — digitorum, II, 203. — — proprius vel lateralis medii digiti, II, 203. Extensor carpi radialis accessorius, II, 117. — — — brevis, II, 115. — — — intermedvus,ll,li'l, — — — longior,\\, 115. — — — longue, II, 115. — — ' vlnaris. II, 122. — digitalis lateralis, II, 130, 133. — — principalis, II, 133. — digiti quinti proprius, II, 130. — — IIpedislongus,ll,Zm. — dorsi, I, 227. — hallucis brevis, II, 417. — — longue tricaudatus, II, 359. — indicis, II, 133. — indicis proprius, II, 133. — indicis et medii digiti, II, 134. — metacarpi pollids, II, 139. — minimi digiti, 11,130. — assis metatarsi hallucis, II, 371. — pollicis major, II, 138. — — minor, II, 135. — primi inlernodii hallucis, II, 371, 372. _ _ _ pollicis, II, 135. — proprius quinti digiti, II, 370. — quinti digiti, II, 370. — secundi internodii pollicis, II, 138. — secundus digitorum, II, 128, 352. — tertii internodii indicis, II, 196. Externe du marteau (petit muscle), I, 77. Externum caput musculi tricipitis, II, 55. 502 TABLE DES MUSCLES ET DES FAISCEAUX MUSCULAIRES Eælernus radialis, II, 115. — — {bj'evior), II, 115. F Faisceau auriculaire du stylo-glosse, I, 72. — caudal du grand fessier, I, 360. — eosto-pleural ou profond de l'appareil suspenseur de la plèvre, I, 161 . — inférieur de l’auriculaire postérieur, I, 61, — ischiatique du grand fessier. II, 243. — pectoro-dorsal du grand dorsal, I, 197. — supplémentaire du grand pectoral, I, 248. — sous-symphyslen du triangulaire des lèvres, I, 26. Faisceaux accessoires ou extra-pelviens de l’obturateur externe, II, 239. Fasciculm aberrans •pronator quadrati, 1, 145. — infra-spinatus deltoideus, I, 5, 6. Fémoro-coccygien, I, 360. Fessier antérieur (petit), II, 245. — (cinquième), II, 247. — (grand), II, 219. — marginal, II, 245. — (moyen), II, 224. — (petit), il, 227. — profond, II, 248. — (quatrième), II, 245. Fibres de Lucas, I, 103. — accessoires du triangulaire des lèvres, 1,25. Fibulœus, II, 368. Fibulinus, II, 368, 370. First polUcaï extensor, II, 139. Fléchisseur commandes orteils (court), II, 395. — (long), II, 327. — profond des doigts, II, 99. — superficiel des doigts, 11,95. — digastrique de l’index, II, 96. — du gros orteil (court), II, 375. — du petit doigt — , II, 175. — du petit l’orteil — , II, 393. — du pied, II, 347. — du pouce (court), II, 162. — — (long). II, 103. — — (grand), II, 103. — et adducteur de la jambe (long), II, 287. — externe, ou péronier de la jambe, II, 275. — — du métacarpe, II, 122. — interne du métacarpe, II, 83. — oblique du métacarpe, II, 93. — — des phalanges, II, 334. — perforant des doigts, II, 99. — — des orteils, II, 327. — perforé des doigts, II, 95. — — des orteils, II, 395. — péronier des orteils, II, 327. — plantaire des orteils, II, 397. — propre du gros orteil, II, 327. — - (long), II, 103. — tibial des orteils, II, 327. Fléchisseurs internes ou tibiaux de la jambe, II, 288. Flexor carpi radialis, II, 83. — — — brevis vel profundus, 11,141, 147. _ — ulnaris, II, 93. — digiti secundi proprius, II, 334. — digilorum profundus, II, 99. — — sublimis, II, 95. — manûs radialis, II, 83. — minimi digiti accessorius, II, 176. — secundi internodii digitorum, II, 95. — twtii internodii digitorum, II, 95. Folien, I, 77. Frénateur tympanique externe, I, 77. — — interne, I, 77. Frontal, 1. .■ Frontalis pars per dorsum nasi ducta, I, 6. Frontis (m.), I, 1. Fronto-auriculaire, 1, 56. — sourcilier, I, 56. G Gaine musculaire du tendon de l’obturateur interne, II, 239. Gantzer (muscles de). If, 89, 101, 106. Gastroenémien, II, 308. — à trois chefs, II, 308. Gastrocnemius tertius, II, 308. Génio-épiglottique, I, 187. — glosse, I, 80. — glùssus accessorius, I, 81. — hyo'idien, I, 128. — pharyngien, I, 86. Gladiolaire, I, 254. GUno-brachial, II, 34, 35. — cubital, II, 32, 33. — radial, II, 32, 33. Glosso-épiglottique, I, 187. — pharyngien, I, 85. . Gluteo-perinealis, 1, 357. Gracilis einiins, II, 292. Gi'aoillimusoi'bitis,!, iT. Grêle interne, II, 293. — antérieur de la cuisse, I, 327. Groin (M. du), I, 9. Guthrie (M. de), I, 340. H Harling (51. de), II, 298. Hélix (grand muscle de 1’), I, 75. — (petit muscle de 1’), I, 75. Hépatico-diaphragmatique, I, 301. Hischio-péronéal, II, 282. Sorn-Bingknoipelmushel, 1, 184. Houppe du menton, I, 30. Huméro-abdominal, I, 248. — stylo'idien, II, 110. — sus-métacarpien, II, 115. — sus-radial, II, 110. Hyo-angularis, I, 125. TABLE DES MUSCLES ET DES FAISCEAUX MUSCULAIRES 503 Hyo-cervieal, I, 172. — épiglottique, I. 186. — fascîalis, I, 172. — glosse, I, 168. — thyro-thyroïdien, I, 168. — trachéal, I, 196. Hypéro-pharyngien, I, 91. I Iléo-capsulo-trochantérien, I, 326. — péronéal, II, 280. Iliaque, I, 326. — (petit), 1, 326. llio-aponévrotique, II, 221 . Ilio-capsularis, I, 326. — çoccygien, I, 337. — costal,!, 226. — costalis lumborum, I, 226. — fémoral grêle, 1, 327. — rotulien, II, 266. — tibial, II, 220, 256. Incisif moyen, I, 10. Incisifs inférieurs, I, 12. — supérieurs, I, 12. Incîsivus lahii infenoris,l,iO. — — superioris, I, 30. Incisuræ cartilaginis thyroïdeæ mediæ trans- KO'sus (m.), I, 181. — cartilaginis thyrdideæ mediæ obli¬ quas, I, 181. Incisorim, 1, 15. Indicator, II, 133. — anomalus brevis etextensor brevis anoma- lus medii digiti, II, 203, — biceps. II, 203. — pedis, II, 356. Indicatorius, II, 133. Infra-clavicularis, I, 66. — costales, I, 290, — spinatus minor, I, 11. — — secundus.l, 18. Innerer langei' Kopf des dreikpfigers streekers. II, 55. Interaryténoïdien, II, 180. — transverse, II, 180. Interaryténoïdiens obliques, II, 180. Interclamcularis digastricus anticus, II, 265. Intercostaux externes, II, 287. — internes, II, 288. Interdigastrico (m.), II, 115. Interépineux, I, 230. — superficiel, I, 231. Interne du marteau, I, 77. Interosseus plantains hallucis, II, 410. — prior indicis, II, 196. — primas plan taris, 376, II, 410. — — volaris, II, 194. Interosseux de la jambe, II, 362. — de la main (dorsaux), II, 189. — — (palmaires), 11,193. — dorsal surnuméraire de la main, II, 202. Interosseux du pied (dorsaux), II, 411. — — (plantaires), II, 409. Interpollicaris transversus, II, 202 . Interscutien, I, 64. Intertransversaire antérieur du cou (long), I, 229. — postérieur du cou (long), 230. Intertransversaires communs ou longs, I, 228 . — propres ou courts, I, 230. Intertransversaires obliques, I, 230. Jntra-costales, I, 290. Invertor femoris, II, 245. Ischii-fémorien, II, 299. Ischio-caudal, I, 359. — caverneux, I, 339. — coccygien, I, 359. — condylien, I, 298. — fémoral, II, 243, 296. — fémorien, II, 243. — pénien, I, 339. — périnéal, I, 355. — péronéal, II, 282. — pubio-urétral, I, 340. — urétral, 1, 340. — urétral transverse profond, I, 345. Isocèle (premier), I, 229; Jambier antérieur, I, 346. — — (deuxième), II, 347. — petit, II, 372. — postérieur, II, 323. Jocbeinzacke, I, 16. Jugo-maxillaire, I, 39. Jumeau accessoire de la jambe, II, 308. Jumeaux de la jambe, II, 303. — pelviens, II, 236. K Kiein (M. de), 1, 13. Kerato-cncdideas, 1, 184. Kopf-arm-muskél, I, 236. Labial, 1,11. Labio-auriculaire, I, 20. Labio-nasal depr essor, 1,10. Lacrymal, I, 19, 60 — antérieur, 1,53. — postérieur, I, 53. Lacrymalis, I, 54. Lacrymo-labiai, I, 19. Larabdo-conchien, I, 63. Lateralis nasi, 1, 10. Latissimo-condyldideus, I, 203. Laxator tympani major, 1, 77. — — minor, I, 77. Levator anguli oris, I, 27. 504 TABLE DES MUSCLES ET DES FAISCEAUX MUSCULAIRES Levator eaudæ, 1, 368. — claviculæ, 1, 235. — coccygis, I, 360. — glandulæ thyroïdeæ lateralis, I, 168. — labii inferioris, 1, 30. — — superioris proprius vel major, I, le — labiorum communia, I, 27. — menti, I, 30. — palati mollis anterior, 1, 82. — pharyngis inlernus, I, 87 . — proprius dise nasi anterior, 1,31. — posterior, I, 9. — prostatæ, I, 337. — scapulæ major vel anterior, I, 235. — — minor vel posterior, I, 232. — tendinis latissimi dorsi, II, 23. Levatores brèves costarum, I, 289. — longiores costarum, I, 289. Linguaux verticaux, I, 32. Lombo-stylien, 1,241. Lombrieaux de la main, II, 178, — du pied, 1, 406. Long du cou, I, 164. Longissimus atlanticus, 1,223. — capitis, I, 222,223. — cervicis, I, 222. — pollicis, I, 103. Longus atlantis, I, 164. M Mâcheur (second), I, 42. — (premier), I, 38. Malaris, I, 55, 56. Mandibularis externus, I, 38, Mandibulo-maxillaire, I, 39. Manducatorius, I, 38. Manieux, II, 203. Manubrial profond, I, 254. — superficiel, I, 254. Marsupiaux, II, 239. Masséter, I, 38. — interne, 1, 42. — Mgastricus, 1, 39. Masto-carotidien, I, 107. — hyoïdien, I, 114, 119. — huméral, I, 110, II, 3. — — profond, I, 173. Mastoïdo-acromio-claviculaire, I, 235. — auriculaire, I, 75. — parotidien, I, 112. — pharyngien, I, 87. Maxillaire, I, 14. Maxillo-labial, I, 25. — mandibulaire, I, 39. Membrana freno-œsophagea, I, 303. Mentalis, I, 30. Mento-labial, I, 28. Mento-hyoïdien, I, 166. Merkel (M. de), I, 148. Métatarso-phalangien du premier orteil, II, 374. Métatarso-sous-phalangien transversal du pre¬ mier orteil, II, 374. — phalangiens latéraux, II, 374. Moustachier, I, 10. Multifide, I, 228. Muscle de l’agression, I, 6 — de l’attention, 1, 1. — de l’étonnement, I, 1. — de la lubricité, I, 8, — de la ménace, I, 6. — de la réflexion, I, 53. — du dégoût, I, 28. — du mécontentement, du mépris, I, 25. — du pleurer, I, 15, 21. — — à chaudes larmes, 1, 13. — du rire, I, 20. — du rire forcé, menaçant, I. 25. — du sanglot. 1,13, , Mylo-hyoïdien, I, 126. — glosse, I, 79. — pharyngien, I, 85. Myrtiforme, 1, 10. N Nasal depressor, 1, 10. — dilalator, I, 19. Nasalis, T, 10, 11. Nasalis labii superioris, I, 12. Naso-labialis, I, 12. — labial elevator, I, 13. . Nutatores capitis, I, 104,112. O Oblique de l’abdomen (grand ou externe), I, 317. — — (petit ou interne), I, 319. — de la tête (grand), I, 225. — — (petit), 1, 226. — de l’œil (grand), I, 49. — — (petit), I, [49. — du pavillon de l’oreille, I, 76. — primitif, I, 285. Obliquas inferior colli, I. 164. — superior colli, I, 164. Obturateur externe, II. 235. — interne II,, 233. Occipital, I. 4. — transverse, I, 68. Ocdpitalis minor, I, 68. — teres, I, 68. Occipiti-aurien, 1, 62. — — rotateur, I, 62. Occipito-frontal, I, 2. — hyoïdien, I, 119, 166. — pavillien, I ,63. — pharyngien, I, 86. — pollicien, 1, 192. — scapulaire, I, 232. TABLE DES MUSCLES ET DES FAISCEAUX MUSCULAIRES 505 Occipito-scutien, I, 63. — staphylin, I, 88. Œsophagien, I, 167. Omo-auconæeus, I, 203. — atlaniicus, — cervical, 1, 245. — claviculaire, I, 261. — hyoïdien, I, 136. — trachélien, I, 235. — — prétransversaire, I, 237. — — rétro-transversaire, I, 237. Opposant du gros orteil, II, 420. — du petit doigt, II, 177. — — orteil, II, 394. — — pouce, II, 611. OmI angle elevatoi', I, 27. Oral orhicular muscle, I, 11. Orbiculaire de l’urètre, I, 340. — des lèvres, I, 11. — des paupières, I, 53. — externe des lèvres, 1, 12. — interne des lèvres,!, 12. — supérieur des paupières, I, 53. Orbicularis latus, I, 53. — oculi, I, 53. — oris, 1, 11. Orbito-labial, I, 19. Orthe foremost mMScIe du suspensorium, 1,125. P Palatin (grand), I, 42. Palato-glosse, I, 85. — pharyngien, I, 90. — staphylin, I, 83. Palmaire cutané, II, 170. — (grand), II, 83. — grêle, II, 85. — (long), II, 85. — (petit), II, 85. Palmaris bicaudatus, II, 91. — tricaudatus, II, 91. Palpébral inférieur, I, 60. Panniculus carnosus, 1, 97, 286. Paraméral, I, 361. Parotido-auriculaire, I, 67. Pars abdomxnalis pectoralis majoris, I, 248. — transversa musculi nasalis, I, 8. Peaucier, I, 97. — cervico-facial, I, 98. — dorso-huméral, 1, 103. — du thorax et de l’abdomen, I, 102. — (grand), I, 102. — releveur de la vulve et du scrotum, 1, 102. Peauciers abdominaux, 1, 102. — axillaires, I, 102. — dorsaux, I, 102. — sous-occipitaux de la nuque, I, 68, 101. — thoraciques, I, 102. Pectiné, 11, 294. Pectoral (grand), I, 243. — intermédiaire, I, 245. Pectoral (petit), I, 250. — superficiel, I, 245. — (troisième), I, 248. Pectoralis minimus, I, 254. — quartus, 200, I, 248. Pédieux, II, 413. — de la main, II, 203. — (cinquième), II, 370. Percé du pied, II, 396. Perforant des doigts, II, 99. — — orteils. II, 327. Perforatus pedis, II, 396. Perforé des doigts, H, 95. — — orteils. H, 396. Perforé du pied, II, 396. Péristaphyli-pharyngien, I, 91. Péristaphylin externe, I, 83. — interne, I, 84. Péritonéo-diaphragmatique, I, 305. Perodaetylus, II, 368. Peronœo-calcaneus externus, II, 364. — calcaneus internus, II, 403. Péronéo-cuboïdien, II, .365. — malléolaire, II, 368. — tibial, II, 360. Peronœus accessorius, II, 364. — intermedius, II, 341, 370. — médius, II, 364. — parvus, II, 370. — quartus, II, 364. — quinti, II, 370. — quinti digiti, II, 340, 370. — sextus, 364, II, 370. — tertius, II, 342, 370. Péronier antérieur, II, 342. — du doigt pénultième, 11,342. — du cinquième orteil, II, 369, 370. — latéral (court), II, 339. — — (long), II, 334. — moyen, II, 370. — (quatrième), II, 364. Pétro-pharyngien, I, 87. Pharyngo-staphylin, I, 90. Philips (M. de), I, 127. Phréno-gastrique, I, 304. — hépatique, I, 304. — œsophagien, I, 303. — péritonéal, I, 304. — rétro-médiastinal, I, 304. Pilier intermédiaire du diaphragme, I, 308. — latéral du diaphragme, I, 308. — médian du diaphragme, I, 302. Piliers accessoires du diaphragme, I, 305. Pinnal radié, I, 10. — supérieur, I, 9. — transverse, I, 8. Plantaire carré, II, 400. — grêle. II, 314. Plantaris, 308, II, 315. — bicaudatus, II, 318. Plat de la joue (M. du), I, 38. Platysma myo’ides, I, 2. — risorius, I, 24. S06 TABLE DES MUSCLES ET DÈS FAISCEAUX MUSCULAIRES Pleuro-transversaire, I, 160. Poplité, II, 319. — (muscle accessoire en connexion avec le), II, 319. — (petit), II, 319. — (sous-), II, 363. — supérieur, II, 319. Vopliteus biceps, II, 320. — geminus, II, 320. Poumon (m. du), I, 307. Portio abdominalis pectoralis majoris, I, 248. — musculi culanei supra parotîdem ad aurem ascendenlis, I, 101. — pyramidalis pectoralis majoris, I, 248. Portion antérieure du carré des lombes, I, 326. — de l’épineux postérieur (petite), II, 12. — du faisceau antérieur du carré des lom¬ bes (petite), I, 326. — ilio-eostale du carré des lombes, I, 320. — lombaire du carré des lombes, 1, 325. — lombo-costale du carré des lombes, I, 326. — postérieur du carré des lombes, I, 326. — principale du scalène des lombes, I, 326. — transverso-costale du carré des lombes, I, 325. Préclaviculaire latéral, I, 264. — médian, I, 265. Précoraco-huméral, II, 11. Présternal, 1, 275. Primi paris constrigium alas, I, 8. Primus omnium maximus sui lateris clunem efformans, II. 224. Procerus nasi, II, 6. Pronateur (carré), II, 107. — (grand), II, 79. — oblique, II, 79. — (petit), II, 107. — (rond), II, 79. — transverse, II, 107. Pronator pedis, II, 322. — tibiæ, II, 483. Prostatique supérieur, I, 337. Protraeteur de l’os marsupial, 1, 316. Protractor arcûs diniralis, I, 324. Protractores anguli oris, I, 12. Protusores anguli oris, I, 12. Psoas accessoire, I, 328. — (grand), I, 328. — (petit), I, 328. — surnuméraire, I, 330, 331. Ptérygoïdeus major, I, 42. — minor, I, 41. Ptérygoïdien externe, I, 41. — interne, I, 42. — propre, I, 44. Ptérygo-épineux, I, 45, — maxillaire, I, 45. — — (grand), I, 42. — — (petit), I, 41. — palatinus, I, 82. — pharyngien, I, 95, — pharyngien extrinsèque, I, 95. ubio-fémoral, II, 296. Pubio-péritonéal, I, 323. — prostatique, I, 340. — tibial antérieur, II, 2.56. — transversal, I, 323. Pubo-coccygien, I, 337. — fémoral. Pyramidal de l’abdomen, I, 314. — de la hanche, II, 228. — du nez, I, 615. — (grand), I, 126. Pyramidalis, I, 13. Pyramidalis auriculæ, I, 75. — menti, I, 25. — narium, I, 13. — nasi, I, 6. — socius, I, 14. Pyriforme, II, 230. Q Quadrattis labii ht ferions, I, 28. — — superioris, I, 13. — femoris, II, 240. — menti, I, 28. — plantée, II, 400. Quadriceps brachial, II, 57. — fémoral, II, 260. Quadrijumeau de la tête, I, 113. — du bras, II, 33 Quadripartites (m.), II, 49. Quinticeps fémoral, II, 266 R Radial accessoire, II, 118. — antérieur, II, 83. — — court, II, 141. — externe (premier), II, 115. — — (second), II, 115. — intermédiaire, II, 117. — — bicipital, 11,117. — interne, II, 83. Radiœus externus tricornis, II, 1 19. Radio-brachio-carpien, II, 144. — carpien, II, 142. — carpo-métacarpien, II, 142. — cubito-carpien, II, 144. — épitrochléo-carpien, II, 144. — intemus brevis vel minor, II, 141. — palmaire, II, 142. — phalangettien du pouce, II, 103. — phalangien, II, 142. — métacarpien, II, 144. — sus-phalangien, II, 135. Rectus abdominis superficialis, I, 281 . — accessorius cruris, II, 266. — anticus médius seu minimus capitis, I, 173. — capitis, 1, 162. — eolli, I, 164. — labii, 1,13. TABLE DES MUSCLES ET DES FAISCEAUX. MUSCULAIRES Reclus laleralis, I, 317. — — accessorius, I, 340. Reclus sternalis, I, 275. — slerni, I, 275. — Ihoraeis, I, 275. Releveur de la lèvre antérieure, I, 14. — de l’anus, I, 337. — de la paupière supérieure, I, 47. — de Tépiglotte, 1, 188. — de la queue, I, 369. — de la verge, I, 39. — propre de l’épaule, I, 232. Rétracteur de ta dernière côte, I, 320. — du scrotum, I, 335. Relraelor costæ, I, 320. Retmhens anlerior auris, I, 63. — inferior auris, I, 63. inlernvs auris, I, 63. — superior auris, I, 63. Rhabdomyomala, II, 45. Rhinœus, I, 13. Rhomboïde antérieur, I, 232. — de la tête, I, 232. — cervical, I, 232. — (grand), I, 208. — (petit), I, 207. — occipital, I, 232. Rhombo-atloïdien, I, 234. Rhomboïcleus de Santorini, I, 18. Risorius, I, 24. — novus, I, 24. Rond (grand), II, 15. — (petit), II, 13. — de la cuisse (petit). Rotateurs des vertèbres, I, 228. Rotalorhumen, II, 22. Rotalores brèves, I, 228. — longi, I, 228. S Sacro-coccygeus inferior, 1, 363. — poslerior, I, 368. — coccygien antérieur, I, 363. — postérieur, I, 368. Sacro-lombaire, I, 226. Sacci-laa'ymalis (m.), I, 54. — — anlerior (m.), I, 54. — — poslerior (m.), l,hi. Salpingo-pharyngien, I, 87. Saphène (m.), Il, 301. Sangle du menton, I, 26. — du triangulaire des lèvres, 1, 26. Sartorius bicaudalus, II, 254. — biceps, II, 254. — digaslricus, II, 250. Satellite de l’artère cubitale (m.), II, 93. — radiale (m.), II, 110. Scalène antérieur, I, 155. — intermédiaire, I, 155. — latéral, I, 159. — moyen, I, 158. S07 Scalène (petit), I, 160. — pleural, I, 160. — pleuro-transversaire, I, 160. — postérieur, I, 159. Scalènes, I, 149. Scalenus accessorius, I, 60. — minimus, I, 155. Scansorius, II, 245. Scapulo-claviculaire, I, 260. — clavien, I, 260. — costalis, I, 258. — huméral grêle, II, 26. Scapulo-humeralis digaslricus, II, 6. — trochitérien (petit), II, 15. — scuto-auriculaire, II, 15. Second chef de Vindicalor biceps, II, 209. — faisceau du crico-thyroïdien double, I, 184. — opponens, II, 390. — pollieal extensor, II, 135. Semi-spincdis dorsi el cenicis, I. 228. Singidaris coin, I, 229. — splenii accessorius, I, 235. üerralus inlernus, I, 290. Soléaire, II, 310. — accessoire, II, 311. — surnuméraire, II, 311. Sourcilier, I, 56. Sous-clavier, I, 260. — costaux, I, 290. — crural, II, 272. — cutané du cou, I, 112. — — épicranien, I, 2. — épineux, II, 11. — — superficiel, II, 12. — pubi-fémorien, II, 299. — pubio-fémoral, II, 296. — — fémorien, II, 299. — scapulaire, II, 17. — — accessoire, II, 18. — — — (petit), II, 18. Sphéno-maxillaire et palatin, I, 45. — maxiliien (petit), I, 41. — pharyngien, I, 87. — salpingo-pharyngien, I, 88. Spino-dorsaux. I, 221. Spino-huméraux, I, 221. Sphincter ani terlius, I, 336. — de l’anus (externe), I, 334. — — (interne), I, 335. — — (supérieur ou d’O.Beirne), I, 336. — de l’urètre, I, 340. — de la vessie (externe), I, 340. — — (interne), I, 353. — des naseaux, I, Tl. — du cloaque, I, 323. — laryngien, I, 177. — oculi, I, 53. — œsophagien, I, 306. — oris, I, 11. — palpebramm, I, 53. — prostatique, I, 353. o08 TABLE DES MUSCLES ET DES FAISCEAUX MUSCULAIRES Sphincter strié du vagin, I, 340. Splenim accessoj'ius, I, 235. Splénius d,e la tête, I, 217. — du cou, I, 216. Stapédien, 1,77. Sternal, I, 275. — transverse, I, 286. Stemalis, I, 275. — himtorum, I, 275. Steimo-abdominalis, I, 291. — apdnévrotique, I, 245. — basilaire, I, 111. — céphalique, I, 112. — cervical, I, 172. — chondro-scapulaire, I, 258. — — thyroïdien, I, 131. — claviculaire, I, 260. — clavicularis superior, I, 264. — cléido-hyoïdien, 1, 129. — — mastoidien, I, 104. — — mastoïdo-ocoipital, I, 113. — fascialis, I, 172. — huméral, I, 245. — mastoïdien, I, 111. — maxillaire ou mandibulaire, I, 104. — omoideus, I, 264. — occipital, I, 107. — préscapulaire, I, 245, — scapulaire, I, 258. — trôchinien, I, 245. ■ Stimmbandmuskel, I, 179. Stylo-auriculaire, I, 73. — chondro-hyoïdiens, I, 123. — glosse, I, 79. — hyoïdeus aller, I, 123. — — novm, I, 123, — — secundus, I, 123. — hyoïdien, I, 122. — — (petit), I, 123. — — profond, I, 123. — maxillaire, 1, 125. — pharyngien, I, 90. — — inférieur, I, 92. — pharyngeus aller, I, 90. Subanconœus, II, 68. Subclavius poslicus, II, 258. Subcoslales, II, 290. Subcruralis, II, 272. Subcruœus, II, 272. Subscapularis minor, II, 18. — secundus, II, 18. Subseapulo-capsularis, II, 18 . — humeralis, II, 18. Sublarsal, I, 53. Sublhyrdideus, I, 182. Subverlebral reclus, I, 162. Superior labial elevalor, 1, 15. Supinateur (long). II, 110. — (court), II, 113. Supinalor, 11,113. — bi'evis accessorius, II, 115. — longus accessorius, II, 111. — pedis, II, 371. Supinalor primas. II, 110. Supra-labial elevalor, I, 15. — eoslalis, I, 271. Sur-costal antérieur, I, 271. Sur-costaux (courts ou petits), I, 289. — (grands ou longs), I, 289. Surnuméraire du dos de la main, II, 203. Sus-cervico-cutané, I, 102. Sus-cervico-pavillien, I, 63. Sus-épineux, II, 10. Sus-clavier, I, 260. Sus-maxillo-labial, I, 14. — — (grand), I, 13. — — (moyen), 1, 15. — — (petit), I, 27. — labiaux accessoires, I, 19. — nasal (grand), I, 15. - naso-labial, 1,14. Suspenseur de la plèvre, 1, 160. — du duodénum, I, 305. — du testicule, I, 322. Syndesmo-pharyngien, I, 90. — thyroïdien, I, 182. T Tataroff (m. de), I, 75. Temporal, I, 35. — superficiel, I, 35. Temporalis minor, I, 37 . Temporo-auriculaire, I, 64. — maxillaire, I, 35. — maxillien, I, 35. Tendon digital ou phalanglen du court péro¬ nier latéral, II, 340. — dorsal du court péronier latéral, II, 340. Tenseur de l’aponévrose cervicale superfi¬ cielle, I, 263. — de l’aponévrose de la jambe, II, 316. — — sous-claviculaire antérieure, I, 266. — de l’arcade crurale, I, 362. — de la capsule de l’épaule, II, 20. — de la gaine du fléchisseur commun des doigts, II, 141. — de la muqueuse alvéolo-labiale, I, 18. — de la synoviale du coude (antérieur), II, 58. — — — (postérieur), III, 58. — — du genou, II, 272. — — radio-bicipitale, II, 75. — du fascia lala, II, 258. — du feuillet postérieur de la gaine du grand droit, II, 323. — du feuillet postérieur de la gaine du grand droit de Tabdomen et du fascia Iransversalis, I, 323. — du voile du palais, I, 82. Tensor capsuli-libio-larsalis anlerior, II, 403. — fasciee brachii, I, 102. — — delloïdeæ a fascia infra-spinalâ, II, 5,103. — fasciæ margine axillari scapulæ, II, 5. TABLE DES MUSCLES ET DES FAISCEAUX MUSCULAIRES S09 Tensor fasciæ colli, I, 263. — — dorsalis pedis, II, 348. — — et cutis foveæ aæillaris, II, 17. — — femoris internus, II, 253. — — plantaris. — — poplitealis, II, 279. — laminæ posterioris vaginæ m. recti abdo- minis, II. — laminæ posterioris vaginæ m. recti abdo- minis et fasciæ transversalis abdomi- nis, I, 323. — membrani synovialis tarsi,. II, 403 . — plicæ alaris, I, 150 et II, 10. — tarsi, II, 54. — trochleæ, I, 48. ■ — tympani. Tensores fasciæ suralis, II, 278. Teres minimus. II, 15. Tête externe du tendon du muscle obturate ur, II, 239. Thénar cutané, II, 201. Thiernesse (m. de), II, 214. Third pollical extensor, II, 138. Thyreo-syndesmtcus. II, 136. — triticealis, II, 136. Thyro-adénoïdien, II, 167. — ai'yténo%deusminor,\\, 179. — aiyténoidien, II, 178. — épiglottiques, II, 187. — épiglottique (grand), II, 187. — épiglottique (petit), II, 187. Thyroïdeus marginalis inferior, II, 181. — propritis, II,- 183. — superior, II, 136. Thyroïdien inférieur, II, 182. — propre, II, 183. — transverse, II, 181. Thyrdideus lateralis or eerato-hyoideus, I, 136. — superior or minor or azygos, I, 135. Tbyro-hyoïdien, I, 135. — médiastinal, I, 171. — staphylin, I, 90. — trachéal, I, 170. Tibial antérieur, II, 346. — postérieur, II, 323. — - (second), II, 324. — — de l’avant-bras, II, 41,147, Tibialis poslicus vel internus, II, 325. — secundus, II, 324. Tibio-astragalus anticus, II, 350. — calcanéen, II, 366. — fascialis anticus, II, 350. — tarsalis, II, 35. Trachélo-atloïdien, I, 229. — clavicularis imus, I, 237. — occipital, I, 219. Tragus (m. du), T, 75. Transversaire du cou, I, 222. — épineux du cou et de la tête, I, 220. — grêle, I, 226. Transversal des côtes, I, 273. — du pied, I, 392. Transversalis, I, 162. — cervicis anterior, I, 230. — anticus, I, 229. — médius, I, 229. — menti, I, 26. Transverse de Tabdomen, I, 321, — la nuque, I, 68. — l’orbite, I, 68. — du cou, I, 171. — menton, I, 26. — — (accessoire), I, 31. — pavillon de Toreille, I, 75. — — (supérieur), I, 76. — périnée, I, 355. — — (profond), I, 340. — — (superficiel), I, 355. — scapulum, 235, I, 240. — thorax, I, 291. Transverso-anal, I, 355. Transverso-épiscapulaire, I, 213. — urétral, I, 340. Transversus colli, I, 181. — manûs, II, 392. — nasi (accessorius), I, 31. — nuchæ, I, 68. — pedis. II, 384, 392. — perinei, I, 355. — — {aller), I, 356. — thoracis posterior, I, 290 . Trapèze, I, 191. — cervical, I, 191. — dorsal, I, 191. — antérieur, I, 192. — postérieur, I, 192. Triangularis coccygis, I, 359. — menti, I, 25. — nasi, l, 8. Triangulaire, I, 126. — des lèvres, 1, 25. — du sternum, I, 291. — — (antérieur ou externe), l, 275. — interne, I, 25. — longue secundus, II, 55. — sural, II, 306. Trifémoro-rotulien, II, 269. Trigastncus, 1, 115. Tripartites (m.),II, 48. Triticéo-glosse, 1, 78. Trumpeter [m.), I, 43. Tympano-auriculaire, I, 75. U ülnaris extemus, II, 122. — — brevis, II, 122. — internus, II, 93. - _ _ brevis,\\, 148. TABLE DES MUSCLES ET DES FAISCEAUX MUSCULAIRES blO Ulnaris quinti digiti, II, 126. Ulno-carpalis singularis anterior, II, 148 Unci-pisiformien, II, 202. Urétro-bulbaire, I, 340. — pubien, I, 340. V Vaste externe du quadriceps fémoral, II, 266 — — brachial, II, 57. — interne du quadriceps fémoral, II, 269 — — brachial, II, 57. — (long). II, 221. — moyen du quadriceps fémoral (crural antérieur). II, 270. — moyen du quadriceps brachial (brachia! postérieur). H, 57. Vertébro-hyoïdiens, 1, 145. Vertico-scutien, I, 64. Vésico-prostatique, I, 337. X Xyphoïdien (péri-), 1, 324. Y Vpsîlo-glosse, 1, 78. Zy gaina risonus, I, 24. Zygomatique (grand), I, 20. — (petit), I, 21. Zygomato-auriculaire. — labial (grand), I, 20. — — (petit), I, 21. — maxillaire, I, 38. W Wilson (m. de), I, 340. ERRATA-ADDENDA Mylo-byoïdien. — Division en plusieurs faisceaux, I, p. 127, 1. 11 . — La glande sublin¬ guale envoie aussi chez nombre de sujets des prolongements dans les lacunes que peu¬ vent présenter les faisceaux de ce muscle. Ces prolongements glandulaires expliquent, d’après M. Morestin, le développement des grenouillettes sus-hyoïdiennes. (Morestin, Bul- let. de la Soc. anal, de Paris, avril 1897.) Omo-hjoïdien, I, 3' 1. de la note de la p. 137. — Lire, en modifiant la ponctuation : « Elle se fixe dans le seinque à la clavicule et au scapulum et dans le phoque, parmi les Mammifères, elle a pour limites etc. » Thyro-aryténoïdien, I, p. 179, 1. 1. — Pour des détails circonstanciés sur les rapports, dans les différentes races et chez les Singes Anthropoïdes, du thyro-aryténoïdien et de la corde vocale, voy. Giacomini, Sull anatomia del negro. [Giomale delV Accademia di Medicina di Torino, 1882-1897.) Hyo-épigloUiqne, I, p. 197, 1. 2. — Au dire de M. Antonini [Monit. Zoologieo Italiano. An. VIII, n. 7, Florence 1897) le muscle hyo-épiglottique existe chez tous les Mammifères domestiques où il est représenté tantôt par un faisceau médian qui se porte de la face antérieure de l’épiglotte au corps de l’os hyoïde, tantôt par un faisceau médian et deux faisceaux latéraux aboutissant aux petites cornes de l’os hyoïde. Suivant le même anato¬ miste le mode de conformation de ce muscle est dans la série animale subordonnée au mode de conformation de l’épiglotte, du prolongement lingual et des petites cornes de l’os h5'OÏde. Glosso-épiglottîqne, I, p. 187, 1. 4. — M. Antonini a également rencontré ce muscle chez tous les Ma^nmifères domestiques qu’il a examinés. Idem, I, p. 187, 1. 9, au lieu de iverres lire viverres. Trapèze. — Dédoublement du muscle, I, p. 192, 1. 10. — Chez un homme M. Titone a trouvé au-dessous du trapèze : A gauche, un faisceau charnu naissant de l’ellipse aponévrotique et aboutissant à l’angle supérieur et interne de l’omoplate {m. spino-cervico-angulo-scapulaire) ; A droite, un faisceau charnu provenant de l’apophyse épineuse de la 6' cervicale étayant le même mode de terminaison que le précédent ; Des deux côtés, un faisceau charnu qui se portait de l’apophyse épineuse de la 3* dor sale sur l’aponévrose d’insertion du trapèze à l’omoplate {m. spino-dorso-scapulaire) . M. Titone a donné à ces trois faisceaux le nom de « m. sub-cucullan « (Michèle Titone, Anomalie anatomiche, p. 19. Palerme, 1893). Grand dorsal. — Dorso-épitrochléen. Syn. I, p. 203, 1. 2. — Faire figurer dans cette énu¬ mération les muscles : Extensor cubiti de Naumann ; Anconœus gracilis de Bendz ; Dorso- olecranalis, Dorso-antibrachialis Latissimo-olecranalis AeWmAie et Parsons. 812 ERRATA-ADDENDA Omo-tFachélien. — Syn. I, 235. 1, 27. — Inscrire dans cette nomenolatureles m. clavi- atlantoideo de Titona, Atlanto-acromial de Coues, Trachelo-clavieulans de Naumann, Omo- cleido-transversarius de Brown, Levator scapulæ de Sidebotham. Présternal. — Syn. I, p. 275, 1. 13. — A ces qualificatifs joindre les suivants : Reclus thoracicus, Anomalus sterni, Episternalis, Episternale (anatomistes italiens). Idem, I, p. 277, 1. 3. — Parmiles anatomistes qui ont observé le présternal citons aussi : MM. Titone, Zoja, de Giaoomo, Marchesano, Antonelli {Resoconto délia R, Accad. Med.- ehir. di NapoU, 1878), Varaglia (Un muscolo episternale, Torino, 1883), Griffon {Bullet. de la Soc. Anal, de Paris, juillet 1896), Jeanne {eod. loc., mai 1897). Idem. — Fréquence, I, p. 281, 1. 22. — Au lieu de « Dans la Statistique des Variations de l’Anthropologie de MM. Schwalbe et P&iznev {Anatomischer Auzeiger, 1891) », lire : « Dans la statistique des variations de l'anthropologie de MM. Schwalbe et Pfitzner [Anatomischer Anzeiger, 1891 ». Relevenr de l’anns, I, p. 337, 1. 30 et note. — Au lieu de Lartscheider lire Lartschneider. Biceps brachial. — Augmentation du nombre des chefs. — Biceps à trois chefs. — II, p. 39, 1. 20. — Le chef du biceps brachial qui prend naissance sur la face interne de l’humérus, entre le brachial antérieur et le coraco-brachial, a été signalé encore par MM. Titone, Antonelli et Tenchini. Pour M. Tenchini il se rencontrerait chez 6 p. 100 des Italiens et plus souvent à droite qu’à gauche. Extensenr propre dn médias, II, p. 150, 1. 8. — Dans un cas observé par M. Titone, le tendon avait deux branches qui se perdaient l’une et l’autre, sur le tendon de l’exten¬ seur commun allant au même doigt. (Titone, Sicilia medica, anno I, fasc. II.) Petit fessier antérieur, II, p. 247, 1.2. — Dans son Anatomia del cirnpanzè, en cours de publication (Unione Typographica Editrice, Torino, 1897), M. Sperino, après avoir noté que chez le chimpanzé qu’il a disséqué, le scansorius était innervé par un rameau des nerfs fessiers, dit également que ce muscle est « una portions individualizzata del piccolo glu- tæo ». Le petit fessier antérieur est appelé m. glutœus ventralis par MM. Windle et Par¬ sons (Bertram G. A. Windle and F.-G. Parsons). — On some points in comparative myolo- gical nomenclature ; Journ. of anat. andphys., vol. XXXI (juillet), p. 522-529, Londres 1897). Accessoire du petit fessier, II, p. 247. 1. 3. — Il appert des recherches récentes de MM. Windle et Parsons que ce muscle que je croyais avoir vu le premier, a été signalé par Douglas et décrit par lui sous le nom de « m. parvus in articulatione femoris situa » . MM. Windle et Parsons proposent de l’appeler « glutæus profundus ». dambier antérieur. — Division totale ou partielle du muscle en deux corps. — II, p. 347, 1. 23. — Sur 400 membres inférieurs examinés par M. Bovero, les deux branches du tendon terminal étaient séparées dans toute leur largeur chez quatre et dans une étendue d’un à deux centimètres chez un quart. Chez les deux tiers l’aponévrose d’insertion plantaire de Sappey était présente. Chez tous l’os sésamoïde scaphoïdien, — dont je nie ainsi que M. Pfitzner l’existence, mais que M. Debierre prétend être constant, — faisait défaut. (Bovero, Sui muscoli « tibialis anterior » ed « extensor hallucis longus ». Giornale délia Reale Accademia di medicina di Eorino, vol. III, an LX, faso. 6, juin 1897.) L’une ou l’autre des deux branches du tendon terminal peut, aussi bien dans l’espèce humaine que dans les espèces animales, être absentes. Chez le lièvre, le lapin, le cobaye, etc., le muscle en cause se fixe seulement sur le premier métatarsien et chez le hérisson, la taupe, etc., sur le premier cunéiforme. Le tendon terminal du jambier antérieur est, enfin, pourvu d une gaine séreuse, bien étudiée par MM. Cannieu et Chemin. (Cannieu A. Sur une disposition rare des gaines tendineuses du jambier antérieur et de l’extenseur propre du gros orteil normale chez les Singes cynocéphales. Bibliographie anat., III, p. 84, 1895.) — (Chemin, Recherches sur les gaines synoviales tendineuses du pied. Comptes rendus de la soc. de Biologie de Paris, n“8, p. 236, 1896.) Cette gaine peut communiquer avec celle du tendon de l’extenseur propre du gros orteil ou avec la synoviale de l’articulation cunéo-métatarsienne. Elle fait ordinai- rementhernie entre les deux branches du tendon terminal segmenté du jambier antérieur. Idem. — Faisceaux surnuméraires, II, p. 349, 1. 23. — Des faisceaux analogues ont été décrits par Sanchez [Tratado de Anatomia humana, miologia, p. 452, Valladolid, 1872), Welcker ERRATA-ADDENDA bl3 (Zeitschrift f. anat. u, Entwickel. I Bd. ']876), Staurenghi [Archivîo di Ortopedia, Milan, 1885), Franceschi (Bolletino delle Sciense mediche, vol. XXIV, p. 100, 1889), Bardeleben (Anatomischer Anzeiger, Jahrl). V, n» 15, p. 435, 1890, et Verandl der Anat. geselhch. auf der funften Vey'sammlung, S 243-246, ibid., 1891), Quain (Anatonÿ, myology, p. 278, 1892), Sala {Atti delV Accademia delle Scienze mediche naturali, 1896) et Bovero. Les opinions tes plus diverses ont été émises sur la nature de ces faisceaux et du muscle dont ils proviennent. Pour Quain, le jambier antérieur est l’homologue du long abducteur du pouce alors que pour M. Bardeleben le long abducteur du pouce, confondu avec le long et le court exten¬ seur du pouce, est rappelé par le long extenseur du gros orteil. Pour le professeur Testut, le tibia- as tragalus anticus « représente la portion la plus élevée du long abducteur du pouce du membre thoracique, laquelle prend naissance sur le ligament interosseux et le radius (homologue du tibia) et va se terminer sur les os du carpe ». De ce que chez les Chimpanzés de Humphry, de Wilder et de Wyman, le long abducteur du pouce avait deux tendons : un pour le premier métacarpien, un pour le premier métacarpien et le scaphoïde et de ce que l’astragale, « os tibial H- os intermédiaire du tarse » équivaut au scaphoïde » os radial -p os central du carpe », M. Sala admet que le tibio-astragalus anticus, inséré, en bas, sur le col de l’astragale, correspond au long abducteur du pouce. « Mais, observe justement M. Bovero, l’insertion du long abducteur du pouce sur le carpe (trapèze, scaphoïde, os central) n’est pas constante chez les Anthropoïdes (ex. Vorang de Bischoff, le chimpanzé de Testut, le gorille de Hepburn, le gibbon de Deniker) et, chez l’homme, la portion du jambier antérieur qui se fixe sur l’extrémité proximale du premier métatarsien ressemble au long abducteur du pouce qui s’attache à la base du premier métacarpien ». S’appuyant sur ces données, sur les recherches de Welcker, qui témoignent que les deux radiaux fusionnés font partie intégrante du jambier antérieur et sur celles de. Bardeleben, qui montrent que le long supinateur, inséré, chez l’homme, à l’apophyse styloïde du radius, se prolonge, chez divers Mammifères, jusqu’au préhallux, au deuxième métacarpien, etc., M. Bovero pense : “ D’accord avec M. Guibé, que le jambier antérieur représente au membre inférieur les cinq muscles suivants du membre supérieur confondus en un seul : les deux radiaux externes (Welcker) , le long abducteur du pouce (Quain), le long supinateur (Bardelebenï et le court supinateur, à la partie supérieure. A ces cinq muscles, M. Bovero en ajoute un sixième, le court extenseur du pouce, quand le court extenseur du gros orteil naît du jambier antérieur. » Pour ma part, je m’en tiens à l’analogie manifeste qu'il y a entre le long abducteur du pouce et le faisceau du jambier antérieur aboutissant au premier métatarsien, et entre le court extenseur du pouce et le faisceau que le jambier antérieur envoie anormalement à la première phalange du gros orteil et dont il est parlé plus loin. (Voy. M. court extenseur du gros orteil.) Long extenseur propre du gros orteil. — Variations des insertions du tendon tenninal, II, p. 358, 1. 2. — Ainsi que les professeurs Gruher, Calori, Testut et moi, M. Bovero affirme « qu’à de rares exceptions près le long extenseur propre du gros orteil se fixe toujours aux deux phalanges du gros orteil et que la majeure partie des auteurs classiques sont dans l’errenr quand ils avancent qu’il s’attache seulement à la phalange onguéale ». Sur 400 membres inférieurs, il n’a, en effet, noté le manque d’insertion du muscle dont il s’agit à la première phalange que chez 22, dont 12 possédaient un court extenseur du gros orteil. Idem, II, p. 359, 1. 7. Au lieu de « l’insertion du fléchisseur propre du gros orteil à la seconde phalange », « lire l’insertion du long extenseur propre du gros orteil, etc. ». Idem, II, p. 359, 1. 13. Au lieu de <■ l’insertion du fléchisseur propre à la seconde pha¬ lange » lire « l’insertion du long extenseur propre, etc. ». Idem, II, p; 359, 1. 20. J’ai découvert (mai-août 1897) la hourse séreuse de M. Morestin chez une petite fille de quatre ans et deux jeunes garçons de sept et neuf ans, mais je ne l’ai pas découverte chez un jeune garçon de huit ans ni chez quatre foetus (1 fille et 3 garçons) de huit à neuf mois. De son côté M. Bovero qui ne l’a jamais rencontrée chez le nouveau-né ni chez le foetus, l’a disséquée chez 317 membres inférieurs d’adultes sur 400. « Tout en reconnaissant qu’elle est due au frottement, l’âge peu avancé de certains sujets que j’ai examinés me donne à croire, dit l’assistant du professeur Giacomini, qu’elle peut aussi se transmettre par hérédité. » 33. ERRATA-ADDENDA SU Idem, II, p. 359, 1. 23. Au lieu de « tendons surnuméraires » lire » faisceau et tendons surnuméraires ». Sur 12 p. 100 euviron des sujets que. j’ai disséqués le long extenseur propre du pouce était renforcé, dans le voisinage du tarse, par un faisceau détaché de la face externe du tibia. Sur 400 membres inférieurs M. Bovero a également noté 52 fois la présence de ce faisceau que plusieurs anatomistes, M. Testut entre autres, regardent à tort comme constant. Il existe parfois chez le popio nigrescens, le macaque, le cynocé¬ phale, etc. (Bovero). Idem, II, p. 359, I. 31. Vextensor hallucis longue tricaudatus de Gruber a été retrouvé par MM. Testut, Calori, Legge, Bovero et par moi (des deux côtés, chez une femme). Qnatrièinc péronier, II, p. 364, 1. 17. — Les principales variétés de ce muscle sont décrites dans « Le varieta dei muscoli délia gamba {Atti R. Acad, dei Fisiocritici di Siena, série III, vol. Ill, 1883) de M. Lachi et le péronéo-calcanéen dans les Anomalie anatomiehe de M. Titone. Dans l’opuscule de M. Titone sont mentionnées, — en plus des variations musculaires indiquées dans les pages précédentes comme lui appartenant — les variations musculaires suivantes ; • . Transversus menti ; absence du ventre antérieur de l’omo-hyoïdien ; remplacement du sterno-thyroïdien par une lame tendineuse insérée en haut, sur la gaine des vaisseaux carotidiens ; faisceau se portant de la première côte au bord externe du sterno-thyroïdien près de son extrémité supérieure ; tractus musculeu.x étendu de la ligne courbe supérieure de l’occipital au risorius ; cléido-mastoïdien aponévrotique ; élévateur de la glande thyroïde (2 cas) ; terminaison du ventre antérieur du digastrique par une expansion fibreuse étalée en éventail, sur le mylo-byoïdien ; stylo-hyoïdien surnuméraire ; mylo-hyoïdien accessoire, attaché, d’une part à Tos hyoïde d’autre part, au ptérygoïdien interne ; bande contrac¬ tile émanant de l’occipital, au-dessus du trapèze et se perdant à l’état aponévrotique, en avant du cou, entre le sterno-cléido-mastoïdien et le peauoier (2 cas) ; insertion du grand dorsal sur la gaine conjonctive du coraco-brachial; insertion partielle du même muscle sur la lèvre antérieure de la coulisse bicipitale ; dorso-épitrochléen ; attache d’un faisceau de l’angulaire de l’omoplate à l’apophyse mastoïde et union de la partie supérieure de ce muscle et de la partie supérieure du sterno-cléido-mastoïdien; absence des deux trans¬ verses superficiels du périnée et transverse superficiel surnuméraire allant rejoindre l’ischio-caverneux ; tenseur de la capsule de l’épaule ; faisceau musculaire reliant le som¬ met du deltoïde à l’aponévrose sus-épineuse ; faisceau d’union entre le corps du biceps brachial et la partie inférieure du coraco-brachial ; court coraco-brachial ; tenseur de l’aponévrose de l’avant-bras naissant de l’humérus, au-dessous du coraco-brachial ; absence et duplicité du palmaire grêle ; insertion du palmaire grêle sur le carpe ; accessoire du long fléchisseur du pouce ayant les mêmes origines que le fléchisseur commun superficiel des doigts et se perdant dans le long fléchisseur du pouce à la naissance du tendon ; fais¬ ceaux d’union entre le premier radial externe et le long extenseur du pouce et entre le premier radial externe et le long extenseur et le court abducteur du pouce ; segmenta¬ tion du premier radial externe; radial intermédiaire ; fusion des corps charnus du court extenseur et du long abducteur du pouce ; triplicité du tendon du long abducteur du pouce avec attaches normales, extenseur de l’index et du médius ; indépendance de cha¬ cun des chefs de l’extenseur commun des doigts ; faisceaux aberrant du palmaire cutané recouvrant l’artère cubitale dans une étendue de 4 centimètres; trousseaux de fibres rouges se portant du tendon du petit palmaire ou de l’aponévrose -anti-brachiale sur le tendon de l’abducteur du petit doigt ; faisceau grêle musoulo-tendineux étendu du pisi¬ forme à la base de la première phalange du petit doigt, entre l’opposant et l’abducteur du petit doigt ; couturier double ; os sésamoïde dans le tendon inférieur du biceps crural ; insertion supplémentaire du tibial postérieur sur le premier métatarsien. Conrt extenscHP du gros orteil, II, p. 372, 1. 6. — Sur 150 sujets qu’il a examinés le professeur Gruber l’a vu chez les 2/3 provenir du long extenseur propre du gros orteil, chez 1/23 du jambier antérieur et chez 1/4 du ligament annulaire du tarse, du ligament croisé etc. (Gruber. Constante Endingung des exlensor longue hallucis mittelst zwejer Sehnen am beiden Gliedern dergrossen Zehe. Abhandl. a. d. mensch. u. vergleich. Anat. Saint-Pétersbourg, 1852, 4, Abt. 8. S. 121 et Ueber Varietâten des r^tsculus extensor hal¬ lucis longue, Reichert's und Du Bois-Reymond's Arch., 1875, S. 595). Dans les 400 membres inférieurs étudiés par M. Bovero, il naissait dans 155 du tendon ou du corps charnu du long extenseur propre du gros orteil, dans 109 de la gaine aponévrotique du même muscle, dans 6 du jambier antérieur et dans 48 de la face dorsale du pied. Il existait dans 338 membres soit dans 84,5 p. 100. En somme, de l’avis de Gruber, de Wood et de M. Bovero, — et c’est . ERRATA-ADDENDA 515 aussi le mien, — il est le plus souvent constitué par un faisceau aberrant du long extenseur propre du gros orteil. Gruber a donné le nom d’extensor hallucis longus minor tibialis au court extenseur du gros orteil qui dépend. du jambier antérieur. Voy. aussi Staurenghi, Gazzetla degli Ospedali, n” 5, Milan, 1889. Considérations générale.^, II, p. 445. Note 2, avant-dernière ligne. — Au lieu de « en Tan 1154 » lire : « en Tan 1153 ». Idem, II, P, 484 1. 1. — Pour M. Sutton le ligament sus-gléno-sus-huméral de l’articulation de Tépaule est de même ■■ un reste ancestral du tendon du muscle sous-clavier » et le ligament coraco-huméral de ladite articulation « un vestige de l’insertion primitive du petit pectoral ». Nous avons formulé, M. Macalister et moi, il y a longtemps une opinion identique sur la nature du ligament coraco-huméral (Voy. Le Double. Contributions à i’histoire des ano¬ malies musculaires. Anomalies du petit pectoral. Revue d'Anthropologie, p. 283, Paris, Pour le ligament sus-gléno-sus-huméral de Faraheuf (lig. Co?'aco-brackiale de Schlemm, gléno-huméral supérieur de Morris) l’assertion de M. Sutton me parait sujette à caution. D’autant plus sujette que pour M. H. Welcker « ce faisceau correspond homologiquement au ligament rond de Tarticulation.de la hanche » (Welcker, Arch. f. anat. u. phys., p. 20, 1878), tandis que pour M. Poirier c’est le faisceau gléno-huméral moyen qui est l’homologue du ligament rond. (Poirier, Traité d’anatomie humaine t. I, p. 586, 1896.) Ajoutons que pour M. II. Welcker le ligament sus-gléno-pré-huméral de Faraheuf (lig. glenoideo-brachiale internum de Schlemm, gléno-huméral moyen de Morris) représente chez Thomme le ligament interarticulaire huméral de divers animaux. MM. Sutton et Antonini pensent enfin, comme moi, que le ligament hyo-épiglottique est, dans l’espèce humaine, un reliquat du muscle hyo-épiglottique des autres Mammifë'es. Le frein de Tépiglotte de Thomme est aussi, à mon avis, un vestige du muscle génio-épi- glottique du chat, du phoque, etc. Pour détails complémentaires sur le système musculaire de Thomme et des animaux et en particulier des Anthropoïdes consulter, outre les ouvrages cités précédemment, les importants mémoires suivants : J.-C. M.4yER. Zur Anatomie des Orang-Utang und des Chimpanzé; Arch. f. Naturgesch von Troschel ; Bd. XXII, pp. 281-304, 1856. J. -B. Sutton. On some points in the anatomy of the Chimpanzee ; Journ. of anat. and phys., vol. XVIII, pp. 66, 85, 1884. Ch. Tricot. — Parallèle anatomique des extenseurs du pied chez Thomme et chez les singes, Th. de Bordeaux, 1884. H. Rex. Ein Beitrag zur Kenntnis der muskulatur der Mundspalte der Allen. Morph. Jahrb. Bd. XII, pp. 275-286, 1887. B. WiNULE. A note on the extensor tendons of the manus of apes; Proc. phis. Soc. Birmingham, vol. VI, pp. 22-25, 1888. Symington. Observations on the myology of the gorilla and chimpanzee ; Bep. Brit. asso. ciat., pp. 629-630, Londres 1889-1890. Antonini. Ricerche anatomiche sur le inserzioni terminal! del muscolo tihio-premetatar- sico nel cavallo; {Giornale di anatomia, fisiol. et patol. degli animali, t. XXIII, fasc. VI, Pise,1891. O. Seydel. Ueber die Zwischensehnen und den metameren Aufbau m. obliquas thoraco- abdominalis extemus der Sâugethiere. Morph. Jahrb., Bd. XVIII, pp. 544-604, 1892. Idem. Ueber die serratus posticus und seine Lagebeziehung zum obliquas abdomlnis und intercostalis externus bei Prosimien und Primaten; Morph. Jahrb., Bd. XVIII, pp. 35-75, 1892. G. Ruge. Zeugnisse f. die metamere Verkürzung des Rumpfes bei Saügethieren (der m. thoraco-abdominalis der Primaten) ; Morph. Jahrb., Bd. XIX, pp. 376-427, 1893. Idem. Varietâten im Gebiete der arteria femoralis des menscheu der Gefaskanal im adductor magnus; Morph. Jahrb., Bd. XXII, pp. 161-224, 1894. Kollmann. Der levator ani und der coccygeus bei den geschwantzen Affen und den Anthropoiden ; Anatomischer Anzeiger, Suppl., Bd. IX, p. 198, 1894. F. Blum. Die Schwantzmuskulatur des Menschen ; Anatomische Hefte, Bd. IV, p. 471, 1894. A. Keith. Note on a theory to account for the varions arrangements of the flexor pro- 516 ERRATA-ADDENDA fundus digitorum in the hand and foot of Primates. Joum. of an. and phys., vol. XXVllI, p. 335, 1894. R. Fick. Vergteichend anatomische Studien an einem er-wachsenen Orang-Utan g ; Arch f. anat. u. Enwickel. (His), pp. 1-9-i. Leipzig 1895. Idem. Beobactungen an einçm zweiten ervachsenen Orang-Utang und einem Chim- pansen; Arch. f. an. u. Entwickel. IEis), pp. 289-318, 1895. Th. Dwight. Notes on the dissection and Brain of the Chimpanzee « Gumbo » [Troglo¬ dytes niger) ; Memi of the Boston soc. of nat. Hist., vol. V, n. 2, pp. 31-52, 1895. Frank E. Beddard. Contributions to the anatomy of the anthropoid Apes ; Transact of the soolog. soc. of London, vol. XIII, pp. 177, 218, 1895. A. Bovero. Contributo alla casistica delle anomalie muscolari (grande pectorale in un gorilla) ; Giornale delle R. Accad. di medicina di Torino, 1896. E. Imparati. Contribuzione alla miologia delle regioni antero-laterale del torace costale e délia spalla nelle scimmie ; Rivista Italiana di scienze naturali. An. XV, pp. 118, 121, 129, 132, 145, 148 ; an. XVI, pp. 7, 17, Siena 1895, 1896. A. Keith. An introduction to the study of anthropoid Apes ; Natural science, vol. IX, 1896. — The gorilla, n. 53 ; The chimpanzee, n. 56; The orang-outang, n. 57; The gibbon, n. 58. A. Lanzilloti-Buonsanti. Ricerche interno alla morfologia del museolo extensore ante- riore delle falangi nel cavallo. — Extensor digitorum communis. — Monit. Zoologico Ita- Imno. A. VIII, N. 6, 1897. •